{"id":2437,"date":"2022-12-06T14:27:40","date_gmt":"2022-12-06T13:27:40","guid":{"rendered":"http:\/\/www.revue-exposition.com\/?p=2437"},"modified":"2022-12-12T14:50:21","modified_gmt":"2022-12-12T13:50:21","slug":"labar-collection-dakis-joannou","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/articles7\/labar-collection-dakis-joannou\/%20","title":{"rendered":"La mise en visibilit\u00e9 de la collection Dakis Joannou\u00a0: un enjeu pour l\u2019\u00e9criture de l\u2019histoire de l\u2019art contemporain globalis\u00e9"},"content":{"rendered":"<h3 style=\"text-align: justify;\"><strong>par Morgan Labar<\/strong><\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8212; <strong><em>Morgan Labar<\/em><\/strong><em> est historien de l\u2019art, critique (AICA-France) et enseignant. Depuis plusieurs ann\u00e9es, il s\u2019int\u00e9resse \u00e0 la mani\u00e8re dont les cat\u00e9gories esth\u00e9tiques, les canons et les discours h\u00e9g\u00e9moniques sont construits au sein des mondes de l\u2019art contemporain. Ancien boursier postdoctoral de la Terra Foundation for American Art \u00e0 l\u2019INHA, il est membre associ\u00e9 du laboratoire de recherche-cr\u00e9ation SACRe (EA 7410, Universit\u00e9 PSL) et de l\u2019unit\u00e9 mixte de recherche THALIM (UMR 7172, ENS \u2013 Sorbonne Nouvelle \u2013 CNRS). L\u2019ouvrage issu de sa th\u00e8se, <\/em>La Gloire de la b\u00eatise. R\u00e9gression et superficialit\u00e9 dans les arts depuis la fin des ann\u00e9es 1980<em>, para\u00eetra en 2023 aux \u00e9ditions Les presses du r\u00e9el. Morgan Labar est actuellement directeur de l\u2019\u00c9cole sup\u00e9rieure d\u2019art d\u2019Avignon. Il enseigne \u00e0 l\u2019\u00c9cole du Louvre et \u00e0 l\u2019\u00c9cole normale sup\u00e9rieure, o\u00f9 il anime le s\u00e9minaire \u00ab Autochtonie, hybridit\u00e9, anthropophagie \u00bb. &#8212;<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les plus importants collectionneurs d\u2019art contemporain, parfois dits \u00ab\u00a0m\u00e9gacollectionneurs\u00a0\u00bb \u2013 la sociologue de l\u2019art Raymonde Moulin recourt \u00e0 ce vocable nord-am\u00e9ricain \u00e0 partir du milieu des ann\u00e9es 1990<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\"><sup>[1]<\/sup><\/a> \u2013, ouvrent d\u00e9sormais des mus\u00e9es priv\u00e9s \u00e0 leurs noms. Les \u0153uvres qui y sont pr\u00e9sent\u00e9es ont, d\u00e8s leur achat, une destination mus\u00e9ale. Parmi les plus importants collectionneurs des premi\u00e8res d\u00e9cennies du XXI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, le Grec Dakis Joannou (n\u00e9 \u00e0 Chypre en 1939) occupe une place singuli\u00e8re. Promoteur immobilier et industriel, h\u00e9ritier du g\u00e9ant de la construction Joannou &amp; Paraskevaides, entreprise plus connue sous le nom de J&amp;P fond\u00e9e par son p\u00e8re Stelios Joannou et qu\u2019il a consid\u00e9rablement diversifi\u00e9e et fait fructifier, Dakis Joannou est depuis les ann\u00e9es 1980 \u00e0 la t\u00eate d\u2019un empire de plusieurs compagnies dans les secteurs de l\u2019h\u00f4tellerie, du b\u00e2timent, de l\u2019ing\u00e9nierie, de l\u2019aviation et de l\u2019immobilier. Collectionneur de premier plan, il si\u00e8ge dans les conseils d\u2019administration des plus grands mus\u00e9es d\u2019art moderne et contemporain du monde anglo-saxon<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\"><sup>[2]<\/sup><\/a>, comme d\u2019ailleurs la plupart des autres collectionneurs prescripteurs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1983, Dakis Joannou fonde \u00e0 Gen\u00e8ve la DESTE Foundation for Contemporary Art, une organisation \u00e0 but non lucratif destin\u00e9e \u00e0 promouvoir l\u2019art contemporain, dont le nom provient du terme grec signifiant <em>regarder<\/em>. Plusieurs p\u00e9riodes se distinguent dans l\u2019\u00e9volution de la DESTE. La premi\u00e8re p\u00e9riode court de 1983 \u00e0 1988 : les projets d\u2019exposition ne sont pas en lien avec la collection personnelle de Dakis Joannou. La fondation n\u2019a pas de lieu d\u2019exposition permanent et une grande partie des expositions a alors lieu \u00e0 Gen\u00e8ve. La seconde p\u00e9riode s\u2019\u00e9tend de 1988 \u00e0 1996 : d\u00e9sormais, Dakis Joannou fait appel aux services de Jeffrey Deitch, marchand d\u2019art, commissaire d\u2019exposition et conseiller artistique particuli\u00e8rement en vue, pour \u00e9laborer plusieurs expositions \u00e0 partir d\u2019\u0153uvres de la collection. Joannou commence \u00e0 s\u2019imposer comme un collectionneur et un acteur du monde de l\u2019art contemporain de premier plan. L\u2019exposition <em>Everything That\u2019s Interesting Is New<\/em> inaugure en\u00a01996 une troisi\u00e8me p\u00e9riode\u00a0: celle des expositions consacr\u00e9es exclusivement \u00e0 la collection de Dakis Joannou, dans un lieu d\u00e9di\u00e9 \u00e0 Ath\u00e8nes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il importe de souligner que la DESTE est une entit\u00e9 distincte de la collection personnelle de Dakis Joannou, m\u00eame si les deux ont tendance \u00e0 se confondre. Fondation autonome dont Joannou est le pr\u00e9sident, la DESTE est devenue l\u2019instrument de promotion et de diffusion de la collection Joannou.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans les ann\u00e9es 1980, des articles de magazines sp\u00e9cialis\u00e9s t\u00e9moignaient d\u2019une collection \u00e0 \u00e9chelle humaine et dont les \u0153uvres saturaient la maison du collectionneur. Le commissaire des expositions de la DESTE \u00e0 cette p\u00e9riode, Jeffrey Deitch, affirmait alors que Joannou et lui ne \u00ab\u00a0cherche[aient] pas \u00e0 prendre du recul, \u00e0 [se] poser en mus\u00e9e<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\"><sup>[3]<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb. Cependant, force est de constater que se d\u00e9veloppa \u00e0 partir du milieu des ann\u00e9es 1990 une ambition mus\u00e9ale, alors que le collectionneur devenait l\u2019une des figures les plus influentes du monde de l\u2019art contemporain globalis\u00e9, jusqu\u2019\u00e0 \u00eatre class\u00e9 num\u00e9ro 6 dans la Power 100 List d\u2019<em>ArtReview<\/em> en 2004, liste \u00e9tablie chaque ann\u00e9e depuis 2002 par le magazine londonien.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par la suite, la collection Dakis Joannou a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e dans les plus importants mus\u00e9es d\u2019art contemporain du monde, sans avoir besoin de passer par la DESTE\u00a0: au Palais de Tokyo \u00e0 Paris en 2005 (<em>Translation<\/em>), au Museum Moderner Kunst Stiftung Ludwig Wien (MUMOK) et \u00e0 la Kunsthalle de Vienne en 2007 (<em>Traum und Trauma<\/em>), au New Museum de New York en 2011 (<em>Skin Fruits. Selections from the Dakis Joannou Collection<\/em>). Se pose alors la question des collusions entre les int\u00e9r\u00eats du collectionneur (prestige, mais aussi valeur financi\u00e8re de sa collection) et ceux des institutions qui pr\u00e9sentent \u2013 et par l\u00e0-m\u00eame, l\u00e9gitiment \u2013 sa collection.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cet article s\u2019appuie sur des documents consult\u00e9s aux archives de la DESTE Foundation \u00e0 Ath\u00e8nes en 2015<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\"><sup>[4]<\/sup><\/a>. Il retrace les \u00e9tapes de la pr\u00e9sentation publique de la collection Dakis Joannou et de sa m\u00e9diatisation croissante dans le monde l\u2019art contemporain occidental, analysant l\u2019\u00e9volution des strat\u00e9gies adopt\u00e9es dans la mise en valeur de la collection et son r\u00f4le dans la promotion des artistes qui y sont repr\u00e9sent\u00e9s. Au regard de l\u2019histoire crois\u00e9e du collectionnisme et de l\u2019art contemporain des quatre derni\u00e8res d\u00e9cennies, Dakis Joannou fait figure de pionnier. Il a contribu\u00e9 \u00e0 imposer une esth\u00e9tique essentiellement nord-am\u00e9ricaine, port\u00e9e sur la r\u00e9gression, la violence et la b\u00eatise d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e, dans le monde de l\u2019art globalis\u00e9 avant que des figures comme Eli Broad ou Fran\u00e7ois Pinault n\u2019occupent le devant de la sc\u00e8ne en favorisant ce m\u00eame type d\u2019esth\u00e9tique<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\"><sup>[5]<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Premi\u00e8res monstrations (1988 \u2013 1996)<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1988, l\u2019exposition <em><a href=\"https:\/\/deste.gr\/exhibition\/cultural-geometry\/\">Cultural Geometry<\/a> <\/em>impose Dakis Joannou comme un collectionneur de premier plan. Elle a lieu \u00e0 la Maison de Chypre \u00e0 Ath\u00e8nes et place temporairement la capitale grecque au centre du monde de l\u2019art occidental<a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\"><sup>[6]<\/sup><\/a>. Le commissaire Jeffrey Deitch a rassembl\u00e9 les jeunes artistes \u00e9tats-uniens de la tendance Neo-Geo parmi les plus m\u00e9diatiques de l\u2019\u00e9poque (Jeff Koons, Ashley Bickerton, Peter Halley et Meyer Vaisman) depuis que la galeriste Ileana Sonnabend les a pr\u00e9sent\u00e9s dans sa galerie de SoHo \u00e0 New York en 1986. La sc\u00e9nographie de l\u2019exposition est confi\u00e9e \u00e0 l\u2019artiste Haim Steinbach. Dans le parcours de l\u2019exposition sont associ\u00e9es des c\u00e9ramiques grecques et chypriotes de l\u2019\u00e9poque g\u00e9om\u00e9trique (entre 900 et 750 av. J.-C.) et les premi\u00e8res acquisitions de la collection Joannou, vingt-neuf \u0153uvres contemporaines acquises entre 1985 et 1988. Il s\u2019agit ainsi de rapprocher New York, avec les artistes contemporains, et Ath\u00e8nes, avec les c\u00e9ramiques de la pr\u00e9-Antiquit\u00e9. Cette exposition contribue \u00e0 la l\u00e9gitimation symbolique des artistes associ\u00e9s au mouvement Neo-Geo, dont les \u0153uvres constituent alors une part importante de la collection Joannou<a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\"><sup>[7]<\/sup><\/a>, tout en visant \u00e0 sortir de l\u2019appellation Neo-Geo et \u00e0 d\u00e9gager les \u0153uvres de l\u2019ancrage tr\u00e8s \u00e9tats-unien du mouvement, qui appara\u00eet alors comme une simple r\u00e9action au courant n\u00e9o-expressionniste. Pour ce faire, les textes du communiqu\u00e9 de presse et du catalogue de l\u2019exposition<a href=\"#_ftn8\" name=\"_ftnref8\"><sup>[8]<\/sup><\/a> conf\u00e8rent aux \u0153uvres une autre forme de l\u00e9gitimit\u00e9, double\u00a0: d\u2019une part l\u2019inscription dans le tropisme (suppos\u00e9) universel pour les formes g\u00e9om\u00e9triques, d\u2019autre part l\u2019inscription dans le monde contemporain (images de produits de consommation <em>high-tech<\/em>, des techniques de <em>packaging<\/em>, de publicit\u00e9 et de marketing en vis-\u00e0-vis des \u0153uvres dans le catalogue) plut\u00f4t que dans l\u2019histoire r\u00e9cente de l\u2019abstraction en art.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1989, la DESTE Foundation organise l\u2019exposition <em><a href=\"https:\/\/deste.gr\/exhibition\/psychological-abstraction\/\">Psychological Abstraction<\/a><\/em>, toujours \u00e0 la Maison de Chypre \u00e0 Ath\u00e8nes. Dans le catalogue, Dakis Joannou insiste d\u00e8s les premi\u00e8res lignes de son avant-propos sur les \u00ab\u00a0coordonn\u00e9es sociales<a href=\"#_ftn9\" name=\"_ftnref9\"><sup>[9]<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb de l\u2019art. Le but de l\u2019exposition est de d\u00e9gager les artistes Neo-Geo de leur image d\u2019artistes froids et d\u00e9sincarn\u00e9s, de leurs liens avec la consommation de masse, pour insuffler l\u2019abstraction d\u2019affects, d\u2019\u00e9motion, de psychologie<a href=\"#_ftn10\" name=\"_ftnref10\"><sup>[10]<\/sup><\/a>, d\u2019o\u00f9 le titre de l\u2019exposition. Pour <em>Cultural Geometry<\/em> comme pour <em>Psychological Abstraction<\/em>, des \u0153uvres historiques sont expos\u00e9es avec les \u0153uvres contemporaines afin de cr\u00e9er une filiation passant pour pertinente sur le plan de l\u2019histoire de l\u2019art, \u00e9tablissant ainsi le s\u00e9rieux et la respectabilit\u00e9 du collectionneur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quelques mois apr\u00e8s <em>Cultural Geometry<\/em>, le jeune bimensuel <em>Galeries Magazine<\/em>, une publication bilingue en fran\u00e7ais et en anglais, consacrait une dizaine de pages \u00e0 la collection de Dakis Joannou, dont \u00e9tait soulign\u00e9e la \u00ab\u00a0grande influence sur la sc\u00e8ne artistique grecque et internationale<a href=\"#_ftn11\" name=\"_ftnref11\"><sup>[11]<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb. Les photographies illustrant abondamment l\u2019article montraient une maison remplie d\u2019\u0153uvres d\u2019art, presque satur\u00e9e. Une sculpture horizontale de Donald Judd passait juste entre les fen\u00eatres et le plafond, non loin d\u2019une \u0153uvre de Barbara Kruger. Une <em>Brillo Box <\/em>de Warhol se tenait entre des plantes vertes. Le buste de Louis XIV en inox de Jeff Koons voisinait avec une toile de James Rosenquist de 1964 et un collage de 1930 de la dada\u00efste allemande Hannah H\u00f6ch. Associant des \u0153uvres de p\u00e9riodes et d\u2019esth\u00e9tiques diff\u00e9rentes, l\u2019accrochage domestique de la collection Joannou en 1988, telle qu\u2019elle se donnait \u00e0 voir publiquement dans les pages d\u2019un magazine, l\u00e9gitimait les \u0153uvres les plus r\u00e9centes par les pi\u00e8ces historiques avec lesquelles elles dialoguaient \u2013 technique de l\u00e9gitimation symbolique classique au demeurant<a href=\"#_ftn12\" name=\"_ftnref12\"><sup>[12]<\/sup><\/a>. Enfin, une derni\u00e8re illustration montre l\u2019\u0153uvre <em>Translation<\/em>, 1966, de Joseph Kosuth, install\u00e9e <em>in situ<\/em> par l\u2019artiste sur un mur ext\u00e9rieur mauve au-dessus de la piscine, de sorte \u00e0 permettre quelque m\u00e9ditation sur le caract\u00e8re linguistique et conceptuel<a href=\"#_ftn13\" name=\"_ftnref13\"><sup>[13]<\/sup><\/a> de l\u2019art en bronzant ou en nageant le dos crawl\u00e9. Ce riche article, \u00e0 la prose ampoul\u00e9e, pr\u00e9sentait donc d\u00e9j\u00e0 en 1988 la collection Joannou comme l\u2019une des meilleures collections d\u2019art contemporain d\u2019Europe, \u00e0 la fois audacieuse et influente. Le texte se terminait sur un compte rendu de l\u2019exposition <em>Cultural Geometry<\/em> et une \u00e9vocation des rapports entre la DESTE Foundation et la collection Joannou mettant en \u00e9vidence les notions de \u00ab\u00a0circulation\u00a0\u00bb et de \u00ab\u00a0mobilit\u00e9<a href=\"#_ftn14\" name=\"_ftnref14\"><sup>[14]<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb. Rien ne laissait encore v\u00e9ritablement pr\u00e9sager de l\u2019orientation que prendrait la collection dans le courant des ann\u00e9es 1990.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990, deux expositions majeures confirment la stature internationale de la collection de Dakis Joannou\u00a0: <em><a href=\"https:\/\/deste.gr\/exhibition\/artificial-nature\/\">Artificial Nature<\/a><\/em> en 1990 et <em>Post-Human<\/em> en 1992. Avec Jeffrey Deitch comme commissaire, elles ont toutes deux, dans le sillage de <em>Cultural Geometry<\/em>, un retentissement notable<a href=\"#_ftn15\" name=\"_ftnref15\"><sup>[15]<\/sup><\/a>. La premi\u00e8re, qui a encore lieu \u00e0 la Maison de Chypre \u00e0 Ath\u00e8nes, rassemble des figures majeures de l\u2019art contemporain nord-am\u00e9ricain\u00a0: Warhol, Ruscha, Koons, De Maria, Smithson.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais c\u2019est son <a href=\"https:\/\/deste.gr\/publication\/artificial-nature\/\">catalogue<\/a> qui reste dans les m\u00e9moires. Con\u00e7u par Dan Friedman, il est salu\u00e9 dans la quasi-totalit\u00e9 des critiques de l\u2019exposition. Fortement inspir\u00e9 par l\u2019esth\u00e9tique appropriationniste<a href=\"#_ftn16\" name=\"_ftnref16\"><sup>[16]<\/sup><\/a>, rappelant aussi bien le travail de Richard Prince que celui de Barbara Kruger, l\u2019ouvrage constitue une \u0153uvre \u00e0 lui seul, mettant en regard photographies, \u0153uvres et textes sur le mode de l\u2019association d\u2019id\u00e9es. Une telle attention port\u00e9e au catalogue contribue \u00e0 imposer la collection Joannou comme originale et incontournable.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Peut-\u00eatre plus encore, ces catalogues ont vocation \u00e0 marquer les esprits et \u00e0 se signaler parmi les propositions les plus originales de la p\u00e9riode. En d\u2019autres termes, la collection devient un catalyseur d\u2019innovation pour le monde de l\u2019art contemporain, mani\u00e8re de laisser sa marque dans l\u2019histoire de l\u2019art des ann\u00e9es 1990. Lorsqu\u2019une journaliste demande \u00e0 Jeffrey Deitch si le catalogue ne \u00ab\u00a0d\u00e9valorise\u00a0\u00bb pas l\u2019art en raison de la \u00ab\u00a0confusion en mettant sur le m\u00eame pied les \u0153uvres pr\u00e9sent\u00e9es, des illustrations et des publicit\u00e9s\u00a0\u00bb, ce dernier r\u00e9pond que \u00ab\u00a0le catalogue montre comment on peut penser visuellement d\u2019une mani\u00e8re fragment\u00e9e<a href=\"#_ftn17\" name=\"_ftnref17\"><sup>[17]<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb. Le recours \u00e0 l\u2019ensemble de la culture visuelle dans le catalogue contribue ainsi \u00e0 relativiser les formes de l\u2019art, tout en cr\u00e9ant un objet (le catalogue \u2013 livre d\u2019artiste) iconique dans lequel l\u2019\u0153uvre d\u2019art devient un logo reproductible. Un tel objet, autant \u00e9ditorial que mus\u00e9al, contribue alors \u00e0 positionner Dakis Joannou comme un acteur majeur du monde de l\u2019art. Par la cr\u00e9ation de catalogues originaux, objets th\u00e9oriques tout autant que futurs objets de luxe, la collection est valoris\u00e9e au-del\u00e0 des expositions.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1992, <em><a href=\"https:\/\/deste.gr\/exhibition\/post-human\/\">Post-Human\u00a0<\/a><\/em>pose un nouveau jalon. L\u2019exposition constitue sans nul doute l\u2019une des propositions les plus marquantes de la d\u00e9cennie, interrogeant l\u2019obsolescence du corps, l\u2019hybridation et jusqu\u2019au trans-humanisme dans une p\u00e9riode marqu\u00e9e par l\u2019incroyable succ\u00e8s populaire de la chirurgie esth\u00e9tique. L\u2019exposition circule dans plusieurs mus\u00e9es de r\u00e9f\u00e9rence\u00a0: au Mus\u00e9e d\u2019art contemporain de Lausanne, au Castello di Rivoli \u00e0 Turin, \u00e0 la Deichtorhallen \u00e0 Hambourg et au Israel Museum \u00e0 Jerusalem. Pour la premi\u00e8re fois, la collection personnelle de Dakis Joannou circule largement dans des lieux institutionnels hors de Gr\u00e8ce.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Le tournant de 1996 : art b\u00eate et pr\u00e9sentisme<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1996, l\u2019exposition <em><a href=\"https:\/\/deste.gr\/exhibition\/new-dakis-joannou-collection\/\">Everything That\u2019s Interesting Is New<\/a><\/em>, \u00e0 nouveau coordonn\u00e9e par Jeffrey Deitch, se tient \u00e0 l\u2019\u00e9cole des Beaux-arts d\u2019Ath\u00e8nes. Pour la premi\u00e8re fois la collection Joannou est montr\u00e9e de mani\u00e8re extensive, et l\u2019exposition se pr\u00e9sente d\u2019abord et avant tout comme celle d\u2019une collection priv\u00e9e. La majeure partie des \u0153uvres a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e entre 1985 et 1995, mais des figures historiques (Duchamp, Picabia et Man Ray), ainsi que les repr\u00e9sentants de l\u2019art minimal am\u00e9ricain (Judd, Flavin), conceptuel (Kosuth) et corporel (Nauman, Acconci) viennent r\u00e9inscrire les artistes contemporains dans une histoire de l\u2019art au long cours, comique et c\u00e9r\u00e9brale. Un riche catalogue est \u00e9dit\u00e9 \u00e0 l\u2019occasion. Intitul\u00e9 <em>The Dakis Joannou Collection<\/em>, il est compos\u00e9 de textes et propos in\u00e9dits des artistes pr\u00e9sents dans l\u2019exposition.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La r\u00e9gression adolescente, l\u2019obsc\u00e9nit\u00e9 sexuelle et la scatologie sont des th\u00e8mes qui figurent en bonne place. Sont notamment pr\u00e9sent\u00e9s les mutants des fr\u00e8res Jake et Dinos Chapman (<i><a href=\"https:\/\/www.christies.com\/en\/lot\/lot-4529249\">Face Fuck Twin<\/a><\/i>), mannequins d\u2019enfant en fibre de verre, ultra r\u00e9aliste et \u00e0 \u00e9chelle 1\/1, portant perruques, tee shirts et chaussures, et dont le nez a \u00e9volu\u00e9 en phallus et la bouche en anus. Joannou les affiche ainsi un an avant <em>Sensation<\/em> qui se tient \u00e0 la Royal Academy of Arts de Londres en 1997, exposition qui propulsera les Chapman d\u00e9finitivement sur la sc\u00e8ne internationale. De Gilbert &amp; George est pr\u00e9sent\u00e9e l\u2019\u0153uvre <em><a href=\"https:\/\/hybridutterance.files.wordpress.com\/2012\/12\/gilbert-and-george-flying-shit-1994.jpg\">Flying Shit<\/a><\/em>, issue des <em>Naked Shit Pictures <\/em>de 1994. Ici les artistes dupliqu\u00e9s sont soit v\u00eatus d\u2019un costume rouge et assis sur un \u00e9tron, soit nus se tenant debout sur un autre \u00e9tron volant, dont on ne sait trop s\u2019il s\u2019agit d\u2019une planche de surf ou d\u2019une m\u00e9t\u00e9orite, d\u2019une r\u00e9f\u00e9rence aux navettes \u00ab\u00a0flying Jenny\u00a0\u00bb utilis\u00e9es dans l\u2019industrie du textile en Angleterre au XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle ou au \u00ab\u00a0shit service\u00a0\u00bb des navettes ferroviaires de British Railway. Dans le catalogue, Gilbert &amp; George commentent lapidairement l\u2019\u0153uvre par leur credo habituel\u00a0: \u00ab\u00a0Nous sommes des artistes modernes. Nous devons concevoir un vocabulaire qui refl\u00e8te cette \u00e9poque. Nous ne voulons pas cacher nos faiblesses, nos pratiques sexuelles, nos pens\u00e9es, nos souffrances, et tout ce qui appartient \u00e0 l\u2019humanit\u00e9<a href=\"#_ftn18\" name=\"_ftnref18\"><sup>[18]<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em><a href=\"https:\/\/matthewmarks.com\/artists\/peter-fischli-david-weiss\/lightbox\/works\/34278\/details\/0\">Animal<\/a><\/em> de Fischli et Weiss est une sorte d\u2019animal gris en polyur\u00e9thane, grossi\u00e8rement ex\u00e9cut\u00e9, genre d\u2019hippopotame gonfl\u00e9 \u00e0 l\u2019h\u00e9lium, somme toute assez banal et sans int\u00e9r\u00eat particulier. Elle permet cependant un jeu d\u2019optique\u00a0: le visage bonhomme de cet animal est visible de l\u2019ext\u00e9rieur, mais \u00e9galement de l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019\u0153uvre. Un trou \u00e0 l\u2019arri\u00e8re permet en effet de voir appara\u00eetre comme en n\u00e9gatif les yeux, les naseaux et l\u2019orifice buccal de l\u2019animal. Et l\u2019orifice sur lequel il faut se pencher et dans lequel il faut ouvrir grand l\u2019\u0153il pour acc\u00e9der \u00e0 cette subtile apparition est \u00e0 l\u2019\u00e9vidence un orifice anal, quoique les d\u00e9tails anatomiques ne soient pas soulign\u00e9s. L\u2019\u0153uvre cr\u00e9e donc une situation particuli\u00e8rement cocasse\u00a0: celle de pousser les visiteurs \u00e0 venir regarder chacun son tour <a href=\"https:\/\/www.artnews.com\/wp-content\/uploads\/2016\/04\/img-backstory-bice-curiger102954574976.jpg\">dans le trou du cul de la b\u00eate<\/a>, et surtout \u00e0 se mettre dans cette posture, non pas tant infamante que ridicule. C\u2019est en effet en voyant les autres visiteurs s\u2019approcher du derri\u00e8re de l\u2019animal que l\u2019on est conduit, par instinct gr\u00e9gaire, \u00e0 aller en observer l\u2019anatomie intime. Dans un registre plus sombre, mais non moins scatologique, est pr\u00e9sent\u00e9e <em><a href=\"https:\/\/www.centrepompidou.fr\/fr\/ressources\/oeuvre\/c6r9gkG\">Heidi<\/a><\/em>, installation et vid\u00e9o r\u00e9sultant d\u2019une performance conjointe de Paul McCarthy et de Mike Kelley, une version cauchemardesque des aventures de Heidi.\u00a0 Jeff Koons, Robert Gober et Kiki Smith sont \u00e9galement repr\u00e9sent\u00e9s par plusieurs \u0153uvres aux accents r\u00e9gressifs, absurdes ou obsc\u00e8nes, et Meyer Vaisman par une dinde voil\u00e9e d\u2019une mousseline rouge et affubl\u00e9e d\u2019un substitut de phallus (<em><a href=\"https:\/\/www.christies.com\/img\/LotImages\/2005\/NYR\/2005_NYR_01549_0085_000(103943).jpg?mode=max\">Untitled Turkey VIII [Fuck Bush]<\/a><\/em>, 1992). Dans le catalogue, Jeffrey Deitch signe un texte o\u00f9 il est question de traumatismes collectifs, pr\u00e9f\u00e9rant placer les \u0153uvres expos\u00e9es sous le signe de la perversit\u00e9 mythologis\u00e9e de l\u2019enfant plut\u00f4t que d\u2019assumer le caract\u00e8re jouissif et divertissant de la r\u00e9gression \u00e0 l\u2019\u0153uvre<a href=\"#_ftn19\" name=\"_ftnref19\"><sup>[19]<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avec pr\u00e8s d\u2019une centaine d\u2019artistes, <em>Everything That\u2019s Interesting Is New<\/em> rend la collection Joannou incontournable dans le monde de l\u2019art contemporain. Une critique note dans la revue <em>Frieze<\/em> que Joannou s\u2019est impos\u00e9 comme la r\u00e9f\u00e9rence dans l\u2019art de la fin des ann\u00e9es 1980 et du d\u00e9but des ann\u00e9es 1990, et qu\u2019il est \u00e0 cette p\u00e9riode ce que Panza di Biumo est \u00e0 l\u2019art minimal et conceptuel des ann\u00e9es 1960 et 1970<a href=\"#_ftn20\" name=\"_ftnref20\"><sup>[20]<\/sup><\/a>\u00a0: la figure de collectionneur-m\u00e9c\u00e8ne la plus marquante. La convocation de Marcel Duchamp, figure tut\u00e9laire de l\u2019art contemporain, m\u00e9rite \u00e9galement d\u2019\u00eatre soulign\u00e9e\u00a0: Joannou expose la version de <em>Fountain <\/em>en sa possession, qu\u2019il d\u00e9signe lui-m\u00eame dans un entretien avec Jeff Koons publi\u00e9 dans le catalogue comme \u00ab\u00a0le vrai commencement\u00a0\u00bb pour \u00ab\u00a0comprendre ce qui se passe aujourd\u2019hui<a href=\"#_ftn21\" name=\"_ftnref21\"><sup>[21]<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019exposition de 1996 constitue un tournant. L\u2019ann\u00e9e suivante, la DESTE Foundation se dote d\u2019un lieu permanent \u00e0 Ath\u00e8nes<a href=\"#_ftn22\" name=\"_ftnref22\"><sup>[22]<\/sup><\/a>, o\u00f9 les manifestations consacr\u00e9es \u00e0 la collection vont se multiplier, ainsi que dans des institutions \u00e9trang\u00e8res. La collection Joannou passant pour tr\u00e8s (voire trop) am\u00e9ricano-centr\u00e9e dans la r\u00e9ception critique, la DESTE y rem\u00e9die en \u00e9largissant son horizon. En 1998, <em>Global Vision. New Art from the 90s<\/em> offre un panorama plus international, davantage ouvert \u00e0 l\u2019Asie, l\u2019Am\u00e9rique du Sud et au Moyen-Orient, ainsi qu\u2019aux artistes europ\u00e9ens et \u00e9tats-uniens issus de minorit\u00e9s ethniques, afro-diasporiques ou afro-descendants. Kara Walker est pr\u00e9sente avec ses silhouettes d\u00e9coup\u00e9es s\u2019adonnant \u00e0 des sc\u00e8nes de violence parfois sexuelles ou scatologiques, ainsi qu\u2019avec la s\u00e9rie de gouaches sur papier de grand format figurant dans la collection Joannou. Chris Ofili est repr\u00e9sent\u00e9 avec deux \u0153uvres de la collection r\u00e9guli\u00e8rement montr\u00e9es depuis\u00a0:<em> Rodin\u2026The Thinker<\/em> et <em>Pimping Ain\u2019t Easy<\/em> (1997). Les \u0153uvres de Chris Ofili ont la particularit\u00e9 de ne pas \u00eatre accroch\u00e9es aux murs mais de reposer sur des boules fabriqu\u00e9es \u00e0 partir d\u2019excr\u00e9ments d\u2019\u00e9l\u00e9phants<a href=\"#_ftn23\" name=\"_ftnref23\"><sup>[23]<\/sup><\/a>. L\u2019iconographie est irr\u00e9v\u00e9rencieuse, mais elle ne se limite pas \u00e0 cela puisque le travail d\u2019Ofili consiste en une r\u00e9appropriation de l\u2019identit\u00e9 noire en Grande-Bretagne. <em>Rodin\u2026The Thinker <\/em>est une version f\u00e9minine, noire et aux formes g\u00e9n\u00e9reuses, voire rebondies, du <em>Penseur<\/em> de Rodin, en porte-jarretelles. <em><a href=\"https:\/\/uploads0.wikiart.org\/00287\/images\/chris-ofili\/pimpin-ain-t-easy-1997.jpg!Large.jpg\">Pimping Ain\u2019t Easy<\/a> <\/em>(\u00ab\u00a0Le prox\u00e9n\u00e9tisme c\u2019est pas facile\u00a0\u00bb) est un phallus g\u00e9ant humanis\u00e9. Des yeux \u00e9carquill\u00e9s, un nez et de grosses l\u00e8vres rouges dans la partie sommitale repr\u00e9sente litt\u00e9ralement l\u2019expression \u00ab\u00a0t\u00eate de n\u0153ud\u00a0\u00bb, <em>dickhead<\/em> en bon anglais. Sur le fond de la toile, brillant et recouvert de paillettes, Ofili a coll\u00e9 des photographies de jambes et entre-jambes f\u00e9minines \u00e9cart\u00e9es, d\u00e9coup\u00e9es dans des magazines \u00e9rotiques<a href=\"#_ftn24\" name=\"_ftnref24\"><sup>[24]<\/sup><\/a>. Ainsi donc, tout en s\u2019ouvrant \u00e0 de nouveaux profils d\u2019artistes, s\u2019affirme dans la collection Joannou une veine comique, tant\u00f4t potache et r\u00e9gressive, tant\u00f4t satirique et incisive, parfois les deux \u00e0 la fois.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 2000, la DESTE pr\u00e9sente deux expositions monographiques consacr\u00e9es \u00e0 des artistes que Dakis Joannou collectionne de mani\u00e8re approfondie\u00a0: Jeff Koons (<em>Jeff Koons. <\/em><em>A Millenium Celebration 1979-1999<\/em>) et Tim Noble et Sue Webster (<em>Masters of the Universe<\/em>). Dans cette derni\u00e8re exposition sont montr\u00e9es des sculptures \u00e0 l\u2019esth\u00e9tique kitsch, faites <a href=\"http:\/\/www.timnobleandsuewebster.com\/mastersoftheuniverse_pgs.html#universe5_up\">d\u2019ampoules lumineuses<\/a> rappelant les f\u00eates foraines. L\u2019entretien qui figure dans le livret de l\u2019exposition s\u2019intitule <em><a href=\"http:\/\/www.timnobleandsuewebster.com\/mastersoftheuniverse_pgs.html#universe1_close\">Talking Rubbish<\/a><\/em>, soit \u00ab\u00a0parler poubelle\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 2002, Dakis Joannou pr\u00e9sente dans son pays d\u2019origine, Chypre, l\u2019exposition <em>Forever<\/em>, qui comprend soixante-dix \u0153uvres de sa collection. L\u2019exposition est accompagn\u00e9e du catalogue <em>Shortcuts<\/em>, publication sur papier glac\u00e9 imitant les magazines <em>people<\/em>, sorte de <em>digest<\/em> de pr\u00e8s de vingt ans d\u2019activit\u00e9 de collectionneur, revenant sur chacune des pr\u00e9c\u00e9dentes expositions de la DESTE. Le communiqu\u00e9 de presse indique que <em>Forever<\/em> a \u00e9t\u00e9 con\u00e7ue comme \u00ab\u00a0un \u00e9chantillon d\u2019\u0153uvres s\u00e9lectionn\u00e9es dans le but de donner au visiteur une id\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019orientation de la Dakis Joannou Collection<a href=\"#_ftn25\" name=\"_ftnref25\"><sup>[25]<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb et affirme que l\u2019\u00e9volution de la collection dans les ann\u00e9es 1990 a conduit \u00e0 des \u0153uvres plus en prise avec le monde, mani\u00e8re de revenir sur la lecture formaliste du mouvement Neo-Geo tr\u00e8s pr\u00e9sent dans la collection<a href=\"#_ftn26\" name=\"_ftnref26\"><sup>[26]<\/sup><\/a>. \u00ab\u00a0La collection privil\u00e9gie les artistes dont l\u2019\u0153uvre explore des enjeux ayant trait \u00e0 la vie quotidienne et \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience du monde r\u00e9el\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 2004, \u00e0 l\u2019occasion des jeux Olympiques d\u2019Ath\u00e8nes, la DESTE organise l\u2019exposition<em> Monument to Now<\/em>, dans un nouveau b\u00e2timent \u2013 une ancienne usine de chaussures \u2013 dans le quartier de Nea Ionia. Aux artistes d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sents dans la collection s\u2019ajoutent plusieurs nouveaux venus qui occupent alors le devant de la sc\u00e8ne internationale\u00a0: Maurizio Cattelan, Urs Fischer et Takashi Murakami. Rapidement, Fischer et Cattelan deviennent des artistes tr\u00e8s repr\u00e9sent\u00e9s dans la collection Joannou\u00a0: Cattelan avec par exemple <em>Frank &amp; Jamie <\/em>(2002), sculpture naturaliste de deux policiers install\u00e9s la t\u00eate en bas, et<em> <a href=\"https:\/\/cdn.sanity.io\/images\/wmq4hf8k\/production\/afc05a484cbe8ca468a72402de250259f6fbf584-2048x2613.jpg?w=1920&amp;q=100&amp;fit=clip&amp;auto=format\">Untitled (Manhole)<\/a> <\/em>(2001), effigie en cire de l\u2019artiste faisant irruption dans l\u2019exposition par un trou creus\u00e9 dans le sol et contemplant <em><a href=\"https:\/\/cdn.sanity.io\/images\/wmq4hf8k\/production\/42d40d8faebe9d508b5669685511f08c8844ce88-2048x1601.jpg?w=1920&amp;q=100&amp;fit=clip&amp;auto=format\">One Ball Total Equilibrium Tank<\/a><\/em> de Jeff Koons (1985), premi\u00e8re \u0153uvre acquise par Joannou\u00a0: le ballon de basket est en parfait \u00e9quilibre, au milieu de son aquarium. D\u2019Urs Fischer, qui devient l\u2019une des coqueluches du march\u00e9 et des biennales au cours des ann\u00e9es 2000, on trouve trois \u0153uvres de 2003 dont <em><a href=\"https:\/\/sothebys-com.brightspotcdn.com\/dims4\/default\/266d891\/2147483647\/strip\/true\/crop\/2000x939+0+0\/resize\/2880x1353!\/format\/webp\/quality\/90\/?url=http%3A%2F%2Fsothebys-brightspot-migration.s3.amazonaws.com%2Ffe%2F96%2Fb1%2F4209778e395e0e2b979a2b6817c4288caf61560749a28dfdd754c0a3d1%2F1087n09141-7bdvn.jpg\">What If the Phone Rings<\/a><\/em>, bougies g\u00e9antes figurant des personnages f\u00e9minins grossi\u00e8rement ex\u00e9cut\u00e9s, fondant pendant l\u2019exposition.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00ab\u00a0From Plato to Go-Go<a href=\"#_ftn27\" name=\"_ftnref27\"><sup>[27]<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 partir de 2005, plusieurs expositions dans des institutions mus\u00e9ales d\u2019envergure internationale marquent une \u00e9tape suppl\u00e9mentaire dans le processus de mise en visibilit\u00e9 de la collection Joannou. Une partie de la collection est expos\u00e9e \u00e0 Paris au Palais de Tokyo (<em>Translation<\/em>, commissariat Nicolas Bourriaud, Marc Sanchez et J\u00e9r\u00f4me Sans, 2005), au MUMOK et \u00e0 la Kunsthalle de Vienne (<em>Traum und Trauma<\/em>, commissariat Edelbert K\u00f6b, Gerald Matt and Angela Stief, 2007), et au New Museum \u00e0 New York (<em>Skin Fruit<\/em>, commissariat Jeff Koons, 2010).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour <em><a href=\"https:\/\/cdn.sanity.io\/images\/wmq4hf8k\/production\/4c5f46bb82b061b19331e1768e63f5e78bb3209c-2048x1365.jpg?w=1920&amp;q=100&amp;fit=clip&amp;auto=format\">Skin Fruit<\/a><\/em>, un nombre cons\u00e9quent d\u2019\u0153uvres de Maurizio Cattelan, Urs Fischer et Paul McCarthy est alors pr\u00e9sent\u00e9 au public, faisant de ces artistes, avec Koons, les embl\u00e8mes de la collection Joannou. Les th\u00e8mes sexuels et scatologiques sont aussi importants, si ce n\u2019est plus, que dans les pr\u00e9c\u00e9dentes expositions. De Paul McCarthy figurent ainsi\u00a0deux sculptures, <em>Untitled (Jack)<\/em>, buste masculin en silicone rouge au nez tr\u00e8s litt\u00e9ralement phallique et <em>Paula Jones<\/em>, \u0153uvre consistant en une table sur laquelle des personnages animalis\u00e9s \u00e0 l\u2019effigie du pr\u00e9sident des \u00c9tats-Unis Bill Clinton<a href=\"#_ftn28\" name=\"_ftnref28\"><sup>[28]<\/sup><\/a> se livrent \u00e0 une \u00e9bauche d\u2019orgie. Plusieurs \u0153uvres de <a href=\"https:\/\/cdn.sanity.io\/images\/wmq4hf8k\/production\/ad1b7fa8175198189e4a58d1b2411c08fbd744a7-2048x2451.jpg?w=1920&amp;q=100&amp;fit=clip&amp;auto=format\">Kiki Smith<\/a> et Chris Ofili d\u00e9j\u00e0 mentionn\u00e9es sont \u00e0 nouveau pr\u00e9sent\u00e9es\u00a0; Tim Noble et Sue Webster d\u00e9voilent une nouvelle sculpture sur le mod\u00e8le du th\u00e9\u00e2tre d\u2019ombre, <em><a href=\"http:\/\/www.timnobleandsuewebster.com\/tnsw_works\/2006_black_narcissus\/black_narcissus_2006B.jpg\">Black Narcissus<\/a><\/em>, 2006, constitu\u00e9 d\u2019un amas de phallus noirs de diff\u00e9rentes tailles, d\u2019un grand naturalisme comme en t\u00e9moignent leurs contours abondamment vein\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019exposition <em>Skin Fruit<\/em> a eu mauvaise presse. Dans le <em>New York Times<\/em>, Roberta Smith \u00e9reinte l\u2019exposition\u00a0: \u00ab\u00a0Parmi les nombreux b\u00e9mols, je mentionnerai les sculptures de Paul McCarthy et de l\u2019\u00e9quipe Tim Noble et Sue Webster pour leur caract\u00e8re d\u00e9sagr\u00e9able plus que gratuit<a href=\"#_ftn29\" name=\"_ftnref29\"><sup>[29]<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb. Parmi les multiples critiques, certaines font \u00e9tat d\u2019une exposition exclusivement centr\u00e9e sur des \u00ab\u00a0bad-boy works<a href=\"#_ftn30\" name=\"_ftnref30\"><sup>[30]<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb. Un critique parle d\u2019une collection \u00ab\u00a0d\u2019art de m\u00e2le alpha<a href=\"#_ftn31\" name=\"_ftnref31\"><sup>[31]<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb. Le titre de l\u2019exposition, que l\u2019on peut traduire par \u00ab\u00a0peau de fruit\u00a0\u00bb en fran\u00e7ais, a des connotations charnelles. Mais l\u2019anglais <em>skin fruit<\/em> rappelle phon\u00e9tiquement <em>skin flute<\/em>, expression fort imag\u00e9e d\u00e9signant le membre masculin. Cette th\u00e9matique, omnipr\u00e9sente dans l\u2019exposition comme dans les critiques qui s\u2019\u00e9l\u00e8vent alors dans la presse, suscitent la cr\u00e9ation d\u2019une performance de l\u2019artiste David Livingston, caricaturant \u00e0 peine l\u2019esth\u00e9tique dominante de <em>Skin Fruit<\/em>\u00a0: affubl\u00e9 d\u2019un p\u00e9nis factice surdimensionn\u00e9, l\u2019artiste cherche \u00e0 d\u00e9ambuler dans l\u2019exposition, mais se voit refuser l\u2019entr\u00e9e par les agents de s\u00e9curit\u00e9, somm\u00e9 de laisser son volumineux d\u00e9guisement au vestiaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019\u00e9tude de la r\u00e9ception critique de l\u2019exposition r\u00e9v\u00e8le que m\u00eame si c\u2019est d\u2019abord Jeff Koons qui est vis\u00e9 \u2013 l\u2019article du <em>Village Voice<\/em> est ainsi plaisamment sous-titr\u00e9 \u00ab\u00a0Here you go, folks \u2013 a guide to Jeff Koons\u2019s New Museum sausage party<a href=\"#_ftn32\" name=\"_ftnref32\"><sup>[32]<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb, le collectionneur n\u2019est pas en reste. \u00c0 partir de 2010, il est plus commun de lire dans la presse que Dakis Joannou collectionne d\u2019abord et avant tout les grandes stars de la provocation facile, comme en t\u00e9moigne l\u2019article de Christopher Mooney dans <em>Art Review<\/em> au titre \u00e9loquent : \u00ab\u00a0From Plato to Go-Go<a href=\"#_ftn33\" name=\"_ftnref33\"><sup>[33]<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb. On y lit notamment que \u00ab\u00a0dans le genre \u2018\u2018\u00e9pater le bourgeois\u2019\u2019, l\u2019exposition pr\u00e9sente la dose requise de caca et de sperme<a href=\"#_ftn34\" name=\"_ftnref34\"><sup>[34]<\/sup><\/a> \u00bb. Si, comme on vient de le montrer, il est certain que la promotion d\u2019une esth\u00e9tique de la r\u00e9gression comique a \u00e9t\u00e9 op\u00e9r\u00e9e par les diff\u00e9rentes monstrations d\u2019\u0153uvres de la collection Joannou, on peut cependant poser un autre type de question : le recours \u00e0 un artiste phare de la collection Joannou et star du march\u00e9 de l\u2019art, Jeff Koons, pour assurer le commissariat d\u2019une exposition au New Museum, ne constitue-t-il pas une mani\u00e8re de d\u00e9tourner l\u2019attention du profit \u00e0 la fois \u00e9conomique et symbolique que le collectionneur, par ailleurs membre du <em>Board of Trustees<\/em> du mus\u00e9e, est alors susceptible de tirer de l\u2019op\u00e9ration\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alors que s\u2019impose cette esth\u00e9tique pop-trash, la DESTE Foundation d\u00e9veloppe une nouvelle activit\u00e9 de publication. La s\u00e9rie <em>2000 words<\/em>, con\u00e7ue par le critique et commissaire Massimiliano Gioni et d\u00e9but\u00e9e en 2013, consiste en des monographies consacr\u00e9es \u00e0 des artistes de la collection Joannou\u00a0: Urs Fisher, Robert Gober, Chris Ofili, Tim Noble &amp; Sue Webster, entre autres. Chaque num\u00e9ro comporte un essai critique et une \u00e9tude des diff\u00e9rentes \u0153uvres de l\u2019artiste figurant dans la collection. Ces ouvrages ont donc une fonction de promotion et de mise en valeur intellectuelle de la collection\u00a0de Dakis Joannou.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 cette activit\u00e9 \u00e9ditoriale s\u2019ajoutent les revues publi\u00e9es par Maurizio Cattelan avec le soutien financier de la DESTE, notamment les quatre premiers num\u00e9ros de <em>Toilet Paper<\/em>. Lanc\u00e9e en 2010, la revue consiste en une succession de collages d\u2019images trouv\u00e9es sur Internet, entre collages surr\u00e9alistes et couvertures du magazine <em>Hara-Kiri<\/em>, provoquant souvent malaise ou rejet en raison du profond mauvais go\u00fbt des associations.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Conclusion : jouer au barbare atlantiste<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les choix profond\u00e9ment atlantistes de Dakis Joannou \u2013 les artistes qu\u2019il collectionne et met en avant demeurent principalement \u00e9tats-uniens \u2013 sont la marque d\u2019une prise de position dans le paysage culturel grec. Il laisse ainsi planer le doute quant au sens de sa d\u00e9marche\u00a0: pure provocation culturelle, dans une soci\u00e9t\u00e9 marqu\u00e9e par un anti-am\u00e9ricanisme ancien (la Dictature des Colonels entre 1967 et 1974 est largement permise par le soutien de la CIA) ou modernisation de la sc\u00e8ne artistique \u00e0 marche forc\u00e9e\u00a0? La Gr\u00e8ce compte de grandes dynasties de collectionneurs\u00a0: les Goulandris collectionnent l\u2019art des Cyclades, les Niarchos, les Onassis sont des armateurs dont les noms sont associ\u00e9s aux principaux mus\u00e9es et centres culturels d\u2019Ath\u00e8nes. Ils incarnent une r\u00e9ussite sociale grecque cultiv\u00e9e, s\u2019exprimant dans des choix de collectionneurs allant de l\u2019\u00e9poque myc\u00e9nienne \u00e0 l\u2019impressionnisme fran\u00e7ais, parfois \u00e0 la peinture de la premi\u00e8re moiti\u00e9 du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Le Centre de Recherche sur l\u2019Art Classique et Byzantin de l\u2019universit\u00e9 d\u2019Oxford<a href=\"#_ftn35\" name=\"_ftnref35\"><sup>[35]<\/sup><\/a> porte le nom de Stelios Joannou, p\u00e8re de Dakis Joannou. Dans ce contexte, Dakis Joannou semble se d\u00e9lecter \u00e0 jouer le r\u00f4le du barbare\u00a0: lui qui fait construire des h\u00f4tels et des supermarch\u00e9s g\u00e9ants dans le golfe persique affecte de ne conna\u00eetre que l\u2019art le plus occidental et le plus capitaliste \u2013 Koons est l\u2019artiste de la collection Joannou par excellence. Ce rapport \u00e0 l\u2019Am\u00e9rique capitaliste, vulgaire et philistin du point de vue des dynasties de collectionneurs grecs philanthropes et distingu\u00e9s, est donc une mani\u00e8re de se positionner dans un champ culturel d\u00e9termin\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La mise en visibilit\u00e9 progressive de la Collection Joannou est all\u00e9e de pair avec l\u2019acquisition d\u2019une position tr\u00e8s puissante dans le monde de l\u2019art contemporain international. Joannou a donn\u00e9 le ton au monde de l\u2019art contemporain et a notamment contribu\u00e9 \u00e0 l\u2019acceptation, la banalisation et la l\u00e9gitimation d\u2019un art comique, grossier, de mauvais go\u00fbt, parfois d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment b\u00eate<a href=\"#_ftn36\" name=\"_ftnref36\"><sup>[36]<\/sup><\/a>, et en tous les cas le plus ostensiblement \u00e9tats-unien qu\u2019il soit. Mais il l\u2019a fait apparemment sans avoir l\u2019ambition de le faire. Des entretiens ressortent une bonhomie et un plaisir simple m\u00e2tin\u00e9 de fiert\u00e9 \u00e0 montrer ses nouvelles acquisitions. \u00ab Nous sommes plus des promoteurs que des historiens de l\u2019art. Nous ne cherchons pas \u00e0 prendre du recul, \u00e0 nous poser en mus\u00e9e<a href=\"#_ftn37\" name=\"_ftnref37\"><sup>[37]<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb, insistait en 1988 Jeffrey Deitch \u00e0 propos de Joannou et de lui-m\u00eame. Mais l\u2019importance prise depuis par la collection Joannou et sa diffusion dans les plus grandes institutions internationales d\u2019art contemporain font r\u00e9sonner \u00e9trangement cette affirmation\u00a0: en ne se posant pas en mus\u00e9e tout en obtenant l\u2019onction des mus\u00e9es, les promoteurs, sans \u00eatre historiens d\u2019art, ont d\u00e9finitivement contribu\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9criture de l\u2019histoire de l\u2019art du temps pr\u00e9sent.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Notes<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\"><sup>[1]<\/sup><\/a> Moulin R., \u00ab\u00a0Les collectionneurs d\u2019art contemporain. La confusion des valeurs\u00a0\u00bb, <em>Passions priv\u00e9es. Collections particuli\u00e8res d&rsquo;art moderne et contemporain en France<\/em>, cat. exp., Paris, Mus\u00e9e national d\u2019Art moderne, 1995, p.\u00a066.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\"><sup>[2]<\/sup><\/a> Dakis Joannou est membre du Board of Trustees du New Museum \u00e0 New York, du Committee on Painting and Sculpture du MoMA, de l\u2019International Directors\u2019 Council du Guggenheim, ainsi que de l\u2019International Council de la Tate Gallery et du conseil d\u2019administration de la Serpentine Gallery \u00e0 Londres.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\"><sup>[3]<\/sup><\/a> Jeffrey Deitch, cit\u00e9 par Sonia Papa, \u00ab Dakis Joannou \u00bb, <em>Galeries Magazine<\/em>, octobre-novembre 1988, p. 119.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\"><sup>[4]<\/sup><\/a> Il s\u2019agit essentiellement de revues de presse et de documents relatifs \u00e0 l\u2019organisation des expositions (plans de salles, photographies, notices, \u00e9l\u00e9ments de communication). Les documents financiers ou relatifs aux \u00e9changes commerciaux\u00a0n\u2019\u00e9taient pas accessibles dans les archives, qui sont celles de la fondation (qui n\u2019est pas propri\u00e9taire des \u0153uvres) et non les archives de la collection personnelle de Joannou.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\"><sup>[5]<\/sup><\/a> Sur la place des mus\u00e9es priv\u00e9es et la promotion d\u2019un art d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment b\u00eate, voir Labar M., \u00ab L\u2019ambition des mus\u00e9es priv\u00e9s au XXI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle : The Broad et la Collection Pinault \u00bb, <em>Histoire de l\u2019art<\/em>, n\u00b0 84-85, 2020<strong>, <\/strong>p. 155-168. Pour une \u00e9tude compar\u00e9e des mises en visibilit\u00e9 des collections de Dakis Joannou, Eli Broad et Fran\u00e7ois Pinault, voir Labar M., \u00ab The New Discourses of the New Museums. Dakis Joannou, Fran\u00e7ois Pinault, Eli Broad \u00bb, Chassagnol A., Marie C. (\u00e9d.), <em>Museums in Literature. Fictionalising Museums, World Exhibitions, and Private Collections<\/em>, Turnhout, Brepols, 2022, p. 213-225, ainsi que Labar M., <em>La gloire de la b\u00eatise. R\u00e9gression et superficialit\u00e9 dans les arts depuis la fin des ann\u00e9es 1980<\/em>, Dijon, Les presses du r\u00e9el, \u00e0 para\u00eetre (en particulier chap. 5 \u00ab\u00a0Collectionnisme. Les collectionneurs-prescripteurs d\u2019art b\u00eate\u00a0\u00bb).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\"><sup>[6]<\/sup><\/a> La r\u00e9ception critique dans les principales revues d\u2019art contemporain en t\u00e9moigne\u00a0: Morgan S., \u00ab\u00a0School of Athens\u00a0\u00bb, <em>Artscribe International<\/em>, mars-avril 1988, p.\u00a09\u00a0; Mantegna G., \u00ab\u00a0Cultural Geometry\u00a0\u00bb, <em>Tema Celeste<\/em>, n\u00b0\u00a015, mars-mai 1988, p.\u00a081\u00a0; Albertazzi L., \u00ab\u00a0Cultural Geometry\u00a0\u00bb, <em>Arte Factum<\/em>, avril-mai 1988, p. 42-43.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\"><sup>[7]<\/sup><\/a> Koons J., <em>One Ball in Total Equilibrium <\/em>(1985) et les aspirateurs de la s\u00e9rie<em> The New <\/em>(1979-1980) ; Vaisman M., <em>The Whole Public Thing,<\/em> 1986, un socle carr\u00e9 de 177 cm par 177 cm et 45 cm de haut sur lequel sont dispos\u00e9es quatre lunettes de toilettes\u00a0; Peter Halley, <em>Two Cells with Circulating Conduits<\/em>, 1987, acrylique et peinture fluorescente sur toile\u00a0; Ashley Bickerton, <em>Abstract Painting for People #5 (BAD<\/em><em>)<\/em>, 1986. Sont \u00e9galement pr\u00e9sent\u00e9es des \u0153uvres d\u2019autres artistes associ\u00e9s au Neo-Geo\u00a0: Wallace et Donahue, Allan McCollum et John Armleder.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref8\" name=\"_ftn8\"><sup>[8]<\/sup><\/a> <em>Cultural Geometry<\/em>, cat.\u00a0exp., Ath\u00e8nes, Fondation DEKA, House of Cyprus 1988.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref9\" name=\"_ftn9\"><sup>[9]<\/sup><\/a> Dakis Joannou dans <em>Psychological Abstraction<\/em>, cat. exp., Ath\u00e8nes, Deste Foundation, 1989, n. p. : \u00ab We are in the midst of a revolutionnary period which is redefining, in a highly dynamic manner, the function of the factor \u2018\u2018art\u2019\u2019 through its social coordinates \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref10\" name=\"_ftn10\"><sup>[10]<\/sup><\/a> <em>Psychological Abstraction<\/em>, cat. exp., Ath\u00e8nes, Deste Foundation, 1989, n.\u00a0p. : \u00ab Contrary to the widespread perception of much of the new art as \u2018\u2018cool\u2019\u2019 and \u2018\u2018austere\u2019\u2019 as opposed to the hot brushwork of the Neo-Expressionists, most of the best new art, despite its outwardly cool appearance, is even more deeply psychologically and emotionaly charger \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref11\" name=\"_ftn11\"><sup>[11]<\/sup><\/a> Papa S., \u00ab\u00a0Dakis Joannou\u00a0\u00bb, <em>Galeries Magazine<\/em>, octobre-novembre 1988, p. 156.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref12\" name=\"_ftn12\"><sup>[12]<\/sup><\/a> Sur les processus de l\u00e9gitimation symbolique et le recours \u00e0 l\u2019histoire de l\u2019art comme \u00ab\u00a0police d\u2019assurance\u00a0\u00bb pour les \u0153uvres actuelles, voir Graw I., <em>High Price, Art between the Market and Celebrity Culture<\/em>, New York\u00a0; Berlin, Sternberg Press, 2010, en part. p. 19.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref13\" name=\"_ftn13\"><sup>[13]<\/sup><\/a> Mani\u00e8re suppl\u00e9mentaire d\u2019inscrire les artistes <em>Neo-Geo<\/em>, alors \u00e9galement d\u00e9sign\u00e9s comme \u00ab\u00a0n\u00e9o-conceptuels\u00a0\u00bb dans l\u2019h\u00e9ritage de l\u2019art conceptuel canonique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref14\" name=\"_ftn14\"><sup>[14]<\/sup><\/a> Papa S., \u00ab\u00a0Dakis Joannou\u00a0\u00bb, <em>Galeries Magazine<\/em>, octobre-novembre 1988, p. 160 : \u00ab Le sens de la flexibilit\u00e9 et la mobilit\u00e9 de la collection demeurent un point tr\u00e8s essentiel. En circulation et en changements permanents \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la maison ainsi qu\u2019au-dehors, la collection d\u00e9borde de ses limites fonctionnelles pour remplir le but culturel et les orientations de la Fondation Deste. Une grande partie voyage constamment, pr\u00eat\u00e9e \u00e0 de grandes expositions internationales itin\u00e9rantes \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref15\" name=\"_ftn15\"><sup>[15]<\/sup><\/a> Voir notamment \u00ab\u00a0Jeffrey Deitch: Interview\u00a0\u00bb, <em>Flash Art International,<\/em> vol.\u00a0XXIII, n\u00b0\u00a0153, \u00e9t\u00e9 1990, p. 68-69.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref16\" name=\"_ftn16\"><sup>[16]<\/sup><\/a> Appellation d\u00e9signant les artistes qui, \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1970, souvent soutenus par la revue <em>October<\/em> contre les repr\u00e9sentants de la peinture n\u00e9o-expressionniste, pratiquent l\u2019appropriation, la citation ou le d\u00e9tournement d\u2019images issues des mass-m\u00e9dias. L\u2019expression \u00ab\u00a0Pictures Generation\u00a0\u00bb est \u00e9galement employ\u00e9e apr\u00e8s que le critique et historien d\u2019art Douglas Crimp organise en 1977 l\u2019exposition <em>Pictures<\/em> (Artists Space \u00e0 New York). Voir \u00e9galement <em>The Pictures Generation, 1974-1984<\/em>, cat.\u00a0exp., New York, Metropolitan Museum of Art, 2009.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref17\" name=\"_ftn17\"><sup>[17]<\/sup><\/a> Papa S., \u00ab\u00a0Dakis Joannou\u00a0\u00bb, <em>Galeries Magazine<\/em>, octobre-novembre 1988, p. 146.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref18\" name=\"_ftn18\"><sup>[18]<\/sup><\/a> <em>Everything That\u2019s Interesting is New: The Dakis Joannou Collection<\/em>, cat.\u00a0exp., Ath\u00e8nes, School of Fine Arts \u00ab\u00a0The Factory\u00a0\u00bb\u00a0; Copenhague, Museum of Modern Art ; New York, Guggenheim Museum Soho, 1996, p.\u00a0108-109.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref19\" name=\"_ftn19\"><sup>[19]<\/sup><\/a> Deitch J., \u00ab\u00a0Truth in Advertising\u00a0\u00bb, <em>Everything That is Interesting is New: The Dakis Joannou Collection<\/em>, cat.\u00a0exp., Ath\u00e8nes, School of Fine Arts \u00ab\u00a0The Factory\u00a0\u00bb\u2026, 1996, p. 13-22.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref20\" name=\"_ftn20\"><sup>[20]<\/sup><\/a> Janus E., \u00ab\u00a0Everything That\u2019s Interesting is New: the Dakis Joannou Collection\u00a0\u00bb, <em>Frieze<\/em>, juin-juillet-ao\u00fbt 1996, p.\u00a076\u00a0: \u00ab\u00a0Joannou was in the process of building a collection of art from the late 80s that would rival in scale, breath and focus the collection of Minimal and conceptual art formed in the 1970s by Guiseppe Panza di Biumo\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref21\" name=\"_ftn21\"><sup>[21]<\/sup><\/a> Joannou D., \u00ab\u00a0Dakis Joannou and Jeff Koons\u00a0\u00bb, <em>Everything That\u2019s Interesting is New: The Dakis Joannou Collection<\/em>, cat.\u00a0exp., Ath\u00e8nes, School of Fine Arts \u00ab\u00a0The Factory\u00a0\u00bb\u2026, 1996, p. 291\u00a0: \u00ab\u00a0To understand what\u2019s happening now, you really have to look at the history and see where it all started. Duchamp\u2019s FOUNTAIN, that\u2019s really the beginning\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref22\" name=\"_ftn22\"><sup>[22]<\/sup><\/a> Il s\u2019agit d\u2019une ancienne usine \u00e0 papier r\u00e9am\u00e9nag\u00e9e par l\u2019architecte Christian Hubert dans le quartier ath\u00e9nien Neo Psychico.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref23\" name=\"_ftn23\"><sup>[23]<\/sup><\/a> La port\u00e9e est satirique et politique\u00a0: Ofili prend ainsi le contre-pied du regard port\u00e9 jusque-l\u00e0 sur l\u2019Afrique et les artistes africains en Grande-Bretagne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref24\" name=\"_ftn24\"><sup>[24]<\/sup><\/a> Ofili\u00a0raconte qu\u2019il travaillait dans le <em>red district<\/em> du quartier de King\u2019s Cross et qu\u2019au petit matin dans les rues, il y avait tous ces vestiges des activit\u00e9s nocturnes faussement glamour (prostitution triste et glauque contrecarr\u00e9e par les paillettes). Il s\u2019agit pour lui d\u2019une mani\u00e8re de mettre sous les yeux du visiteur au mus\u00e9e des \u00e9l\u00e9ments rebutants, dont on \u00e9vite g\u00e9n\u00e9ralement de s\u2019approcher. Il a d\u00e9coup\u00e9 ces personnages dans les magazines les plus obsc\u00e8nes et c\u2019est justement pour cela qu\u2019il les recolle\u00a0: pour les mettre en \u00e9vidence et choquer.\u00a0Le phallus g\u00e9ant est encore une fois une mani\u00e8re de faire r\u00e9f\u00e9rence au mythe (et st\u00e9r\u00e9otype populaire) du Noir au sexe surdimensionn\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref25\" name=\"_ftn25\"><sup>[25]<\/sup><\/a> Accessible en ligne sur le site internet de la DESTE, comme tous les communiqu\u00e9s de presse d\u2019exposition\u00a0: <a href=\"https:\/\/deste.gr\/exhibition\/forever\/\"><u>https:\/\/deste.gr\/exhibition\/forever\/<\/u><\/a> (consult\u00e9 en novembre 2022).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref26\" name=\"_ftn26\"><sup>[26]<\/sup><\/a> <em>Ibid<\/em>.\u00a0: \u00ab\u00a0These artists are less interested in the cool formalism and sharply polished corporate aesthetics of the eighties and more concerned with matters of personal or collective identity, the self, multi-cultural and gender politics, and the issue of inter-disciplinarity\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref27\" name=\"_ftn27\"><sup>[27]<\/sup><\/a> Mooney C., \u00ab\u00a0From Plato to Go-Go\u00a0\u00bb, <em>Art Review<\/em>, n\u00b0\u00a039, mars 2010, p.\u00a0110-113.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref28\" name=\"_ftn28\"><sup>[28]<\/sup><\/a> D\u2019o\u00f9 le titre de l\u2019\u0153uvre\u00a0: Paula Jones avait accus\u00e9 l\u2019ancien pr\u00e9sident des \u00c9tats-Unis de harc\u00e8lement sexuel. S\u2019en \u00e9tait suivi un proc\u00e8s fortement m\u00e9diatis\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref29\" name=\"_ftn29\"><sup>[29]<\/sup><\/a> Smith R., \u00ab\u00a0Anti-Mainstream Museum\u2019s Mainstream Show\u00a0\u00bb, <em>The New York Times<\/em>, 4 mars 2010, en ligne\u00a0: <a href=\"https:\/\/www.nytimes.com\/2010\/03\/05\/arts\/design\/05dakis.html\"><u>https:\/\/www.nytimes.com\/2010\/03\/05\/arts\/design\/05dakis.html<\/u><\/a> (consult\u00e9 en novembre 2022) : \u00ab\u00a0The low points are many. I\u2019ll mention the sculptures of Paul McCarthy and the team of Tim Noble and Sue Webster for their gratuitous nastiness\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref30\" name=\"_ftn30\"><sup>[30]<\/sup><\/a> Mooney C., \u00ab\u00a0From Plato to Go-Go\u00a0\u00bb, <em>Art Review<\/em>, n\u00b0\u00a039, mars 2010, p.\u00a0111.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref31\" name=\"_ftn31\"><sup>[31]<\/sup><\/a> Viveros-Faun\u00e9 C., \u00ab\u00a0Review: In the Money\u00a0\u00bb, <em>The Village Voice<\/em>, 24-30, mars 2010, p. 32 : \u00ab A collection of alpha male art \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref32\" name=\"_ftn32\"><sup>[32]<\/sup><\/a> <em>Ibid<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref33\" name=\"_ftn33\"><sup>[33]<\/sup><\/a> Mooney C., \u00ab\u00a0From Plato to Go-Go\u00a0\u00bb, <em>Art Review<\/em>, n\u00b0\u00a039, mars 2010, p.\u00a0110-113\u00a0: \u00ab\u00a0Dakis idea of what\u2019s good seems principally focused on the brashest bad-boy works of Robert Gober, Urs Fischer, Chris Ofili, Paul Chan, Richard Prince, Maurizio Cattelan, Kiki Smith and especially Jeff Koons\u00a0\u00bb. Le titre de l\u2019article fait sans doute r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l\u2019autre exposition de la collection de Dakis Joannou qui a lieu en m\u00eame temps que <em>Skin Fruit<\/em>, \u00e0 la Deste Foundation \u00e0 Ath\u00e8nes, <em>Alpha Omega<\/em>, dont Massimiliano Gioni est commissaire. Le catalogue, qui a l\u2019apparence d\u2019un livre cartonn\u00e9 pour enfant, s\u2019ouvre sur une citation d\u2019une pleine page du <em>Tim\u00e9e<\/em> de Platon.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref34\" name=\"_ftn34\"><sup>[34]<\/sup><\/a> Mooney C., \u00ab\u00a0From Plato to Go-Go\u00a0\u00bb, <em>Art Review<\/em>, n\u00b0\u00a039, mars 2010, p.\u00a0110-113\u00a0: \u00ab\u00a0The show also features the requisite dose of \u00e9pater le bourgeois caca and cum\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref35\" name=\"_ftn35\"><sup>[35]<\/sup><\/a> Stelios Ioannou School for Research in Classical and Byzantine Studies at the University of Oxford.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref36\" name=\"_ftn36\"><sup>[36]<\/sup><\/a> Voir Labar M., <em>La gloire de la b\u00eatise. R\u00e9gression et superficialit\u00e9 dans les arts depuis la fin des ann\u00e9es 1980<\/em>, Dijon, Les presses du r\u00e9el (\u00e0 para\u00eetre).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref37\" name=\"_ftn37\"><sup>[37]<\/sup><\/a> Papa S., \u00ab\u00a0Dakis Joannou\u00a0\u00bb, <em>Galeries Magazine<\/em>, octobre-novembre 1988, p. 119.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><div class=\"wpcp\">Pour citer cet article : Morgan Labar, \"La mise en visibilit\u00e9 de la collection Dakis Joannou\u00a0: un enjeu pour l\u2019\u00e9criture de l\u2019histoire de l\u2019art contemporain globalis\u00e9\", <em>exPosition<\/em>, 6 d\u00e9cembre 2022, <a href=\"https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/articles7\/labar-collection-dakis-joannou\/%20\">https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/articles7\/labar-collection-dakis-joannou\/%20<\/a>. 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Ancien boursier postdoctoral de la Terra Foundation for American Art \u00e0 l\u2019INHA, il &hellip; <a href=\"https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/articles7\/labar-collection-dakis-joannou\/%20\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;La mise en visibilit\u00e9 de la collection Dakis Joannou\u00a0: un enjeu pour l\u2019\u00e9criture de l\u2019histoire de l\u2019art contemporain globalis\u00e9&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":49,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[334],"tags":[363,104,361,342,343,33,360,87,365,364,362],"class_list":["post-2437","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-articles7","tag-athenes","tag-collection","tag-comique","tag-dakis-joannou","tag-deste-foundation","tag-exposition","tag-grotesque","tag-jeff-koons","tag-maurizio-cattelan","tag-paul-mccarthy","tag-regression"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.0 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>La mise en visibilit\u00e9 de la collection Dakis Joannou\u00a0: un enjeu pour l\u2019\u00e9criture de l\u2019histoire de l\u2019art contemporain globalis\u00e9 - exPosition<\/title>\n<meta name=\"description\" content=\"par Morgan Labar. 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