{"id":1220,"date":"2018-06-25T10:11:54","date_gmt":"2018-06-25T09:11:54","guid":{"rendered":"http:\/\/www.revue-exposition.com\/?p=1220"},"modified":"2021-10-19T13:39:22","modified_gmt":"2021-10-19T12:39:22","slug":"colodiet-trespeuch-picasso-musee-fabre-montpellier-2018","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/articles4\/colodiet-trespeuch-picasso-musee-fabre-montpellier-2018\/%20","title":{"rendered":"\u00c0 propos de l&rsquo;exposition <em>Picasso, donner \u00e0 voir<\/em> (Mus\u00e9e Fabre, Montpellier, 2018)"},"content":{"rendered":"<h3 style=\"text-align: justify;\">Entretien avec Stanislas Colodiet, par H\u00e9l\u00e8ne Trespeuch<\/h3>\n<h5 style=\"text-align: justify;\">Montpellier, le 11 avril 2018<\/h5>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8212; <em><strong>Stanislas Colodiet <\/strong>est Conservateur du Patrimoine, <\/em><em>Responsable du d\u00e9partement milieu XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle \u00e0 l&rsquo;art contemporain <\/em><em>et du Service Multim\u00e9dia au Mus\u00e9e Fabre \u00e0 Montpellier. Il est co-commissaire de l&rsquo;exposition <\/em>Picasso, donner \u00e0 voir<em> aux c\u00f4t\u00e9s de Michel Hilaire, directeur du Mus\u00e9e Fabre. &#8212;<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Une impulsion<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>H\u00e9l\u00e8ne Trespeuch\u00a0:<\/strong> L\u2019exposition <em>Picasso, donner \u00e0 voir<\/em> sera inaugur\u00e9e au mus\u00e9e Fabre \u00e0 Montpellier au mois de juin 2018. Elle fait partie des nombreuses manifestations li\u00e9es au programme \u00ab\u00a0Picasso-M\u00e9diterran\u00e9e, 2017-2019\u00a0\u00bb qui \u00e9mane du mus\u00e9e national Picasso \u00e0 Paris. Depuis quand le mus\u00e9e Fabre travaille-t-il sur ce projet\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Stanislas Colodiet\u00a0:<\/strong> Depuis 2015, et plus exactement depuis septembre 2015. Il y a eu un acte fondateur : Laurent Le Bon, qui est le directeur du mus\u00e9e Picasso, a r\u00e9uni autour d\u2019une table tous les directeurs d\u2019\u00e9tablissements \u00e0 Nice. \u00c9videmment, symboliquement, il fallait \u00eatre au bord de la M\u00e9diterran\u00e9e, en raison de la th\u00e9matique \u00ab\u00a0Picasso \u2013 M\u00e9diterran\u00e9e\u00a0\u00bb. La r\u00e9union a commenc\u00e9 par la projection d\u2019une carte de la M\u00e9diterran\u00e9e sur laquelle Laurent Le Bon avait marqu\u00e9 des lieux li\u00e9s \u00e0 la biographie de Picasso (des lieux de passage)<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>. Il y eut ensuite un tour de table offrant \u00e0 chacun l\u2019occasion d\u2019exprimer ses envies.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>H.T.\u00a0<\/strong>: Quel a \u00e9t\u00e9 le r\u00f4le exact du mus\u00e9e national Picasso \u00e0 Paris\u00a0dans l\u2019\u00e9laboration du projet d\u2019exposition du mus\u00e9e Fabre ? Finance-t-il en partie l\u2019exposition\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>S.C.\u00a0<\/strong>: Le budget de l\u2019exposition est partag\u00e9 entre la m\u00e9tropole et des m\u00e9c\u00e8nes \u2013 Picasso attire le m\u00e9c\u00e9nat.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le mus\u00e9e Picasso est pr\u00eateur aupr\u00e8s de l\u2019ensemble des mus\u00e9es participant \u00e0 \u00ab\u00a0Picasso-M\u00e9diterran\u00e9e, 2017-2019\u00a0\u00bb. En outre, il propose une contribution singuli\u00e8re qui me semble vraiment int\u00e9ressante\u00a0: une contribution scientifique. La manifestation mobilise consid\u00e9rablement les \u00e9quipes du mus\u00e9e Picasso. En raison de cette mise \u00e0 disposition des \u00e9quipes scientifiques, le mus\u00e9e a ouvert ses portes pour que les institutions participantes viennent travailler sur leurs fonds d\u2019archives quelques mois. Ce travail vient ainsi nourrir les projets d\u2019expositions et, en m\u00eame temps, permet au mus\u00e9e Picasso d\u2019am\u00e9liorer la connaissance de ses fonds in\u00e9puisables\u00a0! \u00c0 titre d\u2019exemple, les mus\u00e9es de Marseille ont \u00e9tudi\u00e9 le fonds de cartes postales du mus\u00e9e Picasso pour l\u2019exposition <em>Picasso\u00a0: voyages imaginaires<\/em> (centre de la Vieille Charit\u00e9 et Mucem \u2013 mus\u00e9e des civilisations de l&rsquo;Europe et de la M\u00e9diterran\u00e9e, Marseille, 16 f\u00e9vrier-24 juin 2018)\u00a0; en ce qui concerne le mus\u00e9e Fabre, nous avons particip\u00e9 \u00e0 des recherches visant \u00e0 \u00e9tablir une chronologie du travail de l\u2019artiste mise \u00e0 jour.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>H.T.\u00a0<\/strong>: Concernant le pr\u00eat d\u2019\u0153uvres, toutes les \u0153uvres de <em>Picasso, donner \u00e0 voir<\/em> viennent-elles exclusivement du mus\u00e9e Picasso\u00a0? Cela faisait-il partie des contraintes pour l\u2019\u00e9laboration de cette exposition\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>S.C.\u00a0<\/strong>: Non, au contraire, nous nous appuyons sur un r\u00e9seau international de pr\u00eateurs. Il y a beaucoup d\u2019expositions cl\u00e9s en main sur Picasso qui circulent, donc il fallait se d\u00e9marquer.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un des \u00e9l\u00e9ments qui a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cisif dans le fait que le mus\u00e9e Picasso nous a soutenus et fait confiance, c\u2019est que nous b\u00e9n\u00e9ficions d\u2019un r\u00e9seau tr\u00e8s \u00e9toff\u00e9. Nous faisons partie des mus\u00e9es de r\u00e9gion qui ont des interlocuteurs importants \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, notamment gr\u00e2ce aux coproductions d\u2019expositions. Par exemple, on a un pr\u00eat de la National Gallery de Washington, avec laquelle on a travaill\u00e9 sur l\u2019exposition Bazille\u00a0; il y a un pr\u00eat du Metropolitan Museum de New York avec lequel on avait organis\u00e9 l\u2019exposition Courbet. On a des pr\u00eats de collections priv\u00e9es qui avaient d\u00e9j\u00e0 pr\u00eat\u00e9 des \u0153uvres \u00e0 l\u2019occasion de l\u2019exposition <em>Bacon-Nauman<\/em>. Donc, \u00e0 chaque fois, on r\u00e9active notre r\u00e9seau. Ce sont des relations de confiance qui se tissent. Il y a aussi le r\u00e9seau FRAME, un r\u00e9seau franco-am\u00e9ricain, qui r\u00e9unit les grands mus\u00e9es de r\u00e9gion fran\u00e7ais (Grenoble, Lyon, Nantes, etc.) et les grands mus\u00e9es de r\u00e9gion am\u00e9ricains. On fait souvent appel \u00e0 ce r\u00e9seau-l\u00e0. Enfin, puisqu\u2019on s\u2019est engag\u00e9s sur une exposition monographique, on a sollicit\u00e9 tous les autres mus\u00e9es Picasso\u00a0: nous avons obtenu des pr\u00eats des mus\u00e9es de Barcelone et d\u2019Antibes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>H.T.\u00a0<\/strong>: Et quel est votre statut exact pour cette exposition\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>S.C.\u00a0<\/strong>: Je suis co-commissaire avec Michel Hilaire. Nous avons \u00e9galement travaill\u00e9 avec deux personnes\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2013 C\u00e9cile Godefroy qui est chercheuse sp\u00e9cialiste de Picasso, entre autres de ses sculptures \u2013 elle a \u00e9t\u00e9 commissaire associ\u00e9e de <em>Picasso\u00a0: sculptures<\/em> (au mus\u00e9e national Picasso \u00e0 Paris en 2016). Elle a eu avec le mus\u00e9e Fabre un contrat de conseil scientifique. Nous avions besoin d\u2019\u00e9changer avec quelqu\u2019un qui connaisse le monde Picasso (\u00e0 la fois l\u2019actualit\u00e9 de la recherche et les \u00e9cueils concernant la bibliographie, ainsi que la g\u00e9ographie des pr\u00eateurs).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2013 Nous avons \u00e9galement travaill\u00e9 avec Sarah Imatte, qui est \u00e9l\u00e8ve-conservatrice, laur\u00e9ate du concours, qui a fait six mois de stage au mus\u00e9e Fabre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>H.T.\u00a0<\/strong>: Est-ce vous qui avez choisi cette th\u00e9matique\u00a0large qui donne \u00e0 voir Picasso\u00a0autour de quatorze moments-cl\u00e9s ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>S.C.\u00a0<\/strong>: Oui, le mus\u00e9e Fabre souhaitait jouer un r\u00f4le important dans cette manifestation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019enjeu de ce projet a \u00e9t\u00e9 de savoir ce qu\u2019on allait proposer sur Picasso. En effet, il y a tant d\u2019expositions concomitantes. \u00c0 partir du moment o\u00f9 l\u2019on a d\u00e9cid\u00e9 de faire une monographie, on savait qu\u2019on \u00e9tait sur un terrain balis\u00e9, qu\u2019il n\u2019y avait pas forc\u00e9ment de d\u00e9couvertes suppl\u00e9mentaires \u00e0 faire. Mais on a fini par trouver un terrain de recherche, assez tardivement, qui tombait tr\u00e8s bien.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>H.T.\u00a0<\/strong>: Comment se positionne-t-on en tant que jeune conservateur face au mythe Picasso\u00a0? Est-ce une exposition qui paralyse, qui stimule\u2026 les deux \u00e0 la fois\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>S.C.\u00a0<\/strong>: Ce qui est rassurant, c\u2019est qu\u2019il y a toujours la m\u00eame formule\u00a0: face \u00e0 une montagne, il suffit de commencer \u00e0 travailler. Quand on commence \u00e0 travailler, les choses se font petit \u00e0 petit. En outre, comme le projet a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9 en septembre 2015 pour l\u2019\u00e9t\u00e9 2018, cela fait presque trois ans de travail, ce qui est assez confortable.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous avons eu la chance de pouvoir nous appuyer sur le r\u00e9seau \u00ab\u00a0Picasso-M\u00e9diterran\u00e9e\u00a0\u00bb, qui a permis plusieurs choses\u00a0: tout d\u2019abord, de se r\u00e9unir plusieurs fois dans des mus\u00e9es Picasso, \u00e0 Paris et Barcelone, donc d\u2019avoir une certaine familiarit\u00e9 avec les \u0153uvres pour ne pas r\u00e9fl\u00e9chir de mani\u00e8re compl\u00e8tement abstraite\u00a0; ensuite, \u00ab\u00a0Picasso-M\u00e9diterran\u00e9e\u00a0\u00bb a mis en place, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des comit\u00e9s de pilotage, des s\u00e9minaires \u2013 d\u2019ailleurs nous accueillons le prochain s\u00e9minaire \u00e0 Montpellier, le lendemain du vernissage \u2013 qui nous ont offert l\u2019opportunit\u00e9 formidable d\u2019\u00e9couter une vingtaine de communications par jour sur Picasso \u2013 les menus sont tr\u00e8s denses \u2013 sur des questions tr\u00e8s pointues. Cela permet une sorte de bachotage haut de gamme, mais surtout de percevoir les enjeux de la recherche autour de Picasso.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Un parti pris<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>H.T.\u00a0<\/strong>: Pour cette exposition Picasso, vous avez fait le choix d\u2019\u00e9viter la formule \u00ab\u00a0Picasso et\u2026\u00a0\u00bb. Quelle \u00e9tait votre ambition\u00a0en faisant le choix de la monographie ? Pr\u00e9senter la diversit\u00e9 de la production artistique de Picasso \u00e0 un large public, en prenant le risque de r\u00e9sumer de mani\u00e8re trop r\u00e9ductrice la complexit\u00e9 de son \u0153uvre\u00a0? Vous \u00eates ici face \u00e0 un sujet qui n\u2019est pas tr\u00e8s sp\u00e9cifique, mais plut\u00f4t large.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>S.C.\u00a0<\/strong>: Il s\u2019agit d\u2019une exposition grand \u00e9cart\u00a0: c\u2019est une exposition g\u00e9n\u00e9raliste avec un parti pris. Nous souhaitons nous adresser au grand public.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pourquoi\u00a0? Parce que Picasso n\u2019est pas dans les collections du mus\u00e9e Fabre, \u00e0 l\u2019exception de la <em>Suite Vollard<\/em> (ensemble de 100 gravures datant des ann\u00e9es 1930) et d\u2019un ensemble plus cons\u00e9quent d\u2019estampes l\u00e9gu\u00e9 par Fr\u00e9d\u00e9ric Sabatier d\u2019Espeyran, qui n\u2019est jamais montr\u00e9 pour des raisons de conservation des arts graphiques\u00a0; et parce que Picasso n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 expos\u00e9 \u00e0 Montpellier, \u00e0 l\u2019exception d\u2019une exposition en 1992\u00a0: <em>Picasso linograveur<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\"><strong>[2]<\/strong><\/a><\/em>. Donc le public de Montpellier attend cette exposition depuis longtemps et, dans ce cas-l\u00e0, il ne semble pas n\u00e9cessaire de pr\u00e9senter un dossier, il vaut mieux pr\u00e9senter la globalit\u00e9 du parcours de l\u2019artiste.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ensuite, pourquoi un parti pris\u00a0? Parce qu\u2019intellectuellement, c\u2019est plus satisfaisant. Il fallait trouver un propos qui nous guide dans le choix des \u0153uvres et dans le discours. Ce grand \u00e9cart est finalement celui de toute grande exposition\u00a0: en tant que service public, on se doit de s\u2019adresser \u00e0 un public large, et en m\u00eame temps, on sait tr\u00e8s bien que l\u2019on s\u2019adresse aussi tout particuli\u00e8rement \u00e0 nos pairs\u00a0: nos coll\u00e8gues conservateurs, chercheurs, qui vont avoir un point de vue critique, qui vont juger cette exposition. En outre, cette exposition, comme toutes les expositions, est l\u00e0 \u00e9galement pour favoriser la compr\u00e9hension de l\u2019artiste et de son \u0153uvre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Notre parti pris porte sur le choix de quatorze dates-cl\u00e9s dans l\u2019\u0153uvre de Picasso qui structurent l\u2019exposition. Je r\u00e9p\u00e8te souvent \u2013 mais c\u2019est important \u2013 que ce projet s\u2019est construit en partant de deux paradoxes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le premier est li\u00e9 au fait qu\u2019on pense souvent \u00e0 Picasso comme l\u2019artiste de la m\u00e9tamorphose, l\u2019artiste pluriel\u00a0; pourtant, il est pr\u00e9sent\u00e9 la plupart du temps \u00e0 travers une seule facette \u2013 comme en t\u00e9moignent les titres canoniques que l\u2019on retrouve aujourd\u2019hui dans les expositions \u00ab\u00a0Picasso et\u2026\u00a0\u00bb. Nous avions envie de voir plus large et autrement. Le sel de Picasso, c\u2019est la pluralit\u00e9. Si l\u2019on montre une seule facette, on passe \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019une donn\u00e9e essentielle. Et puisqu\u2019on veut faire une exposition monographique pour que le grand public comprenne quelque chose de cet artiste, au contraire, il faut choisir la question de la diversit\u00e9. C\u2019est une contrainte qu\u2019on a essay\u00e9 de respecter avec Michel Hilaire, m\u00eame s\u2019il y a eu quelques \u00e9carts : ne pas avoir deux \u0153uvres trait\u00e9es dans le m\u00eame style, n\u2019avoir que des \u0153uvres h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le second paradoxe tient \u00e0 ce constat\u00a0: ce qui est int\u00e9ressant chez Picasso c\u2019est donc la m\u00e9tamorphose, pourtant son \u0153uvre est divis\u00e9 en p\u00e9riodes qui sont pr\u00e9sent\u00e9es comme homog\u00e8nes. Ainsi, on a l\u2019impression que Picasso change du tout au tout entre une p\u00e9riode et une autre. Il s\u2019agissait de reconna\u00eetre que c\u2019est une construction d\u2019historien qui permet de rationaliser et d\u2019apporter de la lisibilit\u00e9 \u00e0 son \u0153uvre. Certes, c\u2019est important\u00a0: il faut donner des cl\u00e9s de lecture, surtout pour un artiste qui a travaill\u00e9 plus de 80 ans et qui a produit environ 70 000 \u0153uvres. Nous avons choisi de traiter l\u2019avant et l\u2019apr\u00e8s en m\u00eame temps dans chacune des sections\u00a0: une p\u00e9riode finissante et les nouvelles inventions et exp\u00e9rimentations. On peut penser \u00e0 la m\u00e9taphore du livre\u00a0: on prend la derni\u00e8re page d\u2019un chapitre et la premi\u00e8re du suivant et c\u2019est dans le blanc entre les deux pages, dans ce non-dit, que se trouve le plus passionnant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette diversit\u00e9 stylistique propre \u00e0 Picasso n\u2019est-elle tout simplement pas li\u00e9e au fait que Picasso n\u2019abandonne pas ce qu\u2019il avait d\u00e9couvert plus t\u00f4t et qu\u2019au milieu des ann\u00e9es 1940, par exemple, il peut d\u00e9cider de refaire un dessin \u00e0 la mani\u00e8re des ann\u00e9es 1920\u00a0? Tout cela appelle beaucoup de questions, comme celle du pastiche, d\u00e9j\u00e0 trait\u00e9e par Yve-Alain Bois. Dans les textes canoniques tr\u00e8s importants qui ont nourri ce projet d\u2019exposition, il y a un texte d\u2019Yve-Alain Bois sur \u00ab\u00a0Picasso le trickster<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a>\u00a0\u00bb dans lequel il se concentre sur la figure d\u2019Arlequin, notamment dans la p\u00e9riode entre les ballets russes et le surr\u00e9alisme. Il montre comment Arlequin est finalement une all\u00e9gorie, une personnification de Picasso, car il est lui-m\u00eame changeant selon ses humeurs et car son manteau est fait d\u2019un ensemble de pi\u00e8ces h\u00e9t\u00e9roclites cousues ensemble. Dans l\u2019exposition, il y avait cette volont\u00e9 de retrouver le manteau d\u2019arlequin, avec un embl\u00e8me qui est l\u2019\u0153uvre <em>\u00c9tudes <\/em>de Picasso de 1920. Et l\u00e0 o\u00f9 il y a une intelligence incroyable de notre sc\u00e9nographe (Joris Lipsch et Floriane Pic, The cloud collective), c\u2019est qu\u2019il a reproduit ce tableau \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de sa note d\u2019intention et du plan. C\u2019est coh\u00e9rent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Parmi les r\u00e9f\u00e9rences en histoire de l\u2019art qui ont pu nourrir cette r\u00e9flexion et ce projet, il y a la lecture passionnante des actes d\u2019un colloque sur la question de la rupture<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a>. Ce ne sont que des exemples de rupture tr\u00e8s pr\u00e9cis dont sont tir\u00e9es des conclusions g\u00e9n\u00e9rales. Il y a notamment un texte de Daniel Arasse sur l\u2019invention de la perspective, dans lequel il dit des choses formidables, comme toujours<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a>\u00a0! C\u2019est aussi un guide de d\u00e9ontologie\u00a0: savoir o\u00f9 on met le pied, \u00eatre capable d\u2019assumer ses partis pris. Il d\u00e9finit ainsi la rupture\u00a0:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px; text-align: justify;\">\u00ab\u00a0[\u2026] un historien faisant appel \u00e0 la notion de rupture fait violence \u00e0 la continuit\u00e9 objective de l\u2019histoire, \u00e0 la pure succession, au flux des formes. Certains ne manquent pas d\u00e8s lors de trouver arbitraires les ruptures qu\u2019il propose d\u2019identifier, et invoquent le p\u00e9ch\u00e9 de surinterpr\u00e9tation<a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a>.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il ne s\u2019agit pas tant finalement pour nous de remettre en cause les ruptures chez Picasso, mais de les \u00e9tudier. En revanche, ce qu\u2019il ajoute et qui est tr\u00e8s important, je le cite\u00a0:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px; text-align: justify;\">\u00ab\u00a0C\u2019est oublier cependant que, comme le soulignait Erwin Panofsky, citant Heidegger, toute interpr\u00e9tation est violence et toute histoire est une interpr\u00e9tation, une construction interpr\u00e9tative. Or, dans ce contexte, l\u2019avantage (si l\u2019on peut dire) d\u2019une \u201chistoire des ruptures\u201d est qu\u2019elle oblige l\u2019historien \u00e0 penser. Comme le remarque Jacqueline Lichtenstein, le concept m\u00eame de rupture rel\u00e8ve de l\u2019interpr\u00e9tation, de la construction\u00a0; il est un instrument, l\u2019outil d\u2019une pens\u00e9e historique<a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\">[7]<\/a>.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je suis ravi d\u2019avoir lu \u00e7a car, en effet, c\u2019est une mode aujourd\u2019hui que de refuser la lin\u00e9arit\u00e9, mais en m\u00eame temps c\u2019est int\u00e9ressant d\u2019avoir des sages comme Daniel Arasse qui disent \u00ab\u00a0oui, mais c\u2019est un outil \u00e0 penser\u00a0\u00bb. Ces r\u00e9flexions ne seront pas cit\u00e9es explicitement dans l\u2019exposition ni m\u00eame le catalogue, mais elles ont \u00e9t\u00e9 importantes dans notre travail.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il y a une autre chose qui ne sera \u00e9crite et cit\u00e9e nulle part, sur le temps et l\u2019espace\u00a0: c\u2019est un article g\u00e9nial sur les cartes m\u00e9di\u00e9vales qui explique que, dans ces cartes, il peut y avoir tout \u00e0 la fois des espaces g\u00e9ographiques et des espaces temporels<a href=\"#_ftn8\" name=\"_ftnref8\">[8]<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Une m\u00e9thodologie<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>H.T.<\/strong>\u00a0: Comment ces quatorze dates-cl\u00e9s se sont-elles impos\u00e9es \u00e0 vous\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>S.C.\u00a0: <\/strong>Lorsqu\u2019on a choisi de travailler sur des dates-cl\u00e9s, on s\u2019est dit avec Michel Hilaire qu\u2019il \u00e9tait essentiel d\u2019avoir une chronologie dans le catalogue qui soit justement en lien avec ces dates. Puisqu\u2019on \u00e9tudie vraiment des p\u00e9riodes de transition dans l\u2019\u0153uvre de Picasso, il faut pouvoir, \u00e0 un moment, appuyer le discours sur des faits. C\u2019\u00e9tait le point de d\u00e9part\u00a0: cette chronologie autour de quatorze dates. En fait, c\u2019est un peu plus parce que, parfois, on est \u00e0 cheval sur deux ann\u00e9es. \u00c9videmment les changements observ\u00e9s n\u2019interviennent pas au 1<sup>er<\/sup> janvier. Au contraire, ces p\u00e9riodes de transition sont souvent des p\u00e9riodes de cr\u00e9ation intense. On s\u2019est rendu compte qu\u2019autour du 25 d\u00e9cembre il y a souvent beaucoup de choses qui se passent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette chronologie a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9par\u00e9e avec Sarah Imatte, tous les deux. La m\u00e9thodologie retenue a \u00e9t\u00e9 de faire une chronologie sourc\u00e9e, c\u2019est-\u00e0-dire de reprendre des informations qui ne sont pas issues d\u2019archives dans un premier temps, qui sont issues d\u2019ouvrages \u00e9dit\u00e9s sur Picasso, mais de privil\u00e9gier des ouvrages qui reproduisent des archives pour \u00eatre au plus pr\u00e8s de l\u2019information. Par exemple, il y a un catalogue qui a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s important pour nous\u00a0: l\u2019\u00e9dition s\u00e9lective des archives de Picasso<a href=\"#_ftn9\" name=\"_ftnref9\">[9]<\/a>. Il y a \u00e9galement toutes les correspondances qui ont \u00e9t\u00e9 \u00e9dit\u00e9es\u00a0: Picasso-Stein<a href=\"#_ftn10\" name=\"_ftnref10\">[10]<\/a>, Picasso-Jacob<a href=\"#_ftn11\" name=\"_ftnref11\">[11]<\/a>, Picasso-Apollinaire<a href=\"#_ftn12\" name=\"_ftnref12\">[12]<\/a>. Il y a \u00e9videmment la somme de Marie-Laure Bernadac, les<em> Propos sur l\u2019art <\/em>de Picasso<a href=\"#_ftn13\" name=\"_ftnref13\">[13]<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ensuite, on a compl\u00e9t\u00e9 par les grandes monographies sur Picasso qui font autorit\u00e9\u00a0: celles de Pierre Daix, Roland Penrose, John Stuart Richardson, etc. L\u2019id\u00e9e a \u00e9t\u00e9 de lister tous les \u00e9l\u00e9ments de chronologie qu\u2019on trouvait et de sourcer. Cette chronologie ne sera pas publi\u00e9e sourc\u00e9e, car le catalogue reste grand public, mais on sait ainsi quelles sont nos sources. Notre id\u00e9e \u00e9tait d\u2019avoir au moins deux sources diff\u00e9rentes pour valider une information. Picasso a v\u00e9cu 92 ans et il y a tellement d\u2019ouvrages sur lui que lorsqu\u2019il y a une coquille, elle est reprise partout.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ensuite, le catalogue propose des chapeaux qui font 15 000 signes pour chacune des dates, qui sont donc ouverts par la chronologie. Chaque auteur de ces chapeaux \u2013 Philippe Dagen, Florence Hudowicz qui est conservatrice au mus\u00e9e Fabre, Sarah Imatte, Coline Zellal qui est conservatrice au mus\u00e9e Picasso et moi-m\u00eame \u2013 a re\u00e7u notre travail pr\u00e9liminaire et chaque auteur ensuite \u00e9tait responsable, en fonction du temps dont il disposait, d\u2019aller consulter des fonds d\u2019archives pour compl\u00e9ter cette chronologie. De mon c\u00f4t\u00e9, \u00e9videmment, je suis all\u00e9 aux archives du mus\u00e9e Picasso, et aux archives du mus\u00e9e d\u2019Orsay pour consulter les archives Vollard o\u00f9 il y avait des choses int\u00e9ressantes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Une sc\u00e9nographie<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>H.T.\u00a0<\/strong>: La pr\u00e9sentation de l\u2019exposition \u2013 telle qu\u2019elle figure actuellement sur le site du mus\u00e9e Fabre \u2013 fait mention d\u2019une \u00ab\u00a0sc\u00e9nographie ouverte<a href=\"#_ftn14\" name=\"_ftnref14\">[14]<\/a>\u00a0\u00bb. Il me semble qu\u2019il est assez rare de voir \u00e9voqu\u00e9e la sc\u00e9nographie dans la pr\u00e9sentation d\u2019une exposition. Comment celle-ci est-elle li\u00e9e \u00e0 votre projet d\u2019exposition\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">S.C.\u00a0: Vaste question\u00a0! Au d\u00e9part, il y a une intuition\u00a0: faire la galerie du temps de Picasso. Comme toute exposition, celle-ci s\u2019est construite dans des discussions avec des sp\u00e9cialistes de Picasso. Celle li\u00e9e \u00e0 la sc\u00e9nographie a eu lieu avec Fran\u00e7oise Guichon, qui \u00e9tait conservatrice au CIRVA (Centre international de recherche sur le verre et les arts plastiques situ\u00e9 \u00e0 Marseille), puis directrice du d\u00e9partement de design du Centre Pompidou. C\u2019est une personne formidable et extr\u00eamement rigoureuse du point de vue intellectuel. Elle a l\u2019art de mettre les pieds dans le plat et d\u2019appuyer l\u00e0 o\u00f9 \u00e7a fait mal\u00a0! Elle m\u2019a tout de suite dit\u00a0: \u00ab\u00a0Vous ne pouvez pas construire votre exposition autour d\u2019une sc\u00e9nographie, \u00e7a n\u2019a aucun sens. La sc\u00e9nographie sert un propos. Quel est votre propos\u00a0?\u00a0\u00bb \u00c9videmment, elle s\u2019arr\u00eate l\u00e0 et c\u2019est merveilleux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 partir de l\u00e0, j\u2019avais l\u2019id\u00e9e d\u2019un <em>morphing<\/em>\u00a0: je pensais qu\u2019on aurait pu voir dans l\u2019espace le mouvement de la cr\u00e9ation, les passages d\u2019une \u0153uvre \u00e0 l\u2019autre, d\u2019un style \u00e0 l\u2019autre. Je commen\u00e7ais \u00e0 comprendre quel \u00e9tait le sujet, l\u00e0 o\u00f9 l\u2019on est justement dans le parti pris, et non dans le grand public. L\u2019essai que je pr\u00e9pare pour le catalogue commence sur ces questions-l\u00e0\u00a0: la question du style et la question du temps sont \u00e9troitement li\u00e9es dans l\u2019\u0153uvre de Picasso. C\u2019est bien ce lien entre style et temps qui permet en fait d\u2019organiser tout cela.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il y a eu \u00e9galement une autre discussion tr\u00e8s importante avec \u00c9milie Bouvard, qui est conservatrice au mus\u00e9e Picasso et qui coordonne \u00ab\u00a0Picasso-M\u00e9diterran\u00e9e\u00a0\u00bb. Je lui avais pr\u00e9sent\u00e9 notre projet et c\u2019est elle qui m\u2019a dit \u00e0 un moment\u00a0: \u00ab\u00a0C\u2019est int\u00e9ressant cette volont\u00e9 de visualiser des passages, mais il faut \u00eatre plus radical dans votre choix \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et le troisi\u00e8me \u00e9l\u00e9ment important sur cette question du style et du temps est li\u00e9 \u00e0 cette citation de Robert Desnos sur Picasso, de 1943\u00a0:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px; text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Cet univers de Picasso, il est avant toute chose vie. Jamais l\u2019esp\u00e8ce humaine ne poussa contre la mort cri plus triomphal et plus sonore. C\u2019est un univers en perp\u00e9tuelle expansion et contradiction sur lequel nos id\u00e9es changent et se compl\u00e8tent au fur et \u00e0 mesure qu\u2019il se compl\u00e8te lui-m\u00eame et qu\u2019il se r\u00e9v\u00e8le \u00e0 nous sous un aspect nouveau.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u2019ai parl\u00e9 de ce texte \u00e0 Marie-Laure Bernadac et elle m\u2019a dit\u00a0: \u00ab\u00a0Tu as raison, c\u2019est une bonne piste que de lire les po\u00e8tes sur Picasso, car les po\u00e8tes ont souvent des intuitions tr\u00e8s justes.\u00a0\u00bb C\u2019est une m\u00e9thode \u2013 la po\u00e9sie pour preuve \u2013 qui peut para\u00eetre un peu \u00e9trange, d\u2019autant qu\u2019autour de Picasso les po\u00e8tes ont un statut un peu ambigu\u00a0: ils sont t\u00e9moins et commentateurs. Il n\u2019en demeure pas moins qu\u2019\u00c9luard, Desnos, Char et Paz ont \u00e9t\u00e9 des piliers de cette r\u00e9flexion-l\u00e0.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Outre ces \u00e9l\u00e9ments qui concernent l\u2019intuition d\u2019une \u00ab\u00a0galerie du temps\u00a0\u00bb, il y a une autre mani\u00e8re de justifier cet espace ouvert qui part toujours de faits historiques\u00a0: l\u2019entretien de Picasso avec Marius de Zayas en 1923 dans lequel il dit qu\u2019il n\u2019y a ni \u00e9volution ni progr\u00e8s dans son art. Et \u00e0 partir de l\u00e0, les dates charni\u00e8res pr\u00e9sent\u00e9es les unes apr\u00e8s les autres semblaient un peu contradictoires avec ce que Picasso avait dit. Et l\u2019id\u00e9e de pouvoir ouvrir l\u2019espace d\u2019exposition, c\u2019\u00e9tait justement permettre des covisibilit\u00e9s entre toutes les p\u00e9riodes et de comprendre comment le temps est beaucoup plus circulaire, sans tourner en rond (m\u00e9taphore de l\u2019escargot).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette volont\u00e9 de cr\u00e9er des passerelles entre ces p\u00e9riodes m\u2019a amen\u00e9 \u00e0 conceptualiser l\u2019id\u00e9e de mutation additive, qui \u00e9tait juste une suggestion pour creuser l\u2019id\u00e9e de la m\u00e9tamorphose chez Picasso. Lorsqu\u2019on s\u2019int\u00e9resse au style et au temps, la m\u00e9tamorphose c\u2019est \u00e7a\u00a0: le passage dans le temps d\u2019une forme vers l\u2019autre. Dans la mutation additive, il y a l\u2019id\u00e9e que le moment z\u00e9ro n\u2019est pas effac\u00e9 par le moment 1. Il est contenu, mais transform\u00e9 et toujours pr\u00e9sent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On est l\u00e0 dans du tr\u00e8s pointu, mais pour revenir au grand public, je pense que ces covisibilit\u00e9s permettent une stimulation, et donc certainement une \u00e9ducation du regard. Cela permet de comprendre finalement des liens et \u00e7a permet de montrer deux directions compl\u00e8tement contradictoires chez Picasso, mais c\u2019est \u00e7a qui est int\u00e9ressant. J\u2019imagine d\u00e9j\u00e0 les commentaires\u00a0: \u00ab\u00a0c\u2019est vraiment diff\u00e9rent, c\u2019est incroyable tous ces styles \u00e0 la fois\u00a0!\u00a0\u00bb C\u2019est le c\u00f4t\u00e9 feu d\u2019artifice\u00a0: la confrontation \u00e0 des \u0153uvres qui sont toutes diff\u00e9rentes. C\u2019est la premi\u00e8re r\u00e9action, mais je pense que des personnes plus attentives pourront se dire\u00a0: \u00ab\u00a0mais cette \u0153uvre qu\u2019il a faite 50 ans apr\u00e8s celle-ci est \u00e9trangement proche, pour certaines raisons\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La derni\u00e8re raison, du point de vue du grand public, tient au fait que le noyau dur des \u0153uvres pr\u00eat\u00e9es au mus\u00e9e Fabre vient du mus\u00e9e Picasso de Paris, dont la collection est constitu\u00e9e des Picasso de Picasso, c\u2019est-\u00e0-dire les \u0153uvres qu\u2019il a gard\u00e9es toute sa vie. Et Pierre Daix l\u2019indique bien dans sa monographie\u00a0: les \u0153uvres qui ont constitu\u00e9 cette donation sont justement des jalons. Il les a gard\u00e9es toute sa vie parce qu\u2019il avait compris qu\u2019elles jouaient un r\u00f4le particulier au sein de son \u0153uvre et qu\u2019il avait besoin de les garder aupr\u00e8s de lui pour continuer \u00e0 avancer, \u00e0 progresser. Ces \u0153uvres qui s\u2019inscrivent bien dans la pens\u00e9e de la rupture sont habituellement pr\u00e9sent\u00e9es \u00e0 l\u2019H\u00f4tel Sal\u00e9, un h\u00f4tel particulier qui, forc\u00e9ment, divise et fragmente l\u2019\u0153uvre de Picasso. Notre ambition est de montrer ces \u0153uvres de mani\u00e8re compl\u00e8tement diff\u00e9rente. M\u00eame le grand public qui peut conna\u00eetre cette collection aura l\u2019occasion de la voir dans un contexte compl\u00e8tement tr\u00e8s diff\u00e9rent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce contexte peut en outre se justifier du point de vue de l\u2019histoire. En 1932, \u00e0 l\u2019occasion de la r\u00e9trospective Picasso chez Georges Petit, puis en Suisse, dont Picasso est le commissaire, celui-ci m\u00e9lange les p\u00e9riodes. Il nous dit quelque chose en tant que commissaire. S\u2019ajoutent \u00e0 cet \u00e9l\u00e9ment toutes les photos de la villa \u00ab\u00a0La Californie\u00a0\u00bb \u00e0 Cannes o\u00f9 l\u2019on voit que Picasso vivait au milieu de ses \u0153uvres, toutes p\u00e9riodes confondues. Il y a l\u2019id\u00e9e de retrouver, en tant que commissaire, le m\u00eame contexte qui est le contexte de sa production, de son environnement de travail.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>H.T.\u00a0<\/strong>: Le site du mus\u00e9e indique que les \u0153uvres de l\u2019artiste seront accompagn\u00e9es de documents d\u2019archives et de dessins pr\u00e9paratoires. Comment est envisag\u00e9e la pr\u00e9sentation de ces \u00e9l\u00e9ments visuels qui n\u00e9cessitent de la part du spectateur une attention autre que celle port\u00e9e aux tableaux\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>S.C.\u00a0<\/strong>: C\u2019est un \u00e9norme probl\u00e8me en termes de conservation\u00a0: normalement, les dessins doivent \u00eatre pr\u00e9sent\u00e9s en-dessous de 50-60 lux. Et comme ceux-ci sont expos\u00e9s dans le m\u00eame espace que les tableaux, cet accrochage rel\u00e8vera de la marqueterie lumineuse\u00a0! On ne voulait pas de cabinet d\u2019art graphique. Il y a toujours un aller-retour dans l\u2019exposition entre des moments creus\u00e9s en profondeur et le c\u00f4t\u00e9 \u00ab\u00a0<em>big picture\u00a0<\/em>\u00bb o\u00f9 l\u2019on regarde l\u2019ensemble de l\u2019\u0153uvre. Lorsqu\u2019on est dans le d\u00e9tail, ce qui est int\u00e9ressant c\u2019est de montrer des dessins pr\u00e9paratoires pour des \u0153uvres qui sont pr\u00e9sent\u00e9es. On a quelques paires, voire des triptyques qui fonctionnent bien. On souhaitait les montrer ensemble. Il y aura donc des vitrines, par exemple, permettant d\u2019avoir les dessins \u00e0 plat qui boivent ainsi un peu moins la lumi\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette question renvoie \u00e0 la commande pass\u00e9e au sc\u00e9nographe, qui a chang\u00e9, mais cette id\u00e9e demeure : pour chaque section, chaque date-cl\u00e9, un module associe sur une cimaise deux \u0153uvres importantes, trait\u00e9es dans des styles tout \u00e0 fait diff\u00e9rents, mais pourtant r\u00e9alis\u00e9es la m\u00eame ann\u00e9e. C\u2019est le c\u00f4t\u00e9 tr\u00e8s d\u00e9monstratif de l\u2019exposition. Un aspect plus documentaire y est associ\u00e9\u00a0: ces deux \u0153uvres sont pr\u00e9sent\u00e9es aux c\u00f4t\u00e9s d\u2019\u0153uvres plus mineures (des petites peintures, des esquisses, des dessins, des gravures\u2026) permettant de restituer le contexte de cr\u00e9ation des deux principales.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>H.T.\u00a0:<\/strong> Cette sc\u00e9nographie ouverte a une justification scientifique, mais est-elle li\u00e9e \u00e9galement \u00e0 des contraintes de gestion de flux des visiteurs\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>S.C.\u00a0:<\/strong> Non, c\u2019est d\u2019ailleurs plus un probl\u00e8me qu\u2019autre chose. On est oblig\u00e9s d\u2019avoir des trottoirs \u00e0 chaque fois pour mettre \u00e0 distance les spectateurs face aux \u0153uvres, mais \u00e9videmment on accroche des deux c\u00f4t\u00e9s, il va donc falloir \u00eatre extr\u00eamement vigilants pour que personne ne tombe\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Du point de vue du service du public, les \u00e9quipes du mus\u00e9e ont vraiment compris l\u2019enjeu et tr\u00e8s t\u00f4t ont organis\u00e9 des r\u00e9unions pour anticiper cela, car quand c\u2019est quelque chose de nouveau, c\u2019est donc plus de travail et c\u2019est une source d\u2019inqui\u00e9tudes. J\u2019ai conseill\u00e9 de prendre contact avec l\u2019\u00e9quipe du Louvre-Lens qui g\u00e8re au quotidien une structure comme celle-l\u00e0 et qui a des r\u00e9ponses.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le choix du sc\u00e9nographe a \u00e9t\u00e9 extr\u00eamement important. Nous avons re\u00e7u peu de candidatures parce que la contrainte \u00e9tait forte, notre cahier des charges \u00e9tait dense. Il y en a eu trois et nous sommes tr\u00e8s contents parce que parmi les trois une \u00e9tait excellente. Il y en avait une autre qui \u00e9tait sous forme de spirale, qui \u00e9tait comme perc\u00e9e par un axe horizontal et vertical qui permettait de l\u2019ouvrir. J\u2019avais peur qu\u2019on retrouve dans cette spirale le c\u00f4t\u00e9 chemin de croix, que les visiteurs se suivent les uns apr\u00e8s les autres. En outre, cela ne permettait pas des perspectives tout \u00e0 fait satisfaisantes. Cela nous obligeait \u00e0 aligner justement les dessins et les archives sur le m\u00eame plan que les \u0153uvres, donc ce n\u2019\u00e9tait pas tr\u00e8s int\u00e9ressant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>H.T.\u00a0<\/strong>: Derni\u00e8re question\u00a0qui d\u00e9passe quelque peu le cas Picasso\u00a0: est-il possible pour une exposition d\u2019accrocher des tableaux sans les cadres qui y sont habituellement associ\u00e9s\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>S.C.\u00a0<\/strong>: C\u2019est possible, mais pas pour Picasso. Pour Fran\u00e7ois Rouan, quelques pr\u00eateurs ont accept\u00e9 de retirer les cadres, parce qu\u2019il y avait beaucoup d\u2019\u0153uvres qui venaient de collections priv\u00e9es. Mais pour Picasso, les enjeux en termes d\u2019assurances sont tels que c\u2019est impossible.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cela fait partie des questions que l\u2019on a anticip\u00e9es tr\u00e8s t\u00f4t et que l\u2019on va tenter d\u2019appliquer aux autres expositions\u00a0: lorsqu\u2019on a envoy\u00e9 la demande de pr\u00eat, on a demand\u00e9, dans la mesure du possible, \u00e0 ce que le pr\u00eateur nous envoie une photo du cadre. Comme Picasso traverse le xx<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, on trouve tous les types de cadres\u00a0: des cadres tr\u00e8s orn\u00e9s, des cadres de marchands\u2026 Sur la derni\u00e8re p\u00e9riode, il n\u2019y a presque plus de cadre, mais comme c\u2019est Picasso, ces \u0153uvres sont dans des caisses am\u00e9ricaines. Certaines choses ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9nov\u00e9es. Cette proc\u00e9dure nous permet d\u2019\u00e9viter les mauvaises surprises.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Notes<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Une carte de ce type est mise en ligne sur le site de la manifestation \u00ab\u00a0Picasso-M\u00e9diterran\u00e9e\u00a0\u00bb, <a href=\"https:\/\/picasso-mediterranee.org\/index.html#fr\/map\/\">https:\/\/picasso-mediterranee.org\/index.html#fr\/map\/<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> <em>Picasso Linograveur<\/em>, cat. exp., Montpellier, Mus\u00e9e Fabre, 1992.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> <em>Bois Y.-A.,<\/em> \u00ab\u00a0Picasso le trickster\u00a0\u00bb, <em>Les cahiers du mus\u00e9e national d&rsquo;Art moderne<\/em>, n\u00b0 106, hiver 2008-2009, p.\u00a04-31.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> Galard J. (dir.), <em>Ruptures\u00a0: de la discontinuit\u00e9 dans la vie artistique<\/em>, actes du colloque (Paris, Mus\u00e9e du Louvre, 26-27 mai 2000), Paris, \u00c9cole nationale sup\u00e9rieure des Beaux-Arts, 2002.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> Arasse D., \u00ab\u00a0Perspective r\u00e9guli\u00e8re\u00a0: rupture historique\u00a0?\u00a0\u00bb, Galard J. (dir.), <em>Ruptures\u00a0: de la discontinuit\u00e9 dans la vie artistique<\/em>, actes du colloque (Paris, Mus\u00e9e du Louvre, 26-27 mai 2000), Paris, \u00c9cole nationale sup\u00e9rieure des Beaux-Arts, 2002, p. 58-71.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a> <em>Ibid.<\/em>, p. 67.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a> <em>Ibid.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref8\" name=\"_ftn8\">[8]<\/a> Scafi A., \u00ab\u00a0\u00c0 la recherche du paradis perdu\u00a0: les mappemondes du xiii<sup>e<\/sup> si\u00e8cle\u00a0\u00bb, Galard J. (dir.), <em>Ruptures\u00a0: de la discontinuit\u00e9 dans la vie artistique<\/em>, actes du colloque (Paris, Mus\u00e9e du Louvre, 26-27 mai 2000), Paris, \u00c9cole nationale sup\u00e9rieure des Beaux-Arts, 2002, p.&nbsp;17-57.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref9\" name=\"_ftn9\">[9]<\/a> <em>Les archives de Picasso\u00a0: \u00ab\u00a0on est ce que l\u2019on garde\u00a0!\u00a0\u00bb<\/em>, cat. exp., Paris, Mus\u00e9e Picasso, 2003-2004.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref10\" name=\"_ftn10\">[10]<\/a> Picasso P., Stein G., <em>Correspondance<\/em>, Madeline L. (\u00e9d.), Paris, Gallimard, 2005.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref11\" name=\"_ftn11\">[11]<\/a> <em>Max Jacob et Picasso<\/em>, cat. exp., Quimper, Mus\u00e9e des Beaux-Arts\u00a0; Paris, Mus\u00e9e Picasso, 1994.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref12\" name=\"_ftn12\">[12]<\/a> Picasso P., Apollinaire G., <em>Correspondance<\/em>, Caizergues P., Seckel H. (\u00e9d.), Paris, Gallimard\u00a0; RMN, 1992.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref13\" name=\"_ftn13\">[13]<\/a> Picasso P., <em>Propos sur l\u2019art<\/em>, Bernadac M.-L., Androula M. (\u00e9d.), Paris, Gallimard, 1998.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref14\" name=\"_ftn14\">[14]<\/a> Le site du mus\u00e9e Fabre a \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9 depuis. La pr\u00e9sentation de l\u2019exposition est plus compl\u00e8te (<a href=\"http:\/\/museefabre.montpellier3m.fr\/EXPOSITIONS\/PICASSO_-_DONNER_A_VOIR\">http:\/\/museefabre.montpellier3m.fr\/EXPOSITIONS\/PICASSO_-_DONNER_A_VOIR<\/a>). Le texte initial auquel il est fait r\u00e9f\u00e9rence se retrouve n\u00e9anmoins sur le site suivant\u00a0: <a href=\"http:\/\/herault.news\/picasso-donner-a-voir-musee-fabre\/\">http:\/\/herault.news\/picasso-donner-a-voir-musee-fabre\/<\/a>.<\/p>\n<div class=\"wpcp\">Pour citer cet article : Stanislas Colodiet, \"\u00c0 propos de l&rsquo;exposition <em>Picasso, donner \u00e0 voir<\/em> (Mus\u00e9e Fabre, Montpellier, 2018)\", <em>exPosition<\/em>, 25 juin 2018, <a href=\"https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/articles4\/colodiet-trespeuch-picasso-musee-fabre-montpellier-2018\/%20\">https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/articles4\/colodiet-trespeuch-picasso-musee-fabre-montpellier-2018\/%20<\/a>. 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