{"id":2583,"date":"2023-11-13T15:13:38","date_gmt":"2023-11-13T14:13:38","guid":{"rendered":"https:\/\/www.revue-exposition.com\/?p=2583"},"modified":"2023-12-01T11:51:40","modified_gmt":"2023-12-01T10:51:40","slug":"godfroy-gallardo-expositions-plein-air-avant-1737","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/articles8\/godfroy-gallardo-expositions-plein-air-avant-1737\/%20","title":{"rendered":"Les expositions de tableaux en plein air avant le Salon de 1737"},"content":{"rendered":"<h3 style=\"text-align: justify;\">par Christine Godfroy-Gallardo<\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8212; <strong><em>Christine Godfroy-Gallardo<\/em><\/strong><em> est docteure en histoire de l\u2019art de l\u2019universit\u00e9 de Paris 1 Panth\u00e9on-Sorbonne. Elle a soutenu en 2014, sous la direction de Dominique Poulot, sa th\u00e8se qui portait sur les marchands de tableaux qui ont \u0153uvr\u00e9 en tant qu\u2019experts pour le mus\u00e9e du Louvre, de la R\u00e9volution \u00e0 1848. Chercheur ind\u00e9pendant, elle concentre principalement ses recherches sur l\u2019histoire du march\u00e9 de l\u2019art en relation avec la cr\u00e9ation du mus\u00e9e du Louvre et les premi\u00e8res institutions mus\u00e9ales en Europe. Ses derni\u00e8res interventions ont port\u00e9 sur la restitution de deux tableaux de Claude Lorrain sous le Consulat, dans le cadre du s\u00e9minaire \u00ab Collection \u00bb du GRHAM (Groupe de Recherche en Histoire de l\u2019Art Moderne) \u00e0 l\u2019INHA, ainsi que sur l\u2019\u00e9tude du peintre et marchand de tableaux Jacques Aved (1702-1766) lors de la conf\u00e9rence annuelle de l\u2019Association for Art History \u00e0 Londres. Elle a aussi r\u00e9cemment contribu\u00e9 en tant qu\u2019auteur \u00e0 la r\u00e9daction de notices sur les marchands de tableaux et les galeries d\u2019art pour le dictionnaire digital <\/em>Bloomsbury Art Markets<em>, lanc\u00e9 en ligne en mars 2023<\/em>. &#8212;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les tableaux, \u00e0 la fin du XVII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, sont peu expos\u00e9s \u00e0 la curiosit\u00e9 du public. Comme le rappelle en 1699 les pages du <em>Mercure galant<\/em>\u00a0: \u00ab\u00a0\u2026 nous voyons rarement de beaux ouvrages exposez \u00e0 la v\u00fb\u00eb de tout le monde, les particuliers les renfermant dans leurs cabinets, comme dans des cachots, \u00e0 la maniere des tresors<a name=\"_ftnref1\"><\/a><a href=\"#_ftn1\">[1]<\/a>\u00a0\u00bb. Cette situation est jug\u00e9e d\u2019autant plus regrettable par le r\u00e9dacteur que les tableaux dispos\u00e9s dans les lieux publics pr\u00e9sentent des spectacles propres \u00e0 plaire au peuple et \u00e0 l\u2019attirer, selon les sujets de repr\u00e9sentation, \u00e0 la pi\u00e9t\u00e9. Les expositions publiques de tableaux sont rarement associ\u00e9es au si\u00e8cle de Louis XIV (1643-1715). Les imaginer se d\u00e9rouler en plein air, \u00e0 ciel ouvert, soumises \u00e0 des variations climatiques impr\u00e9visibles para\u00eet encore plus improbable. Pourtant de tels \u00e9v\u00e9nements se sont produits, d\u2019une part lors de la f\u00eate annuelle du Saint-Sacrement, d\u2019autre part dans le cadre des activit\u00e9s de l\u2019Acad\u00e9mie royale de peinture et de sculpture. Toutefois ils ont \u00e9t\u00e9 peu analys\u00e9s, car si l\u2019\u00e9tude des espaces publics d\u2019exposition a fait l\u2019objet de publications tr\u00e8s r\u00e9centes, notamment celles de Pamela Bianchi<a name=\"_ftnref2\"><\/a><a href=\"#_ftn2\">[2]<\/a>, les th\u00e8mes abord\u00e9s se rapportent majoritairement \u00e0 des espaces int\u00e9rieurs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>La procession du Saint-Sacrement<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 la fin du XVII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, les peintres qui d\u00e9sirent vendre leurs tableaux sans interm\u00e9diaire ont rarement la possibilit\u00e9 d\u2019exposer leurs \u0153uvres \u00e0 la foule des curieux. L\u2019\u00e9talage et la vente de tableaux \u00e0 Paris sont strictement r\u00e9glement\u00e9s par la corporation des peintres, qui laisse peu d\u2019alternatives aux jeunes artistes d\u00e9sireux d\u2019acc\u00e9der \u00e0 la notori\u00e9t\u00e9, comme l\u2019ont montr\u00e9 Thomas Crow<a name=\"_ftnref3\"><\/a><a href=\"#_ftn3\">[3]<\/a>, Jean Chatelus<a name=\"_ftnref4\"><\/a><a href=\"#_ftn4\">[4]<\/a> ou Isabelle Richefort<a name=\"_ftnref5\"><\/a><a href=\"#_ftn5\">[5]<\/a>. Certes, des tableaux se d\u00e9ploient dans l\u2019espace public urbain \u00e0 l\u2019occasion de c\u00e9r\u00e9monies religieuses comme le May de Notre-Dame, ou de solennit\u00e9s profanes comme les entr\u00e9es royales et les c\u00e9r\u00e9monies fun\u00e8bres, mais ces commandes ponctuelles ne concernent que des artistes au talent souvent affirm\u00e9. Si des expositions<a name=\"_ftnref6\"><\/a><a href=\"#_ftn6\">[6]<\/a> r\u00e9guli\u00e8res de tableaux sont document\u00e9es \u00e0 Rome, sous le portique du Panth\u00e9on, d\u00e8s les ann\u00e9es 1630, tr\u00e8s rares sont les c\u00e9r\u00e9monies religieuses qui donnent lieu \u00e0 des expositions publiques de tableaux, dans les rues et sur les places, telles que celle de la place Dauphine, \u00e0 Paris, lors de la F\u00eate-Dieu. Celle-ci offre la possibilit\u00e9 aux artistes de suspendre temporairement aux murs de la place des tableaux susceptibles d\u2019inspirer de pieux sentiments, les autorit\u00e9s eccl\u00e9siastiques ne tol\u00e9rant sur la place que les seuls sujets sacr\u00e9s. Mais les peintres et les marchands de tableaux, en qu\u00eate d\u2019\u00e9ventuels acqu\u00e9reurs, profitent de cette f\u00eate populaire pour transformer le lieu en une \u00e9blouissante salle d\u2019exposition \u00e0 ciel ouvert.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u00e9l\u00e9br\u00e9e le jeudi qui suit la Trinit\u00e9, soit soixante jours apr\u00e8s P\u00e2ques, et solennis\u00e9e le dimanche, la F\u00eate-Dieu<a name=\"_ftnref7\"><\/a><a href=\"#_ftn7\">[7]<\/a> comm\u00e9more l\u2019institution du Saint-Sacrement. L\u2019Octave appel\u00e9e la \u00ab\u00a0petite F\u00eate-Dieu\u00a0\u00bb donne lieu, la semaine suivante, \u00e0 de nouvelles processions. Le Saint-Sacrement est expos\u00e9 avec \u00e9clat, port\u00e9 magnifiquement dans les rues selon un parcours parfaitement r\u00e9gl\u00e9, pour recevoir des fid\u00e8les les hommages qui lui sont dus<a name=\"_ftnref8\"><\/a><a href=\"#_ftn8\">[8]<\/a>. Les rues qui accueillent les processions sont tendues de tapisseries et de tentures \u00e9clatantes<a name=\"_ftnref9\"><\/a><a href=\"#_ftn9\">[9]<\/a>, ce qui n\u2019est pas laiss\u00e9 au bon vouloir des habitants des quartiers, mais s\u2019av\u00e8re une obligation formelle sous peine d\u2019amendes. M\u00eame les membres de la religion r\u00e9form\u00e9e se voient contraints de tendre le devant de leur maison<a name=\"_ftnref10\"><\/a><a href=\"#_ftn10\">[10]<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Plac\u00e9s aux endroits strat\u00e9giques de la ville, \u00e0 l\u2019intersection des rues et sur les places, des reposoirs<a name=\"_ftnref11\"><\/a><a href=\"#_ftn11\">[11]<\/a> permettent de poser r\u00e9guli\u00e8rement l\u2019ostensoir durant la procession. Richement d\u00e9cor\u00e9s, ces autels provisoires font l\u2019orgueil des habitants du quartier qui contribuent, autant qu\u2019ils le peuvent, \u00e0 leur d\u00e9coration, fournissant des fleurs, des vases ou des flambeaux. La construction de ces autels \u00e9ph\u00e9m\u00e8res incombe au propri\u00e9taire du logement contre lequel le reposoir est adoss\u00e9. Les plus riches habitants se font un devoir d\u2019orner somptueusement la fa\u00e7ade de leur maison o\u00f9 sont dress\u00e9s les reposoirs. Ainsi, en juin 1648, le reposoir plac\u00e9 devant le logis de Jacques Tubeuf, l\u2019un des quatre intendants des finances, garni de vases d\u2019argent et de vermeil emprunt\u00e9s pour l\u2019occasion, a co\u00fbt\u00e9 en bois et en ouvrages pas moins de 3 000 livres<a name=\"_ftnref12\"><\/a><a href=\"#_ftn12\">[12]<\/a> (Fig. 1). La d\u00e9coration des reposoirs offre l\u2019occasion au roi et aux membres de la famille royale de t\u00e9moigner leur pi\u00e9t\u00e9. Les richesses de la Couronne sont pr\u00e9sent\u00e9es \u00e0 la foule venue les admirer. Ainsi, en 1648, la reine Anne d\u2019Autriche confectionne de ses propres mains une couronne compos\u00e9e des diamants de la Couronne, destin\u00e9e \u00e0 orner le reposoir dress\u00e9 au Palais-Royal<a name=\"_ftnref13\"><\/a><a href=\"#_ftn13\">[13]<\/a>.<\/p>\n<figure id=\"attachment_2594\" aria-describedby=\"caption-attachment-2594\" style=\"width: 840px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-2594 size-large\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/image_della_bella_stefano_dit_etienne_de_la_belle_a_monseig.r_tub__1033574.jpg?resize=840%2C606&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"840\" height=\"606\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/image_della_bella_stefano_dit_etienne_de_la_belle_a_monseig.r_tub__1033574-scaled.jpg?resize=1024%2C739&amp;ssl=1 1024w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/image_della_bella_stefano_dit_etienne_de_la_belle_a_monseig.r_tub__1033574-scaled.jpg?resize=300%2C216&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/image_della_bella_stefano_dit_etienne_de_la_belle_a_monseig.r_tub__1033574-scaled.jpg?resize=768%2C554&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/image_della_bella_stefano_dit_etienne_de_la_belle_a_monseig.r_tub__1033574-scaled.jpg?resize=1536%2C1108&amp;ssl=1 1536w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/image_della_bella_stefano_dit_etienne_de_la_belle_a_monseig.r_tub__1033574-scaled.jpg?resize=2048%2C1477&amp;ssl=1 2048w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/image_della_bella_stefano_dit_etienne_de_la_belle_a_monseig.r_tub__1033574-scaled.jpg?resize=1200%2C865&amp;ssl=1 1200w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/image_della_bella_stefano_dit_etienne_de_la_belle_a_monseig.r_tub__1033574-scaled.jpg?w=1680&amp;ssl=1 1680w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/image_della_bella_stefano_dit_etienne_de_la_belle_a_monseig.r_tub__1033574-scaled.jpg?w=2520&amp;ssl=1 2520w\" sizes=\"auto, (max-width: 709px) 85vw, (max-width: 909px) 67vw, (max-width: 1362px) 62vw, 840px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2594\" class=\"wp-caption-text\">Fig. 1 : Stefano Della Bella, A Monseig.r Tuboeuf cons.er du roy en ses conseils intendant de ses finances president en la chambre des comptes [\u2026], 1648, eau-forte, 35,8 x 49,8 cm, Paris, mus\u00e9e Carnavalet<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">Document\u00e9s \u00e0 Paris depuis la fin du XVI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle<a name=\"_ftnref14\"><\/a><a href=\"#_ftn14\">[14]<\/a>, les reposoirs sont d\u2019abord orn\u00e9s de pi\u00e8ces d\u2019orf\u00e8vrerie. La procession du Saint-Sacrement d\u00e9ploie un amonc\u00e8lement de richesses faites pour magnifier la c\u00e9r\u00e9monie. Un arr\u00eat du Parlement de Paris, dat\u00e9 du 23 mai 1524, ordonne \u00e0 tous les monast\u00e8res, aux \u00e9glises et aux coll\u00e8ges de parer les rues le jour du Saint-Sacrement, et \u00e0 leurs membres de sortir et venir devant leurs portes avec leurs ornements et encensoirs<a name=\"_ftnref15\"><\/a><a href=\"#_ftn15\">[15]<\/a>. \u00c0 partir du milieu du XVII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, les tableaux commencent \u00e0 embellir les installations, pos\u00e9s directement sur l\u2019autel, mais aussi suspendus devant les tapisseries qui entourent le reposoir et cachent la construction faite de poteaux solidement ancr\u00e9s dans le sol et de planches de bois<a name=\"_ftnref16\"><\/a><a href=\"#_ftn16\">[16]<\/a>. Outre les reposoirs, des tableaux sont \u00e9galement expos\u00e9s sur les murs \u00e0 l\u2019entour, aux portes des maisons et aux devantures des boutiques devant lesquelles passe le cort\u00e8ge des eccl\u00e9siastiques et des fid\u00e8les en pri\u00e8re. Cette profusion d\u2019objets \u00e9clatants, faite pour \u00e9blouir les yeux, n\u2019est pas contraire \u00e0 l\u2019aust\u00e9rit\u00e9 qu\u2019exige la c\u00e9r\u00e9monie. La procession du Saint-Sacrement doit se faire avec une pompe magnifique, car elle a pour objet de r\u00e9parer toutes les irr\u00e9v\u00e9rences commises pendant le cours de l\u2019ann\u00e9e contre la sainte eucharistie<a name=\"_ftnref17\"><\/a><a href=\"#_ftn17\">[17]<\/a>. Dans un contexte de controverses religieuses sur la l\u00e9gitimit\u00e9 du culte des images, la splendeur de la c\u00e9r\u00e9monie doit contribuer \u00e0 convertir h\u00e9r\u00e9tiques, impies ou libertins<a name=\"_ftnref18\"><\/a><a href=\"#_ftn18\">[18]<\/a>. Aussi le reposoir doit-il \u00eatre bien orn\u00e9 et \u00e9clair\u00e9 de luminaires\u00a0; surtout, il ne doit rien montrer de lugubre. M\u00eame si cette c\u00e9r\u00e9monie repr\u00e9sente l\u2019\u00e9tat dans lequel le Seigneur \u00e9tait dans le tombeau, le Christ ne cesse pour cela d\u2019\u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme glorieux et immortel. Le lieu o\u00f9 repose le Saint-Sacrement peut donc accueillir des images et des figures<a name=\"_ftnref19\"><\/a><a href=\"#_ftn19\">[19]<\/a>. La pr\u00e9sence des images lors de la F\u00eate-Dieu ne fait pourtant pas l\u2019unanimit\u00e9 parmi les dignitaires eccl\u00e9siastiques. Des voix s\u2019\u00e9l\u00e8vent contre leur utilisation pendant la c\u00e9r\u00e9monie, les fid\u00e8les pr\u00e9f\u00e9rant regarder les images si bien orn\u00e9es plut\u00f4t que se recueillir dans la pri\u00e8re<a name=\"_ftnref20\"><\/a><a href=\"#_ftn20\">[20]<\/a>. Le r\u00f4le p\u00e9dagogique attribu\u00e9 aux images pieuses est toutefois r\u00e9affirm\u00e9 par les membres de la Compagnie du Saint-Sacrement. Les images doivent s\u00e9duire les yeux agr\u00e9ablement afin d\u2019exhorter les spectateurs \u00e0 imiter les vertus repr\u00e9sent\u00e9es<a name=\"_ftnref21\"><\/a><a href=\"#_ftn21\">[21]<\/a>. Les tableaux qui montrent des choses saintes et non profanes trouvent ainsi naturellement leur place dans les rues o\u00f9 passent les processions.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Une nouvelle J\u00e9rusalem c\u00e9leste<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Parmi les plus beaux reposoirs de Paris, celui de la place Dauphine s\u2019av\u00e8re l\u2019un des plus admir\u00e9s. La place tout enti\u00e8re est transfigur\u00e9e pour l\u2019occasion, offrant la vision d\u2019une \u00ab\u00a0nouvelle J\u00e9rusalem c\u00e9leste<a name=\"_ftnref22\"><\/a><a href=\"#_ftn22\">[22]<\/a>\u00a0\u00bb, telle que la d\u00e9crit l\u2019ap\u00f4tre Jean dans le chapitre 21 de l\u2019Apocalypse. Comme l\u2019exigent les ordonnances de police, les fa\u00e7ades des maisons sont tendues de tapisseries, mises en place d\u00e8s le matin de la procession \u00e0 l\u2019aide de crochets fix\u00e9s au premier \u00e9tage des maisons<a name=\"_ftnref23\"><\/a><a href=\"#_ftn23\">[23]<\/a>. Une multitude de tableaux, des plus humbles auteurs aux ma\u00eetres reconnus, \u00e9maillent les murs de la place jusqu\u2019\u00e0 d\u00e9border sur le quai voisin. Cet \u00e9talage de toiles peintes fait de la place une immense salle tapiss\u00e9e de tableaux<a name=\"_ftnref24\"><\/a><a href=\"#_ftn24\">[24]<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par son architecture en forme de triangle et sa proximit\u00e9 avec le Pont-Neuf tr\u00e8s fr\u00e9quent\u00e9, la place Dauphine se pr\u00eate particuli\u00e8rement bien aux c\u00e9r\u00e9monies, aussi bien religieuses que profanes<a name=\"_ftnref25\"><\/a><a href=\"#_ftn25\">[25]<\/a> (Fig. 2).<\/p>\n<figure id=\"attachment_2601\" aria-describedby=\"caption-attachment-2601\" style=\"width: 840px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-2601 size-large\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Theatre_de_Tabarin___estampe_Bosse_Abraham_btv1b8401848z_1-2.jpeg?resize=840%2C347&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"840\" height=\"347\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Theatre_de_Tabarin___estampe_Bosse_Abraham_btv1b8401848z_1-2.jpeg?resize=1024%2C423&amp;ssl=1 1024w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Theatre_de_Tabarin___estampe_Bosse_Abraham_btv1b8401848z_1-2.jpeg?resize=300%2C124&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Theatre_de_Tabarin___estampe_Bosse_Abraham_btv1b8401848z_1-2.jpeg?resize=768%2C317&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Theatre_de_Tabarin___estampe_Bosse_Abraham_btv1b8401848z_1-2.jpeg?resize=1200%2C496&amp;ssl=1 1200w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Theatre_de_Tabarin___estampe_Bosse_Abraham_btv1b8401848z_1-2.jpeg?w=1396&amp;ssl=1 1396w\" sizes=\"auto, (max-width: 709px) 85vw, (max-width: 909px) 67vw, (max-width: 1362px) 62vw, 840px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2601\" class=\"wp-caption-text\">Fig. 2 : Abraham Bosse, Th\u00e9\u00e2tre de Tabarin, 1618-1620, estampe, Paris, biblioth\u00e8que nationale de France, d\u00e9partement Estampes et photographie<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0Construite au d\u00e9but du XVII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle et achev\u00e9e vers 1616, elle pr\u00e9sente un alignement de fa\u00e7ades identiques faites de pierres blanches, de briques et d\u2019ardoises, que rel\u00e8ve \u00e0 la pointe du triangle la statue \u00e9questre en bronze du roi Henri IV. Les immeubles, tous semblables, \u00e0 l\u2019exception de ceux situ\u00e9s aux angles, lui donnent son caract\u00e8re d\u2019espace ferm\u00e9<a name=\"_ftnref26\"><\/a><a href=\"#_ftn26\">[26]<\/a> (Fig. 3). Les rez-de-chauss\u00e9e \u00e0 arcades accueillent des boutiques de marchands. Les orf\u00e8vres y sont particuli\u00e8rement bien repr\u00e9sent\u00e9s. Cette corporation, l\u2019une des plus riches de la ville, est sp\u00e9cialement charg\u00e9e de la d\u00e9coration du reposoir.<\/p>\n<figure id=\"attachment_2599\" aria-describedby=\"caption-attachment-2599\" style=\"width: 666px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-2599 size-large\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/plan-place-dauphine.jpg?resize=666%2C1024&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"666\" height=\"1024\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/plan-place-dauphine-scaled.jpg?resize=666%2C1024&amp;ssl=1 666w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/plan-place-dauphine-scaled.jpg?resize=195%2C300&amp;ssl=1 195w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/plan-place-dauphine-scaled.jpg?resize=768%2C1181&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/plan-place-dauphine-scaled.jpg?resize=999%2C1536&amp;ssl=1 999w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/plan-place-dauphine-scaled.jpg?resize=1332%2C2048&amp;ssl=1 1332w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/plan-place-dauphine-scaled.jpg?w=1665&amp;ssl=1 1665w\" sizes=\"auto, (max-width: 709px) 85vw, (max-width: 909px) 67vw, (max-width: 984px) 61vw, (max-width: 1362px) 45vw, 600px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2599\" class=\"wp-caption-text\">Fig. 3 : Plan de la Place Dauphine avec un m\u00e9moire d\u00e9taill\u00e9 de toutes les maisons et d\u2019autres papiers : plan de situation avant projet, 1685, dessin plume, encre de Chine, lavis d\u2019encre de Chine, aquarelle, 75 x 49,4 cm, Paris, Biblioth\u00e8que nationale de France, d\u00e9partement Estampes et photographie<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si les orf\u00e8vres fournissent pour la f\u00eate de somptueux objets d\u2019or et d\u2019argent, ils se servent \u00e9galement de tableaux pour faire du reposoir de la place Dauphine le plus beau de la ville. Pr\u00eat\u00e9s pour quelques heures par les marchands de tableaux install\u00e9s dans le quartier, les tableaux sont aussi parfois command\u00e9s directement par les orf\u00e8vres aupr\u00e8s d\u2019artistes r\u00e9put\u00e9s, \u00e0 l\u2019instar des commandes de la corporation pour les Mays de Notre-Dame<a name=\"_ftnref27\"><\/a><a href=\"#_ftn27\">[27]<\/a>. Ainsi, le peintre Claude Vignon (1593-1670) est sollicit\u00e9 par un orf\u00e8vre de ses amis pour r\u00e9aliser une toile de grande dimension destin\u00e9e \u00e0 couvrir l\u2019\u00e9tendue de sa boutique et \u00e0 servir de fond \u00e0 son reposoir<a name=\"_ftnref28\"><\/a><a href=\"#_ftn28\">[28]<\/a> (Fig. 4).<\/p>\n<figure id=\"attachment_2602\" aria-describedby=\"caption-attachment-2602\" style=\"width: 840px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-2602 size-large\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/image-sainte-catherine-Vignon.jpg?resize=840%2C594&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"840\" height=\"594\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/image-sainte-catherine-Vignon-scaled.jpg?resize=1024%2C724&amp;ssl=1 1024w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/image-sainte-catherine-Vignon-scaled.jpg?resize=300%2C212&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/image-sainte-catherine-Vignon-scaled.jpg?resize=768%2C543&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/image-sainte-catherine-Vignon-scaled.jpg?resize=1536%2C1086&amp;ssl=1 1536w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/image-sainte-catherine-Vignon-scaled.jpg?w=1680&amp;ssl=1 1680w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/image-sainte-catherine-Vignon-scaled.jpg?w=2520&amp;ssl=1 2520w\" sizes=\"auto, (max-width: 709px) 85vw, (max-width: 909px) 67vw, (max-width: 1362px) 62vw, 840px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2602\" class=\"wp-caption-text\">Fig. 4 : Claude Vignon, Sainte Catherine refusant de sacrifier aux idoles, vers 1623-1625, huile sur toile, 145 x 210 cm, Paris, mus\u00e9e du Louvre, photo\u00a9 RMN-Grand Palais (mus\u00e9e du Louvre) \/ Franck Raux<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bien que les th\u00e8mes religieux, tels que le martyre des saints, trouvent naturellement leur place sur les reposoirs, d\u2019autres genres de tableaux sont admis lors de la F\u00eate-Dieu<a name=\"_ftnref29\"><\/a><a href=\"#_ftn29\">[29]<\/a>. Les paysages, qui pr\u00e9sentent une infinit\u00e9 de figures d\u2019arbres, de plantes et de fleurs, puis les portraits sont tol\u00e9r\u00e9s par les autorit\u00e9s eccl\u00e9siastiques, soucieuses de ne faire voir aux fid\u00e8les que des sujets jug\u00e9s inoffensifs. Les rubriques du <em>Processionnal de Chartres<\/em> de 1674 mettent ainsi en garde les membres du clerg\u00e9 contre la mise en place sur le reposoir d\u2019images qui pourraient choquer la vue des fid\u00e8les, notamment de tableaux ind\u00e9cents ou qui pr\u00eateraient \u00e0 rire<a name=\"_ftnref30\"><\/a><a href=\"#_ftn30\">[30]<\/a>. Malgr\u00e9 l\u2019attention port\u00e9e aux th\u00e8mes expos\u00e9s ces jours-l\u00e0, les tableaux profanes, notamment ceux traitant de sujets mythologiques comme les amours des dieux, se m\u00ealent vraisemblablement d\u00e8s la fin du XVII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle aux sc\u00e8nes religieuses<a name=\"_ftnref31\"><\/a><a href=\"#_ftn31\">[31]<\/a>. La pr\u00e9sentation de peintures lascives et ind\u00e9centes lors des processions attire les foudres des dignitaires qui s\u2019opposent fermement \u00e0 la pr\u00e9sentation de tableaux ou d\u2019images irr\u00e9v\u00e9rencieuses. Dans un mandement du 21 mai 1717, l\u2019archev\u00eaque de Paris, le cardinal de Noailles, demande aux \u00e9v\u00eaques d\u2019arr\u00eater un tel d\u00e9sordre\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 40px;\">\u00ab\u00a0Nous avons \u00e9t\u00e9 avertis qu\u2019entre les Tapisseries tendu\u00ebs et les tableaux exposez, tant dans les ru\u00ebs et aux Reposoirs, que m\u00eame dans les Eglises, pour les Processions et l\u2019exposition du Tr\u00e8s-Saint Sacrement \u00e0 sa F\u00eate et pendant l\u2019Octave, il s\u2019en \u00e9toit trouv\u00e9 les ann\u00e9es derni\u00e8res qui representoient non seulement des Histoires profanes ou fabuleuses, des jeux ou des danses, mais encore des nuditez, des actions et postures indecentes, objets capables d\u2019offenser la pudeur et de r\u00e9veiller les passions. Un tel desordre n\u2019attireroit-il pas le reproche que S. Paul faisoit aux Fid\u00e8les de Corinthe, <em>de s\u2019assembler non \u00e0 leur bien et \u00e0 leur salut, mais \u00e0 leur ruine et \u00e0 leur perte, sans le discernement et le respect d\u00fb au corps du Seigneur<\/em><a name=\"_ftnref32\"><\/a><a href=\"#_ftn32\">[32]<\/a>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces images profanes ne peuvent que d\u00e9tourner les fid\u00e8les de leur foi et surtout attirer la raillerie des membres de la religion r\u00e9form\u00e9e. Exhiber des tableaux ind\u00e9cents \u00e0 la vue des croyants va \u00e0 l\u2019encontre des pr\u00e9ceptes du Concile de Trente qui condamnent dans les images expos\u00e9es tout embellissement et ornement contraires \u00e0 la pudeur<a name=\"_ftnref33\"><\/a><a href=\"#_ftn33\">[33]<\/a>.\u00a0Regarder des images \u00ab\u00a0deshonn\u00eates et lascives\u00a0\u00bb, les exposer, les vendre, et pire encore, les faire, est consid\u00e9r\u00e9 par les \u00e9v\u00eaques des conciles provinciaux comme un divertissement criminel<a name=\"_ftnref34\"><\/a><a href=\"#_ftn34\">[34]<\/a>. Pourtant, en d\u00e9pit de la volont\u00e9 du clerg\u00e9 de ne tol\u00e9rer au reposoir et dans les rues orn\u00e9es pour la procession que les images de saints ou de saintes que l\u2019\u00e9glise reconna\u00eet et honore, les tableaux profanes restent bien visibles sur la place Dauphine et se m\u00ealent toujours plus nombreux aux sc\u00e8nes de pi\u00e9t\u00e9<a name=\"_ftnref35\"><\/a><a href=\"#_ftn35\">[35]<\/a>. \u00c9tablie par l\u2019usage, l\u2019exposition temporaire de tableaux sur la place Dauphine ne suit pas de r\u00e8glement pr\u00e9cis<a name=\"_ftnref36\"><\/a><a href=\"#_ftn36\"><sup>[36]<\/sup><\/a>. Les \u0153uvres ne sont soumises \u00e0 aucune s\u00e9lection pr\u00e9alable par les autorit\u00e9s eccl\u00e9siastiques, bien que les th\u00e8mes religieux restent privil\u00e9gi\u00e9s. Le z\u00e8le des commissaires du quartier charg\u00e9s de faire respecter l\u2019ordre et la d\u00e9cence s\u2019av\u00e8re toutefois tr\u00e8s pointilleux, m\u00eame \u00e0 la fin du XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, lorsque les portraits de Pr\u00e9ville et Feuillie, acteurs de la Com\u00e9die-Fran\u00e7aise, sont \u00f4t\u00e9s de l\u2019exposition comme profanes et indignes de rester sur une place que la procession doit parcourir<a name=\"_ftnref37\"><\/a><a href=\"#_ftn37\">[37]<\/a>. La pr\u00e9sence sur la place de marchands de tableaux parmi les plus r\u00e9put\u00e9s de la capitale favorise le d\u00e9ploiement d\u2019\u0153uvres peintes lors de ces journ\u00e9es de f\u00eate.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Les marchands de tableaux de la place Dauphine<\/strong><a name=\"_ftnref38\"><\/a><a href=\"#_ftn38\">[38]<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Du d\u00e9but du XVII<sup>e<\/sup> au milieu du XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, quatre peintres, dont trois acad\u00e9miciens, s\u2019\u00e9tablissent \u00e0 l\u2019angle de la place Dauphine, face au monument \u00e9questre d\u2019Henri IV. Pierre Forest (1587 ?-1675) est le premier peintre et marchand de tableaux \u00e0 s\u2019installer \u00e0 la pointe de l\u2019\u00eele du palais<a name=\"_ftnref39\"><\/a><a href=\"#_ftn39\">[39]<\/a>. Il signe le 12 mars 1637 le bail pour deux maisons attenantes, moyennant 285 livres par an<a name=\"_ftnref40\"><\/a><a href=\"#_ftn40\">[40]<\/a>. La location comprend notamment deux boutiques avec entresols, l\u2019une ouvrant sur le quai de l\u2019Horloge, l\u2019autre sur la place Dauphine. La boutique de Forest porte comme enseigne au <em>Cheval de bronze<\/em><a name=\"_ftnref41\"><\/a><a href=\"#_ftn41\">[41]<\/a>. Son fils, le peintre acad\u00e9micien Jean Forest (1636-1712) s\u2019installe dans la m\u00eame maison apr\u00e8s son mariage en 1673. C\u00e9l\u00e8bre pour ses paysages, il se livre comme son p\u00e8re au commerce de tableaux. En juin 1649, un artiste d\u2019origine flamande s\u2019\u00e9tablit dans le m\u00eame logement que loue Pierre Forest<a name=\"_ftnref42\"><\/a><a href=\"#_ftn42\">[42]<\/a>. Il s\u2019agit de Jean-Michel Picart (1600-1682)<a name=\"_ftnref43\"><\/a><a href=\"#_ftn43\">[43]<\/a>, peintre r\u00e9put\u00e9 de fruits et de fleurs, acad\u00e9micien, marchand et antiquaire. Enfin, un troisi\u00e8me artiste Charles H\u00e9rault (1644-1718)<a name=\"_ftnref44\"><\/a><a href=\"#_ftn44\">[44]<\/a>, peintre acad\u00e9micien habile pour le paysage, \u00e9lit \u00e0 son tour domicile \u00e0 l\u2019angle de la place Dauphine<a name=\"_ftnref45\"><\/a><a href=\"#_ftn45\">[45]<\/a>. Ses talents de connaisseur, appr\u00e9ci\u00e9s des grands seigneurs, le sont aussi du roi Louis XIV. Selon les m\u00e9moires du temps, aucun achat de tableau pour la Couronne ne peut se faire sans son avis d\u2019expert<a name=\"_ftnref46\"><\/a><a href=\"#_ftn46\">[46]<\/a>. H\u00e9rault acquiert pour les collections royales des tableaux de P.P. Rubens, Jules Romain, Nicolas Poussin, Pierre-Fran\u00e7ois Mola ou Annibal Carrache. Il r\u00e9side jusqu\u2019\u00e0 sa mort, en 1718, en face du Cheval de bronze, \u00e0 l\u2019enseigne du <em>Buis<\/em>. Les tableaux, souvent des grands ma\u00eetres, qu\u2019il propose \u00e0 la vente ne sont pas stock\u00e9s dans l\u2019une des deux boutiques qui ouvre sur la rue, mais sont visibles dans un appartement situ\u00e9 au premier \u00e9tage<a name=\"_ftnref47\"><\/a><a href=\"#_ftn47\">[47]<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Forest, Picart et H\u00e9rault entretiennent avec les orf\u00e8vres du quartier des relations commerciales que viennent renforcer de solides liens familiaux. Ainsi, \u00e0 la demande du marquis de Seignelay, Jean Forest parcourt l\u2019Italie \u00e0 la recherche de tableaux de ma\u00eetre en compagnie du marchand joaillier Louis Alvarez, pourvoyeur de pi\u00e8ces d\u2019orf\u00e8vrerie, de diamants et de pi\u00e8ces pr\u00e9cieuses pour le garde-meuble de la Couronne<a name=\"_ftnref48\"><\/a><a href=\"#_ftn48\">[48]<\/a>. Picart fr\u00e9quente les joailliers de la paroisse Saint-Barth\u00e9l\u00e9my et Saint-Germain l\u2019Auxerrois. Il \u00e9pouse Marie Richard, la fille du joailler et marchand lapidaire Guillaume Richard. Picart assiste au mariage de l\u2019orf\u00e8vre Pierre de Lens, membre d\u2019une grande famille d\u2019orf\u00e8vres originaire des Flandres<a name=\"_ftnref49\"><\/a><a href=\"#_ftn49\">[49]<\/a>. Quant \u00e0 H\u00e9rault, il \u00e9pouse en 1676 la fille de Jean de Lens, orf\u00e8vre et joaillier de Monsieur, qui demeure au coin de la place Dauphine, en face de l\u2019appartement de son gendre<a name=\"_ftnref50\"><\/a><a href=\"#_ftn50\">[50]<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La f\u00eate annuelle du Saint-Sacrement fournit aux marchands install\u00e9s sur la place une occasion exceptionnelle de pr\u00e9senter des tableaux \u00e0 la foule venue suivre la procession<a name=\"_ftnref51\"><\/a><a href=\"#_ftn51\">[51]<\/a>. Ils profitent de cette circonstance pour suspendre \u00e0 des cordes tendues dans le coin nord de la place, face au terre-plein du Pont Neuf, les toiles qui craignent le moins d\u2019\u00eatre g\u00e2t\u00e9s par les intemp\u00e9ries et celles dont le sujet s\u2019accorde le mieux avec la solennit\u00e9 de la f\u00eate. Les tableaux de d\u00e9votion sur lesquels s\u2019exercent en particulier les jeunes artistes ont l\u2019avantage de ne pas \u00eatre trop pr\u00e9cieux pour risquer de les exposer en ext\u00e9rieur<a name=\"_ftnref52\"><\/a><a href=\"#_ftn52\">[52]<\/a>. L\u2019habitude de voir des peintures dispos\u00e9es dans le coin nord de la place incite \u00e0 leur tour les peintres \u00e0 y pr\u00e9senter leurs tableaux<a name=\"_ftnref53\"><\/a><a href=\"#_ftn53\">[53]<\/a>. \u00c0 partir vraisemblablement des ann\u00e9es 1710, les artistes prennent ainsi l\u2019habitude d\u2019exposer chaque ann\u00e9e leurs ouvrages en plein air, le jour de la F\u00eate-Dieu<a name=\"_ftnref54\"><\/a><a href=\"#_ftn54\">[54]<\/a>. Aux tableaux des artistes vivants s\u2019ajoutent, depuis au moins l\u2019ann\u00e9e 1722, des productions des anciens ma\u00eetres italiens, fran\u00e7ais et flamands<a name=\"_ftnref55\"><\/a><a href=\"#_ftn55\">[55]<\/a>. Ces tableaux anciens seraient-ils propos\u00e9s par des amateurs ou des marchands qui souhaiteraient les vendre<a name=\"_ftnref56\"><\/a><a href=\"#_ftn56\">[56]<\/a>\u00a0? L\u2019exposition de tableaux anciens, si elle attire un large public et satisfait le go\u00fbt des curieux, pourrait aussi avoir une vocation p\u00e9dagogique, celle d\u2019 \u00ab exciter la jeunesse au travail, en luy faisant voir les ouvrages des grands hommes<a name=\"_ftnref57\"><\/a><a href=\"#_ftn57\">[57]<\/a>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Outre les artistes d\u00e9butant sans g\u00e9n\u00e9reux protecteurs, les peintres de l\u2019Acad\u00e9mie royale de peinture et de sculpture ne d\u00e9daignent pas cet accrochage spontan\u00e9 en plein air<a name=\"_ftnref58\"><\/a><a href=\"#_ftn58\">[58]<\/a>, sans doute en raison du tr\u00e8s faible nombre d\u2019expositions organis\u00e9es au palais du Louvre entre 1704 et 1737<a name=\"_ftnref59\"><\/a><a href=\"#_ftn59\">[59]<\/a>. Ainsi les peintres acad\u00e9miciens Antoine Coypel ou Fran\u00e7ois Lemoyne exposent place Dauphine jusque dans les ann\u00e9es 1720, avant de c\u00e9der la place \u00e0 de jeunes artistes ind\u00e9pendants<a name=\"_ftnref60\"><\/a><a href=\"#_ftn60\">[60]<\/a>. Re\u00e7u \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie en 1720, le peintre No\u00ebl-Nicolas Coypel, fr\u00e8re du recteur de l\u2019Acad\u00e9mie<a name=\"_ftnref61\"><\/a><a href=\"#_ftn61\">[61]<\/a>, ne participe qu\u2019une seule fois, dans toute sa carri\u00e8re, \u00e0 une exposition publique de tableaux, celle de la place Dauphine de 1724.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>La cour du palais Brion<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019exposition de tableaux \u00e0 ciel d\u00e9couvert ne repr\u00e9sente pas une exp\u00e9rience in\u00e9dite pour les peintres de l\u2019Acad\u00e9mie<a name=\"_ftnref62\"><\/a><a href=\"#_ftn62\">[62]<\/a>. \u00c0 la fin du XVII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, la cour du palais Brion accueille \u00e0 deux reprises les travaux des acad\u00e9miciens lors de la f\u00eate de l\u2019institution. Selon la gr\u00e2ce du roi<a name=\"_ftnref63\"><\/a><a href=\"#_ftn63\">[63]<\/a>, la Compagnie<a name=\"_ftnref64\"><\/a><a href=\"#_ftn64\">[64]<\/a> s\u2019installe d\u00e8s 1661 dans les anciens appartements du comte de Brion, \u00e9cuyer de Gaston d\u2019Orl\u00e9ans. Elle r\u00e9side au palais Brion jusqu\u2019au 2 f\u00e9vrier 1692, puis quitte le Palais-Royal pour se fixer au palais du Louvre<a name=\"_ftnref65\"><\/a><a href=\"#_ftn65\">[65]<\/a>. Attenant au Palais-Royal, le palais Brion b\u00e9n\u00e9ficie d\u2019une entr\u00e9e directe par la rue de Richelieu<a name=\"_ftnref66\"><\/a><a href=\"#_ftn66\">[66]<\/a>\u00a0 (Fig. 5).<\/p>\n<figure id=\"attachment_2593\" aria-describedby=\"caption-attachment-2593\" style=\"width: 605px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-2593 size-large\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/image_anonyme_plan_general_du__1227329.jpg?resize=605%2C1024&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"605\" height=\"1024\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/image_anonyme_plan_general_du__1227329-scaled.jpg?resize=605%2C1024&amp;ssl=1 605w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/image_anonyme_plan_general_du__1227329-scaled.jpg?resize=177%2C300&amp;ssl=1 177w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/image_anonyme_plan_general_du__1227329-scaled.jpg?resize=768%2C1301&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/image_anonyme_plan_general_du__1227329-scaled.jpg?resize=907%2C1536&amp;ssl=1 907w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/image_anonyme_plan_general_du__1227329-scaled.jpg?resize=1209%2C2048&amp;ssl=1 1209w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/image_anonyme_plan_general_du__1227329-scaled.jpg?resize=1200%2C2032&amp;ssl=1 1200w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/image_anonyme_plan_general_du__1227329-scaled.jpg?w=1511&amp;ssl=1 1511w\" sizes=\"auto, (max-width: 709px) 85vw, (max-width: 909px) 67vw, (max-width: 984px) 61vw, (max-width: 1362px) 45vw, 600px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2593\" class=\"wp-caption-text\">Fig. 5 : Plan g\u00e9n\u00e9ral du Palais Royal et d\u00e9pendances, rez-de-chauss\u00e9e, 1679, eau-forte, 41,2 x 24 cm, Paris, mus\u00e9e Carnavalet<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tourn\u00e9e vers le nord, la fa\u00e7ade principale et ses hautes fen\u00eatres, d\u2019une longueur d\u2019environ 34 m\u00e8tres, donne sur une cour qui accueille depuis 1671, dans sa partie centrale, la statue un peu plus grande que nature d\u2019un cheval de bronze <a name=\"_ftnref67\"><\/a><a href=\"#_ftn67\">[67]<\/a>. Face au corps de logis, de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la cour, s\u2019\u00e9tend un pavillon qui pr\u00e9sente un long mur sans ouverture, tandis qu\u2019un appentis longe la rue de Richelieu. En 1667, apr\u00e8s six ans d\u2019atermoiements, se d\u00e9roule au palais Brion la premi\u00e8re exposition de tableaux et de sculptures ouverte au public<a name=\"_ftnref68\"><\/a><a href=\"#_ftn68\">[68]<\/a>. La grande salle de l\u2019Acad\u00e9mie semble suffire cette ann\u00e9e-l\u00e0 \u00e0 contenir les ouvrages rassembl\u00e9s pour l\u2019occasion<a name=\"_ftnref69\"><\/a><a href=\"#_ftn69\">[69]<\/a>. L\u2019exposition de 1669 se d\u00e9roule elle aussi, semble-t-il, uniquement dans la salle d\u2019apparat. Mais en 1671, la place manque pour pr\u00e9senter aux visiteurs les peintures et sculptures des acad\u00e9miciens, aussi les officiers prennent-ils la d\u00e9cision de descendre les \u0153uvres dans la cour, devant la salle dite du magasin des antiques. Seuls les graveurs sont convi\u00e9s \u00e0 disposer leurs ouvrages dans une petite salle du rez-de-chauss\u00e9e<a name=\"_ftnref70\"><\/a><a href=\"#_ftn70\">[70]<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Des notes de menuiserie et de travaux de d\u00e9coration conserv\u00e9es dans les comptes des b\u00e2timents du roi donnent une id\u00e9e plus pr\u00e9cise de l\u2019arrangement des tableaux et des sculptures dans la cour<a name=\"_ftnref71\"><\/a><a href=\"#_ftn71\">[71]<\/a>. Les toiles sont plac\u00e9es sur des estrades en bois, les unes au-dessus des autres, pour une meilleure visibilit\u00e9<a name=\"_ftnref72\"><\/a><a href=\"#_ftn72\">[72]<\/a> et les sculptures pos\u00e9es sur des pi\u00e9destaux appel\u00e9s \u00ab\u00a0scabellons\u00a0\u00bb, au milieu de la cour.<a name=\"_ftnref73\"><\/a><a href=\"#_ftn73\">[73]<\/a> Ainsi, selon les registres des b\u00e2timents du roi, en 1671 le menuisier Denis Buret re\u00e7oit 152 livres et 10 sols pour avoir \u00ab\u00a0fait et d\u00e9fait des amphith\u00e9\u00e2tres dans la cour de l\u2019Acad\u00e9mie des peintures pour exposer les tableaux pendant la semaine de Pasques<a name=\"_ftnref74\"><\/a><a href=\"#_ftn74\">[74]<\/a>\u00a0\u00bb. Le peintre acad\u00e9micien Baudoin Yvart (1611-1690)<a name=\"_ftnref75\"><\/a><a href=\"#_ftn75\">[75]<\/a>, un proche collaborateur de Charles Le Brun, touche \u00e9galement une r\u00e9mun\u00e9ration pour compenser les sommes d\u2019argent donn\u00e9es aux ouvriers charg\u00e9s de la d\u00e9coration de la salle, ainsi que de la cour de l\u2019Acad\u00e9mie. En 1673, l\u2019encombrement de la grande salle, couverte de tableaux, impose de nouveau aux organisateurs de descendre les ouvrages dans la cour. Pour la premi\u00e8re fois, un imprim\u00e9 explicatif de quatre pages pr\u00e9sente succinctement les \u0153uvres expos\u00e9es. L\u2019intitul\u00e9 de l\u2019imprim\u00e9 ne laisse aucun doute sur le placement des ouvrages en plein air\u00a0: <em>Liste des tableaux et pi\u00e8ces de sculpture exposez dans la court du Palais Royal par Messieurs les peintres et sculpteurs de l\u2019Acad\u00e9mie royale<\/em><a name=\"_ftnref76\"><\/a><a href=\"#_ftn76\">[76]<\/a>. Contrairement aux tableaux et statues descendus dans la cour, aucun texte ne d\u00e9crit ceux regroup\u00e9s dans la salle d\u2019apparat. La pi\u00e8ce officielle, d\u00e9j\u00e0 surcharg\u00e9e, ne renfermerait-elle que les seuls morceaux de r\u00e9ception des acad\u00e9miciens, tandis que la cour accueillerait les ouvrages r\u00e9alis\u00e9s au cours des deux derni\u00e8res ann\u00e9es<a name=\"_ftnref77\"><\/a><a href=\"#_ftn77\">[77]<\/a> ? Deux autres expositions acad\u00e9miques, celle de 1675 et de 1681, se d\u00e9roulent de nouveau au palais Brion, mais les comptes-rendus de s\u00e9ance ne pr\u00e9cisent pas si les ouvrages ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9s dans la cour, comme pr\u00e9c\u00e9demment<a name=\"_ftnref78\"><\/a><a href=\"#_ftn78\">[78]<\/a>. La seule autre mention de tableaux expos\u00e9s en plein air, lors de la f\u00eate de l\u2019Acad\u00e9mie, a lieu en 1704, non pas au palais Brion, mais au palais du Louvre. Elle concerne trois immenses tableaux de Jean Jouvenet (1644-1717), descendus, selon le livret, au pied de l\u2019escalier qui sert de sortie, en raison vraisemblablement de leur taille exceptionnelle<a name=\"_ftnref79\"><\/a><a href=\"#_ftn79\">[79]<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Pour l\u2019honneur de l\u2019Acad\u00e9mie<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les r\u00e9actions des peintres \u00e0 la vue de leurs ouvrages dispos\u00e9s en plein air ne font l\u2019objet d\u2019aucun commentaire \u00e9crit. Pourtant, les conditions d\u2019exposition s\u2019av\u00e8rent souvent pr\u00e9caires. Une remarque du <em>Mercure galant <\/em>de septembre 1699 indique que les tableaux ont souvent\u00a0dus \u00eatre retir\u00e9s de la cour en raison du mauvais temps<a name=\"_ftnref80\"><\/a><a href=\"#_ftn80\">[80]<\/a>. Selon le p\u00e9riodique, la cause pour laquelle les expositions auraient cess\u00e9 de se produire de 1683 \u00e0 1699 serait les mauvaises conditions de pr\u00e9sentation des \u0153uvres sous un ciel incertain. D\u2019autres circonstances pourraient toutefois expliquer l\u2019absence d\u2019expositions officielles \u00e0 la toute fin du XVII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Tout d\u2019abord, le manque r\u00e9current d\u2019ouvrages \u00e0 pr\u00e9senter au public rend difficile l\u2019organisation de la f\u00eate<a name=\"_ftnref81\"><\/a><a href=\"#_ftn81\">[81]<\/a>. En mai 1680, le nombre de tableaux pr\u00e9vu par les acad\u00e9miciens se r\u00e9v\u00e8le insuffisant, \u00e0 tel point que les officiers songent un temps \u00e0 pr\u00e9senter des tableaux de ma\u00eetres anciens<a name=\"_ftnref82\"><\/a><a href=\"#_ftn82\">[82]<\/a>. En 1681, l\u2019exposition ne commence pas faute de tableaux. Outre les toiles qui manquent pour embellir la cour, les d\u00e9penses li\u00e9es aux pr\u00e9paratifs emp\u00eachent \u00e9galement de c\u00e9l\u00e9brer la solennit\u00e9 aussi souvent qu\u2019il serait \u00e0 souhaiter. L\u2019entr\u00e9e de l\u2019exposition \u00e9tant gratuite, les acad\u00e9miciens se montrent pr\u00eats \u00e0 financer eux-m\u00eames une partie des frais de la f\u00eate, jusqu\u2019\u00e0 un \u00e9cu chacun selon les besoins, sans succ\u00e8s<a name=\"_ftnref83\"><\/a><a href=\"#_ftn83\">[83]<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c9tablies pour honorer la grandeur du roi et t\u00e9moigner de sa prodigalit\u00e9 envers les arts, les expositions publiques de tableaux au sein de l\u2019Acad\u00e9mie ne sont pas con\u00e7ues comme un lieu de vente officiel. Pourtant, si les peintres les plus r\u00e9put\u00e9s r\u00e9ussissent \u00e0 obtenir r\u00e9guli\u00e8rement des commandes du roi ou des membres de la famille royale, d\u2019autres peinent \u00e0 trouver des commanditaires. Pour subvenir \u00e0 leurs besoins, ils n\u2019ont souvent d\u2019autres choix que de trouver eux-m\u00eames des acheteurs en exposant leurs ouvrages devant un large public. La Compagnie commence par se montrer plut\u00f4t conciliante envers ces pratiques marchandes. Ainsi, lorsque le peintre Charles H\u00e9rault demande le 9 d\u00e9cembre 1684 \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie la libert\u00e9 de pouvoir vendre ses tableaux en les exposant en public, la permission lui est accord\u00e9e. Pourtant, trois ans plus tard, \u00e0 un peintre qui sollicite le droit d\u2019exposer publiquement \u00e0 ses fen\u00eatres des tableaux pour les vendre, l\u2019Acad\u00e9mie refuse tout net de lui donner son accord et prend m\u00eame le parti de revenir sur sa d\u00e9cision en r\u00e9voquant la permission qu\u2019elle avait donn\u00e9e \u00e0 H\u00e9rault. Ces proc\u00e9d\u00e9s de vente sont jug\u00e9s compromettants pour l\u2019honneur de l\u2019Acad\u00e9mie<a name=\"_ftnref84\"><\/a><a href=\"#_ftn84\">[84]<\/a>. Les pratiques marchandes sont interdites aux peintres acad\u00e9miciens, afin de distinguer le caract\u00e8re moral et d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9<a name=\"_ftnref85\"><\/a><a href=\"#_ftn85\">[85]<\/a> de la Compagnie des proc\u00e9d\u00e9s vulgaires de la ma\u00eetrise<a name=\"_ftnref86\"><\/a><a href=\"#_ftn86\">[86]<\/a>. Refusant toute publicit\u00e9 tapageuse qui menacerait la d\u00e9cence et l\u2019honn\u00eatet\u00e9 de l\u2019institution, les acad\u00e9miciens r\u00e9agissent violemment lorsque l\u2019un de leurs membres agit contre l\u2019honneur de l\u2019Acad\u00e9mie. Ils n\u2019h\u00e9sitent pas \u00e0 exclure en ao\u00fbt 1723 le peintre de Marseille Michel Serre (1658-1733), accus\u00e9 non seulement d\u2019exposer publiquement ses tableaux, mais \u00e9galement de monnayer un droit d\u2019entr\u00e9e. L\u2019Acad\u00e9mie se montre surtout agac\u00e9e que le peintre ait eu recours \u00e0 la publicit\u00e9 en diffusant des billets imprim\u00e9s distribu\u00e9s aupr\u00e8s du public, tel un bateleur de foire. Le peintre a beau se d\u00e9fendre en affirmant que son fils a pris l\u2019initiative d\u2019une telle d\u00e9marche sans lui demander son avis, les acad\u00e9miciens se montrent intraitables. Michel Serre ne doit sa r\u00e9int\u00e9gration deux mois plus tard qu\u2019\u00e0 la forte recommandation de son protecteur marseillais, Monseigneur de Belsunce<a name=\"_ftnref87\"><\/a><a href=\"#_ftn87\">[87]<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au d\u00e9but du XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, les peintres de l\u2019Acad\u00e9mie ne sont plus autoris\u00e9s \u00e0 montrer leurs tableaux en dehors des expositions officielles organis\u00e9es au palais du Louvre. Le choix qui leur est accord\u00e9 d\u2019exposer leurs ouvrages, aussi bien au Palais-Royal qu\u2019\u00e0 la Place Dauphine, est tol\u00e9r\u00e9 par l\u2019Acad\u00e9mie tant qu\u2019elle ne dispose pas d\u2019un lieu ferm\u00e9 o\u00f9 rassembler et pr\u00e9senter r\u00e9guli\u00e8rement les \u0153uvres de ces peintres privil\u00e9gi\u00e9s. L\u2019exposition de la place Dauphine, qui attire des artistes aux talents tr\u00e8s contrast\u00e9s, prend le nom d\u2019exposition de la Jeunesse \u00e0 partir des ann\u00e9es 1760<a name=\"_ftnref88\"><\/a><a href=\"#_ftn88\">[88]<\/a>. Non seulement la Direction des B\u00e2timents du roi d\u00e9fend aux acad\u00e9miciens d\u2019avoir recours \u00e0 d\u2019autres espaces d\u2019expositions pour pr\u00e9senter leurs tableaux, mais elle s\u2019oppose \u00e9galement \u00e0 la cr\u00e9ation de nouvelles salles d\u2019exposition pour les peintres qui ne font pas partie du corps acad\u00e9mique. Ainsi, le Salon du Colis\u00e9e en 1776 ou l\u2019Etablissement de la Correspondance g\u00e9n\u00e9rale et gratuite pour les Sciences et les Arts de Pahin de la Blancherie, fond\u00e9 en 1777, sont critiqu\u00e9s et combattus jusqu\u2019\u00e0 leur suppression d\u00e9finitive. La n\u00e9cessit\u00e9 de trouver des lieux d\u2019exposition pour rencontrer des acheteurs devient si imp\u00e9rieuse pour les artistes sans ressources qu\u2019\u00e0 la veille de la R\u00e9volution, un ancien peintre devenu marchand de tableaux, Jean-Baptiste Pierre Lebrun, apr\u00e8s avoir expos\u00e9 lui-m\u00eame place Dauphine, propose d\u2019accueillir dans sa salle de vente rue de Cl\u00e9ry les tableaux de jeunes d\u00e9butants<a name=\"_ftnref89\"><\/a><a href=\"#_ftn89\">[89]<\/a>. L\u2019exposition de la Jeunesse organis\u00e9e dans la galerie Lebrun prend fin en 1791<a name=\"_ftnref90\"><\/a><a href=\"#_ftn90\">[90]<\/a>, lorsque l\u2019autorisation donn\u00e9e \u00e0 tous les peintres, quel que soit leur talent, d\u2019exposer au Salon du Louvre rend temporairement inutile le recours \u00e0 des espaces d\u2019exposition alternatifs<a name=\"_ftnref91\"><\/a><a href=\"#_ftn91\">[91]<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">M\u00eame expos\u00e9s dans la cour du palais Brion, les tableaux des acad\u00e9miciens restent accessibles \u00e0 un public limit\u00e9 d\u2019amateurs ou de curieux. Ceux de la place Dauphine attirent une foule de spectateurs plus vari\u00e9e, mais aussi plus indisciplin\u00e9e et sensible aux divertissements. Le durcissement des contr\u00f4les sur la d\u00e9cence des tableaux expos\u00e9s \u00e0 la F\u00eate-Dieu montre \u00e0 quel point les dignitaires eccl\u00e9siastiques tentent de r\u00e9agir face aux critiques qui cherchent \u00e0 discr\u00e9diter les processions religieuses, pr\u00e9sent\u00e9es comme des spectacles pa\u00efens. Alors que les tableaux profanes supplantent peu \u00e0 peu les sc\u00e8nes de d\u00e9votion, l\u2019exposition de la place Dauphine devient une manifestation culturelle tr\u00e8s courue dont rend compte r\u00e9guli\u00e8rement le <em>Mercure<\/em>, sans aucune consid\u00e9ration pour la solennit\u00e9 religieuse de la f\u00eate. Le recueillement et la pi\u00e9t\u00e9 qu\u2019impose la c\u00e9r\u00e9monie du Saint-Sacrement s\u2019estompent au profit d\u2019int\u00e9r\u00eats plus mercantiles, notamment en raison de l\u2019engouement des collectionneurs pour les tableaux de ma\u00eetre. Ce jour \u00ab\u00a0hermaphrodite<a name=\"_ftnref92\"><\/a><a href=\"#_ftn92\">[92]<\/a>\u00a0\u00bb, m\u00e9lange de sacr\u00e9 et de profane, associ\u00e9 aussi bien au culte divin qu\u2019\u00e0 l\u2019avidit\u00e9 du commerce, ne survit pas \u00e0 la suppression par la Constituante des confr\u00e9ries et congr\u00e9gations religieuses.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Notes<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn1\"><\/a><a href=\"#_ftnref1\">[1]<\/a> <em>Mercure galant<\/em>, juin 1699, p. 39-40.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn2\"><\/a><a href=\"#_ftnref2\">[2]<\/a> Bianchi P. (\u00e9d.), <em>Displaying Art in the Early Modern Period<\/em>, New York, Routledge, 2022; Bianchi P., <em>The Origins of the Exhibition Space (1450-1750)<\/em>, Amsterdam, Amsterdam University Press, 2023 ; voir aussi : Habermas J., <em>L\u2019espace public. Arch\u00e9ologie de la publicit\u00e9 comme dimension constitutive de la soci\u00e9t\u00e9 bourgeoise<\/em>, Paris, Payot, 1997 (1962)\u00a0; Berger R.W., <em>Public Access to Art in Paris: a Documentary History from the Middle Ages to 1800<\/em>, University Park, The Pennsylvania State University Press, 1999 ; Bianchi P., \u00ab\u00a0Les espaces d\u2019exposition alternatifs du 18<sup>e<\/sup> si\u00e8cle\u00a0: entre sociabilit\u00e9 et contre-culture\u00a0\u00bb, <em>Dix-huiti\u00e8me si\u00e8cle<\/em>, n\u00b0 50, 2018-1, p. 85-97.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn3\"><\/a><a href=\"#_ftnref3\">[3]<\/a> Crow T., <em>La peinture et son public \u00e0 Paris au XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle<\/em>, Paris, Macula, 2000.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn4\"><\/a><a href=\"#_ftnref4\">[4]<\/a> Chatelus J., <em>Peindre \u00e0 Paris au XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle<\/em>, N\u00eemes, \u00e9ditions Jacqueline Chambon, 1991.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn5\"><\/a><a href=\"#_ftnref5\">[5]<\/a> Richefort I., <em>Peintre \u00e0 Paris au XVII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle<\/em>, Paris, Imago, 1998.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn6\"><\/a><a href=\"#_ftnref6\">[6]<\/a> Le terme \u00ab\u00a0exposition\u00a0\u00bb, \u00e0 la fin du XVII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, se rapporte \u00e0 l\u2019\u00ab\u00a0action d\u2019exposer, de faire voir en public\u00a0\u00bb. Le verbe \u00ab\u00a0exposer\u00a0\u00bb signifie \u00ab\u00a0mettre une chose \u00e0 la veu\u00eb du public\u00a0\u00bb. Fureti\u00e8re A., <em>Dictionnaire universel, contenant g\u00e9n\u00e9ralement tous les mots fran\u00e7ois tant vieux que modernes, et les Termes de toutes les Sciences et des Arts<\/em>, La Haye-Rotterdam, Arnout &amp; Reinier Leers, 1690, t. I, p. 1054-1055.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn7\"><\/a><a href=\"#_ftnref7\">[7]<\/a> La F\u00eate-Dieu compte parmi les c\u00e9l\u00e9brations religieuses les plus importantes de l\u2019ann\u00e9e. Elle se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 une coutume tr\u00e8s ancienne, puisque cette f\u00eate est institu\u00e9e d\u00e8s l\u2019ann\u00e9e 1264 par le pape Urbain IV. Meusy N., <em>Code de la religion et des m\u0153urs\u00a0ou Recueil des principales ordonnances depuis l\u2019\u00e9tablissement de la monarchie fran\u00e7oise concernant la religion et les m\u0153urs<\/em>, 1770, Paris, chez Humblot, t. I, p. 290. Les processions du Saint-Sacrement semblent avoir d\u00e9but\u00e9 en France au d\u00e9but du XIV<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Lire\u00a0Mgr Barbier de Montault, \u00ab\u00a0L\u2019ostensoir de Charles d\u2019Anjou\u00a0\u00bb, <em>Revue de l\u2019art chr\u00e9tien<\/em>, 1884, t. II, p. 39.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn8\"><\/a><a href=\"#_ftnref8\">[8]<\/a> Meusy N., <em>Code de la religion et des m\u0153urs\u00a0ou Recueil des principales ordonnances depuis l\u2019\u00e9tablissement de la monarchie fran\u00e7oise concernant la religion et les moeurs<\/em>, 1770, Paris, chez Humblot, t. I, p. 289.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn9\"><\/a><a href=\"#_ftnref9\">[9]<\/a> Les tapisseries sont tendues sur des planches de bois assembl\u00e9es par le haut qui reposent sur des poteaux en bois d\u2019environ cinq m\u00e8tres de hauteur. Le sol est d\u00e9pav\u00e9 pour y enfoncer les poteaux, puis repav\u00e9 \u00e0 la fin des processions. Guiffrey J., <em>Comptes des b\u00e2timents du roi sous le r\u00e8gne de Louis XIV<\/em>, Paris, Imprimerie nationale, 1891, t. III, p. 573 et p.\u00a01019-1020. Sur les f\u00eates et c\u00e9r\u00e9monies organis\u00e9es durant le r\u00e8gne de Louis XIV, lire\u00a0: Lafage G., <em>Charles Le Brun d\u00e9corateur de f\u00eates<\/em>, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2015.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn10\"><\/a><a href=\"#_ftnref10\">[10]<\/a> \u00ab\u00a0Arr\u00eat du Conseil d\u2019Etat du 19 octobre 1650 portant injonction \u00e0 ceux de la religion pretendu\u00eb reform\u00e9e de faire tendre devant leurs maisons, aux jours et heures des processions solennelles et notamment \u00e0 la f\u00eate du Saint Sacrement\u00a0\u00bb, <em>Recueil des actes, titres et m\u00e9moires concernant les affaires du Clerg\u00e9 de France<\/em>, Paris, 1716, t. I, p. 1669.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn11\"><\/a><a href=\"#_ftnref11\">[11]<\/a> Selon la d\u00e9finition de l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em>, le reposoir est \u00ab\u00a0une d\u00e9coration d\u2019architecture feinte, qui renferme un autel avec des gradins charg\u00e9s de vases, chandeliers et autres ouvrages d\u2019orf\u00e8vrerie, le tout accompagn\u00e9 de tapisseries, tableaux et meubles pr\u00e9cieux pour les processions de la F\u00eate-Dieu. <em>Encyclop\u00e9die ou dictionnaire raisonn\u00e9 des sciences, des arts et des m\u00e9tiers par une soci\u00e9t\u00e9 de gens de lettres<\/em>, Neufchastel, Samuel Faulche, 1765, t. XIV, p. 140. Le mot \u00ab\u00a0reposoir\u00a0\u00bb, plut\u00f4t employ\u00e9 dans la langue liturgique, ainsi que les termes \u00ab\u00a0saint-s\u00e9pulcre\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0tombeau\u00a0\u00bb font tous r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 cette construction \u00e9ph\u00e9m\u00e8re. Le mot \u00ab\u00a0paradis\u00a0\u00bb est, quant \u00e0 lui, utilis\u00e9 dans certaines provinces fran\u00e7aises. Corblet J., <em>Histoire dogmatique, liturgique et arch\u00e9ologique du sacrement de l\u2019Eucharistie<\/em>, Paris, V. Palm\u00e9, 1885, t. I, p. 539.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn12\"><\/a><a href=\"#_ftnref12\">[12]<\/a> Saige G. (\u00e9d.), <em>Journal des guerres civiles 1648-1652 de Dubuisson-Aubenay<\/em>, Paris, Honor\u00e9 Champion, 1883, t. I, p. 26.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn13\"><\/a><a href=\"#_ftnref13\">[13]<\/a> <em>Ibid.<\/em>, p. 132.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn14\"><\/a><a href=\"#_ftnref14\">[14]<\/a> Dans une sentence du Ch\u00e2telet dat\u00e9e du 12 juillet 1582, la rue Breneuse porte d\u00e9j\u00e0 le nom de rue du Petit-Reposoir, en raison de la pr\u00e9sence d\u2019un reposoir dress\u00e9 dans cette rue lors de la F\u00eate-Dieu. Lazare F., <em>Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments<\/em>, Paris, F\u00e9lix Lazare, 1844, p. 588.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn15\"><\/a><a href=\"#_ftnref15\">[15]<\/a> Brillon P.-J., <em>Dictionnaire des arr\u00eats ou jurisprudence universelle des parlements de France et autres tribunaux<\/em>, Paris, Au Palais, 1727, t. III, p. 286.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn16\"><\/a><a href=\"#_ftnref16\">[16]<\/a> La taille des reposoirs les plus somptueux s\u2019av\u00e8re monumentale. Le reposoir du Palais-Royal d\u00e9cor\u00e9 par Simon Vouet en 1645, s\u2019\u00e9tend sur environ 16,5 m de long et 7,5 m de large. Loire S. (dir.), <em>Simon Vouet<\/em>,<em>\u00a0<\/em>actes du colloque internationale, (Paris, Galeries nationales du Grand Palais, 5-6-7 f\u00e9vrier 1991), Paris, La Documentation fran\u00e7aise, 1992, p.\u00a0296.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn17\"><\/a><a href=\"#_ftnref17\">[17]<\/a> La Mare N. (de), <em>Trait\u00e9 de la police o\u00f9 l\u2019on trouvera l\u2019histoire de son \u00e9tablissement<\/em>, <em>les fonctions et les pr\u00e9rogatives de ses magistrats, toutes les loix et tous les r\u00e8glemens qui la concernent, <\/em>Paris, Jean et Pierre Cot, 1705, t. I-III, p. 361.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn18\"><\/a><a href=\"#_ftnref18\">[18]<\/a> Face aux critiques des protestants qui refusent de reconna\u00eetre la transcendance de Dieu et\u00a0pr\u00f4nent l\u2019\u00c9criture comme parole de Dieu, le Concile de Trente r\u00e9affirme le r\u00f4le \u00e9ducateur des images saintes destin\u00e9es \u00e0 instruire les fid\u00e8les et les inciter \u00e0 conformer leur vie aux mod\u00e8les repr\u00e9sent\u00e9s. Les seules images sacr\u00e9es autoris\u00e9es par le concile sont celles du Christ, de la Vierge et des saints. Lire \u00e0 ce sujet Fabre P. A., <em>D\u00e9cr\u00e9ter l\u2019image\u00a0? La XXVe session du Concile de Trente<\/em>, Paris, Les Belles Lettres, 2013.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn19\"><\/a><a href=\"#_ftnref19\">[19]<\/a> Thiers J.-B., <em>Trait\u00e9 de l\u2019exposition du Saint-Sacrement de l\u2019autel<\/em>, Paris, Jean Dupuis, 1673, p. 280.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn20\"><\/a><a href=\"#_ftnref20\">[20]<\/a> L\u2019archev\u00eaque de Malines, par un mandement du 29 ao\u00fbt 1674, interdit de porter des images de saints lorsque le Saint-Sacrement est pr\u00e9sent, source de distraction pour le public. Rideau G., <em>Une soci\u00e9t\u00e9 en marche. Les processions en France au XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle<\/em>, Ceyz\u00e9rieu, Champ Vallon, 2021, p. 86.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn21\"><\/a><a href=\"#_ftnref21\">[21]<\/a> Fabre P. A., <em>D\u00e9cr\u00e9ter l\u2019image ? La XXV<sup>e<\/sup> session du Concile de Trente<\/em>, Paris, Les Belles lettres, 2013, p. 255.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn22\"><\/a><a href=\"#_ftnref22\">[22]<\/a> Rideau G., <em>Une soci\u00e9t\u00e9 en marche. Les processions en France au XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle<\/em>, Ceyz\u00e9rieu, Champ Vallon, 2021, p. 371.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn23\"><\/a><a href=\"#_ftnref23\">[23]<\/a> Guiffrey J., <em>Histoire de la tapisserie depuis le Moyen \u00c2ge jusqu\u2019\u00e0 nos jours<\/em>, Tours, Alfred Mame et fils, 1886, p. 452.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn24\"><\/a><a href=\"#_ftnref24\">[24]<\/a> Fournier \u00c9., <em>Histoire du Pont Neuf<\/em>, Paris, \u00c9. Dentu, 1862, t. I, p.301.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn25\"><\/a><a href=\"#_ftnref25\">[25]<\/a> La place Dauphine accueille dans les ann\u00e9es 1628-1634 le th\u00e9\u00e2tre de Tabarin. La foule des curieux s\u2019amuse des questions souvent saugrenues que le valet Tabarin pose \u00e0 son ma\u00eetre Mondor. D\u00e9guis\u00e9 en m\u00e9decin savant, celui-ci profite des situations comiques qu\u2019il d\u00e9clenche pour vendre des poudres, des pommades et autres baumes miraculeux aux badauds venus l\u2019\u00e9couter (Fig. 2). Lire \u00e0 ce sujet Giraud Y., \u00ab Tabarin et l\u2019universit\u00e9 de la place Dauphine \u00bb, <em>Cahiers de l\u2019AIEF<\/em> \u00a01974, n\u00b0\u00a026, p. 77-100.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn26\"><\/a><a href=\"#_ftnref26\">[26]<\/a> Gaillard M., <em>Paris, de place en place<\/em>, Amiens, Martelle, 1997, p. 12.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn27\"><\/a><a href=\"#_ftnref27\">[27]<\/a> Chaque ann\u00e9e, de 1630 jusqu\u2019en 1707, les deux premiers dignitaires de la corporation des orf\u00e8vres offrent en l\u2019honneur de la Vierge un tableau \u00e0 la cath\u00e9drale Notre-Dame de Paris\u00a0: le \u00ab\u00a0May\u00a0\u00bb. Ces commandes honorifiques, tr\u00e8s recherch\u00e9es par les peintres, s\u2019ach\u00e8vent peu d\u2019ann\u00e9es avant que ne d\u00e9butent les premi\u00e8res expositions de tableaux sur la place Dauphine. Les peintres auraient-ils d\u00e9cid\u00e9 de se tourner vers ce nouvel espace urbain pour atteindre un large public ? Pour l\u2019\u00e9tude des Mays, lire\u00a0: Trouv\u00e9 I., <em>Recueil et m\u00e9moire historique touchant l\u2019origine et l\u2019anciennet\u00e9 de la pr\u00e9sentation du tableau votif que les marchands orf\u00e8vres joailliers, confr\u00e8res de la confr\u00e9rie de sainte Anne et saint Marcel de Paris pr\u00e9sentent tous les ans le premier jour de may \u00e0 la sainte Vierge<\/em>, Paris, Chez l\u2019auteur, 1685\u00a0; Auzas P.-M., \u00ab\u00a0Les grands Mays de Notre-Dame de Paris\u00a0\u00bb, <em>Gazette des Beaux-Arts<\/em>, vol. 36, 1949, p. 177-200 ; Bellier de la Chavignerie \u00c9., \u00ab\u00a0Les Mays de Notre-Dame\u00a0\u00bb, <em>Gazette des Beaux-Arts<\/em>, janvier 1864, p.\u00a0457-469\u00a0; Guiffrey J., <em>Les Mays de Notre-Dame de Paris<\/em>, Nogent-le-Rotrou, 1887\u00a0; Notter A. (\u00e9d.), <em>Les Mays de Notre-Dame de Paris<\/em>, Arras, SEP, 1999\u00a0; Bastet D., <em>Les Mays de Notre-Dame de Paris\u00a0: 1630-1707<\/em>, Paris, Arth\u00e9na, 2021.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn28\"><\/a><a href=\"#_ftnref28\">[28]<\/a> Claude Vignon, <em>Sainte Catherine refusant de sacrifier aux idoles<\/em>, vers 1623-1625, huile sur toile, 145 x 210 cm, Paris, mus\u00e9e du Louvre. L\u2019orf\u00e8vre qui commande le tableau \u00e0 Claude Vignon n\u2019est pas identifi\u00e9. Lire\u00a0: <em>M\u00e9moires in\u00e9dits sur la vie et les ouvrages des membres de l\u2019Acad\u00e9mie royale de peinture et de sculpture, publi\u00e9s d\u2019apr\u00e8s les manuscrits conserv\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00c9cole imp\u00e9riale des Beaux-Arts<\/em>, Paris, J.-B. Dumoulin, 1854, t. I, p.\u00a0272\u00a0; Bassani Pacht P., \u00ab\u00a0<em>Sainte Catherine refusant d\u2019adorer les idoles<\/em>, une nouvelle peinture de Claude Vignon entre au Louvre\u00a0\u00bb, <em>Revue du Louvre<\/em>, n\u00b0 5, d\u00e9cembre 2008, p. 44-19.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn29\"><\/a><a href=\"#_ftnref29\">[29]<\/a> Loubens \u00c9., <em>Recueil alphab\u00e9tique de citations morales des meilleurs \u00e9crivains, prosateurs et po\u00e8tes, historiens et philosophes de tous les temps et surtout contemporains ou Encyclop\u00e9die morale,<\/em> Paris, C. Delagrave, 1867, p. 239.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn30\"><\/a><a href=\"#_ftnref30\">[30]<\/a> Thiers J.-B., <em>Trait\u00e9 de l\u2019exposition du Saint-Sacrement de l\u2019autel<\/em>, Paris, Jean Dupuis, 1673, p. 239-240.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn31\"><\/a><a href=\"#_ftnref31\">[31]<\/a> Lire \u00e0 ce sujet Thiers J.-B., <em>Trait\u00e9 des jeux et des divertissemens qui peuvent \u00eatre permis, ou qui doivent \u00eatre d\u00e9fendus aux Chr\u00eatiens selon les Regles de l\u2019Eglise et le sentiment des P\u00e8res<\/em>, Paris, Antoine Dezallier, 1686.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn32\"><\/a><a href=\"#_ftnref32\">[32]<\/a> <em>Recueil des mandemens, ordonnances, instructions et lettres pastorales de son Eminence Monseigneur le cardinal de Noailles<\/em>, Paris, J.-B. Delespine, 1718, p. 583.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn33\"><\/a><a href=\"#_ftnref33\">[33]<\/a> Guiffrey J., \u00ab\u00a0Les tapisseries des \u00e9glises de Paris\u00a0\u00bb, <em>Revue de l\u2019art chr\u00e9tien<\/em>, 1890, t. I, p. 200-209. Selon le d\u00e9cret du Concile de Trente : \u00ab\u00a0Toute superstition (\u2026) devra \u00eatre bannie de l\u2019invocation des saints, de la v\u00e9n\u00e9ration des reliques et de l\u2019usage sacr\u00e9 des images\u00a0; toute recherche du lucre en sera \u00e9limin\u00e9e\u00a0; toute ind\u00e9cence enfin en sera \u00e9cart\u00e9e\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0D\u00e9cret sur l\u2019invocation, la v\u00e9n\u00e9ration et les reliques des saints et sur les images sacr\u00e9es\u00a0\u00bb, \u00a7 5. Fabre P.-A., <em>D\u00e9cr\u00e9ter l\u2019image\u00a0? La XXVe session du Concile de Trente<\/em>, Paris, Les Belles Lettres, 2013, p. 12.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn34\"><\/a><a href=\"#_ftnref34\">[34]<\/a> Thiers J.-B., <em>Trait\u00e9 des jeux et des divertissements qui peuvent \u00eatre permis, ou qui doivent \u00eatre d\u00e9fendus aux Chr\u00e9tiens selon les r\u00e8gles de l\u2019Eglise et le sentiment des P\u00e8res<\/em>, Paris, 1686, p. 96-97.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn35\"><\/a><a href=\"#_ftnref35\">[35]<\/a> Les tableaux expos\u00e9s place Dauphine ne sont mentionn\u00e9s qu\u2019\u00e0 partir de l\u2019ann\u00e9e 1722, gr\u00e2ce aux comptes rendus que publient le <em>Mercure <\/em>et le<em> Mercure de France. <\/em>En juin 1722, seule une<em> Descente de Croix <\/em>de Jean Restout est cit\u00e9e comme tableau religieux, mais le r\u00e9dacteur pr\u00e9cise que le tableau \u00ab\u00a0dominait sur les tableaux de cette esp\u00e8ce\u00a0\u00bb, sans donner plus de pr\u00e9cisions. En juin 1723, deux tableaux seulement traitent de sujets sacr\u00e9s, alors qu\u2019en juin 1724, le <em>Mercure de France<\/em> ne cite aucun sujet religieux m\u00e9ritant d\u2019\u00eatre signal\u00e9 \u00e0 l\u2019attention des lecteurs. En 1725, aucune \u0153uvre, dans la cinquantaine de tableaux expos\u00e9s, ne fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 des th\u00e8mes sacr\u00e9s. Le <em>Mercure de France<\/em> cesse ses descriptions de tableaux cette ann\u00e9e-l\u00e0 et ne les reprend qu\u2019en 1732. Les expositions de 1722, 1723, 1724 et 1725 rassemblent majoritairement des portraits, ainsi que des paysages et des sujets galants.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn36\"><\/a><a href=\"#_ftnref36\">[36]<\/a> Mantz P., \u00ab\u00a0Les expositions sous Louis XV\u00a0\u00bb, <em>L\u2019Artiste<\/em>, mai 1857, p. 144.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn37\"><\/a><a href=\"#_ftnref37\">[37]<\/a> Ces tableaux de Pierre Danloux sont bri\u00e8vement expos\u00e9s en 1773. <em>Le D\u00e9vidoir du Palais Royal, instrument assez utile aux peintres du sallon de 1773<\/em>, La Haye, 1773, p. 38.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn38\"><\/a><a href=\"#_ftnref38\">[38]<\/a> Sur les relations entre les artistes et les marchands de tableaux, lire\u00a0: Pomian K., <em>Collectionneurs, amateurs et curieux. Paris, Venise : XVI<sup>e<\/sup> \u2013 XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cles<\/em>, Paris, Gallimard, 1987\u00a0; \u00ab\u00a0Il gagne de l\u2019argent\u00a0: l\u2019artiste et l\u2019argent au XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle\u00a0\u00bb, Bertrand Dorl\u00e9ac L. (\u00e9d.), <em>Le commerce de l\u2019art\u00a0: de la Renaissance \u00e0 nos jours,<\/em> Besan\u00e7on, \u00a0La Manufacture, 1992, p.\u00a0129-155; Szanto M., <em>Le march\u00e9 de la peinture \u00e0 la foire de \u00a0Saint-Germain dans la premi\u00e8re moiti\u00e9 du XVII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle<\/em>, m\u00e9moire de DEA sous la dir. d\u2019Antoine Schnapper, Universit\u00e9 Paris IV-Sorbonne, 1996 ; Richefort I., <em>Peintre \u00e0 Paris au XVII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle<\/em>, Paris, Imago, 1998\u00a0; Glorieux G., <em>\u00c0 l\u2019enseigne de Gersaint\u00a0: Edme-Fran\u00e7ois Gersaint, marchand d\u2019art sur le pont Notre-Dame (1694-1750)<\/em>, Ceyz\u00e9rieu, Champ Vallon, \u00a02002 ; Schnapper A., <em>Curieux du grand si\u00e8cle. Collections et collectionneurs dans la France du XVII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle<\/em>, Paris, Flammarion, 2005 (1994)\u00a0; Michel P., <em>Le commerce du tableau \u00e0 Paris dans la seconde moiti\u00e9 du XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle<\/em>, Villeneuve-d\u2019Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 2007\u00a0; Vasselin M., <em>Vivre des arts du dessin : France XVI<sup>e<\/sup>-XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle<\/em>, Aix-en-Provence, Publications de l\u2019universit\u00e9 de Provence, 2007\u00a0; Castelluccio S. (\u00e9d.), <em>Le commerce du luxe \u00e0 Paris aux XVII<sup>e<\/sup> et XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cles : \u00e9changes nationaux et internationaux<\/em>, Bern\u00a0; Berlin\u00a0; Bruxelles, Peter Lang, 2009\u00a0;\u00a0 Rasmussen J. (\u00e9d.), <em>La valeur de l\u2019art, exposition, march\u00e9, critique et public au XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle<\/em>, Paris, Honor\u00e9 Champion, 2009.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn39\"><\/a><a href=\"#_ftnref39\">[39]<\/a> Sur les peintres Pierre et Jean Forest, lire\u00a0: Duval L., \u00ab\u00a0Notes sur quelques artistes Percherons\u00a0\u00bb, <em>La Revue normande\u00a0: histoire, litt\u00e9rature, sciences et arts<\/em>, 1892, p. 64-68\u00a0; Raulet L., \u00ab\u00a0Les billets d\u2019enterrement d\u2019artistes huguenots de l\u2019ancienne Acad\u00e9mie royale de peinture et de sculpture (1653-1712)\u00a0\u00bb, <em>Bulletin de la Soci\u00e9t\u00e9 de l\u2019histoire du protestantisme fran\u00e7ais<\/em>, vol. 56, 1907, p.\u00a053-69\u00a0; Wildenstein W., \u00ab\u00a0Le peintre Jean Forest r\u00e9v\u00e9l\u00e9 par son inventaire apr\u00e8s-d\u00e9c\u00e8s\u00a0\u00bb, <em>Gazette des Beaux-Arts<\/em>, avril 1958, p.\u00a0243-254.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn40\"><\/a><a href=\"#_ftnref40\">[40]<\/a> AN, MC\/ET\/LXXIII\/344, fol.99. 12 mars 1637.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn41\"><\/a><a href=\"#_ftnref41\">[41]<\/a> AN, MC\/ET\/VI\/222. 19 d\u00e9cembre 1637.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn42\"><\/a><a href=\"#_ftnref42\">[42]<\/a> AN, MC\/ET\/LXXIII\/398. 17 juin 1649.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn43\"><\/a><a href=\"#_ftnref43\">[43]<\/a> Sur le peintre et marchand Jean-Michel Picart, lire\u00a0: Far\u00e9 M., \u00ab\u00a0Jean-Michel Picart (1600-1682), peintre de fleurs et marchand de tableaux\u00a0\u00bb, <em>Bulletin de la Soci\u00e9t\u00e9 de l\u2019histoire de l\u2019art fran\u00e7ais<\/em>, 1957, p. 91-102\u00a0; Far\u00e9 M., <em>Le Grand si\u00e8cle de la nature morte en France : le XVII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle<\/em>, Paris, Soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise du livre, 1974\u00a0; Widmaier D., <em>Jean-Michel Picart (1600-1682). Figure d\u2019un marchand de tableaux au Grand si\u00e8cle<\/em>, m\u00e9moire de ma\u00eetrise d\u2019histoire de l\u2019art sous la dir. d\u2019Alain M\u00e9rot et Antoine Schnapper, Universit\u00e9 Paris IV-Sorbonne, 2000.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn44\"><\/a><a href=\"#_ftnref44\">[44]<\/a> Sur le peintre Charles H\u00e9rault, lire\u00a0: Guiffrey J., \u00ab\u00a0Charles H\u00e9rault, peintre ordinaire du roi et de son Acad\u00e9mie royale. Apposition de scell\u00e9s\u00a0\u00bb, <em>Nouvelles archives de l\u2019art fran\u00e7ais<\/em>, t. IV, 1883, p. 260-261\u00a0; Merle du Bourg A., <em>Rubens au Grand Si\u00e8cle<\/em>, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2004\u00a0; Schnapper A., <em>Curieux du Grand si\u00e8cle. <\/em>2, <em>\u0152uvres d\u2019art<\/em>\u00a0: <em>Collections et collectionneurs dans la France du XVII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle<\/em>, Paris, Flammarion, 2005 (1994).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn45\"><\/a><a href=\"#_ftnref45\">[45]<\/a> Charles H\u00e9rault est install\u00e9 place Dauphine depuis au moins le mois de janvier 1678. Trois de ses tableaux, <em>Saint Guillaume<\/em>, <em>Saint Charles Borrom\u00e9e<\/em> et <em>Sainte Genevi\u00e8ve<\/em> ornent en 1704 l\u2019\u00e9glise paroissiale de Saint-Barth\u00e9lemy. Les figures sont d\u2019Antoine Coypel, son neveu. Brice G., <em>Description nouvelle de la ville de Paris et de tout ce qu\u2019elle contient de plus remarquable<\/em>, Amsterdam, [s.n.], 1718, t. III, p. 253.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn46\"><\/a><a href=\"#_ftnref46\">[46]<\/a> Leprince N.-T., Nougaret P.-J.-B., <em>Anecdotes des beaux-arts, contenant tout ce que la peinture, la sculpture, la gravure, l\u2019architecture, la litt\u00e9rature, la musique etc. et la vie des artistes offrent de plus piquant chez tous les peuples du monde<\/em>, Paris, J.-F. Bastien, 1776, t. II, p. 176.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn47\"><\/a><a href=\"#_ftnref47\">[47]<\/a> AN, Y 14639.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn48\"><\/a><a href=\"#_ftnref48\">[48]<\/a> Sur le marchand-joaillier Louis Alvarez, lire\u00a0: <em>Mercure galant<\/em>, juillet 1682, p. 139-140\u00a0; Bapst G., <em>Histoire des joyaux de la Couronne de France<\/em>, Paris, Hachette, 1889, vol. 1, p. 362-363\u00a0; Raimbault C., \u00ab\u00a0N\u00e9goce de tableaux entre France et Italie\u00a0: le cas du marchand Louis Alvarez (v.1625-1696)\u00a0\u00bb, <em>Bulletin de l\u2019Association des historiens de l\u2019art italien<\/em>, vol. 12, 2006, p. 38.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn49\"><\/a><a href=\"#_ftnref49\">[49]<\/a> Jal A., <em>Dictionnaire critique de biographie et d\u2019histoire<\/em>, Paris, Henri Plon, 1867, p. 966-967.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn50\"><\/a><a href=\"#_ftnref50\">[50]<\/a> L\u2019orf\u00e8vre Jean de Lens meurt en 1689, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 78 ans, dans la maison de son fils Fran\u00e7ois de Lens, marchand orf\u00e8vre, demeurant quai des Orf\u00e8vres, \u00ab\u00a0Au duc d\u2019Orl\u00e9ans\u00a0\u00bb, au coin de la place Dauphine. AN, fonds Laborde, fiche 050. Sur l\u2019orf\u00e8vre Jean de Lens, lire\u00a0: Bimbenet-Privat M., <em>Les orf\u00e8vres et l\u2019orf\u00e8vrerie de Paris au XVII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle<\/em>, Paris, Mus\u00e9es de la ville de Paris, 2202, vol. 1, p. 405.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn51\"><\/a><a href=\"#_ftnref51\">[51]<\/a> Les boutiques doivent rester ferm\u00e9es lors de la procession.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn52\"><\/a><a href=\"#_ftnref52\">[52]<\/a> Fournier \u00c9., <em>Histoire du Pont Neuf<\/em>, Paris, \u00c9. Dentu, 1862, t. I, p. 301.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn53\"><\/a><a href=\"#_ftnref53\">[53]<\/a> \u00ab L\u2019usage (de l\u2019exposition de la Jeunesse) s\u2019en est, para\u00eet-il, \u00e9tabli au XVII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, \u00e0 l\u2019instar d\u2019une coutume romaine dont avaient \u00e9t\u00e9 t\u00e9moins des artistes fran\u00e7ais \u00bb. Dorbec P., \u00ab\u00a0L\u2019exposition de la Jeunesse au XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle \u00bb, <em>Gazette des Beaux-Arts<\/em>, janvier 1905, p. 458. Lire aussi : Bellier de La Chavignerie \u00c9.,<em> Notes pour servir \u00e0 l\u2019exposition de la Jeunesse qui avait lieu chaque ann\u00e9e \u00e0 Paris les jours de la grande et de la petite F\u00eate-Dieu \u00e0 la place Dauphine et sur le Pont-Neuf<\/em>, Paris, Vve Jules Renouard, 1864.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn54\"><\/a><a href=\"#_ftnref54\">[54]<\/a> Cette tradition perdure jusqu\u2019en 1793. Hillairet J., <em>L\u2019Ile de la Cit\u00e9<\/em>, Paris, \u00c9d.d. de Minuit, 1969, p. 301.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn55\"><\/a><a href=\"#_ftnref55\">[55]<\/a> <em>Le<\/em> <em>Mercure<\/em>, juin 1722, p. 397.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn56\"><\/a><a href=\"#_ftnref56\">[56]<\/a> D\u2019apr\u00e8s un manuscrit contemporain cit\u00e9 sans r\u00e9f\u00e9rences, des tableaux \u00e9taient pr\u00eat\u00e9s sp\u00e9cialement par des amateurs. Mantz P., \u00ab\u00a0Les expositions sous Louis XV\u00a0\u00bb, <em>L\u2019Artiste<\/em>, mai 1857, p. 144. En juin 1725, Le <em>Mercure de France<\/em> d\u00e9crit les tableaux expos\u00e9s place Dauphine en \u00e9voquant \u00ab\u00a0la facilit\u00e9 que les Curieux ont de communiquer ce qu\u2019ils ont de plus rare dans leurs cabinets\u00a0\u00bb, p. 1399. Sur l\u2019exposition de 1725, lire\u00a0: Wildenstein G., <em>Le Salon de 1725. Compte rendu par le Mercure de France de l\u2019exposition faite au Salon carr\u00e9 du Louvre par l\u2019Acad\u00e9mie royale de peinture et de sculpture en 1725, publi\u00e9 avec des notes et documents nouveaux sur les expositions de l\u2019Acad\u00e9mie pendant le XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle<\/em>, Paris, Les Beaux-Arts, 1924.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn57\"><\/a><a href=\"#_ftnref57\">[57]<\/a> <em>Mercure galant<\/em>, octobre 1683, p. 302. Lire aussi\u00a0: <em>Mercure galant<\/em>, juillet 1732, p. 1610.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn58\"><\/a><a href=\"#_ftnref58\">[58]<\/a> Selon Pierre-Jean-Baptiste Nougaret, les acad\u00e9miciens exposaient r\u00e9guli\u00e8rement place Dauphine avant de s\u2019installer au palais du Louvre. Leprince N.-T., Nougaret P.-J.-B., <em>Anecdotes des beaux-arts<\/em> <em>contenant tout ce que la peinture, la sculpture, la gravure, l\u2019architecture, la litt\u00e9rature, la musique etc. et la vie des Artistes, offrent de plus curieux et de plus piquant, chez tous les Peuples du monde, depuis l\u2019origine de ces diff\u00e9rents Arts, jusqu\u2019\u00e0 nos jours<\/em>, Paris, J.-F. Bastien, 1776, p. 317.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn59\"><\/a><a href=\"#_ftnref59\">[59]<\/a> Sur l\u2019histoire des salons, voir\u00a0: Mantz P., \u00ab\u00a0Les expositions sous Louis XV\u00a0\u00bb, <em>L\u2019Artiste<\/em>, mai 1857, p.\u00a0142-146; Lafenestre G., \u00ab\u00a0Le salon et ses vicissitudes\u00a0\u00bb, <em>Revue des deux mondes<\/em>, 1<sup>er<\/sup> mai 1881, p.\u00a0\u00a0104-135; Len\u00f4tre G., <em>Histoire anecdotique des salons de peinture depuis 1673, par Th\u00e9odore Gosselin<\/em>, Paris, \u00c9. Dentu, 1881\u00a0; Marcel P., \u00ab\u00a0Notes sur les 6 expositions du r\u00e8gne de Louis XIV\u00a0\u00bb, <em>La chronique des arts et de la curiosit\u00e9<\/em>, janvier 1904, p.\u00a010-13 et 19-20; Guiffrey J. (\u00e9d.), <em>Collection des livrets des anciennes expositions depuis 1673 jusqu\u2019en 1800<\/em>, Nogent-le-Roi, J. Laget, Librairie des arts et m\u00e9tiers \u00e9ditions, 1990-1991, 8 vol.\u00a0; Lemaire G.-G.,<em> Histoire du Salon de peinture, <\/em>Paris, Klincksieck, 2004\u00a0; Maingon C., <em>Le Salon et ses artistes\u00a0: une histoire des expositions du Roi Soleil aux artistes fran\u00e7ais<\/em>, Paris, Hermann, 2009.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn60\"><\/a><a href=\"#_ftnref60\">[60]<\/a> Fournier \u00c9., <em>Histoire du Pont Neuf<\/em>, Paris, \u00c9. Dentu, 1862, t. I, p. 301. Les expositions de tableaux organis\u00e9es au palais du Louvre de fa\u00e7on \u00e9pisodique \u00e0 partir de 1699, et plus r\u00e9guli\u00e8rement d\u00e8s 1737, rendent d\u00e9sormais inutile pour les acad\u00e9miciens le recours au \u00ab\u00a0march\u00e9 en plein air\u00a0\u00bb de la place Dauphine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn61\"><\/a><a href=\"#_ftnref61\">[61]<\/a> Pr\u00e8s de trente ans apr\u00e8s la cr\u00e9ation de l&rsquo;Acad\u00e9mie, le corps acad\u00e9mique regroupe 25 affili\u00e9s : douze membres fondateurs, les officiers appel\u00e9s aussi les \u00ab anciens \u00bb (Charles Le Brun, Charles Errard, S\u00e9bastien Bourdon, Laurent de La Hyre, Jacques Sarrazin, Michel Corneille, Fran\u00e7ois Perrier, Charles Beaubrun, Eustache Le Sueur, Juste d\u2019Egmont, G\u00e9rard van Opstal et Simon Guillain), un directeur, un chancelier et onze acad\u00e9miciens (Louis du Guernier, Pieter van Mol, Louis Ferdinand Elle l\u2019a\u00een\u00e9, Louis Boullogne, Henri Mauperch\u00e9, Louis Hans, Louis Testelin, G\u00e9rard Goswin (Gossin), Thomas Pinagier, Samuel Bernard et Gilbert de S\u00e8ve). \u00c0 cette assembl\u00e9e s\u2019adjoignent un protecteur et un vice-protecteur, quatre recteurs perp\u00e9tuels et deux adjoints, deux huissiers, douze professeurs et huit adjoints, un tr\u00e9sorier, des conseillers et enfin, un secr\u00e9taire pour tenir les registres. <em>Mercure galant<\/em>, janvier 1682, p. 183-184.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn62\"><\/a><a href=\"#_ftnref62\">[62]<\/a> Pour les \u00e9tudes portant sur l\u2019Acad\u00e9mie royale de peinture et de sculpture, lire\u00a0: Gu\u00e9rin N., <em>Description de l\u2019Acad\u00e9mie royale des Arts, de peinture et de sculpture<\/em>, Paris, J. Collombat, 1715\u00a0; Le Gentil de Paroy J.P.G., <em>Pr\u00e9cis historique de l\u2019origine de l\u2019Acad\u00e9mie royale de peinture, sculpture et gravure<\/em>, Paris, J. Gratiot, 1816\u00a0; Montaiglon A. (de) (\u00e9d.),<em> M\u00e9moires pour servir \u00e0 l\u2019histoire de l\u2019Acad\u00e9mie royale de peinture et de sculpture, depuis 1648 jusqu\u2019en 1664, <\/em>Paris, P. Jannet, 1853 ; Vitet L.,<em> L\u2019Acad\u00e9mie royale de peinture et de sculpture : \u00e9tude historique<\/em>, Paris, Michel L\u00e9vy fr\u00e8res, 1861 ; Heinich N., <em>Du peintre \u00e0 l\u2019artiste. Artisans et acad\u00e9miciens \u00e0 l\u2019\u00e2ge classique<\/em>, Paris, \u00c9d. de Minuit, 1993\u00a0; Wine H., \u00ab\u00a0Les peintres de l\u2019Acad\u00e9mie et leur famille\u00a0\u00bb, <em>Dix-huiti\u00e8me si\u00e8cle<\/em>, n\u00b0 28, 1996, p. 483-513\u00a0; Pevsner N.,<em> Les acad\u00e9mies d\u2019art, <\/em>Paris, G. Monfort, 1999 ; Guichard C.<em>, <\/em>\u00ab Arts lib\u00e9raux et arts libres \u00e0 Paris au XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle : peintres et sculpteurs entre corporation et Acad\u00e9mie royale \u00bb, <em>Revue d\u2019histoire moderne et contemporaine<\/em>, vol. 49, n\u00b0 3, 2002, p. 54-68 ; Michel C., \u00ab<em> Les premi\u00e8res ann\u00e9es de l\u2019Acad\u00e9mie royale de peinture et de sculpture : une histoire toujours m\u00e9connue<\/em> \u00bb, Bulletin de la Soci\u00e9t\u00e9 de l\u2019histoire de l\u2019Art Fran\u00e7ais, 2011, p. 9-23 ; Michel C., <em>L\u2019Acad\u00e9mie royale de peinture et de sculpture (1648-1793). La naissance de l\u2019\u00e9cole fran\u00e7aise<\/em>, Gen\u00e8ve, Droz, 2012.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn63\"><\/a><a href=\"#_ftnref63\">[63]<\/a> <em>Mercure galant<\/em>, janvier 1682, p. 609.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn64\"><\/a><a href=\"#_ftnref64\">[64]<\/a> Le terme, employ\u00e9 \u00e0 la fin du XVII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, fait r\u00e9f\u00e9rence au corps acad\u00e9mique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn65\"><\/a><a href=\"#_ftnref65\">[65]<\/a> Jeandel A., <em>Tableau de Paris\u00a0: de ses m\u0153urs, coutumes, rues, \u00e9difices, monuments<\/em>, Paris, Ledoyen, 1854, p. 213.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn66\"><\/a><a href=\"#_ftnref66\">[66]<\/a> \u00a0[Anonyme], <em>Notice historique sur le palais national et description des salles de l\u2019exposition et des appartements int\u00e9rieurs<\/em>, Paris, Vinchon, 1850, p. 17.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn67\"><\/a><a href=\"#_ftnref67\">[67]<\/a> <em>Mercure galant<\/em>, septembre 1681, p. 361.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn68\"><\/a><a href=\"#_ftnref68\">[68]<\/a> Dix expositions sont orchestr\u00e9es durant le r\u00e8gne de Louis XIV, dont six au palais Brion.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn69\"><\/a><a href=\"#_ftnref69\">[69]<\/a> <em>Sentimens des plus habiles peintres du temps, sur la pratique de la peinture recueillis et mis en table par Henry Testelin, peintre du roy, professeur et secr\u00e9taire en l\u2019acad\u00e9mie royale de peinture et de sculpture<\/em>, Paris, [s.n.], 1680. Cit\u00e9 par Fontaine A., \u00ab\u00a0L\u2019origine des salons\u00a0\u00bb, <em>La Revue bleue<\/em>, 1910, vol. 48, n\u00b0 1, p. 625-630.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn70\"><\/a><a href=\"#_ftnref70\">[70]<\/a> <em>Notice historique sur le palais national et description des salles de l\u2019exposition et des appartements int\u00e9rieurs<\/em>, Paris, Vinchon, 1850, p. 18.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn71\"><\/a><a href=\"#_ftnref71\">[71]<\/a> Guiffrey J., <em>Comptes des b\u00e2timents du roi sous le r\u00e8gne de Louis XIV<\/em>, Paris, Imprimerie nationale, 1881.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn72\"><\/a><a href=\"#_ftnref72\">[72]<\/a> Cette disposition reprend celle des bustes et statues conserv\u00e9es dans la salle dite des antiques\u00a0et rang\u00e9es \u00ab\u00a0sur des degr\u00e9s en mani\u00e8re d\u2019amphith\u00e9\u00e2tre.\u00a0\u00bb Brice G., <em>Description nouvelle de ce qu\u2019il y a de plus remarquable dans la ville de Paris<\/em>, Paris, Nicolas Legras, 1684, p. 64. Voir Gady A., <em>Jacques Lemercier\u00a0: architecte et ing\u00e9nieur du roi<\/em>, Paris, \u00c9d. de la Maison des Sciences de l\u2019Homme, 2005, p. 306.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn73\"><\/a><a href=\"#_ftnref73\">[73]<\/a> Len\u00f4tre G., <em>Histoire anecdotique des salons de peinture depuis 1673, par Th\u00e9odore Gosselin<\/em>, Paris, \u00c9. Dentu, 1881, p. 8.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn74\"><\/a><a href=\"#_ftnref74\">[74]<\/a> Guiffrey J., <em>Comptes des b\u00e2timents du roi sous le r\u00e8gne de Louis XIV<\/em>, Paris, Imprimerie nationale, 1881, p. 550.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn75\"><\/a><a href=\"#_ftnref75\">[75]<\/a> Baudouin Yvart est charg\u00e9 \u00e0 la manufacture royale des Gobelins de la garde et conservation des tableaux, dessins et mod\u00e8les d\u00e8s le mois de novembre 1667. Vaillant V.-J.,<em> Deux peintres boulonnais Baudren Yvart (1610\u00a0?-1690), Joseph Yvart (1649-1728), <\/em>Boulogne-sur-Mer, Typ. Simonnaire, 1884, p. 41.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn76\"><\/a><a href=\"#_ftnref76\">[76]<\/a> Montaiglon A. (de), <em>Le livret de l\u2019exposition faite en 1673 dans la cour du Palais-Royal<\/em>, Paris, J.-B. Dumoulin, 1852.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn77\"><\/a><a href=\"#_ftnref77\">[77]<\/a> L\u2019id\u00e9e est sugg\u00e9r\u00e9e par Andr\u00e9 Fontaine dans \u00ab\u00a0L\u2019origine des salons\u00a0\u00bb, <em>La Revue bleue<\/em>, vol. 48, 1910, p. 627-628. Lire \u00e9galement la pr\u00e9face des <em>Sentimens des plus habiles peintres du temps, sur la pratique de la peinture recueillis et mis en table par Henry Testelin, peintre du roy, professeur et secr\u00e9taire en l\u2019acad\u00e9mie royale de peinture et de sculpture<\/em>, Paris, [s.n.], 1680.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn78\"><\/a><a href=\"#_ftnref78\">[78]<\/a> Sur l\u2019exposition de 1683, lire\u00a0: Szanto M., <em>Le dessin ou la couleur\u00a0? Une exposition de peinture sous le r\u00e8gne de Louis XIV<\/em>, Gen\u00e8ve, Droz, 2008.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn79\"><\/a><a href=\"#_ftnref79\">[79]<\/a> Dans le livret de 1704, la description des tableaux et sculptures expos\u00e9s dans la galerie du Louvre s\u2019ach\u00e8ve avec les \u00ab\u00a0trois grands tableaux de M. Jouvenet qui ont chacun 20 pieds de long (soit environ 6,64 m), et qui sont expos\u00e9s dans la Cour du Louvre, au pied de l\u2019Escalier qui sert de sortie\u00a0\u00bb. <em>Liste des tableaux et des ouvrages de<\/em> <em>sculpture exposez dans la grande gallerie du Louvre, par Messieurs les peintres et sculpteurs de l\u2019Acad\u00e9mie royale, en la pr\u00e9sente ann\u00e9e 1704<\/em>, Paris, J.-B. Coignard, 1704, p. 33. <em>La R\u00e9surrection de Lazare<\/em>, les <em>Vendeurs chass\u00e9s du temple<\/em> et le <em>Repas chez Simon<\/em> sont tous les trois conserv\u00e9s de nos jours au mus\u00e9e du Louvre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn80\"><\/a><a href=\"#_ftnref80\">[80]<\/a> <em>Mercure galant<\/em>, septembre 1699, p. 225.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn81\"><\/a><a href=\"#_ftnref81\">[81]<\/a> Lafenestre G., \u00ab\u00a0Le salon et ses vicissitudes\u00a0\u00bb, <em>Revue des Deux Mondes<\/em>, vol. 45, 1881, p. 117-118.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn82\"><\/a><a href=\"#_ftnref82\">[82]<\/a> Montaiglon A. (de), <em>Proc\u00e8s-verbaux de l\u2019Acad\u00e9mie royale<\/em> <em>de peinture et de sculpture<\/em>, Paris, Charavay fr\u00e8res, 1881, t. II, p. 166.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn83\"><\/a><a href=\"#_ftnref83\">[83]<\/a> <em>Ibid.<\/em>, p. 166.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn84\"><\/a><a href=\"#_ftnref84\">[84]<\/a> Dans le compte-rendu de s\u00e9ance du 26 avril 1687, les acad\u00e9miciens admettent\u00a0que \u00ab\u00a0ce seroit trop exposer l\u2019honneur de l\u2019Acad\u00e9mie de faire de telles expositions et estalages\u00a0\u00bb. Montaiglon A. (de), <em>Proc\u00e8s-verbaux de l\u2019Acad\u00e9mie royale<\/em> <em>de peinture et de sculpture<\/em>, Paris, Charavay fr\u00e8res, 1881, t. II, p. 351.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn85\"><\/a><a href=\"#_ftnref85\">[85]<\/a> Vitet L., <em>Journal des savants<\/em>, janvier 1857, p. 31.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn86\"><\/a><a href=\"#_ftnref86\">[86]<\/a> Pour l\u2019\u00e9tude de l\u2019Acad\u00e9mie de Saint-Luc, lire\u00a0: Lacroix P., <em>Peintres et graveurs. L\u2019Acad\u00e9mie de peinture<\/em>, Paris, Firmin Didot, 1888\u00a0; Guiffrey J., \u00ab\u00a0La communaut\u00e9 des peintres et sculpteurs parisiens, dite acad\u00e9mie de Saint-Luc (1391-1776)\u00a0\u00bb, <em>Journal des savants<\/em>, vol. 4, avril 1915, p.145-156\u00a0; Guiffrey J., \u00ab\u00a0Les expositions de l\u2019Acad\u00e9mie de Saint-Luc et leurs critiques (1751-1774)\u00a0\u00bb, <em>Bulletin de la Soci\u00e9t\u00e9 de l\u2019histoire de l\u2019art fran\u00e7ais<\/em>, 1910, p. 77-124.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn87\"><\/a><a href=\"#_ftnref87\">[87]<\/a> \u00a0Montaiglon A. (de), <em>Proc\u00e8s-verbaux de l\u2019Acad\u00e9mie royale<\/em> <em>de peinture et de sculpture<\/em>, Paris, Charavay fr\u00e8res, 1881, t. IV, p.\u00a0364-365.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn88\"><\/a><a href=\"#_ftnref88\">[88]<\/a> Tauzi\u00e8de-Espariat M., \u00ab Autour de Gabriel de Saint-Aubin. Les artistes actifs \u00e0 Paris hors de l\u2019Acad\u00e9mie royale de peinture et sculpture \u00bb, Henry C. (\u00e9d.), <em>Une histoire des savoir-faire. <\/em>Vol. 1\u00a0: <em>Cr\u00e9ation et vie artistique \u00e0 Paris du Grand Si\u00e8cle \u00e0 nos jours<\/em>, actes des symposiums (Paris, Mairie du 11<sup>e<\/sup> arrondissement, 26 f\u00e9vrier et 8 juillet 2015, 3 mars et 5 juillet 2016), en ligne : <a href=\"https:\/\/mairie11.paris.fr\/pages\/parution-des-symposiums-d-histoire-de-l-art-de-la-mairie-du-11e-9988\">https:\/\/mairie11.paris.fr\/pages\/parution-des-symposiums-d-histoire-de-l-art-de-la-mairie-du-11e-9988<\/a> (consult\u00e9 en octobre 2023).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn89\"><\/a><a href=\"#_ftnref89\">[89]<\/a> <em>Journal de Paris<\/em>, rubrique \u00ab\u00a0Arts\u00a0\u00bb, 13 avril 1787, p.\u00a0454-455.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn90\"><\/a><a href=\"#_ftnref90\">[90]<\/a> <em>Livret de l\u2019exposition de la Jeunesse chez le peintre-expert J.B. Lebrun en 1791<\/em>, Paris, J. Schmit, 1907.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn91\"><\/a><a href=\"#_ftnref91\">[91]<\/a> Selon le d\u00e9cret du 27 ao\u00fbt 1791, l\u2019Assembl\u00e9e nationale ordonne que tous les artistes, fran\u00e7ais ou \u00e9trangers, membres ou non de l\u2019Acad\u00e9mie de peinture et de sculpture, seraient admis \u00e0 exposer leurs ouvrages dans la partie du Louvre destin\u00e9e \u00e0 cet objet.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a name=\"_ftn92\"><\/a><a href=\"#_ftnref92\">[92]<\/a> Ce terme est employ\u00e9 pr\u00e9cis\u00e9ment par Louis-S\u00e9bastien Mercier dans son <em>Tableau de Paris<\/em>, t. XII, Amsterdam, [s.n.], 1788, p. 58.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><div class=\"wpcp\">Pour citer cet article : Christine Godfroy-Gallardo, \"Les expositions de tableaux en plein air avant le Salon de 1737\", <em>exPosition<\/em>, 13 novembre 2023, <a href=\"https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/articles8\/godfroy-gallardo-expositions-plein-air-avant-1737\/%20\">https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/articles8\/godfroy-gallardo-expositions-plein-air-avant-1737\/%20<\/a>. Consult\u00e9 le 29 avril 2026.<\/div><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>par Christine Godfroy-Gallardo &nbsp; &#8212; Christine Godfroy-Gallardo est docteure en histoire de l\u2019art de l\u2019universit\u00e9 de Paris 1 Panth\u00e9on-Sorbonne. 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