{"id":2081,"date":"2021-09-27T16:38:52","date_gmt":"2021-09-27T15:38:52","guid":{"rendered":"https:\/\/www.revue-exposition.com\/?p=2081"},"modified":"2021-10-26T20:04:38","modified_gmt":"2021-10-26T19:04:38","slug":"ramondenc-exposition-architecture","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/articles6-2\/ramondenc-exposition-architecture\/%20","title":{"rendered":"Ce que l\u2019exposition fait \u00e0 l\u2019architecture. Le cas de la collection de projets d\u2019architectes prospectifs du Frac Centre-Val de Loire"},"content":{"rendered":"<h3 style=\"text-align: justify;\">par M\u00e9lina Ramondenc<\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8212; <em><strong>M\u00e9lina Ramondenc<\/strong><\/em>\u00a0<em>est architecte dipl\u00f4m\u00e9e d&rsquo;\u00c9tat, doctorante en architecture au laboratoire M\u00e9thodes et Histoire de l&rsquo;Architecture de l&rsquo;\u00e9cole nationale sup\u00e9rieure d&rsquo;Architecture de Grenoble. Ses recherches portent principalement sur les utopies urbaines et architecturales de la fin des ann\u00e9es soixante et sur les relations entre art et architecture dans la seconde moiti\u00e9 du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Sa th\u00e8se de doctorat, en cours de r\u00e9daction, porte sur les \u0153uvres des architectes prospectifs Pascal H\u00e4usermann, Claude Costy et Jean-Louis Rey dit Chan\u00e9ac, dont la majeure partie des fonds sont conserv\u00e9s au Frac Centre-Val de Loire<\/em>.<em>\u00a0 &#8212;<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 l\u2019aube des ann\u00e9es 2000, le fonds r\u00e9gional d\u2019Art contemporain de la r\u00e9gion Centre-Val de Loire<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\"><sup>[1]<\/sup><\/a> (Frac Centre-Val de Loire) a fait entrer dans ses collections des projets d\u2019architecture exp\u00e9rimentale des ann\u00e9es 1960 et 1970. Cette politique d\u2019acquisition<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\"><sup>[2]<\/sup><\/a> a permis \u00e0 ce Frac de constituer une collection unique, \u00e0 un moment o\u00f9 l\u2019architecture d\u00e9tournait le regard d\u2019une parenth\u00e8se prospective jug\u00e9e embarrassante, et pr\u00e9f\u00e9rait se focaliser sur l\u2019\u00e9tude du mouvement moderne pour se constituer en discipline universitaire. Tout au contraire, le milieu de l\u2019art contemporain portait ainsi un regard fascin\u00e9 sur ces travaux qu\u2019il qualifiait alors d\u2019\u00ab\u00a0exp\u00e9rimentaux<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\"><sup>[3]<\/sup><\/a> \u00bb ou d\u2019\u00ab\u00a0utopiques<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\"><sup>[4]<\/sup><\/a> \u00bb. L\u2019emploi de ce dernier terme, que r\u00e9futaient les architectes prospectifs en leur temps, d\u00e9note toute la difficult\u00e9 d\u2019une relecture contemporaine de leur production. Revenant plus tard sur l\u2019utilisation de ce vocable, le critique d\u2019art et d\u2019architecture Michel Ragon tentait d\u2019expliquer que :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 40px;\">\u00ab la diff\u00e9rence entre utopie et prospective, c\u2019est que l\u2019utopie situe son devenir dans l\u2019imaginaire, alors que la prospective donne des lieux et des dates. L\u2019utopie est po\u00e9tique, la prospective, scientifique. Ou plut\u00f4t, la prospective se veut scientifique, alors que la dose de fantaisie qu\u2019elle contient est peut-\u00eatre en fait son meilleur atout<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\"><sup>[5]<\/sup><\/a>. \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il semblerait en effet que ce soit cette \u00ab\u00a0dose de fantaisie<a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\"><sup>[6]<\/sup><\/a> \u00bb, d\u2019invention et de cr\u00e9ation, qui ait \u00e9veill\u00e9 peu \u00e0 peu les int\u00e9r\u00eats concomitants d\u2019institutions d\u00e9di\u00e9es \u00e0 l\u2019art contemporain<a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\"><sup>[7]<\/sup><\/a>. Toutefois, nombre de projets qui ont int\u00e9gr\u00e9 les collections du Frac Centre-Val de Loire avaient \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9s initialement dans la perspective d\u2019expositions internationales, pour porter un discours sp\u00e9cifique sur l\u2019architecture dans sa dimension prospective. Dans un moment charni\u00e8re, o\u00f9 l\u2019ensemble de la discipline comme de la profession s\u2019interrogeait sur son futur et celui de la soci\u00e9t\u00e9, ces expositions \u00e9taient d\u2019autant plus importantes qu\u2019elles offraient des espaces-temps de d\u00e9bat dans lesquels les projets devenaient de v\u00e9ritables manifestes, des tribunes qui permettaient aux architectes de prendre position, de fa\u00e7on plus ou moins radicale. Une question se pose alors. Que se joue-t-il dans ce passage de l\u2019exposition comme discours par l\u2019architecture \u00e0 l\u2019exposition comme discours sur l\u2019architecture ? L\u2019objectif de cet article est d\u2019interroger ce que le processus d\u2019 \u00ab artification<a href=\"#_ftn8\" name=\"_ftnref8\"><sup>[8]<\/sup><\/a> \u00bb des projets, entr\u00e9s dans des collections d\u2019art contemporain et consid\u00e9r\u00e9s comme des \u0153uvres, fait \u00e0 l\u2019architecture. Nous consid\u00e9rons cette question \u00e0 travers l\u2019exemple des travaux de certains membres du groupe international d\u2019Architecture prospective (GIAP) conserv\u00e9s par le Frac Centre-Val de Loire : ceux de Pascal H\u00e4usermann (donation de Pascal H\u00e4usermann en 1997, puis 2005), Jean-Louis Chan\u00e9ac (d\u00e9p\u00f4t de Nelly Chan\u00e9ac en 1999, puis plusieurs donations entre 2008 et 2012), Yona Friedman (acquisitions 1998 et en 2010), et Nicolas Sch\u00f6ffer (acquisition en 2004).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>1960-1970\u00a0: l\u2019exposition d\u2019architecture comme <\/strong><strong>\u00e9v\u00e9nement<\/strong> <strong>manifeste <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Michel Ragon entame en 1963, avec la publication de l\u2019ouvrage <em>O\u00f9 vivrons-nous demain<\/em><a href=\"#_ftn9\" name=\"_ftnref9\"><sup>[9]<\/sup><\/a><em> ?<\/em><a href=\"#_ftn9\" name=\"_ftnref9\"><\/a> un travail de m\u00e9diatisation et de diffusion d\u2019une architecture prospective. Pistant le futur, ce critique d\u2019art puis d\u2019architecture autodidacte d\u00e9busque ainsi \u00ab\u00a0une architecture de recherche jusqu\u2019alors clandestine et pratiquement inconnue<a href=\"#_ftn10\" name=\"_ftnref10\"><sup>[10]<\/sup><\/a> \u00bb. T\u00e9moin attentif de l\u2019\u00e9mergence de nouvelles mani\u00e8res de penser et de repr\u00e9senter l\u2019architecture dans une soci\u00e9t\u00e9 dont il constate les profondes mutations, il en devient rapidement un protagoniste incontournable. Il s\u2019emploie \u00e0 f\u00e9d\u00e9rer des artistes, des ing\u00e9nieurs, des sociologues, des scientifiques\u2026\u00a0: des chercheurs issus de champs disciplinaires tr\u00e8s divers qui cherchent tous \u00e0 mod\u00e9liser, \u00e0 pr\u00e9voir et \u00e0 inventer la ville et l\u2019habitat du futur, adoptant l\u2019attitude prospective appel\u00e9e de ses v\u0153ux par le philosophe Gaston Berger. En homme m\u00e9diatique, Michel Ragon va orchestrer la diffusion des travaux des prospectifs par l\u2019interm\u00e9diaire d\u2019articles, d\u2019ouvrages, d\u2019interventions t\u00e9l\u00e9vis\u00e9es, de conf\u00e9rences, et bien s\u00fbr, d\u2019expositions.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le contexte de bouillonnement intellectuel et culturel qui caract\u00e9rise les ann\u00e9es 1960 se tiennent en effet des expositions majeures qui actent pour la plupart la naissance de collectifs d\u2019architectes radicaux. Ainsi s\u2019ouvre en 1963, \u00e0 Vienne en Autriche, l&rsquo;exposition <em>Architektur<\/em> d\u2019Hans Hollein et Walter Pichler. Comme le note Eva Bransome\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 40px;\">\u00ab\u00a0Leur exposition commune, pr\u00e9sent\u00e9e comme un \u201cwork in progress\u201d , s&rsquo;est av\u00e9r\u00e9e explosive dans son contenu<a href=\"#_ftn11\" name=\"_ftnref11\"><sup>[11]<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb, provoquant l&rsquo;<em>establishment<\/em> architectural en affirmant\u00a0que \u00ab\u00a0tout est architecture<a href=\"#_ftn12\" name=\"_ftnref12\"><sup>[12]<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La m\u00eame ann\u00e9e, \u00e0 Londres, le duo \u00e0 l&rsquo;origine du groupe Archigram, Peter Cook et David Greene, pr\u00e9sente <em>Living City<\/em>, prenant le pouls de la soci\u00e9t\u00e9 et exp\u00e9rimentant des nouvelles formes de repr\u00e9sentation architecturale multipliant les emprunts \u00e0 la culture populaire. Trois ans plus tard, en 1966, l&rsquo;exposition <em>Superarchitettura <\/em>acte la collaboration des radicaux d&rsquo;Archizoom et de Superstudio, deux groupes form\u00e9s \u00e0 la m\u00eame universit\u00e9 \u00e0 Florence. Ces trois expositions ne sont que quelques exemples de l&rsquo;effervescence de cette nouvelle g\u00e9n\u00e9ration d\u2019architectes qui \u00e9clot dans les ann\u00e9es 1960. Tous ces \u00e9v\u00e9nements sont autant de remises en question frontale de la discipline et de la profession architecturales. Elles poursuivent toutes le m\u00eame objectif\u00a0: r\u00e9inventer l\u2019architecture, souvent par l\u2019hybridation, les m\u00e9langes, les emprunts \u00e0 d\u2019autres disciplines. La transformation de l\u2019architecture passe par un renouvellement de ses repr\u00e9sentations et ces expositions sont des moments particuli\u00e8rement importants de diffusion d\u2019images nouvelles et non acad\u00e9miques du projet, comme le photomontage, la bande dessin\u00e9e, les collages\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><em>12 Villes prospectives<\/em>\u00a0: une exposition fondatrice<\/strong><\/p>\n<figure id=\"attachment_2007\" aria-describedby=\"caption-attachment-2007\" style=\"width: 150px\" class=\"wp-caption alignright\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-2007 size-thumbnail\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/Fig.-1-Couverture-du-livret-12-Villes-Prospectives-diffuse-a-loccasion-de-lexposition-eponyme-presente-en-1965-par-le-GIAP.jpg?resize=150%2C150&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"150\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/Fig.-1-Couverture-du-livret-12-Villes-Prospectives-diffuse-a-loccasion-de-lexposition-eponyme-presente-en-1965-par-le-GIAP.jpg?resize=150%2C150&amp;ssl=1 150w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/Fig.-1-Couverture-du-livret-12-Villes-Prospectives-diffuse-a-loccasion-de-lexposition-eponyme-presente-en-1965-par-le-GIAP.jpg?zoom=2&amp;resize=150%2C150&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/Fig.-1-Couverture-du-livret-12-Villes-Prospectives-diffuse-a-loccasion-de-lexposition-eponyme-presente-en-1965-par-le-GIAP.jpg?zoom=3&amp;resize=150%2C150&amp;ssl=1 450w\" sizes=\"auto, (max-width: 150px) 85vw, 150px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2007\" class=\"wp-caption-text\">Fig. 1 : G.I.A.P, couverture du livret d\u2019exposition 12 Villes prospectives, Fonds Georges Patrix, Biblioth\u00e8que Kandinsky, Paris, Courtesy Biblioth\u00e8que Kandinsky, Centre Georges Pompidou \/ MNAM CCI. Tous droits r\u00e9serv\u00e9s.<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">La fondation du groupe international d\u2019Architecture prospective (GIAP) est annonc\u00e9e le 21 juin 1965, lors d\u2019une conf\u00e9rence de presse tenue \u00e0 la Cin\u00e9math\u00e8que fran\u00e7aise, alors install\u00e9e au Palais de Chaillot. Cette conf\u00e9rence de presse inaugurale permet au GIAP de diffuser largement son manifeste et son programme de conf\u00e9rences<a href=\"#_ftn13\" name=\"_ftnref13\"><sup>[13]<\/sup><\/a>, et d\u2019annoncer une premi\u00e8re exposition collective. Il semble que cet \u00e9v\u00e9nement, qui devait se tenir en septembre au mus\u00e9e des Arts d\u00e9coratifs, ait \u00e9t\u00e9 d\u00e9localis\u00e9 et pr\u00e9cipit\u00e9 au mois de juillet pour co\u00efncider avec la tenue du VIII<sup>e<\/sup> congr\u00e8s de l\u2019Union Internationale des Architectes<a href=\"#_ftn14\" name=\"_ftnref14\"><sup>[14]<\/sup><\/a> (UIA). Ainsi, le 3 juillet 1965, quelques jours \u00e0 peine apr\u00e8s son officialisation, le (GIAP) inaugure l\u2019exposition <em>12 Villes prospectives<\/em> (Fig. 1) au si\u00e8ge de l\u2019entreprise Saint-Gobain, \u00e0 Neuilly.<\/p>\n<figure id=\"attachment_2009\" aria-describedby=\"caption-attachment-2009\" style=\"width: 840px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-2009 size-large\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/Fig.-3-Maquette-de-la-Ville-en-X-Andre-Biro-et-Jean-Jacques-Fernier-1965.jpg?resize=840%2C508&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"840\" height=\"508\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/Fig.-3-Maquette-de-la-Ville-en-X-Andre-Biro-et-Jean-Jacques-Fernier-1965.jpg?resize=1024%2C619&amp;ssl=1 1024w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/Fig.-3-Maquette-de-la-Ville-en-X-Andre-Biro-et-Jean-Jacques-Fernier-1965.jpg?resize=300%2C181&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/Fig.-3-Maquette-de-la-Ville-en-X-Andre-Biro-et-Jean-Jacques-Fernier-1965.jpg?resize=768%2C464&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/Fig.-3-Maquette-de-la-Ville-en-X-Andre-Biro-et-Jean-Jacques-Fernier-1965.jpg?resize=1536%2C929&amp;ssl=1 1536w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/Fig.-3-Maquette-de-la-Ville-en-X-Andre-Biro-et-Jean-Jacques-Fernier-1965.jpg?resize=1200%2C726&amp;ssl=1 1200w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/Fig.-3-Maquette-de-la-Ville-en-X-Andre-Biro-et-Jean-Jacques-Fernier-1965.jpg?w=1675&amp;ssl=1 1675w\" sizes=\"auto, (max-width: 709px) 85vw, (max-width: 909px) 67vw, (max-width: 1362px) 62vw, 840px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2009\" class=\"wp-caption-text\">Fig. 2 : Andr\u00e9 Biro et Jean-Jacques Fernier, La Ville en X, s-d, Archives de la critique d\u2019Art de Rennes, Fonds Michel Ragon (FR ACA MRAGO ECR PUB 001), Courtesy Archives de la critique d&rsquo;Art, Rennes. Tous droits r\u00e9serv\u00e9s.<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">Elle pr\u00e9sente les projets des Allemands Ludwig Karl Hilberseimer (<em>Chicago replanned<\/em>), Eckhard Schulze-Fielitz (<em>La cit\u00e9 spatiale, science-fiction r\u00e9alisable<\/em>) et Werner Ruhnau (<em>Klimatisiert Bandstadt im Ruhrgebiet<\/em>), des Fran\u00e7ais Nicolas Sch\u00f6ffer (<em>Ville cybern\u00e9tique<\/em>), Pierre Szekely (<em>Cit\u00e9 a\u00e9rienne<\/em>), Paul Maymont (<em>Ville verticale et souterraine<\/em>), Andr\u00e9 Biro et Jean-Jacques Fernier (<em>L\u2019X, Cit\u00e9 \u00e0 structure continue<\/em>) (Fig.\u00a02), et Yona Friedman (<em>L\u2019urbanisme spatial<\/em>), des Japonais Kusho Kirokawa (<em>Helix City<\/em>) et Kenzo Tange (<em>The nature of the City of 10.000.000 inhabitants<\/em>), du Suisse Walter Jonas (<em>Cit\u00e9 Intra<\/em>) (Fig. 3), et de l\u2019Am\u00e9ricain Reginald Malcolmson (<em>Metro-linear city<\/em>). Dans l\u2019introduction du livret de l\u2019exposition<a href=\"#_ftn15\" name=\"_ftnref15\"><sup>[15]<\/sup><\/a>, Michel Ragon explique\u00a0:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px; text-align: justify;\">\u00ab\u00a0les 12 villes prospectives que nous avons s\u00e9lectionn\u00e9es sont une premi\u00e8re d\u00e9monstration indiquant que des recherches parall\u00e8les ont lieu aussi bien aux \u00c9tats-Unis qu\u2019en Europe ou en Asie. Elles soulignent que des lignes de forces existent et de nouvelles m\u00e9thodes d\u2019organisation de l\u2019espace. Il appartient aux pouvoirs publics et \u00e0 la grande industrie de faire passer ces villes de la th\u00e9orie \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9<a href=\"#_ftn16\" name=\"_ftnref16\"><sup>[16]<\/sup><\/a> \u00bb.<\/p>\n<figure id=\"attachment_2008\" aria-describedby=\"caption-attachment-2008\" style=\"width: 450px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-2008\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/Fig.-2-Projet-de-lartiste-suisse-Walter-Jonas-La-Cite-Intra-dans-le-livret-12-Villes-Prospectives-1965.jpg?resize=450%2C426&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"450\" height=\"426\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/Fig.-2-Projet-de-lartiste-suisse-Walter-Jonas-La-Cite-Intra-dans-le-livret-12-Villes-Prospectives-1965.jpg?resize=300%2C284&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/Fig.-2-Projet-de-lartiste-suisse-Walter-Jonas-La-Cite-Intra-dans-le-livret-12-Villes-Prospectives-1965.jpg?resize=1024%2C970&amp;ssl=1 1024w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/Fig.-2-Projet-de-lartiste-suisse-Walter-Jonas-La-Cite-Intra-dans-le-livret-12-Villes-Prospectives-1965.jpg?resize=768%2C727&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/Fig.-2-Projet-de-lartiste-suisse-Walter-Jonas-La-Cite-Intra-dans-le-livret-12-Villes-Prospectives-1965.jpg?resize=1536%2C1455&amp;ssl=1 1536w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/Fig.-2-Projet-de-lartiste-suisse-Walter-Jonas-La-Cite-Intra-dans-le-livret-12-Villes-Prospectives-1965.jpg?resize=1200%2C1137&amp;ssl=1 1200w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/Fig.-2-Projet-de-lartiste-suisse-Walter-Jonas-La-Cite-Intra-dans-le-livret-12-Villes-Prospectives-1965.jpg?w=1608&amp;ssl=1 1608w\" sizes=\"auto, (max-width: 450px) 85vw, 450px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2008\" class=\"wp-caption-text\">Fig. 3 : Walter Jonas, La Cit\u00e9 Intra, photographie d\u2019une maquette r\u00e9alis\u00e9e en 1964, livret d\u2019exposition 12 Villes prospectives Fonds Georges Patrix, Biblioth\u00e8que Kandinsky, Paris, Courtesy Biblioth\u00e8que Kandinsky, Centre Georges Pompidou \/ MNAM CCI. Tous droits r\u00e9serv\u00e9s.<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019objectif est donc de toucher largement le public d\u2019architectes pr\u00e9sent au congr\u00e8s de l\u2019UIA et de le gagner \u00e0 la cause prospective, mais aussi de cr\u00e9er des liens entre toutes les professions du b\u00e2timent et les d\u00e9cideurs politiques. \u00c0 la suite de l\u2019introduction de Michel Ragon, le livret d\u2019exposition est pens\u00e9 comme un r\u00e9sum\u00e9 de l\u2019argumentaire des douze projets, dont chacun se voit consacrer une page sur laquelle figurent une image et un court texte explicatif. Des th\u00e9matiques similaires \u00e9mergent, parmi lesquelles la mobilit\u00e9, la consommation du sol, l\u2019\u00e9volutivit\u00e9 de l\u2019urbain d\u00e9sormais pens\u00e9 comme un syst\u00e8me, et l\u2019impermanence de l\u2019architecture. Ing\u00e9nieurs, architectes et artistes, tous semblent \u00e0 la recherche d\u2019un code g\u00e9n\u00e9tique de l\u2019architecture, d\u2019une r\u00e8gle du jeu qui permette de projeter le d\u00e9veloppement urbain sans le planifier enti\u00e8rement, pour r\u00e9pondre \u00e0 l\u2019explosion d\u00e9mographique des villes tout en rejetant la planification de leur \u00e9poque. Les images des progr\u00e8s scientifiques et technologiques exacerbent l\u2019imaginaire des membres du GIAP comme de l\u2019ensemble de la soci\u00e9t\u00e9 : la conqu\u00eate spatiale est promise aussi \u00e0 l\u2019architecture. L\u2019ensemble des travaux pr\u00e9sent\u00e9s dans l\u2019exposition vise \u00e0 r\u00e9soudre les probl\u00e8mes urbains de fa\u00e7on scientifique et rationnelle, notamment par l\u2019usage de la m\u00e9gastructure. En apportant des solutions aux probl\u00e8mes humains et soci\u00e9taux par le biais suppos\u00e9ment neutre du progr\u00e8s technique, ce groupe de \u00ab\u00a0non-align\u00e9s de l\u2019architecture<a href=\"#_ftn17\" name=\"_ftnref17\"><sup>[17]<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb d\u00e9politise aussi le d\u00e9bat. Le manifeste du groupe se borne ainsi aux phrases suivantes\u00a0:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px; text-align: justify;\">\u00ab Le GIAP n\u2019a donc pour l\u2019instant d\u2019autre doctrine que la prospective architecturale. Contre une architecture r\u00e9trospective. Pour une architecture prospective<a href=\"#_ftn18\" name=\"_ftnref18\"><sup>[18]<\/sup><\/a> \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tous s\u2019emploient ainsi \u00e0 apporter des arguments scientifiques et techniques pour \u00e9tayer solidement leurs propositions, et administrer la preuve de leur r\u00e9alisme. Au contraire des expositions d\u2019avant-garde cit\u00e9es pr\u00e9c\u00e9demment, <em>12 Villes prospectives <\/em>juxtapose des recherches de concepteurs issus de pays et de g\u00e9n\u00e9rations tr\u00e8s diverses, qui ne se connaissent parfois pas et ne se rencontrent pas toujours. La dimension collective est uniquement port\u00e9e par le discours \u00e9labor\u00e9 par Michel Ragon. Il n\u2019est toutefois pas totalement seul \u00e0 le construire. On trouve ainsi la trace d\u2019une premi\u00e8re version de cette exposition, qui devait initialement pr\u00e9senter 16 projets, dans les archives de Yona Friedman conserv\u00e9es au Getty Institute<a href=\"#_ftn19\" name=\"_ftnref19\"><sup>[19]<\/sup><\/a>. L\u2019architecte et sociologue, membre fondateur du GIAP, semble \u00eatre l\u2019un des instigateurs de l\u2019exposition. Cela explique la grande repr\u00e9sentation des travaux du groupe d\u2019\u00e9tudes d\u2019architecture mobile (GEAM), pilot\u00e9 par Friedman, dans la s\u00e9lection finale<a href=\"#_ftn20\" name=\"_ftnref20\"><sup>[20]<\/sup><\/a>. Ainsi, dans l\u2019ouvrage <em>Exhibit A, Exhibitions that transformed Architecture<\/em><a href=\"#_ftn21\" name=\"_ftnref21\"><sup>[21]<\/sup><\/a>, Eeva-Liisa Pelkonen consid\u00e8re <em>12 Villes prospectives <\/em>comme un possible prolongement de l\u2019exposition l\u2019<em>Architecture mobile<\/em><a href=\"#_ftn22\" name=\"_ftnref22\"><sup>[22]<\/sup><\/a>, pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 Amsterdam par le GEAM en 1961, et qui montrait d\u00e9j\u00e0 des recherches de Schulze-Fielitz, Maymont et Friedman. La pr\u00e9face du petit catalogue d\u2019exposition reprenait en partie le texte <em>Mobiles Planen, Mobiles Bauen<\/em>, publi\u00e9 par G\u00fcnther K\u00fchne dans la revue <em>Bauwelt<\/em>, en 1958\u00a0:<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px; text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Pendant des mill\u00e9naires, on a b\u00e2ti pour les mill\u00e9naires, l\u2019\u0153il toujours fix\u00e9 sur l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9. Il est caract\u00e9ristique que les si\u00e8cles qui n&rsquo;ont pas produit de grands ouvrages, ou seulement un tr\u00e8s petit nombre, ont pr\u00e9tendu avec le plus de v\u00e9h\u00e9mence \u00e0 cr\u00e9er pour l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9. Selon Goethe, on peut \u00eatre, le cas \u00e9ch\u00e9ant dans l&rsquo;erreur, mais on ne peut pas la b\u00e2tir. Ce mot est tr\u00e8s vrai, mais la le\u00e7on est peu observ\u00e9e. Villes et villages ne montrent que trop clairement aujourd&rsquo;hui les traces de projets faux et d&rsquo;une architecture fausse. On pourrait \u00e9crire des livres et des livres d\u00e9crivant ces r\u00e9sultats p\u00e9trifi\u00e9s d&rsquo;actes irr\u00e9fl\u00e9chis, du moins pendant les derniers cent ans, sinon depuis des si\u00e8cles. On n&rsquo;a pas b\u00e2ti pour les vrais besoins humains, les r\u00e9alisations architecturales \u00e9tant vieillies au moment de leur ach\u00e8vement. Ajoutons que les besoins humains changent, que les meilleures solutions architecturales ne suffiront pas aux demandes diff\u00e9rentes de demain. La vie est variabilit\u00e9, pulsation, dynamisme, alors que la forme b\u00e2tie est statique. Tout ce que l&rsquo;on a b\u00e2ti dans le monde jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent est statique, invariable, c&rsquo;est-\u00e0-dire mort. La transformation sociale des villes exige une r\u00e9vision radicale des techniques d&rsquo;urbanisme et de construction, le nombre croissant de la population terrestre exige un rythme inou\u00ef de construction, les transformations techniques (circulation, t\u00e9l\u00e9communications, productions, etc.) am\u00e8nent des exigences impr\u00e9visibles<a href=\"#_ftn23\" name=\"_ftnref23\"><sup>[23]<\/sup><\/a>.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si sa pr\u00e9face du fascicule <em>12 Villes prospectives<\/em> s\u2019av\u00e8re moins virulente, Ragon rejoint totalement ce texte. Il affirme son adh\u00e9sion aux travaux du GEAM en y d\u00e9clarant que \u00ab\u00a0pour r\u00e9pondre aux besoins croissants de logements et emp\u00eacher les villes de s\u2019\u00e9tendre ind\u00e9finiment, la solution de l\u2019urbanisme spatial appara\u00eet comme la plus rationnelle<a href=\"#_ftn24\" name=\"_ftnref24\"><sup>[24]<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb. En revanche, il n\u2019exclut pas les autres pistes et directions de recherches parall\u00e8les qu\u2019il sent \u00e9merger.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quelques ann\u00e9es plus tard, Ragon analyse\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 40px;\">\u00ab\u00a0le GIAP ne prit jamais la coh\u00e9rence d\u2019Archigram ou de M\u00e9tabolisme. Ce fut \u00e0 la fois sa force, car il put ainsi rassembler des chercheurs de tendances tr\u00e8s diff\u00e9rentes, voire oppos\u00e9es, dans une sorte de vaste \u0153cum\u00e9nisme de la recherche architecturale) et sa faiblesse (car les liens sont plus \u00e9troits lorsqu\u2019une m\u00eame id\u00e9ologie vous rassemble).\u00a0Deux grandes tendances se sont en fait retrouv\u00e9es dans le GIAP\u00a0: l\u2019une math\u00e9matique, l\u2019autre \u201cnaturaliste\u201d.\u00a0Les uns ont donn\u00e9 un r\u00f4le pr\u00e9dominant \u00e0 la cybern\u00e9tique, les autres \u00e0 la spontan\u00e9it\u00e9 biologique<a href=\"#_ftn25\" name=\"_ftnref25\"><sup>[25]<\/sup><\/a> \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si dans cette premi\u00e8re exposition, les tenants de la premi\u00e8re tendance semblent plus largement repr\u00e9sent\u00e9s, l\u2019ouverture vers les \u00ab\u00a0naturalistes\u00a0\u00bb s\u2019engage d\u00e8s 1966. Les deux imaginaires, puissants, se confrontent et se superposent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Expositions, r\u00e9expositions des travaux du GIAP<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Imm\u00e9diatement apr\u00e8s Neuilly, l\u2019exposition <em>12 Villes prospectives <\/em>sera montr\u00e9e au palais de la D\u00e9couverte, puis \u00e0 la maison du Congr\u00e8s de Royan en ao\u00fbt 1965, et lors de la premi\u00e8re \u00e9dition du festival <em>SIGMA<\/em> (Bordeaux) en octobre 1965. D\u2019autres expositions collectives des travaux des membres du GIAP auront lieu dans le cadre de manifestations plus larges : la deuxi\u00e8me \u00e9dition de<em> SIGMA<\/em> en novembre 1966, l\u2019exposition <em>Art mati\u00e8re brute<\/em> \u00e0 la Maison de l\u2019ORTF en 1966, la <em>Foire de Tours <\/em>en mai 1967, l\u2019exposition <em>La nature moderne<\/em> sous les auspices du centre exp\u00e9rimental du Spectacle, en juin 1967. Parcourant la France et plus seulement Paris, les architectes du GIAP exposent ainsi leurs projets dans le contexte de grands \u00e9v\u00e9nements nationaux (foire, festivals) : leurs propositions deviennent alors des attractions, des moments de spectacles, plut\u00f4t que les d\u00e9monstrations scientifiques qu\u2019ils esp\u00e9raient.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une exposition vient contredire ce sch\u00e9ma.<em> Les projets des membres du GIAP <\/em>sont expos\u00e9s en 1966 par la Galerie Arnaud, au 212 boulevard Saint-Germain, \u00e0 Paris. La programmation de la galerie de Jean-Robert Arnaud, fond\u00e9e en 1950, veut s\u2019inscrire \u00e0 contre-courant d\u2019une sc\u00e8ne artistique parisienne alors domin\u00e9e par l\u2019abstraction g\u00e9om\u00e9trique. Outre l\u2019accueil d\u2019expositions, la galerie se dote d\u00e8s 1952 d\u2019un bulletin d\u2019information, qui deviendra la revue <em>Cimaise<\/em>, au comit\u00e9 de r\u00e9daction de laquelle participe Michel Ragon. L\u2019amiti\u00e9 entre les deux hommes et leur ambition commune de faire conna\u00eetre de jeunes cr\u00e9ateurs expliquent l\u2019accueil fait par la galerie aux travaux des seuls prospectifs, dans une exposition qui leur offre une tribune pr\u00e9cieuse sur la sc\u00e8ne de l\u2019avant-garde parisienne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1967, le GIAP r\u00e9fl\u00e9chit aux futures expositions\u00a0\u00e0 envisager \u00e0 l\u2019\u00e9tranger pour affirmer sa dimension internationale. Dans un bilan d\u2019activit\u00e9<a href=\"#_ftn26\" name=\"_ftnref26\"><sup>[26]<\/sup><\/a> dress\u00e9 par Andr\u00e9 Biro et Jean-Jacques Fernier en date du 19 septembre sont envisag\u00e9es des pr\u00e9sentations au mus\u00e9e des Arts d\u00e9coratifs de Lausanne, \u00e0 l\u2019institut national d\u2019Architecture de Rome, \u00e0 Oslo\u2026 L\u2019avenir du groupe est alors incertain. Griffonn\u00e9s dans les archives de Georges Patrix, son secr\u00e9taire, les r\u00e9sultats d\u2019un vote visant \u00e0 prendre une orientation collective sont sans appel : deux voix sont pour une conservation du GIAP dans sa forme originelle, trois souhaitent sa dissolution, et dix, sa transformation. Sans qu\u2019une r\u00e9elle transformation n\u2019ait lieu, le second souffle du GIAP viendra de la Belgique. Jean-Claude Herpain, administrateur du centre d\u2019\u00e9tudes architecturales (CEA) de Bruxelles, contacte Michel Ragon en septembre de la m\u00eame ann\u00e9e pour inviter le GIAP \u00e0 pr\u00e9senter ses travaux dans le cadre de journ\u00e9es d\u2019\u00e9tudes, et dans la collection des cahiers du CEA<a href=\"#_ftn27\" name=\"_ftnref27\"><sup>[27]<\/sup><\/a> publi\u00e9s aux \u00e9ditions SOCOREMA entre 1967 et 1972. Cette m\u00eame maison publie la revue <em>Neuf<\/em><a href=\"#_ftn28\" name=\"_ftnref28\"><sup>[28]<\/sup><\/a>, qui participera grandement \u00e0 la diffusion des id\u00e9es des prospectifs. Le num\u00e9ro 19 de cette publication, paru en 1969, consacre ainsi une grande partie de ses pages aux <em>Rencontres internationales d\u2019architecture et d\u2019urbanisme de Cannes<\/em>. Sous le patronage des publicitaires Roger Ville et Jacques B\u00e9tourn\u00e9, fondateurs de l\u2019association <em>Construction et Humanisme<\/em>, le \u00ab\u00a0concours de Cannes<a href=\"#_ftn29\" name=\"_ftnref29\"><sup>[29]<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb est \u00ab\u00a0organis\u00e9 en marge de toute institution [\u2026] et financ\u00e9 par des industriels et b\u00e2tisseur<em>s<\/em><a href=\"#_ftn30\" name=\"_ftnref30\"><sup>[30]<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb<em>.\u00a0<\/em>L\u2019\u00e9v\u00e9nement rassemble les prospectifs de tous les pays, et treize \u00e9quipes sont invit\u00e9es \u00e0 pr\u00e9senter et \u00e0 exposer leurs recherches pour une ville nouvelle. Le GIAP est largement repr\u00e9sent\u00e9\u00a0: dans le jury par Paul Maymont, et parmi les candidats par Guy Rottier et Yona Friedman, Pascal H\u00e4usermann et Claude H\u00e4usermann-Costy, Andr\u00e9 Biro et Jean-Jacques Fernier, et Chan\u00e9ac. Ce dernier expose au Palais des Festivals les planches de sa <em>Ville crat\u00e8re<\/em>, qui lui vaut de se voir attribuer le grand prix international d\u2019Architecture des mains des plus \u00e9minents architectes internationaux de l\u2019\u00e9poque \u2013 parmi lesquels Louis Kahn, Jean Prouv\u00e9, Jaap Bakema, et Bruno Zevi. La r\u00e9ussite de ces rencontres et l\u2019\u00e9mulation notable qu\u2019elles engendrent ne suffira pas \u00e0 emp\u00eacher l\u2019essoufflement de l\u2019\u00e9lan prospectif. Ainsi que l\u2019exprime Chan\u00e9ac, il s\u2019agit l\u00e0 de la \u00ab\u00a0derni\u00e8re\u00a0pirouette sur la sc\u00e8ne internationale<a href=\"#_ftn31\" name=\"_ftnref31\"><sup>[31]<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb des membres du GIAP. S\u2019achevant dans les controverses et dans une ambiance \u00e9lectrique<a href=\"#_ftn32\" name=\"_ftnref32\"><sup>[32]<\/sup><\/a>, la seconde \u00e9dition de la manifestation, en 1970, sera la derni\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1969, la saline royale d\u2019Arc-et-Senans, qui pr\u00e9pare d\u00e9j\u00e0 sa transformation en centre de R\u00e9flexion sur le Futur sous l\u2019impulsion de Serge Antoine<a href=\"#_ftn33\" name=\"_ftnref33\"><sup>[33]<\/sup><\/a>, est le d\u00e9cor d\u2019un \u00e9tonnant tournage. Le r\u00e9alisateur Raoul Sangla y pr\u00e9pare un documentaire en forme d\u2019oratorio<a href=\"#_ftn34\" name=\"_ftnref34\"><sup>[34]<\/sup><\/a> sur la ville id\u00e9ale. Parmi les intervenants, Chan\u00e9ac pr\u00e9sente la <em>Ville crat\u00e8re<\/em>, projet qui lui a valu d\u2019\u00eatre distingu\u00e9 aux Rencontres de Cannes. Lorsque le pr\u00e9sentateur s\u2019enquiert de d\u00e9tails sur ce projet urbain en forme de m\u00e9gastructure \u00e9volutive, son concepteur lui r\u00e9pond : \u00ab Alors \u00e7a, c\u2019est quelque chose de tr\u00e8s raisonnable, c\u2019est \u00e0 r\u00e9aliser tout de suite, la semaine prochaine on pourrait commencer les travaux<a href=\"#_ftn35\" name=\"_ftnref35\"><sup>[35]<\/sup><\/a>&#8230; \u00bb. Il semble que l\u2019ensemble des travaux pr\u00e9sent\u00e9s \u00e0 Cannes aient \u00e9t\u00e9 montr\u00e9s \u00e0 la Saline Royale. Il s\u2019agirait de la derni\u00e8re exposition des prospectifs, qui pouvaient affirmer une derni\u00e8re fois la foi progressiste et l\u2019optimisme technophile partag\u00e9s par tous ses membres.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Un h\u00e9ritage embarrassant <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pr\u00e8s de quinze ans apr\u00e8s la parution de l\u2019ouvrage <em>O\u00f9 vivrons-nous demain ?<\/em>, Michel Ragon publie le troisi\u00e8me tome de son<em> Histoire mondiale de l\u2019architecture et de l\u2019urbanisme modernes<\/em><a href=\"#_ftn36\" name=\"_ftnref36\"><sup>[36]<\/sup><\/a> dont il a entrepris l\u2019ambitieuse \u00e9criture en 1971. Intitul\u00e9 <em>Prospective et futurologie<\/em>, ce dernier opus, qui devait faire entrer le moment prospectif dans l\u2019histoire de l\u2019architecture, contribue paradoxalement \u00e0 l\u2019en effacer. En le circonscrivant, ce texte referme ce qui sera per\u00e7u d\u00e8s lors comme une parenth\u00e8se plus fantaisiste que fantastique. Dans son introduction, Michel Ragon per\u00e7oit d\u00e9j\u00e0\u00a0les limites de son entreprise.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 40px; text-align: justify;\">\u00ab\u00a0\u00c0 partir de [1965], les journaux \u00e0 grands tirages, puis finalement toutes les revues d\u2019architecture, ont visualis\u00e9 la prospective architecturale. Ce succ\u00e8s apparent a son revers. On a moins retenu l\u2019id\u00e9e de la recherche, de la n\u00e9cessit\u00e9 de cr\u00e9er une \u201curbanologie\u201d, qu\u2019une illustration parfois plaisante, parfois cauchemardesque, d\u2019un avenir s\u2019apparentant \u00e0 la science-fiction. On a \u00e9cras\u00e9 ces projets d\u2019un nouvel urbanisme sous l\u2019\u00e9tiquette du \u201cfantastique<a href=\"#_ftn37\" name=\"_ftnref37\"><sup>[37]<\/sup><\/a>\u201d \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u00e8s 1973, le critique et historien de l\u2019architecture italien Manfredo Tafuri se fait le plus c\u00e9l\u00e8bre fossoyeur de cette production, qu\u2019il qualifie de \u00ab\u00a0n\u00e9o-avant-garde<a href=\"#_ftn38\" name=\"_ftnref38\"><sup>[38]<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb. Le scientisme et l\u2019apolitisme revendiqu\u00e9s des membres du GIAP disqualifient leurs recherches aux yeux d\u2019une profession tout enti\u00e8re, italophile<a href=\"#_ftn39\" name=\"_ftnref39\"><sup>[39]<\/sup><\/a>, qui s\u2019emploie au m\u00eame moment \u00e0 construire une posture intellectuelle, politique et critique. Le GIAP est discr\u00e9dit\u00e9. Rapidement, l\u2019\u00e9tiquette prospective invalide les propositions des architectes et des artistes coupables d\u2019avoir fantasm\u00e9 l\u2019an 2000. Lors de la r\u00e9\u00e9dition de son troisi\u00e8me tome en 1986, Michel Ragon lui-m\u00eame op\u00e8re un profond changement\u00a0: le sous-titre <em>Prospective et Futurologie<\/em> dispara\u00eet<a href=\"#_ftn40\" name=\"_ftnref40\"><sup>[40]<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quelques ann\u00e9es plus tard, l\u2019historienne Dominique Rouillard n\u2019est pas plus tendre avec cette production qu\u2019elle qualifie de \u00ab\u00a0prospective d\u2019amateurs<a href=\"#_ftn41\" name=\"_ftnref41\"><sup>[41]<\/sup><\/a> \u00bb et dont elle rel\u00e8ve \u00ab\u00a0l\u2019extravagance facile<a href=\"#_ftn42\" name=\"_ftnref42\"><sup>[42]<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb dans son ouvrage paru en 2004, <em>Superarchitecture\u00a0: le futur de l\u2019architecture (1950-1970)<\/em>. Mais tandis que la profession architecturale, embarrass\u00e9e, d\u00e9tourne le regard de cet h\u00e9ritage jug\u00e9 encombrant, le milieu de l\u2019art contemporain lui d\u00e9couvre un immense int\u00e9r\u00eat. \u00c0 l\u2019aube de cet an 2000 qui stimulait l\u2019imaginaire des prospectifs, tout un pan de l\u2019histoire architecturale est reconsid\u00e9r\u00e9 par des institutions d\u2019ordinaire centr\u00e9es sur la cr\u00e9ation contemporaine. C\u2019est le cas du Frac Centre-Val de Loire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>La r\u00e9-exposition. Une r\u00e9habilitation par l\u2019art contemporain<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1991, sous l\u2019impulsion conjointe de Fr\u00e9d\u00e9ric Migayrou et Marie-Ange Brayer, ce Frac oriente ses collections vers la question de \u00ab\u00a0l\u2019architecture de demain, r\u00e9unissant art contemporain et architecture exp\u00e9rimentale<a href=\"#_ftn43\" name=\"_ftnref43\"><sup>[43]<\/sup><\/a> \u00bb et se donne une mission\u00a0: collectionner les \u0153uvres de ceux qui \u00ab\u00a0refusaient les carcans, ceux de l\u2019architecture comme ceux de l\u2019art, pour inventer une praxis dont le Frac Centre-Val de Loire a fait son champ de recherche, et dont le nom reste encore \u00e0 inventer<a href=\"#_ftn44\" name=\"_ftnref44\"><sup>[44]<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb. L\u2019objectif annonc\u00e9\u00a0: dresser une \u00ab\u00a0cartographie internationale, g\u00e9n\u00e9alogie historique de la recherche architecturale et de ses relations \u00e0 la cr\u00e9ation artistique depuis les ann\u00e9es 1950<a href=\"#_ftn45\" name=\"_ftnref45\"><sup>[45]<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb. Le rassemblement au sein d\u2019une m\u00eame collection de travaux d\u2019artistes et d\u2019architectes prolonge l\u2019esprit de synth\u00e8se et de fusion dans lesquels \u00e9taient formul\u00e9s les travaux des prospectifs. Ainsi que le souligne H\u00e9l\u00e8ne Janni\u00e8re<a href=\"#_ftn46\" name=\"_ftnref46\"><sup>[46]<\/sup><\/a>, Michel Ragon s\u2019\u00e9tait employ\u00e9 \u00e0 devenir le propagateur d\u2019une nouvelle forme de <em>synth\u00e8se des arts <\/em>op\u00e9rant une fusion entre l\u2019architecture, l\u2019art, le design et l\u2019urbanisme pour cr\u00e9er un nouvel environnement. Le propos du Frac identifie bien ce \u00ab r\u00eave n\u00e9 dans les ann\u00e9es 1960 d\u2019une cr\u00e9ation \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de chaque instant. L\u2019espoir de voir dispara\u00eetre et l\u2019art, et l\u2019architecture au profit d\u2019une vie devenue \u0153uvre est le fer de lance d\u2019une critique du mod\u00e8le architectural dominant<a href=\"#_ftn47\" name=\"_ftnref47\"><sup>[47]<\/sup><\/a> \u00bb. Marie-Ange Brayer souligne en 2013\u00a0: \u00ab \u00e0 la diff\u00e9rence d\u2019archives nationales d\u2019architecture, la collection du Frac Centre ne met pas l\u2019accent sur la finalit\u00e9 constructive du projet d\u2019architecture, mais sur sa dimension prospective<a href=\"#_ftn48\" name=\"_ftnref48\"><sup>[48]<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<figure id=\"attachment_2010\" aria-describedby=\"caption-attachment-2010\" style=\"width: 840px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-2010 size-large\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/Fig-4-Atlas-des-utopies.jpg?resize=840%2C560&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"840\" height=\"560\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/Fig-4-Atlas-des-utopies.jpg?resize=1024%2C683&amp;ssl=1 1024w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/Fig-4-Atlas-des-utopies.jpg?resize=300%2C200&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/Fig-4-Atlas-des-utopies.jpg?resize=768%2C512&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/Fig-4-Atlas-des-utopies.jpg?resize=1536%2C1024&amp;ssl=1 1536w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/Fig-4-Atlas-des-utopies.jpg?resize=1200%2C800&amp;ssl=1 1200w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/Fig-4-Atlas-des-utopies.jpg?w=2048&amp;ssl=1 2048w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/Fig-4-Atlas-des-utopies.jpg?w=1680&amp;ssl=1 1680w\" sizes=\"auto, (max-width: 709px) 85vw, (max-width: 909px) 67vw, (max-width: 1362px) 62vw, 840px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2010\" class=\"wp-caption-text\">Fig. 4 : Vue de l&rsquo;exposition Atlas des Utopies pr\u00e9sent\u00e9e au Frac-Centre Val de Loire du 3\/04\/2019 au 11\/08\/2019. De gauche \u00e0 droite : Angela Hareiter, <em>Ansicht<\/em>, 1965, Echelle 1:10 ; Pascal H\u00e4usermann, Domobiles, 1971 et Pascal H\u00e4usermann, Domobiles, 1972, Prototypes, plan, faces, collection du Frac Centre-Val de Loire. Photo : M. Ramondenc, Courtesy Frac Centre-Val de Loire. Tous droits r\u00e9serv\u00e9s.<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les accrochages des collections permanentes du Frac alternent ainsi entre approche cartographique et approche historique. Dans le registre cartographique, le dernier accrochage de la collection en 2019, <em>Atlas des Utopies <\/em>(Fig. 4), faisait la part belle aux avant-gardes architecturales des ann\u00e9es 1970 avec des groupes comme Archigram et Archizoom, de Coop Himmelb(l)au, et aux membres du GIAP comme Yona Friedman, Chan\u00e9ac, et Pascal H\u00e4usermann&#8230; Ce genre de pr\u00e9sentation dresse un panorama de groupes de recherche de l\u2019\u00e9poque, et donne \u00e0 comprendre son foisonnement, en termes de postures, de repr\u00e9sentations, de syst\u00e8mes de r\u00e9f\u00e9rences. Notons toutefois que l\u2019utilisation du terme \u00ab utopie \u00bb dans le titre de cette exposition &#8211; terme que les membres du GIAP ont toujours r\u00e9fut\u00e9 et qui \u00e9tait employ\u00e9 par leurs d\u00e9tracteurs pour disqualifier leurs propositions &#8211; contribue \u00e0 mettre ces travaux en marge de l\u2019histoire de l\u2019architecture, et \u00e0 consid\u00e9rer cette p\u00e9riode de production comme une parenth\u00e8se.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans une approche historique, l\u2019exposition hommage \u00e0 Michel Ragon, <em>Villes visionnaires<\/em>, pr\u00e9sent\u00e9e en 2014, se composait de deux volets, \u00ab\u00a0l\u2019un historique, l\u2019autre prospectif <a href=\"#_ftn49\" name=\"_ftnref49\"><sup>[49]<\/sup><\/a> \u00bb. Son argumentaire pr\u00e9cise\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 40px;\">\u00ab\u00a0Au terme de ce parcours historique, l\u2019exposition pr\u00e9sente les projets contemporains d\u2019une vingtaine d\u2019agences d\u2019envergure internationale et s\u2019interroge sur la r\u00e9appropriation aujourd\u2019hui de ces enjeux \u00e0 grande \u00e9chelle. L\u2019environnement urbain globalis\u00e9 est d\u00e9sormais une r\u00e9alit\u00e9, qui \u00e9merge au croisement du b\u00e2ti et du connect\u00e9, du sauvage et du ma\u00eetris\u00e9<a href=\"#_ftn50\" name=\"_ftnref50\"><sup>[50]<\/sup><\/a> \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce type d\u2019exposition permet de r\u00e9int\u00e9grer l\u2019\u00e9pisode prospectif \u00e0 la grande histoire de la prospective architecturale et d\u2019observer les projets de cette avant-garde au prisme des questions contemporaines, scrutant les filiations possibles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Une histoire \u00e0 r\u00e9\u00e9crire\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les expositions du Frac ont permis de reconsid\u00e9rer, avec un recul de presque cinquante ans, les travaux des architectes prospectifs. Leur r\u00e9-exposition par cette institution est complexe\u00a0: une fois la fascination d\u00e9pass\u00e9e, il s\u2019agit de construire un discours distanci\u00e9 sur les \u0153uvres, resitu\u00e9es dans leur \u00e9poque, sans \u00e9tablir \u00e0 tout prix de filiation artificielle avec des projets contemporains. Et d\u2019autres questions plus pragmatiques se posent. On peut notamment s\u2019interroger sur la conservation des fonds d\u2019architectes par un Frac et sur le nouveau statut que cela peut conf\u00e9rer aux documents qui les composent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 40px;\">\u00ab\u00a0Souvent consid\u00e9r\u00e9s comme des documents d&rsquo;archives, les plans issus de ces donations obtiennent pour partie d&rsquo;entre eux, le statut d&rsquo;\u0153uvre d&rsquo;art en entrant dans la collection du Frac Centre. Tandis que d\u2019autres conservent leur statut documentaire. Selon quels fondements scientifiques cette r\u00e9partition s&rsquo;effectue-t-elle<a href=\"#_ftn51\" name=\"_ftnref51\"><sup>[51]<\/sup><\/a> ? \u00bb s\u2019interrogeait Emmanuel Bosca, alors charg\u00e9 des collections du Frac Centre-Val de Loire, en 2013.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lors de la donation du fonds Chan\u00e9ac, op\u00e9r\u00e9e par son \u00e9pouse, les archives ont \u00e9t\u00e9 divis\u00e9es en deux lots : d\u2019un c\u00f4t\u00e9, des dessins dont les caract\u00e9ristiques esth\u00e9tiques et l\u2019originalit\u00e9 leur ont permis d\u2019\u00eatre d\u00e9pos\u00e9s puis donn\u00e9s au Frac ; de l\u2019autre les esquisses jug\u00e9es moins importantes et les documents li\u00e9s \u00e0 la vie de l\u2019agence (book, administration, carnets\u2026) conserv\u00e9s aux archives d\u00e9partementales de la Savoie. Or la scission du fonds complique la compr\u00e9hension de l\u2019\u0153uvre puisque l\u2019on retrouve aux archives d\u00e9partementales de la Savoie des s\u00e9ries de croquis pr\u00e9paratoires qui donnent des pr\u00e9cisions tr\u00e8s pr\u00e9cieuses pour comprendre la gen\u00e8se des projets. \u00c0 l\u2019inverse, l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 du fonds H\u00e4usermann, comportant des photographies de chantier, des documents administratifs, des \u00e9crits, des correspondances\u2026 a \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9e au Frac Centre-Val de Loire. Mais cette situation est particuli\u00e8rement complexe \u00e0 g\u00e9rer pour les \u00e9quipes, car les Frac n\u2019ont pas vocation \u00e0 devenir des lieux de conservation d\u2019archives ouverts aux chercheurs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019entreprise de sauvegarde entam\u00e9e par le Frac Centre-Val de Loire a donc permis de red\u00e9couvrir des projets d\u2019architectures extraordinaires, des architectes et des concepteurs tomb\u00e9s dans l\u2019oubli. Ainsi que l\u2019affirme Marie-Ange Brayer, l\u2019institution \u00ab a contribu\u00e9 \u00e0 faire red\u00e9couvrir sur un plan international toute une g\u00e9n\u00e9ration d\u2019architectes qui avaient disparu des ouvrages d\u2019architecture sauf de ceux de Michel Ragon qui, dans <em>Prospective et futurologie<\/em>, exhuma tous ceux qui avaient \u00e9t\u00e9 rel\u00e9gu\u00e9 \u00e0 la cat\u00e9gorie d\u2019utopistes<a href=\"#_ftn52\" name=\"_ftnref52\"><sup>[52]<\/sup><\/a> \u00bb. L\u2019acquisition de leurs fonds, d\u2019abord motiv\u00e9e par la qualit\u00e9 esth\u00e9tique et l\u2019\u00ab exposabilit\u00e9 \u00bb de ces images d\u2019architecture-fiction, a permis leur sauvetage. Conf\u00e9rant le statut d\u2019\u0153uvres autonomes \u00e0 des \u00e9l\u00e9ments de projet autrefois inscrits dans un processus cr\u00e9atif, leur r\u00e9-exposition a permis de construire un regard neuf sur ces travaux, et finalement de reconsid\u00e9rer tout un pan de la production architecturale. Aujourd\u2019hui, il semble important de relire ces \u0153uvres comme des \u00e9tapes d\u2019un processus de projet, pour mieux saisir les sp\u00e9cificit\u00e9s des d\u00e9marches de chacun de leurs cr\u00e9ateurs. Ainsi, nombre d\u2019historiens de l\u2019architecture s\u2019engouffrent d\u00e9sormais dans la br\u00e8che ouverte par les historiens de l\u2019art pour r\u00e9\u00e9crire cette p\u00e9riode qui fascine \u00e0 nouveau et lui redonner sa juste place, v\u00e9rifiant encore une fois la sentence de Benedetto Croce selon laquelle \u00ab toute histoire digne de ce nom est histoire contemporaine<a href=\"#_ftn53\" name=\"_ftnref53\"><sup>[53]<\/sup><\/a> \u00bb.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Notes<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\"><sup>[1]<\/sup><\/a> Depuis 1982, chaque r\u00e9gion de France est dot\u00e9e d\u2019un fonds r\u00e9gional d&rsquo;Art contemporain dans le cadre d\u2019un partenariat avec le minist\u00e8re de la Culture. Les missions d\u2019un Frac sont la constitution d\u2019une collection d\u2019art contemporain, mettant l\u2019accent sur la cr\u00e9ation actuelle et sa diffusion en r\u00e9gion, en France et \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\"><sup>[2]<\/sup><\/a> En 1991, le Frac Centre-Val de Loire oriente sa collection sur le rapport entre art et architecture. L\u2019institution se tourne alors vers l\u2019acquisition de projets d\u2019architecture exp\u00e9rimentaux et prospectifs des ann\u00e9es 1950 \u00e0 aujourd\u2019hui. Cette collection comprend aujourd\u2019hui 300 \u0153uvres d&rsquo;artistes, 800 maquettes d\u2019architecture et 14 000 dessins issus de nombreux fonds d\u2019architectes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\"><sup>[3]<\/sup><\/a> Brayer M.-A. (dir.),<em> Architectures exp\u00e9rimentales (1950-2012) : collection du Frac Centre<\/em>, Orl\u00e9ans, HYX, 2013.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\"><sup>[4]<\/sup><\/a> Le dernier accrochage de la collection du Frac Centre-Val de Loire, en 2019, portait le titre <em>Atlas des utopies<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\"><sup>[5]<\/sup><\/a> Ragon M., <em>Histoire mondiale de l\u2019architecture et de l\u2019urbanisme modernes<\/em>. Tome 3 :<em> Prospective et Futurologie, <\/em>Paris, Casterman, 1978, p. 26.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\"><sup>[6]<\/sup><\/a> <em>Ibid.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\"><sup>[7]<\/sup><\/a> \u00ab Avec ses 400 artistes et architectes repr\u00e9sent\u00e9s, la collection du Frac est aujourd\u2019hui, \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale, l\u2019une des trois plus importantes consacr\u00e9es \u00e0 l\u2019architecture (avec celles du Centre Pompidou et du MoMA de New York) \u00bb explique Abdelkader Damani, son directeur. Damani A., \u00ab\u00a0La collection du Frac Centre-Val de Loire\u00a0\u00bb, <em>Conqu\u00eates Spatiales<\/em>, journal de l\u2019exposition, Annecy, CAUE de Haute-Savoie, 2020.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref8\" name=\"_ftn8\"><sup>[8]<\/sup><\/a> Terme employ\u00e9 par Gilles Rion, alors coordinateur artistique du Frac Centre-Val de Loire, lors du cycle <em>Architecture Partag\u00e9e &amp; Recherche Ouverte. <\/em># 3\u00a0:\u00a0<em>Le temps de la reconnaissance<\/em> au CAUE de Haute-Savoie, \u00e0 Annecy, le 16 avril 2019.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref9\" name=\"_ftn9\"><sup>[9]<\/sup><\/a> Ragon M., <em>O\u00f9 vivrons-nous demain ?<\/em>, Paris, Robert Laffont, 1963.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref10\" name=\"_ftn10\"><sup>[10]<\/sup><\/a> Ragon M., <em>Histoire mondiale de l\u2019architecture et de l\u2019urbanisme modernes. <\/em>Tome 3\u202f:<em> Prospective et Futurologie<\/em>, Paris, Casterman, 1978, p.13.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref11\" name=\"_ftn11\"><sup>[11]<\/sup><\/a> Pelkonen E.-L., <em>Exhibit A. <\/em><em>Exhibitions That Transformed Architecture<\/em> <em>(1948-2000)<\/em>, Londres\u00a0; New York, Phaidon Press Limited, 2018, p. 72.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref12\" name=\"_ftn12\"><sup>[12]<\/sup><\/a> Hollein H., \u00ab\u00a0Alles ist Architektur\u00a0\u00bb, <em>Bau. Schrift f\u00fcr Architektur und St\u00e4dtebau<\/em>, vol. 23, n\u00b01-2, 1968, p. 2.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref13\" name=\"_ftn13\"><sup>[13]<\/sup><\/a> Deux cycles de conf\u00e9rences des membres du G.I.A.P se tiendront ensuite au mus\u00e9e des Arts d\u00e9coratifs de Paris entre 1965 et 1967.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref14\" name=\"_ftn14\"><sup>[14]<\/sup><\/a> Le congr\u00e8s s\u2019est tenu du 5 au 9 juillet 1965 sur le th\u00e8me de la <em>Formation des architectes<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref15\" name=\"_ftn15\"><sup>[15]<\/sup><\/a> <em>12<\/em><em> Villes prospectives<\/em>, exp., Neuilly, Si\u00e8ge Social de Saint-Gobain, 1965. Le livret d\u2019exposition est conserv\u00e9 dans les archives du secr\u00e9taire du G.I.A.P, Georges Patrix, Biblioth\u00e8que Kandinsky\/Centre Pompidou.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref16\" name=\"_ftn16\"><sup>[16]<\/sup><\/a> <em>12\u00a0Villes prospectives<\/em>, livret d\u2019exposition, Neuilly, Si\u00e8ge social de Saint-Gobain, 1965, p. 3.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref17\" name=\"_ftn17\"><sup>[17]<\/sup><\/a> Busbea L., <em>Topologies: The Urban Utopia in France (1960-1970)<\/em>, Cambridge\u00a0; Londres, MIT Press, 2007, p. 5.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref18\" name=\"_ftn18\"><sup>[18]<\/sup><\/a> Manifeste du GIAP (1965) conserv\u00e9 dans les archives du secr\u00e9taire du GIAP, Georges Patrix, Biblioth\u00e8que Kandinsky\/Centre Pompidou.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref19\" name=\"_ftn19\"><sup>[19]<\/sup><\/a> Inventaire pr\u00e9liminaire du fonds Yona Friedman (bo\u00eete 79 &#8211; dossier 3) dress\u00e9 par Polly Hunter et Ann Harrison au Getty Research Institute.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref20\" name=\"_ftn20\"><sup>[20]<\/sup><\/a> Sur les douze projets pr\u00e9sent\u00e9s, un quart sont des projets de membres du GEAM.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref21\" name=\"_ftn21\"><sup>[21]<\/sup><\/a> Pelkonen E.-L., <em>Exhibit A.<\/em> <em>Exhibitions That Transformed Architecture<\/em> <em>(1948-2000)<\/em>, Londres\u00a0; New York, Phaidon Press Limited, 2018, p. 70.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref22\" name=\"_ftn22\"><sup>[22]<\/sup><\/a> L\u2019exposition voyage de 1961 \u00e0 1962 entre Amsterdam, Hanovre, Paris, Berlin, Varsovie, Londres et Munich.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref23\" name=\"_ftn23\"><sup>[23]<\/sup><\/a> K\u00fchne G., \u00ab\u00a0Mobiles Planen. Mobiles Bauen\u00a0\u00bb, <em>Bauwelt<\/em> n\u00b0 49, 1958, pp. 491-494., cit\u00e9 par Ragon M., <em>Histoire mondiale de l\u2019architecture et de l\u2019urbanisme modernes. <\/em>Tome 3\u202f: <em>Prospective et Futurologie<\/em>, Paris, Casterman, 1978, p. 330.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref24\" name=\"_ftn24\"><sup>[24]<\/sup><\/a> <em>12\u00a0Villes prospectives<\/em>, livret d\u2019exposition, Neuilly, Si\u00e8ge social de Saint-Gobain, 1965, p. 3.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref25\" name=\"_ftn25\"><sup>[25]<\/sup><\/a> Ragon M., <em>Histoire mondiale de l\u2019architecture et de l\u2019urbanisme modernes. <\/em>Tome 3\u202f: <em>Prospective et Futurologie<\/em>, Paris, Casterman, 1978, p. 345.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref26\" name=\"_ftn26\"><sup>[26]<\/sup><\/a> Archives Georges Patrix, Biblioth\u00e8que Kandinsky\/Centre Pompidou, PAT82.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref27\" name=\"_ftn27\"><sup>[27]<\/sup><\/a> Parus entre 1967 et 1972, les seize cahiers du CEA sont relatifs aux s\u00e9minaires <em>\u00c9tudes sur les structures et leurs liaisons avec l\u2019architecture<\/em> de l\u2019acad\u00e9mie royale des Beaux-Arts de Bruxelles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref28\" name=\"_ftn28\"><sup>[28]<\/sup><\/a> La revue <em>Neuf <\/em>est parue de 1965 \u00e0 2003.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref29\" name=\"_ftn29\"><sup>[29]<\/sup><\/a> Ses participants appellent plus famili\u00e8rement ainsi les <em>Rencontres internationales d\u2019architecture et d\u2019urbanisme de Cannes<\/em>, organis\u00e9e par l\u2019association Construction et Humanisme.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref30\" name=\"_ftn30\"><sup>[30]<\/sup><\/a> Saint-Pierre R., <em>Maisons-bulles. Architectures organiques des ann\u00e9es 1960 et 1970<\/em>, Paris, \u00c9d. du patrimoine, 2015, p. 45.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref31\" name=\"_ftn31\"><sup>[31]<\/sup><\/a> Chan\u00e9ac J.-L., <em>Architecture interdite<\/em>, Paris, \u00c9d. du linteau, 2005, p.\u00a086.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref32\" name=\"_ftn32\"><sup>[32]<\/sup><\/a> Le groupe <em>Utopie<\/em>, emmen\u00e9 par Jean Baudrillard, diffuse notamment un tract assassin durant les <em>Rencontres<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref33\" name=\"_ftn33\"><sup>[33]<\/sup><\/a> Voir \u00e0 ce propos Chenevez A., \u00ab<em>\u00a0<\/em>La saline royale d\u2019Arc-et-Senans\u00a0: un patrimoine sans m\u00e9moire\u00a0\u00bb, Fabre D., Iuso A. (dir.),<em> Les monuments sont habit\u00e9s<\/em>, actes du colloque (Matera, 2010), Paris, \u00c9d. de la MSH, 2010, p. 275-289, \u00e9galement en ligne\u00a0: <a href=\"https:\/\/books.openedition.org\/editionsmsh\/3504?lang=fr\">https:\/\/books.openedition.org\/editionsmsh\/3504?lang=fr<\/a> (consult\u00e9 en juin 2021).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref34\" name=\"_ftn34\"><sup>[34]<\/sup><\/a> Sangla R., \u00ab Oratorio, Claude-Nicolas Ledoux ou la ville id\u00e9ale \u00bb, ORTF, 21.11.1969, 76 min, Archives INA.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref35\" name=\"_ftn35\"><sup>[35]<\/sup><\/a> <em>Ibid<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref36\" name=\"_ftn36\"><sup>[36]<\/sup><\/a> Ragon M., <em>Histoire mondiale de l\u2019architecture et de l\u2019urbanisme modernes. <\/em>Tome 3\u202f:<em> Prospective et Futurologie<\/em>, Paris, Casterman, 1978.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref37\" name=\"_ftn37\"><sup>[37]<\/sup><\/a> <em>Ibid.<\/em>, p. 13-15.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref38\" name=\"_ftn38\"><sup>[38]<\/sup><\/a> Tafuri M., <em>Projet et utopie. De l\u2019Avant-garde \u00e0 la M\u00e9tropole<\/em>, Paris, Dunod, 1979, p. 120.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref39\" name=\"_ftn39\"><sup>[39]<\/sup><\/a> Cohen J.-L., <em>La coupure entre architectes et intellectuels, ou les enseignements de l&rsquo;italophilie<\/em>, Paris, \u00c9cole d\u2019Architecture Paris-Villemin, 1984.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref40\" name=\"_ftn40\"><sup>[40]<\/sup><\/a> Lors de la r\u00e9\u00e9dition, le texte int\u00e9gral est profond\u00e9ment remani\u00e9. Le nouveau sous-titre du troisi\u00e8me tome devient\u00a0: <em>De Brasilia au post-modernisme<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref41\" name=\"_ftn41\"><sup>[41]<\/sup><\/a> Rouillard D., <em>Superarchitecture\u202f: le futur de l\u2019architecture (1950 -1970)<\/em>, Paris, \u00c9d. de la Villette, 2004, p. 11.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref42\" name=\"_ftn42\"><sup>[42]<\/sup><\/a> <em>Ibid<\/em>., p. 14.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref43\" name=\"_ftn43\"><sup>[43]<\/sup><\/a> Site du Frac Centre-Val de Loire\u00a0: <a href=\"http:\/\/www.frac-centre.fr\">www.Frac-centre.fr<\/a> (consult\u00e9 en mars 2020).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref44\" name=\"_ftn44\"><sup>[44]<\/sup><\/a> Damani A., \u00ab\u00a0La collection du Frac Centre-Val de Loire\u00a0\u00bb, <em>Conqu\u00eates Spatiales<\/em>, journal de l\u2019exposition, Annecy, CAUE de Haute-Savoie, 2020.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref45\" name=\"_ftn45\"><sup>[45]<\/sup><\/a> <em>Ibid<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref46\" name=\"_ftn46\"><sup>[46]<\/sup><\/a> Janni\u00e8re H., \u00ab\u00a0Michel Ragon\u00a0: la critique d\u2019architecture, de la Synth\u00e8se des arts au GIAP\u00a0\u00bb, <em>Critique d\u2019art<\/em>, n\u00b0 29, 2007, en ligne\u00a0: <a href=\"https:\/\/journals.openedition.org\/critiquedart\/937\">https:\/\/journals.openedition.org\/critiquedart\/937<\/a> (consult\u00e9 en juin 2021).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref47\" name=\"_ftn47\"><sup>[47]<\/sup><\/a> Damani A., \u00ab\u00a0La collection du Frac Centre-Val de Loire\u00a0\u00bb, <em>Conqu\u00eates Spatiales<\/em>, journal de l\u2019exposition, Annecy, CAUE de Haute-Savoie, 2020.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref48\" name=\"_ftn48\"><sup>[48]<\/sup><\/a> Brayer M.-A., \u00ab\u00a0Le Frac Centre, une collection art &amp; architecture\u00a0\u00bb, Brayer M.-A. (dir.), <em>Architectures exp\u00e9rimentales (1950-2012)\u00a0: collection du Frac Centre, <\/em>Orl\u00e9ans<em>, <\/em>HYX, 2013, p. 8.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref49\" name=\"_ftn49\"><sup>[49]<\/sup><\/a> Site du Frac Centre-Val de Loire\u00a0: <a href=\"http:\/\/www.frac-centre.fr\">www.Frac-centre.fr<\/a> (consult\u00e9 en mars 2020).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref50\" name=\"_ftn50\"><sup>[50]<\/sup><\/a> <em>Villes visionnaires<\/em>, dossier de presse, Orl\u00e9ans, Frac Centre-Val de Loire, 2014.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref51\" name=\"_ftn51\"><sup>[51]<\/sup><\/a> Bosca E.,\u00a0\u00ab\u00a0La r\u00e9gie des \u0153uvres au Frac Centre : conserver et diffuser l\u2019art contemporain\u00a0\u00bb, communication lors des journ\u00e9es d\u2019\u00e9tude du Master histoire de l\u2019art de l\u2019universit\u00e9 Fran\u00e7ois Rabelais de Tours <em>M\u00e9diation culturelle \/ Pratiques de l\u2019exposition <\/em>(Tours\u00a0; Chambord, 3-4 octobre 2013)\u00a0; texte en ligne\u00a0: <a href=\"https:\/\/ash.univ-tours.fr\/medias\/fichier\/bosca_1403798080343-pdf?ID_FICHE=34090&amp;INLINE=FALSE\">https:\/\/ash.univ-tours.fr\/medias\/fichier\/bosca_1403798080343-pdf?ID_FICHE=34090&amp;INLINE=FALSE<\/a> (consult\u00e9 en juin 2021).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref52\" name=\"_ftn52\"><sup>[52]<\/sup><\/a> Brayer M.-A., \u00ab\u00a0Le Frac Centre, une collection art &amp; architecture\u00a0\u00bb, Brayer M.-A. (dir.), <em>Architectures exp\u00e9rimentales (1950-2012)\u00a0: collection du Frac Centre, <\/em>Orl\u00e9ans<em>, <\/em>HYX, 2013, p. 10.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref53\" name=\"_ftn53\"><sup>[53]<\/sup><\/a> Croce B., <em>Contribution \u00e0 ma propre critique<\/em>, Paris, Nagel, 1949, p.\u00a0110.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><div class=\"wpcp\">Pour citer cet article : M\u00e9lina Ramondenc, \"Ce que l\u2019exposition fait \u00e0 l\u2019architecture. Le cas de la collection de projets d\u2019architectes prospectifs du Frac Centre-Val de Loire\", <em>exPosition<\/em>, 27 septembre 2021, <a href=\"https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/articles6-2\/ramondenc-exposition-architecture\/%20\">https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/articles6-2\/ramondenc-exposition-architecture\/%20<\/a>. Consult\u00e9 le 17 avril 2026.<\/div><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>par M\u00e9lina Ramondenc &nbsp; &#8212; M\u00e9lina Ramondenc\u00a0est architecte dipl\u00f4m\u00e9e d&rsquo;\u00c9tat, doctorante en architecture au laboratoire M\u00e9thodes et Histoire de l&rsquo;Architecture de l&rsquo;\u00e9cole nationale sup\u00e9rieure d&rsquo;Architecture de Grenoble. Ses recherches portent principalement sur les utopies urbaines et architecturales de la fin des ann\u00e9es soixante et sur les relations entre art et architecture dans la seconde moiti\u00e9 &hellip; <a href=\"https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/articles6-2\/ramondenc-exposition-architecture\/%20\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;Ce que l\u2019exposition fait \u00e0 l\u2019architecture. Le cas de la collection de projets d\u2019architectes prospectifs du Frac Centre-Val de Loire&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":38,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[273],"tags":[301,306,305,33,300,302,330,299,309,308,332,304,254,303,331,307],"class_list":["post-2081","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-articles6-2","tag-architecture-prospective","tag-chaneac","tag-claude-costy","tag-exposition","tag-frac-centre-val-de-loire","tag-futurologie","tag-georges-patrix","tag-giap","tag-groupe-international-darchitecture-prospective","tag-michel-ragon","tag-nicolas-schoffer","tag-pascal-hausermann","tag-reexposition","tag-utopie-urbaine","tag-walter-jonas","tag-yona-friedman"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.0 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Ce que l\u2019exposition fait \u00e0 l\u2019architecture. Le cas de la collection de projets d\u2019architectes prospectifs du Frac Centre-Val de Loire - exPosition<\/title>\n<meta name=\"description\" content=\"par M\u00e9lina Ramondenc. \u00c0 l\u2019aube des ann\u00e9es 2000, le frac Centre-Val de Loire a fait entrer dans ses collections des projets d\u2019architecture exp\u00e9rimentale...\" \/>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/articles6-2\/ramondenc-exposition-architecture\/%20\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Ce que l\u2019exposition fait \u00e0 l\u2019architecture. Le cas de la collection de projets d\u2019architectes prospectifs du Frac Centre-Val de Loire - exPosition\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"par M\u00e9lina Ramondenc. \u00c0 l\u2019aube des ann\u00e9es 2000, le frac Centre-Val de Loire a fait entrer dans ses collections des projets d\u2019architecture exp\u00e9rimentale...\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/articles6-2\/ramondenc-exposition-architecture\/ \" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"exPosition\" \/>\n<meta property=\"article:published_time\" content=\"2021-09-27T15:38:52+00:00\" \/>\n<meta property=\"article:modified_time\" content=\"2021-10-26T19:04:38+00:00\" \/>\n<meta property=\"og:image\" content=\"http:\/\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/Fig.-1-Couverture-du-livret-12-Villes-Prospectives-diffuse-a-loccasion-de-lexposition-eponyme-presente-en-1965-par-le-GIAP-150x150.jpg\" \/>\n<meta name=\"author\" content=\"M\u00e9lina Ramondenc\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"\u00c9crit par\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"M\u00e9lina Ramondenc\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:label2\" content=\"Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data2\" content=\"26 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\/\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"Article\",\"@id\":\"https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/articles6-2\/ramondenc-exposition-architecture\/%20#article\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/articles6-2\/ramondenc-exposition-architecture\/%20\"},\"author\":{\"name\":\"M\u00e9lina Ramondenc\",\"@id\":\"https:\/\/www.revue-exposition.com\/#\/schema\/person\/af8055b1908e0eac1bd317610fc04ce5\"},\"headline\":\"Ce que l\u2019exposition fait \u00e0 l\u2019architecture. Le cas de la collection de projets d\u2019architectes prospectifs du Frac Centre-Val de Loire\",\"datePublished\":\"2021-09-27T15:38:52+00:00\",\"dateModified\":\"2021-10-26T19:04:38+00:00\",\"mainEntityOfPage\":{\"@id\":\"https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/articles6-2\/ramondenc-exposition-architecture\/%20\"},\"wordCount\":6196,\"commentCount\":0,\"publisher\":{\"@id\":\"https:\/\/www.revue-exposition.com\/#organization\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/articles6-2\/ramondenc-exposition-architecture\/%20#primaryimage\"},\"thumbnailUrl\":\"http:\/\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/Fig.-1-Couverture-du-livret-12-Villes-Prospectives-diffuse-a-loccasion-de-lexposition-eponyme-presente-en-1965-par-le-GIAP-150x150.jpg\",\"keywords\":[\"architecture prospective\",\"Chan\u00e9ac\",\"Claude Costy\",\"exposition\",\"Frac Centre-Val de Loire\",\"futurologie\",\"Georges Patrix\",\"GIAP\",\"Groupe International d'Architecture Prospective\",\"Michel Ragon\",\"Nicolas Sch\u00f6ffer\",\"Pascal H\u00e4usermann\",\"r\u00e9exposition\",\"utopie urbaine\",\"Walter Jonas\",\"Yona Friedman\"],\"articleSection\":[\"N\u00b0 6-2\/2021\"],\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"CommentAction\",\"name\":\"Comment\",\"target\":[\"https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/articles6-2\/ramondenc-exposition-architecture\/%20#respond\"]}]},{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/articles6-2\/ramondenc-exposition-architecture\/%20\",\"url\":\"https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/articles6-2\/ramondenc-exposition-architecture\/%20\",\"name\":\"Ce que l\u2019exposition fait \u00e0 l\u2019architecture. Le cas de la collection de projets d\u2019architectes prospectifs du Frac Centre-Val de Loire - exPosition\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\/\/www.revue-exposition.com\/#website\"},\"primaryImageOfPage\":{\"@id\":\"https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/articles6-2\/ramondenc-exposition-architecture\/%20#primaryimage\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/articles6-2\/ramondenc-exposition-architecture\/%20#primaryimage\"},\"thumbnailUrl\":\"http:\/\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/Fig.-1-Couverture-du-livret-12-Villes-Prospectives-diffuse-a-loccasion-de-lexposition-eponyme-presente-en-1965-par-le-GIAP-150x150.jpg\",\"datePublished\":\"2021-09-27T15:38:52+00:00\",\"dateModified\":\"2021-10-26T19:04:38+00:00\",\"description\":\"par M\u00e9lina Ramondenc. \u00c0 l\u2019aube des ann\u00e9es 2000, le frac Centre-Val de Loire a fait entrer dans ses collections des projets d\u2019architecture exp\u00e9rimentale...\",\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/articles6-2\/ramondenc-exposition-architecture\/%20#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/articles6-2\/ramondenc-exposition-architecture\/%20\"]}]},{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/articles6-2\/ramondenc-exposition-architecture\/%20#primaryimage\",\"url\":\"http:\/\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/Fig.-1-Couverture-du-livret-12-Villes-Prospectives-diffuse-a-loccasion-de-lexposition-eponyme-presente-en-1965-par-le-GIAP-150x150.jpg\",\"contentUrl\":\"http:\/\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/Fig.-1-Couverture-du-livret-12-Villes-Prospectives-diffuse-a-loccasion-de-lexposition-eponyme-presente-en-1965-par-le-GIAP-150x150.jpg\"},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/articles6-2\/ramondenc-exposition-architecture\/%20#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Accueil\",\"item\":\"https:\/\/www.revue-exposition.com\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"N\u00b0 6-2\/2021\",\"item\":\"https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/category\/articles6-2\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":3,\"name\":\"Ce que l\u2019exposition fait \u00e0 l\u2019architecture. Le cas de la collection de projets d\u2019architectes prospectifs du Frac Centre-Val de Loire\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\/\/www.revue-exposition.com\/#website\",\"url\":\"https:\/\/www.revue-exposition.com\/\",\"name\":\"exPosition\",\"description\":\"Revue d&#039;analyse des enjeux propres \u00e0 l&#039;exposition des \u0153uvres et objets d&#039;art\",\"publisher\":{\"@id\":\"https:\/\/www.revue-exposition.com\/#organization\"},\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\/\/www.revue-exposition.com\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"fr-FR\"},{\"@type\":\"Organization\",\"@id\":\"https:\/\/www.revue-exposition.com\/#organization\",\"name\":\"exPosition\",\"url\":\"https:\/\/www.revue-exposition.com\/\",\"logo\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"fr-FR\",\"@id\":\"https:\/\/www.revue-exposition.com\/#\/schema\/logo\/image\/\",\"url\":\"https:\/\/i2.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/cropped-logo-rond-noir.jpg?fit=512%2C512\",\"contentUrl\":\"https:\/\/i2.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/cropped-logo-rond-noir.jpg?fit=512%2C512\",\"width\":512,\"height\":512,\"caption\":\"exPosition\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\/\/www.revue-exposition.com\/#\/schema\/logo\/image\/\"}},{\"@type\":\"Person\",\"@id\":\"https:\/\/www.revue-exposition.com\/#\/schema\/person\/af8055b1908e0eac1bd317610fc04ce5\",\"name\":\"M\u00e9lina Ramondenc\",\"url\":\"https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/author\/melina-ramondenc\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Ce que l\u2019exposition fait \u00e0 l\u2019architecture. Le cas de la collection de projets d\u2019architectes prospectifs du Frac Centre-Val de Loire - exPosition","description":"par M\u00e9lina Ramondenc. \u00c0 l\u2019aube des ann\u00e9es 2000, le frac Centre-Val de Loire a fait entrer dans ses collections des projets d\u2019architecture exp\u00e9rimentale...","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/articles6-2\/ramondenc-exposition-architecture\/ ","og_locale":"fr_FR","og_type":"article","og_title":"Ce que l\u2019exposition fait \u00e0 l\u2019architecture. Le cas de la collection de projets d\u2019architectes prospectifs du Frac Centre-Val de Loire - exPosition","og_description":"par M\u00e9lina Ramondenc. \u00c0 l\u2019aube des ann\u00e9es 2000, le frac Centre-Val de Loire a fait entrer dans ses collections des projets d\u2019architecture exp\u00e9rimentale...","og_url":"https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/articles6-2\/ramondenc-exposition-architecture\/ ","og_site_name":"exPosition","article_published_time":"2021-09-27T15:38:52+00:00","article_modified_time":"2021-10-26T19:04:38+00:00","og_image":[{"url":"http:\/\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/Fig.-1-Couverture-du-livret-12-Villes-Prospectives-diffuse-a-loccasion-de-lexposition-eponyme-presente-en-1965-par-le-GIAP-150x150.jpg","type":"","width":"","height":""}],"author":"M\u00e9lina Ramondenc","twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"\u00c9crit par":"M\u00e9lina Ramondenc","Dur\u00e9e de lecture estim\u00e9e":"26 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"Article","@id":"https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/articles6-2\/ramondenc-exposition-architecture\/%20#article","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/articles6-2\/ramondenc-exposition-architecture\/%20"},"author":{"name":"M\u00e9lina Ramondenc","@id":"https:\/\/www.revue-exposition.com\/#\/schema\/person\/af8055b1908e0eac1bd317610fc04ce5"},"headline":"Ce que l\u2019exposition fait \u00e0 l\u2019architecture. Le cas de la collection de projets d\u2019architectes prospectifs du Frac Centre-Val de Loire","datePublished":"2021-09-27T15:38:52+00:00","dateModified":"2021-10-26T19:04:38+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/articles6-2\/ramondenc-exposition-architecture\/%20"},"wordCount":6196,"commentCount":0,"publisher":{"@id":"https:\/\/www.revue-exposition.com\/#organization"},"image":{"@id":"https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/articles6-2\/ramondenc-exposition-architecture\/%20#primaryimage"},"thumbnailUrl":"http:\/\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/Fig.-1-Couverture-du-livret-12-Villes-Prospectives-diffuse-a-loccasion-de-lexposition-eponyme-presente-en-1965-par-le-GIAP-150x150.jpg","keywords":["architecture prospective","Chan\u00e9ac","Claude Costy","exposition","Frac Centre-Val de Loire","futurologie","Georges Patrix","GIAP","Groupe International d'Architecture Prospective","Michel Ragon","Nicolas Sch\u00f6ffer","Pascal H\u00e4usermann","r\u00e9exposition","utopie urbaine","Walter Jonas","Yona Friedman"],"articleSection":["N\u00b0 6-2\/2021"],"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"CommentAction","name":"Comment","target":["https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/articles6-2\/ramondenc-exposition-architecture\/%20#respond"]}]},{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/articles6-2\/ramondenc-exposition-architecture\/%20","url":"https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/articles6-2\/ramondenc-exposition-architecture\/%20","name":"Ce que l\u2019exposition fait \u00e0 l\u2019architecture. Le cas de la collection de projets d\u2019architectes prospectifs du Frac Centre-Val de Loire - exPosition","isPartOf":{"@id":"https:\/\/www.revue-exposition.com\/#website"},"primaryImageOfPage":{"@id":"https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/articles6-2\/ramondenc-exposition-architecture\/%20#primaryimage"},"image":{"@id":"https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/articles6-2\/ramondenc-exposition-architecture\/%20#primaryimage"},"thumbnailUrl":"http:\/\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/Fig.-1-Couverture-du-livret-12-Villes-Prospectives-diffuse-a-loccasion-de-lexposition-eponyme-presente-en-1965-par-le-GIAP-150x150.jpg","datePublished":"2021-09-27T15:38:52+00:00","dateModified":"2021-10-26T19:04:38+00:00","description":"par M\u00e9lina Ramondenc. \u00c0 l\u2019aube des ann\u00e9es 2000, le frac Centre-Val de Loire a fait entrer dans ses collections des projets d\u2019architecture exp\u00e9rimentale...","breadcrumb":{"@id":"https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/articles6-2\/ramondenc-exposition-architecture\/%20#breadcrumb"},"inLanguage":"fr-FR","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/articles6-2\/ramondenc-exposition-architecture\/%20"]}]},{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/articles6-2\/ramondenc-exposition-architecture\/%20#primaryimage","url":"http:\/\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/Fig.-1-Couverture-du-livret-12-Villes-Prospectives-diffuse-a-loccasion-de-lexposition-eponyme-presente-en-1965-par-le-GIAP-150x150.jpg","contentUrl":"http:\/\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2021\/09\/Fig.-1-Couverture-du-livret-12-Villes-Prospectives-diffuse-a-loccasion-de-lexposition-eponyme-presente-en-1965-par-le-GIAP-150x150.jpg"},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/articles6-2\/ramondenc-exposition-architecture\/%20#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Accueil","item":"https:\/\/www.revue-exposition.com\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"N\u00b0 6-2\/2021","item":"https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/category\/articles6-2"},{"@type":"ListItem","position":3,"name":"Ce que l\u2019exposition fait \u00e0 l\u2019architecture. Le cas de la collection de projets d\u2019architectes prospectifs du Frac Centre-Val de Loire"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/www.revue-exposition.com\/#website","url":"https:\/\/www.revue-exposition.com\/","name":"exPosition","description":"Revue d&#039;analyse des enjeux propres \u00e0 l&#039;exposition des \u0153uvres et objets d&#039;art","publisher":{"@id":"https:\/\/www.revue-exposition.com\/#organization"},"potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/www.revue-exposition.com\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"fr-FR"},{"@type":"Organization","@id":"https:\/\/www.revue-exposition.com\/#organization","name":"exPosition","url":"https:\/\/www.revue-exposition.com\/","logo":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"fr-FR","@id":"https:\/\/www.revue-exposition.com\/#\/schema\/logo\/image\/","url":"https:\/\/i2.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/cropped-logo-rond-noir.jpg?fit=512%2C512","contentUrl":"https:\/\/i2.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2016\/06\/cropped-logo-rond-noir.jpg?fit=512%2C512","width":512,"height":512,"caption":"exPosition"},"image":{"@id":"https:\/\/www.revue-exposition.com\/#\/schema\/logo\/image\/"}},{"@type":"Person","@id":"https:\/\/www.revue-exposition.com\/#\/schema\/person\/af8055b1908e0eac1bd317610fc04ce5","name":"M\u00e9lina Ramondenc","url":"https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/author\/melina-ramondenc"}]}},"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/p7FaMB-xz","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2081","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/38"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2081"}],"version-history":[{"count":27,"href":"https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2081\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2321,"href":"https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2081\/revisions\/2321"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2081"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2081"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2081"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}