{"id":1422,"date":"2019-09-02T15:00:03","date_gmt":"2019-09-02T14:00:03","guid":{"rendered":"http:\/\/www.revue-exposition.com\/?p=1422"},"modified":"2021-10-19T13:33:06","modified_gmt":"2021-10-19T12:33:06","slug":"lemieux-decrochage-hylas-waterhouse-sonia-boyce","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/articles5\/lemieux-decrochage-hylas-waterhouse-sonia-boyce\/%20","title":{"rendered":"Le geste de censure comme intervention artistique. Le d\u00e9crochage d&rsquo;<em>Hylas et les Nymphes<\/em> par Sonia Boyce"},"content":{"rendered":"<h3 style=\"text-align: justify;\">par Ariane Lemieux<\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8211;<em>&#8211;<strong>&#8211; Ariane Lemieux<\/strong> est docteure en histoire de l&rsquo;art sp\u00e9cialiste de l&rsquo;histoire des mus\u00e9es. Elle est charg\u00e9e d&rsquo;enseignement en histoire du patrimoine et des mus\u00e9es \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Paris 1 et en m\u00e9diation de l&rsquo;art contemporain \u00e0 Paris 13. Elle est \u00e9galement intervenante p\u00e9dagogique en mus\u00e9ologie \u00e0 l&rsquo;\u00c9cole du Louvre. Ses recherches portent principalement sur la nature des rapports du mus\u00e9e d&rsquo;art ancien avec la cr\u00e9ation vivante, sur l&rsquo;\u00e9volution de l&rsquo;offre culturelle dans l&rsquo;enceinte du mus\u00e9e et sur le rapport triangulaire mus\u00e9e-public-artiste. Membre de l&rsquo;association internationale d&rsquo;art contemporain, elle collabore r\u00e9guli\u00e8rement avec la revue <\/em>Espace-Art actuel<em> (Montr\u00e9al). <\/em>&#8212;<\/p>\n<figure id=\"attachment_1532\" aria-describedby=\"caption-attachment-1532\" style=\"width: 840px\" class=\"wp-caption alignright\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-large wp-image-1532\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/1280px-Waterhouse_Hylas_and_the_Nymphs_Manchester_Art_Gallery_1896.15.jpg?resize=840%2C521&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"840\" height=\"521\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/1280px-Waterhouse_Hylas_and_the_Nymphs_Manchester_Art_Gallery_1896.15.jpg?resize=1024%2C635&amp;ssl=1 1024w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/1280px-Waterhouse_Hylas_and_the_Nymphs_Manchester_Art_Gallery_1896.15.jpg?resize=300%2C186&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/1280px-Waterhouse_Hylas_and_the_Nymphs_Manchester_Art_Gallery_1896.15.jpg?resize=768%2C476&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/1280px-Waterhouse_Hylas_and_the_Nymphs_Manchester_Art_Gallery_1896.15.jpg?resize=1200%2C744&amp;ssl=1 1200w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/1280px-Waterhouse_Hylas_and_the_Nymphs_Manchester_Art_Gallery_1896.15.jpg?w=1280&amp;ssl=1 1280w\" sizes=\"auto, (max-width: 709px) 85vw, (max-width: 909px) 67vw, (max-width: 1362px) 62vw, 840px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1532\" class=\"wp-caption-text\">Fig. 1 : John W. Waterhouse, Hylas et les Nymphes, 1889. Huile sur toile, 98,2 cm x 163,3 cm. Manchester Art Gallery<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 26 janvier 2018, une \u0153uvre de John Waterhouse, <em>Hylas et les Nymphes<\/em> [Fig.\u00a01], est d\u00e9croch\u00e9e des cimaises de la Manchester Art Gallery dans le cadre d\u2019une performance de Sonia Boyce<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>. Ce d\u00e9crochage devant public visait \u00e0 engager une r\u00e9flexion sur la repr\u00e9sentation de la femme dans la peinture victorienne en particulier et la mani\u00e8re dont le mus\u00e9e aujourd\u2019hui donne \u00e0 voir et \u00e0 interpr\u00e9ter ces \u0153uvres du pass\u00e9 dans lesquelles les femmes apparaissent comme des objets de d\u00e9sir et de beaut\u00e9. Le vide instaur\u00e9 dans l\u2019accrochage \u00e9tait combl\u00e9 par un avis de l\u2019artiste, qui contextualisait les motifs du d\u00e9crochage et posait trois questions aux visiteurs sur la mani\u00e8re dont pourraient \u00eatre expos\u00e9es les \u0153uvres du pass\u00e9, au regard du contexte actuel domin\u00e9 par une revendication pour l\u2019\u00e9galit\u00e9 des genres et le mouvement <em>#MeToo<\/em><a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>. Sur une table, des <em>post-it<\/em> \u00e9taient mis \u00e0 disposition du public afin de recueillir ses r\u00e9ponses [Fig. 2].<\/p>\n<figure id=\"attachment_1606\" aria-describedby=\"caption-attachment-1606\" style=\"width: 840px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1606 size-large\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/LEMIEUX-355.jpg?resize=840%2C561&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"840\" height=\"561\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/LEMIEUX-355.jpg?resize=1024%2C684&amp;ssl=1 1024w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/LEMIEUX-355.jpg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/LEMIEUX-355.jpg?resize=768%2C513&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/LEMIEUX-355.jpg?resize=1200%2C801&amp;ssl=1 1200w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/LEMIEUX-355.jpg?w=2000&amp;ssl=1 2000w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/LEMIEUX-355.jpg?w=1680&amp;ssl=1 1680w\" sizes=\"auto, (max-width: 709px) 85vw, (max-width: 909px) 67vw, (max-width: 1362px) 62vw, 840px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1606\" class=\"wp-caption-text\">Fig. 2 : Affiche exprimant les motifs du retrait temporaire d\u2019Hylas et les Nymphes et invitant les visiteurs \u00e0 donner leur avis sur la mani\u00e8re de rendre l&rsquo;accrochage plus repr\u00e9sentatif des probl\u00e9matiques contemporaines dont l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des genres. Photo : Manchester Art Gallery<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019absence de l\u2019\u0153uvre et les motifs de celle-ci ont cependant suscit\u00e9 davantage de commentaires d\u00e9non\u00e7ant une censure puritaine teint\u00e9e d\u2019un f\u00e9minisme radical que des r\u00e9ponses sur les alternatives de pr\u00e9sentation des \u0153uvres et sur l\u2019actualisation de leur interpr\u00e9tation par l\u2019institution. Il est vrai que le tableau de John Waterhouse ne repr\u00e9sente pas un sujet r\u00e9ellement offensant et la nudit\u00e9 qu\u2019il donne \u00e0 voir est plut\u00f4t acad\u00e9mique. Il repr\u00e9sente la rencontre funeste d\u2019Hylas, jeune compagnon d\u2019H\u00e9racl\u00e8s, avec les Nymphes alors qu\u2019il puisait de l\u2019eau \u00e0 la rivi\u00e8re. Le propos du tableau tire son inspiration des th\u00e8mes classiques traitant des dangers de la beaut\u00e9 f\u00e9minine et du caract\u00e8re sournois des femmes. Il participe de ce fait \u00e0 la fabrication de l\u2019image de la femme au charme v\u00e9n\u00e9neux et dont l\u2019intention est de d\u00e9tourner l\u2019esprit de l\u2019homme par sa nudit\u00e9. En r\u00e9alit\u00e9, <em>Hylas et les Nymphes <\/em>a le \u00ab d\u00e9faut \u00bb, ou la \u00ab qualit\u00e9 \u00bb, d\u2019\u00eatre parmi les tableaux les plus significatifs des repr\u00e9sentations de femmes fatales propres \u00e0 la fin du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. C\u2019est cette repr\u00e9sentation de la femme dans la peinture ancienne au regard du contexte actuel et des d\u00e9bats sur l\u2019\u00e9galit\u00e9 des genres que le retrait d\u2019<em>Hylas et les Nymphes <\/em>voulait souligner.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019avis indiquait pourtant que le retrait de l\u2019\u0153uvre \u00e9tait temporaire et servait \u00e0 cr\u00e9er un espace de r\u00e9flexion pour l\u2019ensemble des visiteurs<em>. <\/em>Mais si nous consid\u00e9rons que la censure \u00e9mane d\u2019un discours ob\u00e9issant \u00e0 une certaine morale, ou du moins \u00e0 un jugement de valeur, le d\u00e9crochage d\u2019<em>Hylas et les Nymphes <\/em>par Sonia Boyce peut sembler s\u2019en approcher. Dans le domaine des arts, la censure proc\u00e8de d\u2019un contr\u00f4le de l\u2019entr\u00e9e des \u0153uvres dans l\u2019espace public, soit par les autorit\u00e9s institutionnelles responsables de la diffusion officielle de l\u2019art, soit par une autorit\u00e9 morale \u00e9manant de l\u2019\u00c9tat<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a>. Elle est le fruit d\u2019un rapport autoritaire aux \u0153uvres qui s\u2019appuie, soit sur la forme, soit sur le contenu de la repr\u00e9sentation. Par d\u00e9finition, la censure proc\u00e8de d\u2019une sanction qui se manifeste et se concr\u00e9tise par le retrait de l\u2019\u0153uvre de l\u2019espace public. M\u00eame si le retrait de l\u2019\u0153uvre participe d\u2019une d\u00e9marche artistique et vise la probl\u00e9matique de l\u2019accrochage, il s\u2019accompagne d\u2019une interpr\u00e9tation et d\u2019une prise de position sur le contenu des \u0153uvres des salles de la Manchester Art Gallery.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Le geste de Sonia Boyce\u00a0: une censure au sens propre<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En soustrayant l\u2019\u0153uvre de John Waterhouse au regard du public Sonia Boyce se pose en censeure. L\u2019\u0153uvre n\u2019est plus visible et le vide de la cimaise peut ici corroborer l\u2019id\u00e9e que l\u2019institution mus\u00e9ale, faisant autorit\u00e9 en mati\u00e8re d\u2019histoire de l\u2019art, soutient ce qui appara\u00eet comme condamnation. Le geste du d\u00e9crochage provoque une rupture dans l\u2019imaginaire du visiteur du fait que le vide ait \u00e9t\u00e9 combl\u00e9 par un avis t\u00e9moignant d\u2019une position fortement id\u00e9ologique. \u00c0 travers sa mise en contexte et les questions inscrites sur l\u2019avis, le retrait temporaire d\u2019<em>Hylas et les Nymphes <\/em>s\u2019imposait en effet comme une posture et un jugement critique selon des crit\u00e8res qui ne sont pas d\u2019ordre esth\u00e9tique, mais relevant plut\u00f4t de consid\u00e9rations f\u00e9ministes qu\u2019encourage un contexte contemporain singulier. Le d\u00e9crochage s\u2019apparente ainsi \u00e0 une censure qui, par d\u00e9finition, proc\u00e8de d\u2019une sanction sur fond de syst\u00e8me de valeurs et de conceptions id\u00e9ologiques<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">S\u2019il est difficile de conna\u00eetre les r\u00e9actions en temps r\u00e9el du public assistant au d\u00e9crochage d\u2019une des pi\u00e8ces majeures du mus\u00e9e pour sensibiliser \u00e0 une normalisation de la repr\u00e9sentation \u00ab\u00a0du corps f\u00e9minin en tant que forme d\u00e9corative passive ou femme fatale<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a>\u00a0\u00bb, les <em>post-it<\/em> laiss\u00e9s par les visiteurs, les articles de presse et les r\u00e9seaux sociaux, t\u00e9moignent d\u2019une compr\u00e9hension en termes de censure. Plusieurs articles de presse sont particuli\u00e8rement virulents et leurs auteurs ont accus\u00e9 le mus\u00e9e et l\u2019artiste d\u2019un r\u00e9visionnisme historique au regard d\u2019un contexte sociopolitique \u00e9tranger aux \u0153uvres du pass\u00e9<a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a>. Dans les tribunes des plus grands journaux anglais, les critiques d\u2019art, et professeurs d\u2019universit\u00e9 en particulier, soulignent ainsi que cette lecture de l\u2019\u0153uvre de Waterhouse et des peintures de l\u2019\u00e8re victorienne est d\u2019abord un d\u00e9ni de la connaissance historique, de l\u2019\u00e9volution des go\u00fbts et des valeurs esth\u00e9tiques propres \u00e0 chaque \u00e9poque, au profit de valeurs \u00e0 la fois extrins\u00e8ques et subjectives et d\u2019interpr\u00e9tations orient\u00e9es, pour ne pas dire politiques et id\u00e9ologiques. La comparaison avec le r\u00e9gime nazi par une germaniste du Jesus College de l\u2019Universit\u00e9 d\u2019Oxford, Katrin Kohl, montre \u00e0 quel point l\u2019id\u00e9e de censure au sens le plus strict du terme domine l\u2019analyse du d\u00e9crochage de Sonia Boyce.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px; text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Le r\u00f4le du conservateur est de permettre au public de voir des \u0153uvres et de comprendre les processus historiques dans lesquels elles s\u2019inscrivent. Les conservateurs nazis nous ont \u00e9galement mis au d\u00e9fi de soustraire l\u2019art de la vue du public, car il \u00e9tait contraire \u00e0 leurs objectifs politiques et \u00e0 leur go\u00fbt puritain. Mais peu de gens aujourd\u2019hui consid\u00e8reraient que cela \u00e9tait autre chose que de la censure<a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\">[7]<\/a>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Selon la professeure en lettres, soutenir que le d\u00e9crochage de l\u2019\u0153uvre de Waterhouse n\u2019est pas une censure, mais une mani\u00e8re de provoquer un questionnement chez les visiteurs sur ce qui lui est pr\u00e9sent\u00e9 n\u2019est pas valable \u00ab\u00a0car un tel objectif ne peut qu\u2019\u00eatre proprement atteint que si l\u2019\u0153uvre est encadr\u00e9e dans une exposition propice \u00e0 un d\u00e9bat productif<a href=\"#_ftn8\" name=\"_ftnref8\">[8]<\/a>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour le critique Jonathan Jones, figure connue du milieu de l\u2019art, la \u00ab\u00a0conversation\u00a0\u00bb propos\u00e9e par Sonia Boyce interroge plut\u00f4t la neutralit\u00e9 des mus\u00e9es d\u2019aujourd\u2019hui \u00e0 l\u2019\u00e9gard des \u0153uvres et il n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 d\u00e9finir le d\u00e9crochage comme une censure au sens propre du terme\u00a0: \u00ab\u00a0les mus\u00e9es doivent-ils censurer les \u0153uvres d\u2019art pour des motifs politiques<a href=\"#_ftn9\" name=\"_ftnref9\">[9]<\/a> ? \u00bb. Le propos de Jones se d\u00e9place alors de l\u2019intervention de l\u2019artiste vers la responsabilit\u00e9 de la Manchester Art Gallery sur le droit de soustraire \u00e0 la vue du public une \u0153uvre du pass\u00e9 pour des motifs qui la d\u00e9passent. L\u2019historien de l\u2019art Kevin Childs ne fait pas r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la censure de mani\u00e8re aussi directe, mais d\u00e9nonce tout de m\u00eame un r\u00e9visionnisme historique et esth\u00e9tique, insistant sur le fait que le regard contemporain ne peut juger les \u0153uvres anciennes comme \u00ab\u00a0inacceptables\u00a0\u00bb au regard des d\u00e9bats actuels sur la repr\u00e9sentation.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px; text-align: justify;\">\u00ab Quelle que soit la strat\u00e9gie choisie par les conservateurs de la Manchester Art Gallery, il y a un probl\u00e8me plus grave derri\u00e8re ce qui semble remettre en question la validit\u00e9 de l\u2019art r\u00e9alis\u00e9 dans le pass\u00e9 qui, nous dit-on, ne correspond pas aux notions modernes de la moralit\u00e9. [\u2026] Faut-il jeter tout art qui explore et exploite la sexualit\u00e9 ? Est-ce ce que les nouveaux puritains exigent ? Les nus flagrants du Titien, le nu couch\u00e9 de Modigliani [Fig. 3], doivent alors dispara\u00eetre<a href=\"#_ftn10\" name=\"_ftnref10\">[10]<\/a> ?<em>\u00a0<\/em>\u00bb<\/p>\n<figure id=\"attachment_1533\" aria-describedby=\"caption-attachment-1533\" style=\"width: 840px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1533 size-large\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/Amedeo_Modigliani_Nu_Couch%C3%A9_au_coussin_Bleu.jpg?resize=840%2C525&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"840\" height=\"525\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/Amedeo_Modigliani_Nu_Couch%C3%A9_au_coussin_Bleu.jpg?resize=1024%2C640&amp;ssl=1 1024w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/Amedeo_Modigliani_Nu_Couch%C3%A9_au_coussin_Bleu.jpg?resize=300%2C188&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/Amedeo_Modigliani_Nu_Couch%C3%A9_au_coussin_Bleu.jpg?resize=768%2C480&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/Amedeo_Modigliani_Nu_Couch%C3%A9_au_coussin_Bleu.jpg?resize=1200%2C750&amp;ssl=1 1200w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/Amedeo_Modigliani_Nu_Couch%C3%A9_au_coussin_Bleu.jpg?w=1440&amp;ssl=1 1440w\" sizes=\"auto, (max-width: 709px) 85vw, (max-width: 909px) 67vw, (max-width: 1362px) 62vw, 840px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1533\" class=\"wp-caption-text\">Fig. 3 : Amedeo Modigliani, Nu couch\u00e9 au coussin bleu, 1916. Huile sur toile, 60,1 cm x 92,1 cm. Collection priv\u00e9e<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">S\u2019il ne parle pas de censure \u00e0 proprement parler, Kevin Childs pose n\u00e9anmoins la probl\u00e9matique de la sanction d\u2019une \u0153uvre au regard de la repr\u00e9sentation de son sujet.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Du c\u00f4t\u00e9 du site web du mus\u00e9e, plus de 900 personnes ont r\u00e9agi au d\u00e9crochage d\u2019<em>Hylas et les Nymphes<\/em>. L\u2019ensemble des commentaires qualifie cette d\u00e9marche de dangereux pr\u00e9c\u00e9dent pour les autres \u0153uvres et interroge sur ce droit que s\u2019est donn\u00e9, et qu\u2019a eu, l\u2019artiste de soustraire \u00e0 la vue du public une \u0153uvre du patrimoine<a href=\"#_ftn11\" name=\"_ftnref11\">[11]<\/a>. Plusieurs d\u00e9noncent le principe m\u00eame de d\u00e9battre d\u2019un sujet contemporain \u00e0 partir d\u2019une \u0153uvre ancienne rappelant que la visite des collections permanentes a pour objectif de voir des \u0153uvres reconnues pour ce qu\u2019elles sont. Et si certains rappellent l\u2019objectif de l\u2019artiste, \u00e0 savoir susciter le d\u00e9bat, d\u2019autres leur rappellent syst\u00e9matiquement que la suppression de l\u2019\u0153uvre \u00e9tait et demeure une censure\u00a0: \u00ab\u00a0Aussi, quel que soit votre point de vue sur\u00a0le tableau, sa suppression \u00e9tait une censure, une fin de discussion. Vous pouvez proposer autant d\u2019arguments intelligents que vous le souhaitez, une censure est une censure<a href=\"#_ftn12\" name=\"_ftnref12\">[12]<\/a> \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sur les r\u00e9seaux sociaux, la d\u00e9nonciation de censure met en \u00e9vidence une critique de l\u2019argumentaire de Sonia Boyce. Plusieurs commentateurs r\u00e9f\u00e8rent plus sp\u00e9cifiquement \u00e0 l\u2019argumentaire f\u00e9ministe qui accompagne le d\u00e9crochage d\u2019<em>Hylas et les Nymphes.<\/em> La critique est alors celle du d\u00e9tournement des d\u00e9bats f\u00e9ministes traditionnels et de la mont\u00e9e du f\u00e9minisme puritain qui s\u2019appuie sur la stigmatisation de la sexualit\u00e9 masculine et sur la victimisation de la femme. Les propos de Kathryn Ecclestone, professeure en \u00e9ducation \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Sheffield, sur son compte Twitter, sont r\u00e9v\u00e9lateurs \u00e0 maints \u00e9gards d\u2019une critique du discours f\u00e9ministe de l\u2019artiste qui justifie l\u2019id\u00e9e de soustraire du regard <em>Hylas et les Nymphes.<\/em> Pour cette derni\u00e8re, \u00ab\u00a0d\u00e9finir ce d\u00e9crochage d\u2019\u00a0\u201cacte artistique\u201d ne dissimule pas sa moralisation autoritaire dans le cadre d\u2019une censure de plus en plus r\u00e9pandue et d\u00e9fendue par un f\u00e9minisme de plus en plus puritain, tendancieux et intol\u00e9rant. C&rsquo;est dangereux et loin du f\u00e9minisme avec lequel j&rsquo;ai grandi<a href=\"https:\/\/twitter.com\/EcclestoneK\">[13]<\/a>\u00a0\u00bb. Toujours sur Twitter, une internaute ironise sur l\u2019argumentaire de Sonia Boyce lui ass\u00e9nant ainsi une critique sur la nature de son engagement f\u00e9ministe : \u00ab\u00a0Les nymphes, petites d\u00e9esses de la nature, soumettent Hylas ! Elles agissent. Il n\u2019y a rien de passif, timide ou gratuit dans leurs formes. Elles sont en contr\u00f4le et attirent un homme \u00e0 sa perte ! Les f\u00e9ministes enrag\u00e9es pourraient \u00eatre folles de joie, mais elles sont trop obtuses<a href=\"#_ftn14\" name=\"_ftnref14\">[14]<\/a>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">M\u00eame si le geste de l\u2019artiste rev\u00eat les traits d\u2019une censure, il est important de rappeler qu\u2019il s\u2019agissait avant tout, non seulement d\u2019un d\u00e9crochage temporaire dans le cadre d\u2019une performance artistique, mais aussi d\u2019une intervention artistique donnant lieu \u00e0 une participation active du public, totalement ouverte \u00e0 la discussion et au d\u00e9bat d\u2019id\u00e9es. Le discours soutenant ce dispositif et la d\u00e9marche globale de l\u2019artiste proc\u00e8dent d\u2019une r\u00e9flexion sur ce que les mus\u00e9es donnent \u00e0 voir et sur la mani\u00e8re de regarder les collections du pass\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Le discours de Sonia Boyce\u00a0: la proposition d\u2019une relecture post-moderne et f\u00e9ministe de la peinture victorienne<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si l\u2019on consid\u00e8re que la censure est une sanction qui se veut permanente, c\u2019est-\u00e0-dire qui s\u2019inscrit dans la dur\u00e9e, le d\u00e9crochage de l\u2019\u0153uvre de John Waterhouse est davantage une action devant manifester un point de vue singulier sur ce que cette derni\u00e8re repr\u00e9sente ou r\u00e9v\u00e8le et qui doit \u00eatre remis en question. Le d\u00e9crochage d\u2019<em>H\u00e9lias et des Nymphes <\/em>a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 dans le cadre d\u2019une performance dont le but \u00e9tait de confronter les visiteurs\u00a0aux probl\u00e9matiques \u00ab\u00a0de genre, de race et de sexualit\u00e9\u00a0\u00bb auxquelles est actuellement confront\u00e9e la soci\u00e9t\u00e9 contemporaine. Intitul\u00e9e <em>Six Acts, <\/em>la performance s\u2019organisait autour de six s\u00e9quences act\u00e9es par des membres d\u2019un groupe de <em>Drags artists <\/em>performateurs et de l\u2019acteur et \u00e9crivain <em>queer<\/em>, Lasana Shabazz, invit\u00e9s par Sonia Boyce \u00e0 r\u00e9pondre aux \u0153uvres de leur choix dans les salles des XVIII<sup>e<\/sup> et XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cles et au titre de l\u2019une d\u2019elles\u00a0: \u00ab\u00a0<em>In Poursuit of Beauty<\/em><a href=\"#_ftn15\" name=\"_ftnref15\">[15]<\/a>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">V\u00eatue d\u2019une longue robe blanche, Lasana Shabazz [Fig. 4a] r\u00e9pondait, par exemple, au portrait d\u2019Ira Aldridge, c\u00e9l\u00e8bre acteur shakespearien du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, r\u00e9alis\u00e9 en 1826 par James Northcote (1776-1831), sous les traits d\u2019un personnage imagin\u00e9 [Fig. 4b] : <em>Othello le Maure de Venise<\/em>, en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la c\u00e9l\u00e8bre nouvelle de Thomas Mann, <em>La Mort \u00e0 Venise<\/em> (1912) qui traite de la fascination mortelle que peut exercer la beaut\u00e9.<\/p>\n<figure id=\"attachment_1541\" aria-describedby=\"caption-attachment-1541\" style=\"width: 312px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-1541\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/Lemieux173-1.jpg?resize=312%2C223&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"312\" height=\"223\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/Lemieux173-1.jpg?resize=300%2C214&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/Lemieux173-1.jpg?resize=768%2C549&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/Lemieux173-1.jpg?resize=1024%2C732&amp;ssl=1 1024w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/Lemieux173-1.jpg?resize=1200%2C857&amp;ssl=1 1200w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/Lemieux173-1.jpg?w=2000&amp;ssl=1 2000w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/Lemieux173-1.jpg?w=1680&amp;ssl=1 1680w\" sizes=\"auto, (max-width: 312px) 85vw, 312px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1541\" class=\"wp-caption-text\">Fig. 4a : Lasana Shabazz durant la performance Six Acts \u2013 26 janvier 2018. Photo : Andrew Brooks<\/figcaption><\/figure>\n<figure id=\"attachment_1530\" aria-describedby=\"caption-attachment-1530\" style=\"width: 181px\" class=\"wp-caption alignright\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1530\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/NORTHCOTEmanchester-art-gallery-the-148395.jpg?resize=181%2C217&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"181\" height=\"217\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/NORTHCOTEmanchester-art-gallery-the-148395.jpg?resize=250%2C300&amp;ssl=1 250w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/NORTHCOTEmanchester-art-gallery-the-148395.jpg?resize=768%2C923&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/NORTHCOTEmanchester-art-gallery-the-148395.jpg?resize=852%2C1024&amp;ssl=1 852w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/NORTHCOTEmanchester-art-gallery-the-148395.jpg?resize=1200%2C1442&amp;ssl=1 1200w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/NORTHCOTEmanchester-art-gallery-the-148395.jpg?w=1664&amp;ssl=1 1664w\" sizes=\"auto, (max-width: 181px) 85vw, 181px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1530\" class=\"wp-caption-text\">Fig. 4b : James Northcote, Ira Aldridge, 1826. Huile sur toile, 76,3 cm x 63,2 cm. Manchester Art Gallery.<\/figcaption><\/figure>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La <em>Drag Artist<\/em> Liquorice Black [Fig. 5a] r\u00e9pondait, quant \u00e0 elle, \u00e0 une \u0153uvre de Charles-Auguste Mengin (1853-1933) qui a pour singularit\u00e9 d\u2019\u00e9rotiser <em>Sappho<\/em> alors qu\u2019elle s\u2019appr\u00eate \u00e0 se donner \u00e0 la mort en se jetant d\u2019une falaise pour avoir \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9e par Phaon dont elle est amoureuse [Fig.\u00a05b], bien que l\u2019histoire la reconnaisse pour avoir \u00e9t\u00e9 la premi\u00e8re \u00e0 exprimer, dans ses \u00e9crits, son attirance pour les jeunes filles. \u00ab Aucune peinture ne sugg\u00e8re son r\u00f4le prolifique et influent en tant que po\u00e8te lyrique, ni son statut d\u2019ic\u00f4ne lesbienne \u00bb, explique Sonia Boyce au sujet de cette s\u00e9quence<a href=\"#_ftn16\" name=\"_ftnref16\">[16]<\/a>.<\/p>\n<figure id=\"attachment_1374\" aria-describedby=\"caption-attachment-1374\" style=\"width: 305px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1374 \" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/147.jpg?resize=305%2C203&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"305\" height=\"203\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/147.jpg?resize=300%2C199&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/147.jpg?resize=768%2C509&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/147.jpg?resize=1024%2C678&amp;ssl=1 1024w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/147.jpg?resize=1200%2C795&amp;ssl=1 1200w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/147.jpg?w=2000&amp;ssl=1 2000w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/147.jpg?w=1680&amp;ssl=1 1680w\" sizes=\"auto, (max-width: 305px) 85vw, 305px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1374\" class=\"wp-caption-text\">Fig. 5a : Liquorice Black durant la performance Six Acts \u2013 26 janvier 2018. Photo : Andrew Brooks<\/figcaption><\/figure>\n<figure id=\"attachment_1529\" aria-describedby=\"caption-attachment-1529\" style=\"width: 181px\" class=\"wp-caption alignright\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1529 \" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/1877_Charles_Mengin_-_Sappho_cropped.jpg?resize=181%2C286&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"181\" height=\"286\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/1877_Charles_Mengin_-_Sappho_cropped.jpg?resize=190%2C300&amp;ssl=1 190w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/1877_Charles_Mengin_-_Sappho_cropped.jpg?w=445&amp;ssl=1 445w\" sizes=\"auto, (max-width: 181px) 85vw, 181px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1529\" class=\"wp-caption-text\">Fig. 5b : Charles-Auguste Mengin, Sappho, 1877. Huile sur toile. 230,7 cm x 151,1 cm. Manchester Art Gallery<\/figcaption><\/figure>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est au cours du sixi\u00e8me et dernier \u00ab\u00a0acte\u00a0\u00bb qu\u2019<em>Hylas et les Nymphes<\/em> est d\u00e9croch\u00e9e et remplac\u00e9e par un avis sur lequel les visiteurs pouvaient lire trois questions ouvertes relatives aux possibles lectures des \u0153uvres de la salle d\u2019exposition<a href=\"#_ftn17\" name=\"_ftnref17\">[17]<\/a>. De cette mani\u00e8re, l\u2019artiste manifestait d\u2019abord une position quant \u00e0 la repr\u00e9sentation de la femme dans l\u2019art, puis invitait \u00e0 la r\u00e9flexion et interpellait les visiteurs \u00e0 envisager une autre mani\u00e8re de voir les \u0153uvres qui leur \u00e9taient pr\u00e9sent\u00e9es [Fig. 6].<\/p>\n<figure id=\"attachment_1377\" aria-describedby=\"caption-attachment-1377\" style=\"width: 840px\" class=\"wp-caption alignright\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1377 size-large\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/337.jpg?resize=840%2C409&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"840\" height=\"409\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/337.jpg?resize=1024%2C498&amp;ssl=1 1024w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/337.jpg?resize=300%2C146&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/337.jpg?resize=768%2C373&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/337.jpg?resize=1200%2C583&amp;ssl=1 1200w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/337.jpg?w=2000&amp;ssl=1 2000w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/337.jpg?w=1680&amp;ssl=1 1680w\" sizes=\"auto, (max-width: 709px) 85vw, (max-width: 909px) 67vw, (max-width: 1362px) 62vw, 840px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1377\" class=\"wp-caption-text\">Fig. 6 : D\u00e9crochage d&rsquo;Hylas et les Nymphes &#8211; acte n\u00b0 VI de la performance. Photo : Andrew Brooks<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"padding-left: 40px; text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Nous avons laiss\u00e9 ici un espace temporaire \u00e0 la place de <em>Hylas et des Nymphes<\/em> de JW Waterhouse afin de susciter une r\u00e9flexion sur la fa\u00e7on dont nous exposons et interpr\u00e9tons les \u0153uvres de la collection publique de Manchester.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px; text-align: justify;\">Comment pouvons-nous parler de la collection de mani\u00e8re pertinente au XXI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle ?<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px; text-align: justify;\">Voici quelques-unes des id\u00e9es que nous avons envisag\u00e9es jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent. Qu\u2019en penses-tu ?<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px; text-align: justify;\">&#8211; Cette galerie pr\u00e9sente le corps f\u00e9minin en tant que forme d\u00e9corative passive ou femme fatale. Lan\u00e7ons un d\u00e9fi \u00e0 ce fantasme victorien !<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px; text-align: justify;\">&#8211; La Galerie existe dans un monde plein de probl\u00e8mes imbriqu\u00e9s de genre, de race, de sexualit\u00e9 et de classe qui nous concernent tous. Comment les \u0153uvres d\u2019art pourraient-elles parler de mani\u00e8re plus contemporaine et pertinente ?<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px; text-align: justify;\">&#8211; Quelles autres histoires ces \u0153uvres d\u2019art et leurs personnages pourraient-elles raconter\u00a0?<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px; text-align: justify;\">&#8211; Quels autres th\u00e8mes seraient-ils int\u00e9ressants \u00e0 explorer dans la galerie<a href=\"#_ftn18\" name=\"_ftnref18\">[18]<\/a> ?\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces questions mettaient en exergue la probl\u00e9matique de la repr\u00e9sentation de la figure f\u00e9minine dans l\u2019art, th\u00e8me constant du travail de Sonia Boyce, \u00e9manent d\u2019un travail collectif s\u2019\u00e9tendant sur plusieurs mois au sein du mus\u00e9e. Depuis les ann\u00e9es 1990, l\u2019artiste aborde la probl\u00e9matique de la repr\u00e9sentation du genre dans l\u2019histoire de l\u2019art dans le cadre de projets collaboratifs fond\u00e9s sur la conversation. C\u2019est \u00e0 partir de ce qui \u00e9merge de ces conversations, plus orient\u00e9es qu\u2019improvis\u00e9es, qu\u2019elle conceptualise des performances et filme en vue de la r\u00e9alisation d\u2019une installation vid\u00e9o p\u00e9renne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour la Manchester Art Gallery, elle a r\u00e9uni dans un premier temps des membres volontaires de l\u2019\u00e9quipe de conservation puis, dans un deuxi\u00e8me et troisi\u00e8me temps, des visiteurs r\u00e9guliers du mus\u00e9e et les <em>Drag Artists<\/em>. Limit\u00e9es aux conservateurs, les discussions se sont d\u2019abord concentr\u00e9es sur le parti pris mus\u00e9ographique des salles consacr\u00e9es aux \u0153uvres d\u2019art des XVIII<sup>e<\/sup> et XIX<sup>e<\/sup> qui avait \u00e9t\u00e9 choisi en 2002. Mais l\u2019attention s\u2019est n\u00e9anmoins davantage concentr\u00e9e sur les salles dans lesquelles sont expos\u00e9es les peintures de l\u2019\u00e9poque victorienne, qui sont reconnues pour la repr\u00e9sentation singuli\u00e8re qu\u2019elles proposent de la femme<a href=\"#_ftn19\" name=\"_ftnref19\">[19]<\/a>. Le parti pris mus\u00e9ographique est alors l\u2019objet d\u2019une remise en question du point de vue de l\u2019interpr\u00e9tation des \u0153uvres qu\u2019il sugg\u00e8re. Le dialogue propos\u00e9 par l\u2019artiste pose en effet comme probl\u00e9matique non pas tant la repr\u00e9sentation de la femme dans la peinture de l\u2019\u00e8re victorienne que la mani\u00e8re dont la mus\u00e9ographie soutient une image st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9e de la femme. Ce constat sur l\u2019incidence de la mus\u00e9ographie sur le regard et la r\u00e9ception inconsciente de ce qui est donn\u00e9 \u00e0 voir \u00e9mane plus particuli\u00e8rement d\u2019une interrogation sur la validit\u00e9 et la pertinence du titre donn\u00e9 \u00e0 la salle o\u00f9 est expos\u00e9e <em>Hylas et les Nymphes<\/em> : \u00ab\u00a0<em>In the poursuit of beauty\u00a0<\/em>\u00bb. Celui-ci est en effet apparu comme un aspect de la pr\u00e9sentation qui favorise une vision fantasm\u00e9e de la femme et qui soutient l\u2019id\u00e9e d\u2019une repr\u00e9sentation \u00ab\u00a0du corps f\u00e9minin en tant que forme d\u00e9corative passive ou femme fatale\u00a0\u00bb, pour reprendre l\u2019avis qui rempla\u00e7a l\u2019\u0153uvre, conduisant \u00e0 la mort.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0<em>In the poursuit of Beauty<\/em>\u00a0\u00bb fait pourtant r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 un ouvrage collectif publi\u00e9 en 1986 par le Metropolitan art Museum sur l\u2019<em>Aesthetic Movement<\/em> am\u00e9ricain et dont le propos n\u2019est nullement dirig\u00e9 vers la repr\u00e9sentation du corps f\u00e9minin, mais plut\u00f4t vers l\u2019id\u00e9e d\u2019une recherche d\u2019esth\u00e9tisme \u00e0 tous les niveaux dans la perspective d\u2019un art total. Il ne renvoie donc pas \u00e0 un corpus de peintures repr\u00e9sentant des femmes \u00e0 la beaut\u00e9 passive ou fatale, souvent nues, mais plut\u00f4t \u00e0 un mouvement artistique qui unissait les diff\u00e9rents m\u00e9diums artistiques, allant de la peinture \u00e0 la sculpture en passant par la tapisserie, la c\u00e9ramique, le textile et le vitrail, en vue de cr\u00e9er un environnement domestique visuellement esth\u00e9tique. Mais dans le cadre des discussions dirig\u00e9es par Sonia Boyce, force a \u00e9t\u00e9 de constater que ce titre annex\u00e9 \u00e0 un corpus d\u2019\u0153uvres repr\u00e9sentant des femmes, le plus souvent d\u00e9nud\u00e9es, lascives, sensuelles, amoureuses, bienfaisantes ou mal\u00e9fiques, prend une autre signification et influe autrement sur le regard du visiteur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019incidence du titre quant \u00e0 la r\u00e9ception des peintures victoriennes ne semble pas \u00eatre une probl\u00e9matique nouvelle. Celle-ci a d\u2019ailleurs fait l\u2019objet de remarques lors de l\u2019exposition <em>D\u00e9sirs et Volupt\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9poque victorienne <\/em>(2013) du mus\u00e9e Jacquemart-Andr\u00e9 \u00e0 Paris<a href=\"#_ftn20\" name=\"_ftnref20\">[20]<\/a>. Corinne Rondeau, ma\u00eetre de conf\u00e9rences \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de N\u00eemes, \u00e9voque alors sa g\u00eane devant une exposition qui, \u00e0 travers son titre, accentuait l\u2019image passive et d\u00e9corative de la femme jusqu\u2019\u00e0 faire appara\u00eetre les \u0153uvres pr\u00e9sent\u00e9es comme du <em>soft-porn<\/em><a href=\"#_ftn21\" name=\"_ftnref21\">[21]<\/a>. Pour la critique, le titre \u00ab\u00a0<em>sent<\/em> un peu mauvais\u00a0\u00bb, car non seulement il induit le visiteur en erreur puisqu\u2019il s\u2019agit d\u2019abord d\u2019une exposition refl\u00e9tant le go\u00fbt d\u2019un particulier priv\u00e9 \u2013 Juan Antonio <em>P\u00e9rez Sim\u00f3n \u2013<\/em>, mais surtout parce qu\u2019il est r\u00e9ducteur de ce qu\u2019\u00e9tait la production artistique \u00e0 cette \u00e9poque. Ce qui est soulign\u00e9 ici, au-del\u00e0 du sujet de l\u2019exposition, est que le titre accord\u00e9 \u00e0 un corpus d\u2019\u0153uvres est la premi\u00e8re cl\u00e9 de lecture du public, que c\u2019est \u00e0 partir de lui que le public aborde les \u0153uvres et construit sa compr\u00e9hension globale<a href=\"#_ftn22\" name=\"_ftnref22\">[22]<\/a>. En clair, il n\u2019est pas seulement un outil de communication et un indicateur de contenu, mais aussi un support d\u2019interpr\u00e9tation pour le visiteur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le cas qui nous int\u00e9resse ici, cette probl\u00e9matique du titre concerne l\u2019exposition permanente. Le probl\u00e8me serait-il d\u2019avoir donn\u00e9 un titre suggestif \u00e0 une salle d\u2019exposition des collections permanente\u00a0? Cette derni\u00e8re ne devrait-elle pas \u00eatre identifi\u00e9e par la p\u00e9riode \u00e0 laquelle appartiennent les \u0153uvres qu\u2019elle pr\u00e9sente afin d\u2019\u00e9viter toute interpr\u00e9tation subjective de la part du visiteur\u00a0? Les propos de la conservatrice du d\u00e9partement d\u2019art contemporain, Clare Gannaway, ne r\u00e9v\u00e8leraient-ils pas cette prise de conscience\u00a0? Cette derni\u00e8re expliquait que les discussions dirig\u00e9es par Sonia Boyce lui avaient d\u00e9montr\u00e9 qu\u2019il \u00e9tait devenu n\u00e9cessaire que le mus\u00e9e reconsid\u00e8re sa mani\u00e8re de pr\u00e9senter les collections de la p\u00e9riode victorienne<em>.<\/em> \u00ab\u00a0Pour moi, personnellement, il y a un sentiment de g\u00eane que nous n&rsquo;avons pas r\u00e9solu plus t\u00f4t. Notre attention a \u00e9t\u00e9 ailleurs. Nous avons collectivement oubli\u00e9 de regarder cet espace et d\u2019y penser correctement<a href=\"#_ftn23\" name=\"_ftnref23\">[23]<\/a><em>\u00a0<\/em>\u00bb. Les propos de Clare Gennaway soutiendraient alors la consid\u00e9ration d\u2019une n\u00e9cessaire suppression de l\u2019interpr\u00e9tation soutenue par le titre \u00ab\u00a0<em>\u00c0 la poursuite de la beaut\u00e9<\/em>\u00a0\u00bb au profit d\u2019un autre moins st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019int\u00e9gration du personnel de soutien du mus\u00e9e (surveillants, b\u00e9n\u00e9voles, programmateurs\u2026) et de membres ext\u00e9rieurs au mus\u00e9e avait pour objectif d\u2019enrichir le dialogue de leurs ressentis face aux peintures de l\u2019\u00e8re victorienne, et en l\u2019occurrence face \u00e0 <em>Hylas et les Nymphes<\/em>, joyau de la collection. Les rapports individuels aux \u0153uvres et les interpr\u00e9tations de leurs repr\u00e9sentations devaient alors mettre en exergue l\u2019image fantasmagorique de la femme que perp\u00e9tue la peinture victorienne dans l\u2019imaginaire collectif<a href=\"#_ftn24\" name=\"_ftnref24\">[24]<\/a>. L\u2019\u00e9largissement du groupe avait en outre pour int\u00e9r\u00eat de percevoir les interpr\u00e9tations possibles selon les personnalit\u00e9s, les acquis, les origines sociales ou les int\u00e9r\u00eats personnels, voire les go\u00fbts, et ainsi d\u00e9terminer les significations possibles des \u0153uvres et forger de nouvelles relations \u00e0 l\u2019art. Il s\u2019agissait donc \u00e0 travers l\u2019\u00e9largissement du groupe \u00e0 des non sp\u00e9cialistes d\u2019interroger la forme que pouvait prendre la r\u00e9ception de ces \u0153uvres dans leur contexte mus\u00e9ographique actuel et de penser une autre fa\u00e7on de les faire voir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le choix de d\u00e9crocher <em>Hylas et les Nymphes<\/em> au terme de la performance est, selon Sonia Boyce, une d\u00e9cision prise collectivement lors des derni\u00e8res conversations qui ont engag\u00e9 les points de vue d\u2019une trentaine de personnes<a href=\"#_ftn25\" name=\"_ftnref25\">[25]<\/a>. Ce choix collectif r\u00e9pondait \u00e0 une volont\u00e9 de signifier de mani\u00e8re forte les r\u00e9flexions qui avaient \u00e9merg\u00e9 des conversations du groupe et de poursuivre celles-ci avec le public du mus\u00e9e. Le d\u00e9crochage a en effet \u00e9t\u00e9 envisag\u00e9 comme un moyen d\u2019instaurer dans le parcours des collections un espace de dialogue \u00e0 destination des visiteurs de la galerie. Ainsi, il ne s\u2019agit pas d\u2019un vide dans l\u2019accrochage, mais d\u2019un espace de r\u00e9flexion sur la repr\u00e9sentation de la femme dans la peinture victorienne d\u2019abord, et sur la mani\u00e8re dont le mus\u00e9e pourrait faire parler ses \u0153uvres au regard de la r\u00e9alit\u00e9 contemporaine ensuite [Fig. 7].<\/p>\n<figure id=\"attachment_1376\" aria-describedby=\"caption-attachment-1376\" style=\"width: 840px\" class=\"wp-caption alignright\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1376 size-large\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/329.jpg?resize=840%2C561&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"840\" height=\"561\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/329.jpg?resize=1024%2C684&amp;ssl=1 1024w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/329.jpg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/329.jpg?resize=768%2C513&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/329.jpg?resize=1200%2C801&amp;ssl=1 1200w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/329.jpg?w=2000&amp;ssl=1 2000w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/329.jpg?w=1680&amp;ssl=1 1680w\" sizes=\"auto, (max-width: 709px) 85vw, (max-width: 909px) 67vw, (max-width: 1362px) 62vw, 840px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1376\" class=\"wp-caption-text\">Fig. 7 : Le d\u00e9crochage d&rsquo;Hylas et les Nymphes et son transport sur chariot \u00e0 la fin de l&rsquo;acte n\u00b0 VI de la performance. Photo : Andrew Brooks<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans cette perspective, le choix de l\u2019\u0153uvre de Waterhouse doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 \u00e0 la lumi\u00e8re de sa notori\u00e9t\u00e9. S\u2019agissant de soumettre le public \u00e0 une r\u00e9flexion sur la repr\u00e9sentation du genre f\u00e9minin dans l\u2019art et les accrochages de mus\u00e9es, et d\u2019enrichir celle-ci processus par le recueil de ses r\u00e9actions et ses id\u00e9es, il \u00e9tait en effet essentiel de choisir une \u0153uvre qui attire le public. Pour autant, les conversations semblent avoir fait \u00e9merger des ressentis singuliers sur <em>Hylas et les Nymphes<\/em>. Sonia Boyce parle d\u2019un certain malaise pour des membres du groupe devant la mise en sc\u00e8ne de l\u2019app\u00e9tit sexuel de filles pub\u00e8res et la repr\u00e9sentation de la sexualit\u00e9 qu\u2019elle induit quant au d\u00e9sir physique de l\u2019adolescente. Mais ce malaise n\u2019est-il pas le r\u00e9sultat du sujet et du d\u00e9roul\u00e9 des conversations ? Ne s\u2019est-il pas manifest\u00e9 en raison du th\u00e8me de la repr\u00e9sentation du genre f\u00e9minin \u00e0 partir duquel se sont construites les conversations\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour Sonia Boyce, il ne s\u2019agissait donc pas de censurer une \u0153uvre au sens propre du terme, mais de remettre en question la mani\u00e8re dont \u00ab\u00a0les mus\u00e9es d\u00e9cident en permanence de ce que les visiteurs voient, dans quel contexte, avec quel \u00e9tiquetage<a href=\"#_ftn26\" name=\"_ftnref26\">[26]<\/a>\u00a0\u00bb. Dans cette perspective, le d\u00e9crochage d\u2019<em>Hylas et les Nymphes<\/em> soutient davantage une critique de l\u2019exposition mus\u00e9ale et de ses r\u00e9cits que de l\u2019\u0153uvre en elle-m\u00eame. Il vise une r\u00e9flexion sur ce que donnent \u00e0 voir les mus\u00e9es en g\u00e9n\u00e9ral, sur le sens de ses inclusions et ses exclusions et celui d\u2019une construction de canons selon un sch\u00e9ma soci\u00e9tal androcentr\u00e9 et ethnocentr\u00e9. \u00c0 travers le d\u00e9crochage de l\u2019\u0153uvre de Waterhouse, elle r\u00e9engage ainsi non seulement la critique post-moderniste du mus\u00e9e, mais aussi f\u00e9ministe de l\u2019histoire de l\u2019art qui s\u2019attache, plus sp\u00e9cifiquement, \u00e0 mettre en \u00e9vidence les m\u00e9canismes institutionnels et les effets des dominations \u2013 masculines, raciales et de classes \u2013 dans la constitution des canons artistiques et des collections mus\u00e9ales. Largement inspir\u00e9 des th\u00e9ories d\u00e9velopp\u00e9es par Griselda Pollock dans <em>Differencing the Canon<\/em>, le point de vue de Sonia Boyce r\u00e9side ainsi en une proposition \u00e0 repenser ce qui est donn\u00e9 \u00e0 voir dans les collections permanentes en mettant en \u00e9vidence le discours canonique sur la repr\u00e9sentation de la f\u00e9minit\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9poque victorienne<a href=\"#_ftn27\" name=\"_ftnref27\">[27]<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En r\u00e9ponse \u00e0 l\u2019accusation de censure, Sonia Boyce souligne que la question de la censure devrait davantage se poser au regard de l\u2019autorit\u00e9 des choix du r\u00e9cit promu sur les cimaises\u00a0: \u00ab\u00a0Le probl\u00e8me, c\u2019est que si nous parlons de la censure, ce dont j\u2019ai \u00e9t\u00e9 accus\u00e9e, il faut poser d&rsquo;autres questions\u00a0: quelles sont les collections des mus\u00e9es et des galeries du pays qui ne sont pas montr\u00e9es ? Que r\u00e9v\u00e8le l\u2019autorit\u00e9 silencieuse de telles structures institutionnelles\u00a0? Les mus\u00e9es et les galeries sont-ils fiers d\u2019un r\u00e9cit qui d\u00e9crit les femmes comme une mort ou une beaut\u00e9 silencieuse<a href=\"#_ftn28\" name=\"_ftnref28\">[28]<\/a>\u00a0? \u00bb. Consid\u00e9rant que la question de la censure devrait davantage \u00eatre analys\u00e9e sous le prisme de la s\u00e9lection des \u0153uvres repr\u00e9sentatives d\u2019un groupe dominant \u2013 masculin et blanc \u2013 aux d\u00e9pens des domin\u00e9s \u2013 les femmes et les colonis\u00e9s \u2013 qui <em>de facto<\/em> sont \u00e9limin\u00e9s du champ mus\u00e9al<strong>, <\/strong>c\u2019est \u00e0 l\u2019\u00e9vidence les postulats post-modernes et f\u00e9ministes de la th\u00e9orie de l\u2019art que Sonia Boyce replace au c\u0153ur de la r\u00e9flexion sur le mus\u00e9e. Mais\u00a0l\u2019enjeu de sa d\u00e9marche consiste davantage \u00e0 signifier la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019inscrire, dans l\u2019espace des collections permanentes, une lecture renouvel\u00e9e de l\u2019histoire de l\u2019art qui tiendrait compte des r\u00e9alit\u00e9s sociales contemporaines, et plus particuli\u00e8rement du combat pour l\u2019\u00e9galit\u00e9 des genres qui se manifeste, entres autres, par une critique du regard port\u00e9 sur la femme et sa repr\u00e9sentation en art. Les questions pos\u00e9es aux visiteurs sont r\u00e9v\u00e9latrices d\u2019une r\u00e9flexion sur la pertinence du maintien du grand r\u00e9cit de l\u2019histoire de l\u2019art des \u0153uvres dans des mus\u00e9es modernes et la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019int\u00e9grer d\u2019autres mani\u00e8res de les voir : \u00ab\u00a0Quelles autres histoires ces \u0153uvres d\u2019art et leurs personnages pourraient-ils raconter\u00a0? &#8211; Quels autres th\u00e8mes seraient-ils int\u00e9ressants d\u2019explorer dans la galerie ?\u00a0\u00bb, demandait-elle aux visiteurs de la Manchester Art Gallery.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>L\u2019artiste contemporain et le mus\u00e9e : vers une relecture permanente de ce qui est donn\u00e9 \u00e0 voir<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Aujourd\u2019hui, la majorit\u00e9 des mus\u00e9es des beaux-arts invite des artistes \u00e0 intervenir temporairement dans le parcours de leurs collections afin d\u2019offrir un regard diff\u00e9rent sur ces derni\u00e8res et d\u2019interroger le sens des interpr\u00e9tations induit par les mus\u00e9ographies<a href=\"#_ftn29\" name=\"_ftnref29\">[29]<\/a>. La Manchester Art Gallery ne fait pas exception et sa programmation t\u00e9moigne de l\u2019importance qu\u2019elle accorde \u00e0 multiplier les regards sur ses collections. En Grande-Bretagne, l\u2019int\u00e9gration du regard de l\u2019artiste au mus\u00e9e appara\u00eet m\u00eame comme une tradition de longue date. D\u00e8s la fin des ann\u00e9es 1970, la National Gallery \u00e0 Londres fait figure de pionni\u00e8re avec la cr\u00e9ation du programme <em>Artist\u2019s eye<\/em> dont le principe est d\u2019inviter des artistes \u00e0 concevoir des accrochages,\u00a0et non des expositions, \u00e0 partir d\u2019\u0153uvres des collections, s\u00e9lectionn\u00e9es sans aucune consid\u00e9ration de l\u2019\u00e9poque \u00e0 laquelle elles appartiennent, ni volont\u00e9 de transmettre un savoir historique ou iconographique<a href=\"#_ftn30\" name=\"_ftnref30\">[30]<\/a>. L\u2019objectif est alors de donner \u00e0 voir des juxtapositions affranchies de toutes consid\u00e9rations historiques et des \u0153uvres qui \u00e9taient jusque-l\u00e0 conserv\u00e9es dans les r\u00e9serves en raison de la valeur secondaire que leur accorde l\u2019histoire de l\u2019art<a href=\"#_ftn31\" name=\"_ftnref31\">[31]<\/a>. Ce parti pris novateur a connu son apog\u00e9e dans la seconde moiti\u00e9 des ann\u00e9es 1980 avec la th\u00e9orisation de la mus\u00e9ologie de la rupture d\u00e9fendue par Jacques Heinard, qui trouva un \u00e9cho singulier dans le cadre des expositions du d\u00e9partement des Arts graphiques du mus\u00e9e du Louvre d\u00e9but des ann\u00e9es 1990<a href=\"#_ftn32\" name=\"_ftnref32\">[32]<\/a>. Suivant cette volont\u00e9 de faire voir autrement les \u0153uvres des collections permanentes, des \u00e9crivains, philosophes, cin\u00e9astes sont aussi de plus en plus convi\u00e9s \u00e0 partager leur lecture des \u0153uvres et leurs vues sur ce qu\u2019elles repr\u00e9sentent ou signifient \u00e0 la lumi\u00e8re du temps pr\u00e9sent, soit dans le cadre d\u2019expositions singuli\u00e8res, de conf\u00e9rences, de manifestations performatives en collaboration avec d\u2019autres artistes et de rencontres avec le public<a href=\"#_ftn33\" name=\"_ftnref33\">[33]<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les invitations d\u2019artistes ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 favoris\u00e9es par l\u2019\u00e9mergence d\u2019un art contemporain offrant un point de vue singulier, souvent critique, sur l\u2019origine et le contenu des collections mus\u00e9ales et sur les modes de classification et de pr\u00e9sentation du patrimoine artistique et culturel. Comme le souligne la critique Catherine Millet, les mus\u00e9es d\u2019art ancien, \u00ab se sont vite rendu compte qu\u2019il \u00e9tait gratifiant pour eux d\u2019\u00eatre l\u2019objet de commentaires qui se trouvaient \u00eatre des r\u00e9alisations artistiques et ils se sont employ\u00e9s \u00e0 les favoriser<a href=\"#_ftn34\" name=\"_ftnref34\">[34]<\/a> \u00bb. Les invitations prennent alors des formes vari\u00e9es et manifestent une volont\u00e9 d\u2019int\u00e9grer un point de vue singulier non plus seulement sur les \u0153uvres, mais \u00e9galement sur le mus\u00e9e en tant qu\u2019institution. La volont\u00e9 d\u2019une diversification de la r\u00e9ception du patrimoine artistique s\u2019est aussi enrichie de commissariats d\u2019artistes et d\u2019interventions performatives <em>in situ<\/em> dans la perspective, cette fois, d\u2019une int\u00e9gration du regard artistique sur le r\u00f4le, le fonctionnement et les syst\u00e8mes hi\u00e9rarchiques et interpr\u00e9tatifs des mus\u00e9es<a href=\"#_ftn35\" name=\"_ftnref35\">[35]<\/a>. Pour les conservateurs, ces commissariats et ces interventions performatives d\u2019artistes sont peu \u00e0 peu devenus une source de r\u00e9flexion non n\u00e9gligeable sur leur mani\u00e8re de penser les \u0153uvres du pass\u00e9, mais aussi des occasions d\u2019enrichir leur point de vue et leur interpr\u00e9tation<a href=\"#_ftn36\" name=\"_ftnref36\">[36]<\/a>. Elles sont devenues une r\u00e9ponse n\u00e9cessaire \u00e0 l\u2019obligation de principe des mus\u00e9es non seulement de pluraliser le regard sur les \u0153uvres, mais aussi d\u2019assurer un renouvellement f\u00e9cond quant \u00e0 la mani\u00e8re de voir et de pr\u00e9senter les collections<a href=\"#_ftn37\" name=\"_ftnref37\">[37]<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019invitation de Sonia Boyce s\u2019inscrit dans cette nouvelle dynamique. Elle participe \u00e0 la diversification des discours sur les collections, tout en rendant visible la subjectivit\u00e9 des repr\u00e9sentations et des interpr\u00e9tations traditionnelles sur l\u2019art. Mais au vu du discours que souhaitait int\u00e9grer le mus\u00e9e, l\u2019invitation de l\u2019artiste visait aussi \u00e0 int\u00e9grer au c\u0153ur du mus\u00e9e le d\u00e9bat actuel sur l\u2019\u00e9galit\u00e9 des genres au moment o\u00f9 la ville de Manchester c\u00e9l\u00e9brait le 100<sup>e<\/sup> anniversaire des Suffragettes, et \u00e0 offrir un \u00e9cho aux probl\u00e9matiques soulev\u00e9es par le mouvement <em>#MeToo<\/em> quant \u00e0 la repr\u00e9sentation de la femme. Dans cette perspective, il s\u2019agissait pour la Manchester Art Gallery d\u2019assurer \u00e0 la fois son ancrage social et son r\u00f4le \u00e9ducatif en donnant la parole \u00e0 une artiste dont l\u2019\u0153uvre proc\u00e8de d\u2019une critique sur la repr\u00e9sentation du corps f\u00e9minin dans l\u2019art et d\u2019une d\u00e9construction des mod\u00e8les issus des discours coloniaux et androcentr\u00e9s. Cet ancrage et ce r\u00f4le p\u00e9dagogique se r\u00e9alisent de surcro\u00eet au travers d\u2019une d\u00e9marche artistique qui se veut collaborative. L\u2019organisation de conversations avec des membres du mus\u00e9e choisis en dehors du corps des conservateurs et la cr\u00e9ation d\u2019un espace de dialogue dans le parcours des collections permanentes \u00e0 destination des visiteurs int\u00e8grent \u00e0 la Manchester Art Gallery non seulement une mus\u00e9ologie de la critique, qui se d\u00e9finit par une contestation du discours unique \u00e9manant des autorit\u00e9s (en l\u2019occurrence les conservateurs et les historiens d\u2019art), mais aussi mus\u00e9ologie participative, dont l\u2019int\u00e9r\u00eat est le renforcement de la relation entre l\u2019institution et son public<a href=\"#_ftn38\" name=\"_ftnref38\">[38]<\/a> [Fig. 8].<\/p>\n<figure id=\"attachment_1384\" aria-describedby=\"caption-attachment-1384\" style=\"width: 840px\" class=\"wp-caption alignright\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1384 size-large\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/Image3.jpg?resize=840%2C518&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"840\" height=\"518\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/Image3.jpg?resize=1024%2C631&amp;ssl=1 1024w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/Image3.jpg?resize=300%2C185&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/Image3.jpg?resize=768%2C473&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/Image3.jpg?resize=1200%2C739&amp;ssl=1 1200w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/Image3.jpg?w=1500&amp;ssl=1 1500w\" sizes=\"auto, (max-width: 709px) 85vw, (max-width: 909px) 67vw, (max-width: 1362px) 62vw, 840px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1384\" class=\"wp-caption-text\">Fig. 8 : Raccrochage de l\u2019\u0153uvre de John Waterhouse au terme des deux semaines avec maintien des contributions des visiteurs. Photo : Michael Pollard<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">Parler de censure pour qualifier le d\u00e9crochage d\u2019<em>Hylas et les Nymphes <\/em>est une forme d&rsquo;incompr\u00e9hension, mais aussi de non-acceptation de la d\u00e9marche de Sonia Boyce et du mus\u00e9e. Pour autant, le d\u00e9crochage \u00e9tant justifi\u00e9 par un jugement sur les \u0153uvres de l\u2019\u00e8re victorienne d\u2019un point de vue de la repr\u00e9sentation, elle en reproduit le sch\u00e9ma directeur. M\u00eame si l\u2019id\u00e9e de Sonia Boyce \u00e9tait d\u2019\u00e9veiller le visiteur \u00e0 une lecture. Il n\u2019en demeure pas moins que sa d\u00e9marche a \u00e9t\u00e9 victime du contexte actuel qui voit appara\u00eetre des demandes de d\u00e9crochage d\u2019\u0153uvres de la part de la soci\u00e9t\u00e9 civile sous couvert de consid\u00e9ration morale. Les r\u00e9cents num\u00e9ros de <em>Beaux Arts magazine <\/em>et\u00a0de l\u2019<em>\u0152il magazine<\/em> sur le th\u00e8me de la censure, ou la toute r\u00e9cente publication d\u2019Emmanuel Pierrat, avocat au Barreau de Paris, \u00ab\u00a0<em>Nouvelles morales<\/em><em>, nouvelles censures<\/em>\u00a0\u00bb, sont parmi les nombreuses publications qui t\u00e9moignent d\u2019une amplification des demandes de retraits d\u2019\u0153uvres dans les mus\u00e9es pour des questions d\u2019ordre moral et \u00ab\u00a0aussi l\u00e9gitimes que le f\u00e9minisme, l\u2019antiracisme, le respect des minorit\u00e9s ou encore le droit des animaux<a href=\"#_ftn39\" name=\"_ftnref39\">[39]<\/a>\u00a0\u00bb. Le mouvement <em>#MeToo<\/em> a particuli\u00e8rement exacerb\u00e9 les positions et a impos\u00e9 un changement dans la mani\u00e8re de voir les \u0153uvres anciennes. La p\u00e9tition pour le retrait d\u2019une \u0153uvre de Balthus, <em>Th\u00e9r\u00e8se r\u00eavant<\/em>, des cimaises du Metropolitan museum, pr\u00e9textant qu\u2019elle d\u00e9peignait \u00ab\u00a0une tr\u00e8s jeune fille dans une position sexuellement suggestive\u00a0\u00bb, est sans doute l\u2019exemple le plus embl\u00e9matique<a href=\"#_ftn40\" name=\"_ftnref40\">[40]<\/a>. L\u2019initiatrice de la p\u00e9tition, Mia Merril, avait justifi\u00e9 sa d\u00e9marche en faisant un parall\u00e8le avec le mouvement <em>#MeToo<\/em> et \u00ab\u00a0le climat actuel d\u2019agressions qui deviennent de plus en plus publiques<a href=\"#_ftn41\" name=\"_ftnref41\">[41]<\/a>\u00a0\u00bb. Son raisonnement, qui aboutissait \u00e0 accuser le Metropolitan museum de soutenir le voyeurisme et l\u2019\u00e9rotisation des jeunes enfants, t\u00e9moigne de l\u2019\u00e9volution actuelle de la r\u00e9ception et impose, qu\u2019on le veuille ou non, une reconsid\u00e9ration des modalit\u00e9s d\u2019expositions de certaines \u0153uvres. Face au refus du mus\u00e9e de d\u00e9crocher l\u2019\u0153uvre expliquant que \u00ab\u00a0le sens de l&rsquo;art est de refl\u00e9ter diff\u00e9rentes p\u00e9riodes, et non seulement la p\u00e9riode actuelle\u00a0\u00bb, la jeune trentenaire a demand\u00e9 \u00e0 la direction <em>d\u2019\u00eatre alors plus consciencieuse dans la contextualisation de ses pi\u00e8ces pour le public.<\/em> Elle pr\u00e9conisait la mise en place d\u2019une phrase suppl\u00e9mentaire dans la description du tableau telle que \u00ab\u00a0<em>certains visiteurs peuvent trouver cette \u0153uvre choquante et perturbante, \u00e0 la lumi\u00e8re de la fascination artistique de Balthus pour les fillettes<\/em><a href=\"#_ftn42\" name=\"_ftnref42\">[42]<\/a><em>\u00a0\u00bb.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais au-del\u00e0 d\u2019une certaine sensibilit\u00e9 \u00e0 la censure, ce qui ressort du d\u00e9crochage <em>d\u2019Hylas et des Nymphes<\/em> est la probl\u00e9matique de ce qui est donn\u00e9 \u00e0 voir au mus\u00e9e et le sens de ces choix d\u2019accrochage, de ses mises en valeur, de ses mises en r\u00e9serve aussi, voire de ce qui n\u2019y est pas conserv\u00e9. Si les questions relatives au droit de choisir et de repr\u00e9senter au nom des autres, au choix des histoires \u00e0 raconter, \u00e0 leur auteur et \u00e0 leur destinataire, ou encore les questions relatives \u00e0 la prise en compte et \u00e0 l\u2019exclusion des diff\u00e9rentes repr\u00e9sentations, remontent au d\u00e9but du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, elles ont un \u00e9cho singulier aujourd\u2019hui au regard du pluralisme culturel et de l\u2019\u00e9thique de la reconnaissance de la diff\u00e9rence. Il n\u2019en demeure pas moins que le choix de d\u00e9crocher une \u0153uvre des collections permanentes, ne serait-ce que temporairement, participe aussi \u00e0 la probl\u00e9matique de l\u2019autorit\u00e9. L\u2019artiste, appuy\u00e9e par le mus\u00e9e, a en effet accept\u00e9 l&rsquo;id\u00e9e formul\u00e9e par les participants \u00e0 ses conversations de soustraire \u00e0 la vue des visiteurs une \u0153uvre qu\u2019ils s\u2019attendent \u00e0 retrouver dans le parcours. L\u2019intervention de Sonia Boyce repr\u00e9sente ainsi une autorit\u00e9, dont elle critique le principe, et c\u2019est en d\u00e9finitive cette autorit\u00e9 qui a \u00e9t\u00e9 l\u2019objet de critique [Fig. 9].<\/p>\n<figure id=\"attachment_1385\" aria-describedby=\"caption-attachment-1385\" style=\"width: 840px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-1385 size-large\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/Image4.jpg?resize=840%2C630&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"840\" height=\"630\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/Image4.jpg?resize=1024%2C768&amp;ssl=1 1024w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/Image4.jpg?resize=300%2C225&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/Image4.jpg?resize=768%2C576&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/Image4.jpg?resize=1200%2C900&amp;ssl=1 1200w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/Image4.jpg?w=1500&amp;ssl=1 1500w\" sizes=\"auto, (max-width: 709px) 85vw, (max-width: 909px) 67vw, (max-width: 1362px) 62vw, 840px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-1385\" class=\"wp-caption-text\">Fig. 9 : Six Acts, 2018, Six-screen film and wallpaper installation, 15 min. Photo : Michael Pollard<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;intervention de Sonia Boyce \u00e0 la Manchester Art Gallery devait se mat\u00e9rialiser par une \u0153uvre p\u00e9renne, telle une trace des probl\u00e9matiques soulev\u00e9es sur la mani\u00e8re dont pouvait \u00eatre r\u00e9interpr\u00e9t\u00e9 aujourd&rsquo;hui l&rsquo;accrochage des peintures des XVIII<sup>e<\/sup> et XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cles au regard de la r\u00e9alit\u00e9 contemporaine du genre. Intitul\u00e9e <em>Six Acts<\/em>, l&rsquo;\u0153uvre est constitu\u00e9e de six vid\u00e9os r\u00e9alis\u00e9es \u00e0 partir\u00a0 de la documentation filmique des actes performatifs et am\u00e9nag\u00e9es dans un espace cubique recouvert d&rsquo;un papier peint r\u00e9alis\u00e9 \u00e0 partir d\u2019un collage de photographies des artistes qui se sont produits au cours de la soir\u00e9e. Chacun des six \u00e9crans repr\u00e9sente un acte performatif particulier, tandis que le papier peint de leur cimaise se pr\u00e9sente visuellement au papier peint victorien. L\u2019\u0153uvre fait d\u00e9sormais partie des collections de la <em>Contemporary Art Society.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Notes<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Figure\u00a0 incontournable du <em>British Black Art <\/em>britannique et professeure d\u2019art dans de prestigieuses universit\u00e9s londoniennes, Sonia Boyce est aussi chercheure et dirigeait, au moment de son invitation, le projet \u00a0<em>Black Artists and Modernism<\/em> financ\u00e9 par l\u2019<em>Art &amp; Humanities Research Council<\/em> dont l\u2019une des composantes \u00e9tait de d\u00e9montrer, \u00e0 travers des programmes d\u2019expositions dans certains mus\u00e9es britanniques, que le r\u00e9cit moderniste de l\u2019art tel qu\u2019il est pr\u00e9sent\u00e9 actuellement n\u2019est plus repr\u00e9sentatif des communaut\u00e9s dans lesquels ils s\u2019inscrivent. Chez Sonia Boyce, cette remise en question du m\u00e9tar\u00e9cit s\u2019enrichit en outre d\u2019une critique f\u00e9ministe qui pointe non seulement l\u2019absence des artistes femmes dans les accrochages de mus\u00e9es, mais aussi l\u2019image r\u00e9ductrice du corps f\u00e9minin qui y est donn\u00e9e \u00e0 voir par une stricte mise en valeur esth\u00e9tique des nus qui ancre l\u2019identit\u00e9 de la femme dans un imaginaire androcentr\u00e9 de nature sexiste. Pour un biographie compl\u00e8te et une analyse de l\u2019\u0153uvre de cette artiste trop peu connue en dehors des fronti\u00e8res britanniques, voir Orlando, S., <em>Sonia Boyce. Thoughtful disobedience<\/em>, Dijon, Les Presses du R\u00e9el, 2018.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Le mouvement #Metoo est un mouvement de d\u00e9nonciation des violences sexistes et sexuelles subies par les femmes que ce soit dans le cadre du travail, de la sph\u00e8re priv\u00e9e ou dans l\u2019espace public. Il vise \u00e0 donner la force et le courage aux femmes qui ont subi ces violences de genre de parler afin de les combattre et, \u00e0 terme, de les faire dispara\u00eetre. Bien que son amplification soit cons\u00e9cutif \u00e0 l\u2019affaire Weinstein, le mouvement #Metoo s\u2019inscrit dans la continuit\u00e9 de lutte f\u00e9ministe contre les violences faites aux femmes et les attitudes sexistes \u00e0 leur endroit.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> Childs E., <em>Suspended License: Censorship and the Visual Arts<\/em>, Washington, University of Washington Press, 2018.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> Au sujet de ce qu\u2019est la censure en art, voir Van Essche \u00c9. (dir.), <em>Le sens de l&rsquo;ind\u00e9cence : La question de la censure des images \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge contemporain<\/em>, Bruxelles, La Lettre vol\u00e9e, 2005.Eric Van Essche (dir.), <em>Le Sens de l\u2019ind\u00e9cence. La question de la censure des images \u00e0 l\u2019\u00e2ge contemporain<\/em>, Bruxelles, La Lettre vol\u00e9e, 2005, 153 p.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> Boyce S., avis de d\u00e9crochage d\u2019<em>Hylas et les Nymphes<\/em> de John Waterhouse, Manchester, Manchester Art Gallery, f\u00e9vrier 2018.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a> Le 2 f\u00e9vrier 2018, <em>The Guardian <\/em>a publi\u00e9 en ligne quelques r\u00e9actions de ses lecteurs, en ligne\u00a0: <a href=\"https:\/\/www.theguardian.com\/artanddesign\/2018\/feb\/02\/banning-artworks-such-as-hylas-and-the-nymphs-is-a-long-slippery-slope\">https:\/\/www.theguardian.com\/artanddesign\/2018\/feb\/02\/banning-artworks-such-as-hylas-and-the-nymphs-is-a-long-slippery-slope<\/a> (consult\u00e9 en avril 2019).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a> Katrin Kohl, \u00ab Banning artworks such as Hylas and the Nymphs is a long, slippery slope \u00bb, <em>The Guardian<\/em>, 2 f\u00e9vrier 2018, en ligne\u00a0: <a href=\"https:\/\/www.theguardian.com\/artanddesign\/2018\/feb\/02\/banning-artworks-such-as-hylas-and-the-nymphs-is-a-long-slippery-slope\">https:\/\/www.theguardian.com\/artanddesign\/2018\/feb\/02\/banning-artworks-such-as-hylas-and-the-nymphs-is-a-long-slippery-slope<\/a> (consult\u00e9 en avril 2019) : \u00ab A curator\u2019s job is to enable the public to see works and understand the historical processes of which they form a part. Nazi curators, too, challenged us by removing art from public view because it conflicted with their political aims and puritanical taste. But few would now consider this to have been anything other than censorship \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref8\" name=\"_ftn8\">[8]<\/a> <em>Ibid. <\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref9\" name=\"_ftn9\">[9]<\/a> <a href=\"https:\/\/www.theguardian.com\/profile\/jonathanjones\">Jones<\/a> J., \u00ab Why have mildly erotic nymphs been removed from a Manchester gallery? Is Picasso next? \u00bb, <em>The Guardian<\/em>, 31 janvier 2018, en ligne : <a href=\"https:\/\/www.theguardian.com\/artanddesign\/2018\/jan\/31\/hylas-and-the-nymphs-jw--waterhouse-why-have-mildly-erotic-nymphs-been-removed-from-a-manchester-gallery-is-picasso-next\">https:\/\/www.theguardian.com\/artanddesign\/2018\/jan\/31\/hylas-and-the-nymphs-jw&#8211;waterhouse-why-have-mildly-erotic-nymphs-been-removed-from-a-manchester-gallery-is-picasso-next<\/a> (consult\u00e9 en avril 2019)\u00a0: \u00ab Should museums censor works of art on political grounds? \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref10\" name=\"_ftn10\">[10]<\/a> Childs K., \u00ab\u00a0With a Manchester gallery removing an objectifiying painting why are we in such a hurry to erase the past\u00bb, <em>Independent<\/em>, 3 f\u00e9vrier 2018, en ligne : <a href=\"https:\/\/www.independent.co.uk\/voices\/manchester-gallery-john-william-waterhouse-hylas-metoo-removal-art-objectification-a8192666.html\">https:\/\/www.independent.co.uk\/voices\/manchester-gallery-john-william-waterhouse-hylas-metoo-removal-art-objectification-a8192666.html<\/a> (consult\u00e9 en avril 2019).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref11\" name=\"_ftn11\">[11]<\/a> La Manchester Art Gallery a cr\u00e9\u00e9 une page web sp\u00e9cifique pour recueillir les commentaires des visiteurs sur la d\u00e9marche de Sonia Boyce (en ligne\u00a0: <a href=\"http:\/\/manchesterartgallery.org\/news\/presenting-the-female-body-challenging-a-victorian-fantasy\/\">http:\/\/manchesterartgallery.org\/news\/presenting-the-female-body-challenging-a-victorian-fantasy\/<\/a>, consult\u00e9e en avril 2019). Elle compte 921 commentaires qui t\u00e9moignent tr\u00e8s largement d\u2019un d\u00e9saccord avec le d\u00e9crochage quand bien m\u00eame celui-ci soit temporaire et vise \u00e0 susciter le d\u00e9bat.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref12\" name=\"_ftn12\">[12]<\/a> \u00ab Also which ever way you cut it, the removal of the painting was censorship, end of argument. You can come up with as many clever arguments as you like, censorship is censorship, is censorship \u00bb. [Commentaire dat\u00e9 du 11 f\u00e9vrier 2018 (8\u00a0:09 am)], en ligne\u00a0: <a href=\"http:\/\/manchesterartgallery.org\/news\/presenting-the-female-body-challenging-a-victorian-fantasy\/\">http:\/\/manchesterartgallery.org\/news\/presenting-the-female-body-challenging-a-victorian-fantasy\/<\/a> (consult\u00e9 en avril 2019).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref13\" name=\"_ftn13\">[13]<\/a> \u00ab Defining this \u201can artistic act\u201d doesn&rsquo;t disguise its authoritarian moralising as part of a rapidly spreading censorship championed by an increasingly puritanical, hectoring and intolerant feminism. It&rsquo;s dangerous and a long way from the feminism I grew up with \u00bb, en ligne : <a href=\"https:\/\/twitter.com\/EcclestoneK\/status\/959058212086583296?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E959058212086583296&amp;ref_url=https%3A%2F%2Fwww.breitbart.com%2Feurope%2F2018%2F02%2F01%2Fgallery-removes-famous-painting-nude-women-inspired-metoo%2F\">https:\/\/twitter.com\/EcclestoneK\/status\/959058212086583296?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E959058212086583296&amp;ref_url=https%3A%2F%2Fwww.breitbart.com%2Feurope%2F2018%2F02%2F01%2Fgallery-removes-famous-painting-nude-women-inspired-metoo%2F<\/a> (consult\u00e9 en avril 2019).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref14\" name=\"_ftn14\">[14]<\/a> \u00ab The nymphs, lesser goddesses of nature, are subjugating Hylas! They are exercising agency! There&rsquo;s nothing passive, timid or gratuitous about their forms. They are in control and luring a man to his doom! Rabid feminists might be overjoyed, but they&rsquo;re too obtuse \u00bb, en ligne : <a href=\"https:\/\/twitter.com\/KathySoltani\/status\/958863251848290309?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E958863251848290309&amp;ref_url=https%3A%2F%2Fwww.rt.com%2Fuk%2F417555-manchaester-removes-hylas-nymphs-painting%2F\">https:\/\/twitter.com\/KathySoltani\/status\/958863251848290309?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E958863251848290309&amp;ref_url=https%3A%2F%2Fwww.rt.com%2Fuk%2F417555-manchaester-removes-hylas-nymphs-painting%2F<\/a> (consult\u00e9 en avril 2019).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref15\" name=\"_ftn15\">[15]<\/a> Le groupe \u00e9tait compos\u00e9 d\u2019Anna Phylactic, Cheddar Gorgeous, Liquorice Black et de Venus Vienna.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref16\" name=\"_ftn16\">[16]<\/a> Boyce S., \u00ab Our removal of Waterhouse\u2019s naked nymphs painting was art in action \u00bb, <em>The Guardian<\/em>, 6 f\u00e9vrier 2018, en ligne : <a href=\"https:\/\/www.theguardian.com\/commentisfree\/2018\/feb\/06\/takedown-waterhouse-naked-nymphs-art-action-manchester-art-gallery-sonia-boyce\">https:\/\/www.theguardian.com\/commentisfree\/2018\/feb\/06\/takedown-waterhouse-naked-nymphs-art-action-manchester-art-gallery-sonia-boyce<\/a> (consult\u00e9 en avril 2019) : \u00ab Nothing in the painting suggests her prolific and influential role as a lyrical poet, or her status as a lesbian icon \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref17\" name=\"_ftn17\">[17]<\/a> Une partie du tournage du d\u00e9crochage a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e sur <em>Twitter<\/em> :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"https:\/\/twitter.com\/mcrartgallery\/status\/957016772821078016\">https:\/\/twitter.com\/mcrartgallery\/status\/957016772821078016<\/a> (consult\u00e9 en avril 2019).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref18\" name=\"_ftn18\">[18]<\/a> We have left a temporary space here in place of <em>Hylas and the Nymphs<\/em> by JW Waterhouse to prompt conservation about how we display and interpret artworks in Manchester\u2019s public collection. How can we talk about the collection in ways which are relevant in the 21<sup>st<\/sup> century? Here are some of the ideas we have been taking about so far. What do you think?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">This gallery presents the female body as either a passive decorative form or a femme fatale. Let\u2019s challenge this Victorian fantasy!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">The Gallery exists in a world full of intertwined issues of gender, race, sexuality and class, which affect us all. How could art works speak in more contemporary relevant ways?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">What other stories could these artworks and their characters tell? What other themes would be interesting to explore in the gallery?, en ligne : <a href=\"https:\/\/www.theguardian.com\/commentisfree\/2018\/feb\/06\/takedown-waterhouse-naked-nymphs-art-action-manchester-art-gallery-sonia-boyce\">https:\/\/www.theguardian.com\/commentisfree\/2018\/feb\/06\/takedown-waterhouse-naked-nymphs-art-action-manchester-art-gallery-sonia-boyce<\/a> (consult\u00e9 en juillet 2019).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref19\" name=\"_ftn19\">[19]<\/a> La peinture de l\u2019\u00e9poque victorienne est m\u00eame un sujet fondateur de l\u2019histoire de l\u2019art f\u00e9ministe britannique. D\u00e8s les ann\u00e9es 1980, durant lesquelles se d\u00e9veloppent les th\u00e9ories f\u00e9ministes de l\u2019art, des \u00e9tudes se sont attach\u00e9es \u00e0 en d\u00e9montrer les st\u00e9r\u00e9otypes et l\u2019imaginaire exclusivement masculin et fortement charg\u00e9 sexuellement qu\u2019elles v\u00e9hiculent. <em>Myths of Sexuality : Repr\u00e9sentations des femmes en Grande-Bretagne victorienne <\/em>(1988) de l\u2019historienne de l\u2019art Lynda Nead est certainement l\u2019exemple le plus d\u00e9monstratif de cette lecture de la peinture britannique du dernier tiers du XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref20\" name=\"_ftn20\">[20]<\/a> <em>D\u00e9sirs et volupt\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque victorienne : collection P\u00e9rez Sim\u00f3n<\/em>, cat. exp., Paris, Mus\u00e9e Jacquemart-Andr\u00e9, 2013.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref21\" name=\"_ftn21\">[21]<\/a> Rondeau, C. entretien avec Arnaud Laporte, le 11 septembre 2013, en ligne\u00a0: <a href=\"https:\/\/www.franceculture.fr\/emissions\/la-dispute\/desirs-et-volupte-lepoque-victorienne-farah-atassi\">https:\/\/www.franceculture.fr\/emissions\/la-dispute\/desirs-et-volupte-lepoque-victorienne-farah-atassi<\/a> (consult\u00e9 en avril 2019).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref22\" name=\"_ftn22\">[22]<\/a> <em>Ibid.<\/em>\u00a0: \u00ab\u00a0Je veux bien qu\u2019il y ait une exposition qu\u2019on appelle d\u00e9sirs et volupt\u00e9s, au pluriel comme au singulier, comme vous voulez, c\u2019est d\u2019abord une collection, c\u2019est d\u2019abord un choix dans une collection\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref23\" name=\"_ftn23\">[23]<\/a> \u00ab Manchester Art Gallery&rsquo;s #MeToo-inspired removal of nude Nymphs painting branded a \u00a0\u201cpathetic stunt\u201d \u00a0\u00bb, <em>The Telegraph<\/em>, 1<sup>er<\/sup> f\u00e9vrier 2018, en ligne : <a href=\"https:\/\/www.telegraph.co.uk\/art\/what-to-see\/manchester-art-gallerys-metoo-inspired-removal-nude-nymphs-painting\/\">https:\/\/www.telegraph.co.uk\/art\/what-to-see\/manchester-art-gallerys-metoo-inspired-removal-nude-nymphs-painting\/<\/a> (consult\u00e9 en avril 2019) : \u00ab For me personally, there is a sense of embarrassment that we haven\u2019t dealt with it sooner. Our attention has been elsewhere. We\u2019ve collectively forgotten to look at this space and think about it properly&#8230; \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref24\" name=\"_ftn24\">[24]<\/a> Boyce S., \u00ab Our removal of Waterhouse\u2019s naked nymphs painting was art in action \u00bb, <em>The Guardian<\/em>, 6 f\u00e9vrier 2018, en ligne : <a href=\"https:\/\/www.theguardian.com\/commentisfree\/2018\/feb\/06\/takedown-waterhouse-naked-nymphs-art-action-manchester-art-gallery-sonia-boyce\">https:\/\/www.theguardian.com\/commentisfree\/2018\/feb\/06\/takedown-waterhouse-naked-nymphs-art-action-manchester-art-gallery-sonia-boyce<\/a> (consult\u00e9 en avril 2019).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref25\" name=\"_ftn25\">[25]<\/a> Higgie J., \u00ab\u00a0Sonia Boyce: 30 Years of Art and Activism\u00a0\u00bb, <em>Frieze<\/em>, 29 mai 2018, en ligne : <a href=\"https:\/\/frieze.com\/article\/sonia-boyce-30-years-art-and-activism\">https:\/\/frieze.com\/article\/sonia-boyce-30-years-art-and-activism<\/a> (consult\u00e9 en avril 2019).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref26\" name=\"_ftn26\">[26]<\/a> Higgins C., \u00ab \u201cThe vitriol was really unhealthy\u201d: artist Sonia Boyce on the row over taking down Hylas and the Nymphs \u00bb, <em>The Guardian<\/em>, 19 mars 2018, en ligne : <a href=\"https:\/\/www.theguardian.com\/artanddesign\/2018\/mar\/19\/hylas-nymphs-manchester-art-gallery-sonia-boyce-interview\">https:\/\/www.theguardian.com\/artanddesign\/2018\/mar\/19\/hylas-nymphs-manchester-art-gallery-sonia-boyce-interview<\/a> (consult\u00e9 en juillet 2019).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref27\" name=\"_ftn27\">[27]<\/a> Pollock G., <em>Differencing the <\/em>canon <em>(Revisions, Critical Studies in the History and Theory of Art)<\/em>, Londres, Routledge, 1999 : \u00ab Des canons et des guerres culturelles\u00a0\u00bb <em>Cahiers du Genre<\/em>, n\u00b0 40, 2007. <a href=\"https:\/\/www.cairn.info\/revue-cahiers-du-genre-2007-2-page-45.htm?contenu=resume\">https:\/\/www.cairn.info\/revue-cahiers-du-genre-2007-2-page-45.htm?contenu=resume#<\/a> (consult\u00e9 en avril 2019).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref28\" name=\"_ftn28\">[28]<\/a> Higgie J., \u00ab\u00a0Sonia Boyce: 30 Years of Art and Activism \u00bb, <em>Frieze<\/em>, 29 mai 2018, en ligne : <a href=\"https:\/\/frieze.com\/article\/sonia-boyce-30-years-art-and-activism\">https:\/\/frieze.com\/article\/sonia-boyce-30-years-art-and-activism<\/a> (consult\u00e9 en avril 2019) : \u00ab The thing is, if we\u2019re going to talk about censorship \u2013 which is what I was accused of \u2013 other questions need to be asked: what is held in the collections of the country\u2019s museums and galleries but not shown? What does the quiet authority of such institutional structures reveal? Are museums and galleries proud of a narrative that frames women as equalling death or as silently beautiful? \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref29\" name=\"_ftn29\">[29]<\/a> Voir Lemieux A.,\u00a0<em>L\u2019art contemporain au mus\u00e9e du Louvre. Une histoire de d\u00e9cors, d\u2019expositions et de programmations culturelles<\/em>, th\u00e8se de doctorat en histoire de l\u2019art, sous la dir. de Dominique Poulot, Universit\u00e9 de Paris I, 2011, 1 vol., 1 CD d\u2019archives.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref30\" name=\"_ftn30\">[30]<\/a> Levey M., \u00ab\u00a0Preface\u00a0\u00bb,<em> The artist&rsquo;s eye: an exhibition at the National Gallery. <\/em><em>Selected by Richard Hamilton<\/em>, cat. exp., Londres, The National Gallery, 1978, n. p. : \u00ab\u00a0Nous devons apprendre \u00e0 regarder et \u00e0 moins s\u2019inqui\u00e9ter de connaissances\u00a0\u00bb. Du fait qu\u2019elles concernaient les collections permanentes et parce qu\u2019elles \u0153uvraient en faveur d\u2019une p\u00e9dagogie du regard, les expositions du programme <em>Artist\u2019s eye<\/em> \u00e9taient gratuites et accompagn\u00e9es d\u2019un petit catalogue dans lequel le visiteur pouvait prendre connaissance des motivations des choix de l\u2019artiste.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref31\" name=\"_ftn31\">[31]<\/a> Hodgkin H., \u00ab\u00a0Introduction\u00a0\u00bb, <em>The artist&rsquo;s eye: an exhibition at the National Gallery. Selected by Howard Hodgkin<\/em>, cat. exp., Londres, The National Gallery, 1979, p. 3. Howard Hodgkin avoue que sa premi\u00e8re id\u00e9e a \u00e9t\u00e9 de r\u00e9aliser un accrochage \u00e0 l\u2019image des expositions temporaires th\u00e9matiques et monographiques : \u00ab\u00a0My first thought was to arrange a didactic show of some kind but then I realised that this would just be an excuse for including pictures I am interested in anyway. Then someone suggested that I attempt a kind of artistic self-portrait and choose pictures that had influenced me as a painter and might help people to understand my own word. But I have not done this. These are all paintings I feel strongly about for one reason or another \u2013 including curiosity and perhaps antipathy \u2013 but they in on way describe my taste in painting, as work by many of the artists I care about most is missing \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref32\" name=\"_ftn32\">[32]<\/a> Nous faisons r\u00e9f\u00e9rence ici \u00e0 l\u2019id\u00e9e selon laquelle l\u2019objet sert \u00e0 illustrer un discours. Voir Hainard, J., \u00ab Pour une mus\u00e9ologie de la rupture \u00bb, Bary M.-O. (de), Desvall\u00e9es A., Wasserman F. (\u00e9d.), <em>Vagues. Une anthologie de la nouvelle mus\u00e9ologie<\/em>, t. 2, M\u00e2con, \u00c9d. W ; Savigny-le-Temple, MNES\u00a0; Lyon, diff. Presses universitaires de Lyon, 1994 (1992) ; Chaumier S., \u00ab\u00a0L\u2019\u00e9criture de l\u2019exposition\u00a0\u00bb, <em>Herm\u00e8s. La Revue<\/em>, vol. 3, n\u00b0 61, 2011, p. 45-51. Pour l\u2019\u00e9cho de cette id\u00e9e dans les mus\u00e9es des beaux-arts, voir Michel R.,\u00a0\u00ab De la non-histoire de l\u2019art. Plaidoyer pour la tol\u00e9rance et le pluralisme dans une discipline hant\u00e9e par la violence de l\u2019exclusion \u00bb, Michel R.(dir.), <em>David contre David<\/em>, actes du colloque (Paris, Mus\u00e9e du Louvre, 1989), Paris, La Documentation fran\u00e7aise, 1993, p. XIII-LXII\u00a0; \u00c0 propos des expositions du d\u00e9partement des Arts graphiques durant les ann\u00e9es 1990, voir Lemieux A., <em>L\u2019art contemporain au mus\u00e9e du Louvre<\/em> <em>(\u2026)<\/em>, 2011, p.\u00a0137-146. Voir aussi Martin J.-H., \u00ab\u00a0Pr\u00e9face\u00a0\u00bb,<em> La peinture des Martin, de 1603 \u00e0 1984, <\/em>cat. exp., Berne, Kunsthalle, 1984.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref33\" name=\"_ftn33\">[33]<\/a> Il faut noter l\u2019influence que fut le programme des\u00a0<em>Grands invit\u00e9s<\/em><em> du Louvre, <\/em>organis\u00e9 par l\u2019\u00e9quipe de l\u2019Auditorium du Louvre. Inaugur\u00e9 \u00e0 l\u2019automne 2005, ce programme consiste \u00e0 inviter une figure importante du milieu artistique et culturel \u00e0 porter un regard sur les arts et leur histoire et \u00e0 transmettre leur point de vue en proposant diff\u00e9rentes manifestations dans le mus\u00e9e, allant de la conf\u00e9rence au spectacle vivant, en passant par l\u2019exposition temporaire. Voir Lemieux A., <em>L\u2019art contemporain au mus\u00e9e du Louvre<\/em> <em>(\u2026)<\/em>, 2011, p. 275-280. Cette r\u00e9alit\u00e9 mus\u00e9ale a fait l\u2019objet d\u2019une journ\u00e9e d\u2019\u00e9tudes le 11 mai 2019 \u00e0 BOZAR (Bruxelles)\u00a0: <em>L\u2019\u00e9crivain commissaire<\/em>, sous la direction de Julie Bawin (Universit\u00e9 de Li\u00e8ge), Sofiane Laghouati (Mus\u00e9e Royal de Mariemont et Universit\u00e9 de Louvain-la-Neuve) et David Martens (KU Leuven \u2013 MDRN).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref34\" name=\"_ftn34\">[34]<\/a> Millet C., <em>L\u2019art contemporain. <\/em><em>Histoire et g\u00e9ographie<\/em>, Paris, Flammarion, 2006. L\u2019intervention performative d\u2019Andrea Fraser dans les collections permanentes du Philadelphia Museum of Art (1989) ou l\u2019exposition de Joseph Kosuth au Brooklyn Museum (1990) sont exemplaires de l\u2019int\u00e9gration de la critique mus\u00e9ale soutenue par les mus\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref35\" name=\"_ftn35\">[35]<\/a> Putnam J., <em>Le mus\u00e9e \u00e0 l\u2019\u0153uvre\u00a0: le mus\u00e9e comme m\u00e9dium dans l\u2019art contemporain<\/em>, Paris, Thames &amp; Hudson, 2002\u00a0; Bawin J., <em>L\u2019artiste commissaire. Entre posture critique, jeu cr\u00e9atif et valeur ajout\u00e9e, <\/em>Paris, \u00c9d. des Archives contemporaines, 2014 ; Lemieux A.,\u00a0\u00ab\u00a0Les collections permanentes du Louvre et l\u2019exposition de l\u2019art contemporain\u00a0\u00bb, <em>CeROArt<\/em>, n\u00b0 9, 2014, en ligne\u00a0: <a href=\"https:\/\/journals.openedition.org\/ceroart\/3794\">https:\/\/journals.openedition.org\/ceroart\/3794<\/a> (consult\u00e9 en avril 2019).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref36\" name=\"_ftn36\">[36]<\/a> Lemieux A., <em>L\u2019art contemporain au mus\u00e9e du Louvre<\/em> <em>(\u2026)<\/em>, 2011, p.\u00a0204-206.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref37\" name=\"_ftn37\">[37]<\/a> Cette obligation proc\u00e8de du principe de d\u00e9mocratisation et de l\u2019ensemble des critiques \u00e0 l\u2019encontre de la culture autoritaire du mus\u00e9e apparue dans les ann\u00e9es 1960 et de la critique post-moderne du mus\u00e9e apparue dans les ann\u00e9es 1990. Pour la question de d\u00e9mocratisation des mus\u00e9es, voir Mairesse F., <em>Le mus\u00e9e, temple spectaculaire. Une histoire du projet mus\u00e9al<\/em>, Paris, Presses universitaires de Lyon, 2003. Au sujet de l\u2019apport p\u00e9dagogique des interventions d\u2019artistes en contexte mus\u00e9al, voir Robins C., <em>Curious lessons in the museum. The pedagogic potential of artists\u2019 intervention<\/em>, Surry, Ashgate, 2013. Pour la critique post-moderniste, voir Jaumain S. (dir.), <em>Les mus\u00e9es en mouvements. Nouvelles conceptions, nouveaux publics (Belgique, Canada)<\/em>, actes du colloque (Bruxelles, Universit\u00e9 Libre, Centre d\u2019\u00e9tudes canadiennes, 1999), Bruxelles, \u00c9d. de l\u2019Universit\u00e9 de Bruxelles, 2000 ; Lorente J. P., Moolhuijsen N., \u00ab\u00a0La mus\u00e9ologie critique\u00a0: entre ruptures et r\u00e9interpr\u00e9tations\u00a0\u00bb, <em>La Lettre de l\u2019OCIM, <\/em>158, 2015, en ligne\u00a0: <a href=\"http:\/\/ocim.revues.org\/1495\">http:\/\/ocim.revues.org\/1495<\/a> (consult\u00e9 en avril 2019).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref38\" name=\"_ftn38\">[38]<\/a> Sur la mus\u00e9ologie participative, voir Lorente J. P., Moolhuijsen N.,\u00a0\u00ab\u00a0La mus\u00e9ologie critique\u00a0(\u2026)\u00a0\u00bb, 2015 ; Chaumier S., \u00ab\u00a0Le public, acteur de la production d\u2019exposition\u00a0? Un mod\u00e8le \u00e9cartel\u00e9 entre enthousiasme et r\u00e9ticences\u00a0\u00bb, Eidelman J., Roustan M., Goldstein B. (\u00e9d.). <em>La place des publics. De l\u2019usage des \u00e9tudes et recherches par les mus\u00e9es<\/em>, Paris, La Documentation Fran\u00e7aise, 2006.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref39\" name=\"_ftn39\">[39]<\/a> Pierrat E., <em>Nouvelles morales, nouvelles censures<\/em>, Paris, Gallimard, 2018 ; Lemoine S., Manca I., \u00ab\u00a0Extension du domaine de la censure\u00a0\u00bb, <em>L\u2019\u0152il magazine<\/em>, n\u00b0 171, avril 2018, p. 37-53 ; Ackermann J., Lavrador J., \u00ab\u00a0Les nouvelles formes de censure\u00a0\u00bb, <em>Beaux Arts magazine<\/em>, n\u00b0 412, septembre 2018, p. 43-53.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref40\" name=\"_ftn40\">[40]<\/a> Burlet F., \u00ab\u00a0\u00c0 New York, une p\u00e9tition s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve contre un tableau de Balthus \u00e9rotisant une tr\u00e8s jeune fille\u00a0\u00bb, <em>Les Inrocks<\/em>, 8 d\u00e9cembre 2017, en ligne\u00a0: <a href=\"https:\/\/www.lesinrocks.com\/2017\/12\/08\/style\/style\/new-york-une-petition-seleve-contre-un-tableau-de-balthus-erotisant-une-tres-jeune-fille\/\">https:\/\/www.lesinrocks.com\/2017\/12\/08\/style\/style\/new-york-une-petition-seleve-contre-un-tableau-de-balthus-erotisant-une-tres-jeune-fille\/<\/a> (consult\u00e9 en avril 2019).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref41\" name=\"_ftn41\">[41]<\/a> <em>Ibid<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref42\" name=\"_ftn42\">[42]<\/a> <em>Ibid<\/em>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><div class=\"wpcp\">Pour citer cet article : Ariane Lemieux, \"Le geste de censure comme intervention artistique. Le d\u00e9crochage d&rsquo;<em>Hylas et les Nymphes<\/em> par Sonia Boyce\", <em>exPosition<\/em>, 2 septembre 2019, <a href=\"https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/articles5\/lemieux-decrochage-hylas-waterhouse-sonia-boyce\/%20\">https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/articles5\/lemieux-decrochage-hylas-waterhouse-sonia-boyce\/%20<\/a>. Consult\u00e9 le 26 avril 2026.<\/div><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>par Ariane Lemieux &nbsp; &#8211;&#8211;&#8211; Ariane Lemieux est docteure en histoire de l&rsquo;art sp\u00e9cialiste de l&rsquo;histoire des mus\u00e9es. Elle est charg\u00e9e d&rsquo;enseignement en histoire du patrimoine et des mus\u00e9es \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Paris 1 et en m\u00e9diation de l&rsquo;art contemporain \u00e0 Paris 13. Elle est \u00e9galement intervenante p\u00e9dagogique en mus\u00e9ologie \u00e0 l&rsquo;\u00c9cole du Louvre. 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