{"id":3054,"date":"2025-06-02T13:00:31","date_gmt":"2025-06-02T12:00:31","guid":{"rendered":"https:\/\/www.revue-exposition.com\/?p=3054"},"modified":"2025-06-02T17:41:12","modified_gmt":"2025-06-02T16:41:12","slug":"trouve-atlas-desorientation-pompidou-paris-2022","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/articles10\/trouve-atlas-desorientation-pompidou-paris-2022\/%20","title":{"rendered":"\u00c0 propos de l\u2019exposition <em>Tatiana Trouv\u00e9 &#8211; Le grand atlas de la d\u00e9sorientation<\/em> (Centre Pompidou, Paris, 2022)"},"content":{"rendered":"<h3 style=\"text-align: justify;\">un entretien avec Tatiana Trouv\u00e9, men\u00e9 par Roula Matar<\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8212; <em><strong>Tatiana Trouv\u00e9<\/strong> est artiste<\/em>. <em>N\u00e9e en 1968 \u00e0 Cosenza, en Italie, elle a grandi \u00e0 Dakar, au S\u00e9n\u00e9gal ; aujourd\u2019hui, elle vit et travaille \u00e0 Montreuil. Son travail artistique d\u00e9bute avec la cr\u00e9ation du <\/em>Bureau d\u2019Activit\u00e9s Implicites (B.A.I.)<em>, sorte de laboratoire du temps o\u00f9 les activit\u00e9s sont toujours \u00e0 venir (1997-2007). Tatiana Trouv\u00e9 a particip\u00e9 \u00e0 de tr\u00e8s nombreuses expositions personnelles et collectives, biennales et triennales, dans des mus\u00e9es et institutions \u00e0 l\u2019\u00e9tranger comme en France. Parmi ses publications r\u00e9centes figurent : en 2025, <\/em>The Strange Life of Things<em>, catalogue de son exposition \u00e0 la fondation Pinault de Venise\u00a0; en 2023, le recueil de textes <\/em>R\u00e9cits, r\u00eaves et autres histoires<em> aux \u00c9ditions de l\u2019\u00e9cole nationale sup\u00e9rieure des Beaux-Arts, et, en 2022, <\/em>Le grand atlas de la d\u00e9sorientation<em>, catalogue raisonn\u00e9 \u00a0de ses dessins. Elle a re\u00e7u plusieurs distinctions importantes, dont le prix Marcel Duchamp en 2007. Ses \u0153uvres font partie de nombreuses collections publiques et priv\u00e9es, parmi lesquelles le mus\u00e9e d&rsquo;Art moderne de la ville de Paris, le Centre Pompidou \u00e0 Paris, le MAC VAL \u00e0 Vitry-sur-Seine, le Migros Museum \u00e0 Zurich, le Museo del Novecento \u00e0 Milan, le Hirschhorn Museum and Sculpture Garden \u00e0 Washington D.C., le Nasher Sculpture Center \u00e0 Dallas, ainsi que le Museo Jumex \u00e0 Mexico<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em><strong>Roula Matar<\/strong>,<\/em> <em>architecte et docteure en histoire de l\u2019art, est ma\u00eetresse de conf\u00e9rences en Histoire et Cultures Architecturales \u00e0 l\u2019\u00e9cole nationale sup\u00e9rieure d\u2019Architecture de Versailles. Ses recherches et publications se consacrent aux croisements des disciplines, notamment aux rapports de l\u2019\u0153uvre d\u2019art \u00e0 l\u2019architecture, aux xx<sup>e<\/sup>\u00a0et\u00a0xxi<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cles. Sur ce sujet, elle a publi\u00e9\u00a0<\/em>L\u2019Architecture selon Gordon Matta-Clark<em>, aux Presses du r\u00e9el (2022). Ses recherches r\u00e9centes portent sur l\u2019histoire des espaces de l\u2019exposition et sur l\u2019histoire de l\u2019architecture du mus\u00e9e. &#8212;<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cet entretien &#8211; r\u00e9alis\u00e9 le 8 d\u00e9cembre 2022 dans l\u2019atelier de Tatiana Trouv\u00e9 \u00e0 Montreuil \u2013 est consacr\u00e9 \u00e0 son exposition <em>Le grand atlas de la d\u00e9sorientation<\/em> organis\u00e9e par Jean-Pierre Criqui au Centre Pompidou, \u00e0 Paris, dans la galerie 3, du 8 juin au 22 ao\u00fbt 2022.<\/p>\n<figure id=\"attachment_3059\" aria-describedby=\"caption-attachment-3059\" style=\"width: 840px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-3059 size-large\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/TT-image-1-Pompidou-2022-.jpg?resize=840%2C630&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"840\" height=\"630\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/TT-image-1-Pompidou-2022--scaled.jpg?resize=1024%2C768&amp;ssl=1 1024w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/TT-image-1-Pompidou-2022--scaled.jpg?resize=300%2C225&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/TT-image-1-Pompidou-2022--scaled.jpg?resize=768%2C576&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/TT-image-1-Pompidou-2022--scaled.jpg?resize=1536%2C1152&amp;ssl=1 1536w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/TT-image-1-Pompidou-2022--scaled.jpg?resize=2048%2C1536&amp;ssl=1 2048w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/TT-image-1-Pompidou-2022--scaled.jpg?resize=1200%2C900&amp;ssl=1 1200w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/TT-image-1-Pompidou-2022--scaled.jpg?w=1680&amp;ssl=1 1680w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/TT-image-1-Pompidou-2022--scaled.jpg?w=2520&amp;ssl=1 2520w\" sizes=\"auto, (max-width: 709px) 85vw, (max-width: 909px) 67vw, (max-width: 1362px) 62vw, 840px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-3059\" class=\"wp-caption-text\">Fig. 1 : Tatiana Trouv\u00e9, Maquette de l\u2019exposition \u00ab <em>Le grand atlas de la d\u00e9sorientation \u00bb<\/em>, Centre Pompidou, Paris, 2022.<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Roula Matar <\/strong>: Dans le cadre d\u2019un large projet de recherche que je m\u00e8ne sur l\u2019histoire des espaces de l\u2019exposition, je suis tr\u00e8s heureuse de pouvoir m\u2019entretenir avec vous au sujet de votre derni\u00e8re exposition au centre Georges Pompidou <em>Le grand atlas de la d\u00e9sorientation<\/em>. Je souhaite vous interroger sur la mise en espace et, si vous le voulez bien, rester pr\u00e8s de l\u2019architecture dans laquelle vous intervenez, qui fait bien s\u00fbr partie de la d\u00e9finition m\u00eame de l\u2019\u0153uvre, qui l\u2019englobe ; pouvons-nous porter une attention peut-\u00eatre un temps \u00ab\u00a0dissoci\u00e9e\u00a0\u00bb sur l\u2019architecture des lieux, et s\u2019arr\u00eater au stade qui pr\u00e9c\u00e8de l\u2019installation, au moment o\u00f9 vous concevez sa mise en espace ou le dessin d\u2019espace ; pouvons-nous insister sur ce processus, sur le pr\u00e9alable qui est peu \u00e9voqu\u00e9, peu montr\u00e9, et qui est vite englouti dans l\u2019analyse de l\u2019\u0153uvre ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Tatiana Trouv\u00e9<\/strong> : Tout est parti de l\u2019espace, de l\u2019architecture, comme souvent dans mon travail. Que ce soit \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de mes dessins ou dans mes installations, il y a un lien tr\u00e8s direct avec l\u2019espace et l\u2019architecture. On m\u2019a invit\u00e9e pour une exposition de sculptures car c\u2019est un espace qui s\u2019y pr\u00eate parfaitement. Il y a beaucoup de contraintes pour montrer, dans ce cube en verre, des \u0153uvres sur papier ; les normes des mus\u00e9es sont tr\u00e8s strictes, il faut tamiser la lumi\u00e8re, tr\u00e8s peu de lumens sur les \u0153uvres parce qu\u2019elles s\u2019abiment tr\u00e8s vite etc. Lorsque je suis rentr\u00e9e dans l\u2019espace, j\u2019ai eu l\u2019impression de p\u00e9n\u00e9trer dans une des architectures de mes dessins. L\u2019id\u00e9e \u00e9tait soit de faire une installation qui devienne un dessin, soit de confondre l\u2019espace de l\u2019architecture avec l\u2019espace de mes dessins. Cette exposition a eu un tr\u00e8s long parcours. Au d\u00e9part, comme je ne voulais pas pr\u00e9senter mes dessins contre un mur mais prolonger leurs lignes dans l\u2019espace, j\u2019avais \u00e0 disposition ces structures m\u00e9talliques que j\u2019avais construites sur lesquelles ils \u00e9taient fix\u00e9s et se superposaient en perspective, et l\u2019on voyait aussi au travers de ces lignes graphiques. Parfois, cette superposition des lignes \u00e9tait pr\u00e9cise, et d\u2019autres fois trop al\u00e9atoire. J\u2019ai abandonn\u00e9 cette pr\u00e9sentation parce que cela ne convenait plus vraiment \u00e0 ce que je cherchais. Puis s\u2019est naturellement impos\u00e9e cette id\u00e9e de suspendre les pi\u00e8ces et de travailler tout l\u2019espace comme un grand tableau \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur duquel il y aurait d\u2019autres vues ou d\u2019autres espaces, de travailler plut\u00f4t comme des fen\u00eatres. Les dessins me servaient finalement \u00e0 ouvrir d\u2019autres espaces \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019un espace structur\u00e9 comme un dessin\u00a0; un espace que j\u2019ai ensuite dessin\u00e9 de fa\u00e7on assez simple avec des rideaux, avec un dessin au sol en faisant aussi jouer certaines parties des vitres. On m\u2019a impos\u00e9 de mettre des filtres sur les vitres. Mais l\u00e0 o\u00f9 j\u2019avais pos\u00e9 des rideaux, j\u2019ai pu laisser certaines parties ouvertes. Je voulais aussi que la rue et l\u2019ext\u00e9rieur rentrent dans l\u2019exposition. Ce fut un compromis assez vertigineux entre ce que je pouvais faire et les restrictions mus\u00e9ales.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au final, pour les sculptures qui \u00e9taient c\u00f4t\u00e9 rue, je n\u2019ai pas r\u00e9ussi \u00e0 obtenir de laisser le verre des vitres compl\u00e8tement transparent ; le mus\u00e9e a impos\u00e9 des filtres sur cette partie, et de ce fait, on ne pouvait voir les sculptures que la nuit, lorsqu\u2019il n\u2019y avait plus le jeu de miroir produit par le filtre sur les vitres \u00e0 la lumi\u00e8re du jour. Pour le reste, je pense que lorsqu\u2019on \u00e9tait \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019espace, on pouvait tout de m\u00eame percevoir le mouvement et l\u2019activit\u00e9 de la ville qui venaient se superposer \u00e0 mes dessins un peu comme des feuilles de calque, autant avec les transparences produites par les rideaux sur l\u2019espace ext\u00e9rieur, qu\u2019avec les ombres de sculptures pos\u00e9es entre les rideaux et les vitres, tout cela soumis aux variations de la lumi\u00e8re ext\u00e9rieure, dont l\u2019intensit\u00e9 faisait aussi varier la perception g\u00e9n\u00e9rale que l\u2019on avait de l\u2019exposition. Enfin, il y avait le travail au sol o\u00f9 j\u2019ai r\u00e9alis\u00e9 un dessin \u00e0 partir de la r\u00e9union de plusieurs fa\u00e7ons de se d\u00e9placer dans le monde et dans l\u2019espace pour diff\u00e9rents corps et \u00e9l\u00e9ments, du nutrino \u00e0 la cellule, des fourmis aux loups et aux humains, qui renvoyaient \u00e0 plusieurs mani\u00e8res d\u2019habiter le monde. C\u2019est un peu comme cela que l\u2019exposition s\u2019est construite.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019exposition a beaucoup chang\u00e9. Je l\u2019ai \u00e9norm\u00e9ment travaill\u00e9e, d\u2019abord en maquette. Je commence toujours par r\u00e9aliser des maquettes, puis je passe sur SketchUp. L\u00e0, cela est beaucoup plus technique, et me permet de mesurer mes passages etc. Et parfois, lorsqu\u2019il y a un peu de budget pour cela, je finalise en 3D, mais je me m\u00e9fie beaucoup de ces points de vue qui n\u2019existent pas, qui sont toujours tr\u00e8s charmants et liss\u00e9s. Pour moi, les id\u00e9es se mettent en place lorsque je commence \u00e0 construire des maquettes en carton plume, recouvertes de mat\u00e9riaux les plus proches de ceux avec lesquels je vais travailler. J\u2019essaye avant tout de sculpter, de penser aux mat\u00e9riaux qu\u2019ensuite je vais retrouver. J\u2019essaye de les visualiser, de les retraduire dans la maquette.<\/p>\n<figure id=\"attachment_3060\" aria-describedby=\"caption-attachment-3060\" style=\"width: 840px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-3060 size-large\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/TT-image-2-Pompidou-2022.jpg?resize=840%2C630&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"840\" height=\"630\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/TT-image-2-Pompidou-2022-scaled.jpg?resize=1024%2C768&amp;ssl=1 1024w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/TT-image-2-Pompidou-2022-scaled.jpg?resize=300%2C225&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/TT-image-2-Pompidou-2022-scaled.jpg?resize=768%2C576&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/TT-image-2-Pompidou-2022-scaled.jpg?resize=1536%2C1152&amp;ssl=1 1536w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/TT-image-2-Pompidou-2022-scaled.jpg?resize=2048%2C1536&amp;ssl=1 2048w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/TT-image-2-Pompidou-2022-scaled.jpg?resize=1200%2C900&amp;ssl=1 1200w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/TT-image-2-Pompidou-2022-scaled.jpg?w=1680&amp;ssl=1 1680w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/TT-image-2-Pompidou-2022-scaled.jpg?w=2520&amp;ssl=1 2520w\" sizes=\"auto, (max-width: 709px) 85vw, (max-width: 909px) 67vw, (max-width: 1362px) 62vw, 840px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-3060\" class=\"wp-caption-text\">Fig. 2 : Tatiana Trouv\u00e9, Maquette de l\u2019exposition \u00ab\u00a0Le grand atlas de la d\u00e9sorientation\u00a0\u00bb, Centre Pompidou, Paris, 2022.<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>R. M.<\/strong> : Travaillez-vous sur une seule maquette ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>T. T.<\/strong> : Pour que je puisse vraiment y travailler et manipuler les choses \u2013 je mets, je casse, j\u2019enl\u00e8ve, je remets \u2013 il me faut au minimum une \u00e9chelle de 1\/10<sup>e<\/sup> et au-dessus. En dessous, cela ne me sert \u00e0 rien, parce que j\u2019ai besoin de traduire tous les mat\u00e9riaux. Donc ce sont de tr\u00e8s grandes maquettes, lorsqu\u2019on a presque 1000 m<sup>2<\/sup> on arrive tout de suite \u00e0 des maquettes de 3 m par 3. Je les photographie toutes et ensuite elles sont d\u00e9truites. Pour certaines maquettes, je suis all\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 couler des dalles en b\u00e9ton, pour les casser, parce que je pense qu\u2019\u00e0 cette \u00e9chelle r\u00e9duite on arrive \u00e0 reproduire les gestes que l\u2019on va faire \u00e0 l\u2019\u00e9chelle r\u00e9elle. Je me dis que si on parvient \u00e0 les faire avec les mat\u00e9riaux en petit, on pourra toujours les refaire en plus grand.<\/p>\n<figure id=\"attachment_3061\" aria-describedby=\"caption-attachment-3061\" style=\"width: 840px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-3061 size-large\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/TT-image-3-Migros-2009.jpg?resize=840%2C568&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"840\" height=\"568\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/TT-image-3-Migros-2009.jpg?resize=1024%2C692&amp;ssl=1 1024w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/TT-image-3-Migros-2009.jpg?resize=300%2C203&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/TT-image-3-Migros-2009.jpg?resize=768%2C519&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/TT-image-3-Migros-2009.jpg?resize=1536%2C1038&amp;ssl=1 1536w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/TT-image-3-Migros-2009.jpg?resize=1200%2C811&amp;ssl=1 1200w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/TT-image-3-Migros-2009.jpg?w=1795&amp;ssl=1 1795w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/TT-image-3-Migros-2009.jpg?w=1680&amp;ssl=1 1680w\" sizes=\"auto, (max-width: 709px) 85vw, (max-width: 909px) 67vw, (max-width: 1362px) 62vw, 840px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-3061\" class=\"wp-caption-text\">Fig. 3 : Tatiana Trouv\u00e9, Maquette de l\u2019exposition \u00ab\u00a0A Stay between Enclosure and Space\u00a0\u00bb, Migros Museum, Zurich, 2009.<\/figcaption><\/figure>\n<figure id=\"attachment_3062\" aria-describedby=\"caption-attachment-3062\" style=\"width: 840px\" class=\"wp-caption alignright\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-3062 size-large\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/TT-image-4-Graz-2010.jpg?resize=840%2C630&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"840\" height=\"630\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/TT-image-4-Graz-2010-scaled.jpg?resize=1024%2C768&amp;ssl=1 1024w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/TT-image-4-Graz-2010-scaled.jpg?resize=300%2C225&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/TT-image-4-Graz-2010-scaled.jpg?resize=768%2C576&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/TT-image-4-Graz-2010-scaled.jpg?resize=1536%2C1152&amp;ssl=1 1536w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/TT-image-4-Graz-2010-scaled.jpg?resize=2048%2C1536&amp;ssl=1 2048w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/TT-image-4-Graz-2010-scaled.jpg?resize=1200%2C900&amp;ssl=1 1200w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/TT-image-4-Graz-2010-scaled.jpg?w=1680&amp;ssl=1 1680w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/TT-image-4-Graz-2010-scaled.jpg?w=2520&amp;ssl=1 2520w\" sizes=\"auto, (max-width: 709px) 85vw, (max-width: 909px) 67vw, (max-width: 1362px) 62vw, 840px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-3062\" class=\"wp-caption-text\">Fig. 4 : Tatiana Trouv\u00e9, Maquette de l\u2019exposition \u00ab\u00a0Il Grande Ritratto\u00a0\u00bb, Kunsthaus, Graz, 2010<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>R. M. <\/strong>: Gardez-vous une trace photographique de l\u2019\u00e9volution, des diff\u00e9rentes \u00e9tapes de la r\u00e9flexion de cette mise en espace ? Ou bien gardez-vous seulement la trace du projet une fois fix\u00e9 ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>T. T.<\/strong> : Non, seulement une fois que le projet est fix\u00e9, car je ne suis pas assez patiente pour cela. Peut-\u00eatre que c\u2019est une chose que Marguerite, mon assistante, devrait faire. Elle avait commenc\u00e9 \u00e0 le faire par elle-m\u00eame. Elle avait eu cette intuition parce qu\u2019elle avait remarqu\u00e9 que mes dessins changeaient tellement d\u2019un jour \u00e0 un autre. Pour les tr\u00e8s grands formats du Centre Pompidou, elle a donc commenc\u00e9 \u00e0 prendre une photo, \u00e0 chaque fois qu\u2019elle arrivait \u00e0 l\u2019atelier, trois jours par semaine. Et c\u2019est vrai que c\u2019\u00e9tait frappant, finalement. Je ne me rendais pas compte \u00e0 quel point les dessins changeaient avant d\u2019arriver \u00e0 leur terme. Je sais que je gomme beaucoup, mais j\u2019oublie. Un conservateur de dessins les a pass\u00e9s aux ultraviolets et a vu tous les repentirs et toutes les traces de gommage. Ma fa\u00e7on de travailler est tr\u00e8s empirique, que ce soit pour les dessins ou les maquettes. Pour les dessins, j\u2019ai \u00e9norm\u00e9ment d\u2019archives d\u2019images qui sont parfois issues de mes sculptures dans des expositions, mais aussi des images que je prends, des images photographiques que je garde, que j\u2019organise par th\u00e8mes ou que je range par ordre alphab\u00e9tique, des \u00e9l\u00e9ments qui reviennent souvent dans mes dessins. Je r\u00e9alise \u00e9norm\u00e9ment d\u2019objets en bronze pour mes sculptures qui appartiennent, un peu comme mes images, \u00e0 des sortes de r\u00e9pertoires. Je fais beaucoup de fleurs, de chaussures, des radios, beaucoup de livres issus de mes lectures, des choses que je stocke comme des archives et qui d\u2019un seul coup reviennent, dans les assemblages de mes sculptures. Donc il y a une partie qui est tr\u00e8s organis\u00e9e, qui est tr\u00e8s proche d\u2019une fa\u00e7on d\u2019archiver les objets et les images du monde et une autre partie qui est exp\u00e9rimentale, plus intuitive o\u00f9 toutes ces choses reviennent diff\u00e9remment dans mon travail.<\/p>\n<figure id=\"attachment_3095\" aria-describedby=\"caption-attachment-3095\" style=\"width: 840px\" class=\"wp-caption alignright\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-3095 size-large\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/TT-maquette-expo-Pompidou-2022-IMG_9125.jpg?resize=840%2C630&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"840\" height=\"630\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/TT-maquette-expo-Pompidou-2022-IMG_9125-scaled.jpg?resize=1024%2C768&amp;ssl=1 1024w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/TT-maquette-expo-Pompidou-2022-IMG_9125-scaled.jpg?resize=300%2C225&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/TT-maquette-expo-Pompidou-2022-IMG_9125-scaled.jpg?resize=768%2C576&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/TT-maquette-expo-Pompidou-2022-IMG_9125-scaled.jpg?resize=1536%2C1152&amp;ssl=1 1536w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/TT-maquette-expo-Pompidou-2022-IMG_9125-scaled.jpg?resize=2048%2C1536&amp;ssl=1 2048w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/TT-maquette-expo-Pompidou-2022-IMG_9125-scaled.jpg?resize=1200%2C900&amp;ssl=1 1200w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/TT-maquette-expo-Pompidou-2022-IMG_9125-scaled.jpg?w=1680&amp;ssl=1 1680w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/TT-maquette-expo-Pompidou-2022-IMG_9125-scaled.jpg?w=2520&amp;ssl=1 2520w\" sizes=\"auto, (max-width: 709px) 85vw, (max-width: 909px) 67vw, (max-width: 1362px) 62vw, 840px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-3095\" class=\"wp-caption-text\">Fig. 5 : Tatiana Trouv\u00e9, Maquette de l\u2019exposition \u00ab\u00a0Le grand atlas de la d\u00e9sorientation\u00a0\u00bb, Centre Pompidou, Paris, 2022.<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>R. M.<\/strong> : Parmi cet ensemble d\u2019images d\u2019archives, j\u2019ai une question au sujet des architectures ou espaces ; est-ce qu\u2019il y en a qui comptent pour vous ? Il \u00e9tait pour moi flagrant de voir la pr\u00e9sence de Mies van der Rohe dans cette exposition au centre Pompidou. Il me semble saisir un \u00e9cho des collages du projet de la Resor House ou plus particuli\u00e8rement du Caf\u00e9 <em>Samt und Seide<\/em>, r\u00e9alis\u00e9 en 1927 avec Lilly Reich, et qu\u2019\u00e9voque d\u2019ailleurs Jean-Pierre Criqui dans le texte du catalogue. Ces images ont-elles \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sentes lorsque vous avez pens\u00e9 \u00e0 cet espace ? D\u2019autres images d\u2019architectures ont-elles compt\u00e9 et sont-elles pr\u00e9sentes dans vos archives visuelles\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>T. T.<\/strong> : Je pense que dans la production de cette g\u00e9n\u00e9ration d\u2019architectes, celle de Mies van der Rohe, on retrouve ce rapport tr\u00e8s fort au dessin, \u00e0 la ligne. On sent le coup de crayon. C\u2019est une architecture tr\u00e8s dessin\u00e9e. Aujourd\u2019hui, je vois des architectures contemporaines incroyables, mais on devine la 3D et c\u2019est tout un autre rapport au dessin. Je pense que s\u2019il y a finalement des similitudes de cet ordre dans cette exposition, c\u2019est parce que j\u2019ai dessin\u00e9 cette exposition, parce que j\u2019en ai fait un grand dessin. Mies van der Rohe avait aussi cette fa\u00e7on de dessiner lui-m\u00eame des rideaux dans l\u2019espace. Oui, c\u2019est \u00e9vident, il y a beaucoup de ponts.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>R. M.<\/strong> : Est-ce un architecte dont vous avez regard\u00e9 les travaux, qui vous a influenc\u00e9 ? Avez-vous des r\u00e9f\u00e9rences architecturales, je connais vos r\u00e9f\u00e9rences litt\u00e9raires ou artistiques, mais en architecture, qui a pu vous int\u00e9resser ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>T. T.<\/strong> : Oui, j\u2019ai beaucoup regard\u00e9 Mies van der Rohe mais ensuite je m\u2019en suis d\u00e9tach\u00e9e ou je n\u2019y ai plus pens\u00e9 en travaillant. Certaines r\u00e9f\u00e9rences sont assimil\u00e9es et font partie de nous, nous les portons. Je n\u2019\u00e9tablis pas dans mon travail des r\u00e9f\u00e9rences directes. Je pense que cela fait partie des choses qui m\u2019ont nourries comme Alighiero Boetti ou Eva Hesse font partie des artistes qui m\u2019ont nourrie et dont on peut retrouver certains aspects dans mon travail. On ne nait pas de nulle part, on arrive toujours avec des bagages, des transmissions.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>R. M. <\/strong>: Quels architectes ont pu compter pour vous ? Je sais que votre p\u00e8re \u00e9tait sculpteur et enseignait dans une \u00e9cole d\u2019architecture \u00e0 Dakar, de ce fait il s\u2019est int\u00e9ress\u00e9 \u00e0 l\u2019architecture, que vous a-t-il transmis de ce champ ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>T. T.<\/strong> : Il s\u2019est beaucoup int\u00e9ress\u00e9 \u00e0 l\u2019architecture mais pas du tout \u00e0 l\u2019architecture occidentale. Il a fait beaucoup de recherches sur l\u2019architecture traditionnelle de diff\u00e9rentes ethnies surtout dans la Casamance. Il a fait beaucoup d\u2019\u00e9tudes et de<span style=\"text-decoration: line-through;\">s<\/span> relev\u00e9s sur les mat\u00e9riaux traditionnels, les espaces de vie parce que Dakar \u00e9tait une ville compl\u00e8tement reconstruite d\u2019abord par les colons, puis par les post-colons qui ont r\u00e9alis\u00e9 des architectures pavillonnaires comme on trouve en France et qui ne sont adapt\u00e9es ni au climat ni \u00e0 la fa\u00e7on de vivre traditionnelle. Une femme s\u00e9n\u00e9galaise ne cuisine pas debout mais au sol, avec plusieurs calebasses. Elle a un espace pr\u00e9cis. D\u2019ailleurs, les cuisines de ces maisons n\u2019\u00e9taient pas du tout utilis\u00e9es parce qu\u2019on cuisine dehors, on cuisine au charbon, sur de petits fours. Mon p\u00e8re s\u2019est beaucoup int\u00e9ress\u00e9 \u00e0 cela et a form\u00e9 ses \u00e9tudiants \u00e0 \u00e9tudier, \u00e0 retravailler \u00e0 partir des n\u00e9cessit\u00e9s traditionnelles et adapt\u00e9es au climat et \u00e0 la culture. Je pense que mon p\u00e8re \u00e9tait plut\u00f4t en guerre avec l\u2019architecture occidentale, avec peut-\u00eatre aussi les grands noms, c\u2019est-\u00e0-dire les grands signataires qui avaient la f\u00e2cheuse tendance de construire des mausol\u00e9es ou des temples \u00e0 leur nom. Il \u00e9tait passionn\u00e9 par Ugo La Pietra [et sa devise] \u00ab\u00a0habiter la ville, c\u2019est \u00eatre partout chez soi \u00bb. Il estimait plut\u00f4t les architectes radicaux qui l\u2019ont finalement form\u00e9 au refus de signer, de construire et plut\u00f4t \u00e0 penser, \u00e0 exp\u00e9rimenter l\u2019espace.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>R. M.<\/strong> : L\u2019avez-vous accompagn\u00e9 dans ses visites, dans ses espaces ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>T. T.<\/strong> : Dans son enseignement, mon p\u00e8re qui \u00e9tait sculpteur et professeur d\u2019architecture, formait beaucoup \u00e0 la r\u00e9alisation de maquettes et de plans. \u00c0 ce moment, il n\u2019y avait pas encore d\u2019ordinateurs. Ma s\u0153ur et moi, comme travaux d\u2019accompagnement, nous grattions les plans sur du calque. C\u2019est l\u00e0 que nous avons appris \u00e0 lire l\u2019espace avec les plans, \u00e0 le dessiner sur calque et \u00e0 faire des maquettes. C\u2019\u00e9tait quelque chose d\u2019assez peu commun ; comme les enfants des musiciens apprenaient le son et les notes tout de suite, et bien nous, c\u2019\u00e9tait r\u00e9aliser des plans d\u2019architectes et des maquettes<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>R. M.<\/strong> : Avez-vous v\u00e9cu des exp\u00e9riences d\u2019architecture marquantes \u00e0 ce moment-l\u00e0 aussi ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>T. T.<\/strong> : Oui, \u00e9norm\u00e9ment. L\u2019exp\u00e9rience spatiale est toujours tr\u00e8s li\u00e9e au mode de vie et le mode de vie des enfants en occident, peu importe les p\u00e9riodes, est toujours li\u00e9 au foyer, \u00e0 l\u2019\u00e9cole, et aux lieux o\u00f9 l\u2019on va faire du sport, de la musique etc. Tout est structur\u00e9 par des espaces sp\u00e9cifiques qui permettent ces activit\u00e9s sp\u00e9cifiques. Mais en Afrique, c\u2019est compl\u00e8tement diff\u00e9rent, en tout cas, \u00e0 l\u2019\u00e9poque o\u00f9 j\u2019y \u00e9tais. D\u2019abord, il n\u2019y a pas cette fronti\u00e8re si nette entre chez soi et chez l\u2019autre. Lorsqu\u2019on rend visite \u00e0 quelqu\u2019un, on participe tout de suite au repas. Ensuite, on passe sa vie pratiquement dehors, \u00e0 inventer des activit\u00e9s, \u00e0 \u00eatre pieds nus. J\u2019ai grandi sur l\u2019\u00eele de Gor\u00e9e, donc j\u2019ai pass\u00e9 mon temps \u00e0 me d\u00e9placer. J\u2019\u00e9tais tr\u00e8s peu chez moi, tout le temps dans l\u2019eau et chez mes amis. J\u2019ai appris tr\u00e8s vite le wolof ce qui m\u2019a permis de naviguer dans une autre dimension, dans une autre culture. Pour moi, cela revenait \u00e0 entrer dans un nouvel espace, compl\u00e8tement nouveau. L\u2019espace architectural abrite plusieurs autres espaces, comme l\u2019espace de la parole, l\u2019espace culturel etc. Je ne sais pas si j\u2019ai r\u00e9pondu \u00e0 la question. Peut-\u00eatre que j\u2019ai m\u00eame perdu la question\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>R. M.<\/strong> : Ce rapport est important. Ma question \u00e9tait au sujet d\u2019exp\u00e9rience d\u2019espace ; avez-vous eu une exp\u00e9rience marquante durant cette p\u00e9riode ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>T. T.<\/strong> : Oui c\u2019est cette fronti\u00e8re qui \u00e9tait presque inexistante entre l\u2019ext\u00e9rieur, l\u2019espace, le paysage et l\u2019int\u00e9rieur c\u2019est-\u00e0-dire le foyer ou m\u00eame les foyers, puisque j\u2019avais plusieurs foyers familiaux. Je me sentais tout \u00e0 fait chez moi aussi quand j\u2019allais chez mes amis ; mes parents me disaient qu\u2019ils ne me voyaient jamais. J\u2019ai ador\u00e9 ce moment-l\u00e0 de mon existence parce que justement il n\u2019y avait plus de fronti\u00e8re entre le chez soi et tout le reste de la vie, tout ce qui se passe dans d\u2019autres espaces. Tout \u00e9tait beaucoup plus perm\u00e9able.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>R. M.<\/strong> : Il est frappant alors de trouver un \u00e9cho de tout cela, de ces espaces perm\u00e9ables, dans tout votre travail ; est-ce une exp\u00e9rience fondatrice que vous cherchez \u00e0 rappeler ? mais je sais combien il est difficile de r\u00e9pondre \u00e0 une telle question !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>T. T.<\/strong> : Oui, je pense. Je crois que quand on est enfant, quand qu\u2019on a entre sept et quinze ans, ce qui \u00e9tait mon cas lorsque j\u2019ai grandi au S\u00e9n\u00e9gal, et qu\u2019on commence \u00e0 parler une autre langue, c\u2019est quelque chose de fondateur parce qu\u2019on d\u00e9finit le monde diff\u00e9remment. Les exp\u00e9riences nous forment et je crois qu\u2019\u00e9videmment, il y a un lien tr\u00e8s fort avec ce moment de mon enfance. D\u2019ailleurs ce lien existe toujours puisque mon p\u00e8re vit encore en Afrique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>R. M.<\/strong> : A-t-il continu\u00e9 \u00e0 enseigner ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>T. T.<\/strong> : Il s\u2019est arr\u00eat\u00e9 mais a continu\u00e9 de travailler sur les chantiers, sur des constructions, sur des architectures. Il a aussi travaill\u00e9 avec certains de ses \u00e9tudiants qui sont devenus des architectes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>R. M. : <\/strong>Allez-vous le voir ? Avez-vous maintenu un lien avec Dakar ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>T. T.<\/strong> : Mon p\u00e8re vient tr\u00e8s souvent ici et je ne suis plus jamais retourn\u00e9e \u00e0 Dakar. Lorsque j\u2019habitais \u00e0 Gor\u00e9e cela donnait sur des champs, la for\u00eat, la brousse, c\u2019est l\u00e0 que j\u2019allais jouer avec mes amis, et maintenant cela s\u2019est construit \u00e0 perte de vue, il n\u2019y a que des tours\u00a0; tous les lieux o\u00f9 j\u2019allais nager ont \u00e9t\u00e9 b\u00e9tonn\u00e9s si vite que je ne les reconnais plus sur les photos. Et je crois que ce moment de mon enfance tellement important que je ne veux pas qu\u2019une image efface une autre. Je pense que peut-\u00eatre par \u00e9go\u00efsme ou par amour, je n\u2019y retourne plus mais j\u2019ai un souvenir tr\u00e8s vif de ce moment-l\u00e0, de tous ces espaces de mon enfance.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>R. M. <\/strong>: J\u2019ai une autre question li\u00e9e \u00e0 votre enfance, et li\u00e9e \u00e0 ce travail que vous avez r\u00e9alis\u00e9, <em>House of Leaves <\/em>(2017). Ce sont des cabanes, et l\u2019espace singulier de la cabane est un espace o\u00f9 l\u2019on retrouve plusieurs des th\u00e9matiques qui traversent et nourrissent votre travail, comme le rapport int\u00e9rieur\/ext\u00e9rieur ou la porosit\u00e9 entre ces espaces, je voulais vous questionner sur des jeux d\u2019enfance, s\u2019il y avait des jeux d\u2019enfance rappel\u00e9s dans cet espace de la cabane\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>T. T. :<\/strong> Il y a peut-\u00eatre quelque chose qui est li\u00e9 au jeu mais aussi \u00e0 Ugo La Pietra. Il joue lui aussi tout en faisant un<em> statement<\/em> tr\u00e8s radical : en disant \u00ab\u00a0habiter la ville, c\u2019est \u00eatre partout chez soi \u00bb, il commence \u00e0 habiter la ville. Il y a quelque chose aussi de tr\u00e8s enfantin, de tr\u00e8s joueur, et c\u2019est ainsi que j\u2019ai grandi \u00e0 Dakar, \u00e0 Gor\u00e9e : j\u2019habitais l\u2019espace ext\u00e9rieur plus que celui du foyer. La cabane me plaisait beaucoup comme id\u00e9e, parce qu\u2019elle renvoyait aussi \u00e0 David Thoreau, lorsqu\u2019il se retire pour \u00e9crire dans sa cabane au milieu des bois. \u00c0 un certain moment, il sort tout son mobilier de sa cabane pour la nettoyer et l\u2019installe \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, au milieu des arbres et il se dit que c\u2019est le lieu id\u00e9al.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En fait, je voulais imaginer une architecture qui puisse s\u2019envoler avec un coup de vent o\u00f9 int\u00e9riorit\u00e9 et ext\u00e9riorit\u00e9 se m\u00ealent sans arr\u00eat. Mais ces architectures sont des cabanes qui, si elles ont l\u2019apparence de feuilles de carton, sont en bronze. Sur leurs parois sont report\u00e9es des repr\u00e9sentations de l\u2019univers, de la Terre, de la vie : il y a une ligne avec tous les \u00e2ges qui ont constitu\u00e9 la terre, l\u2019arbre de Porphyre qui donne une repr\u00e9sentation de l\u2019\u00e9volution du vivant sur Terre ; des donn\u00e9es scientifiques de la constitution g\u00e9ologique de la terre, les mouvements dans l\u2019univers qu\u2019op\u00e8re la terre, les premi\u00e8res migrations des peuples maya parce qu\u2019elles ont \u00e9t\u00e9 v\u00e9cues comme un \u00e9v\u00e9nement majeur. Ces cabanes sont riches de ces inscriptions grav\u00e9es qui affirment que tout ce qui nous constitue et nous rend fort, ne cesse de bouger, n\u2019est pas statique. Toutes ces id\u00e9es se bousculaient dans ces sortes d\u2019architectures.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>R. M.<\/strong> : Ugo La Pietra est important ; votre p\u00e8re vous en a-t-il parl\u00e9, puisque La Pietra est actif \u00e0 ce moment (puisqu\u2019il est de la g\u00e9n\u00e9ration de votre p\u00e8re)\u00a0? Comment l\u2019avez-vous crois\u00e9 ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>T. T.<\/strong> : Oui, il \u00e9tait pr\u00e9sent dans les discussions familiales, puis il est revenu beaucoup plus tard (ce sont des choses auxquelles on ne pr\u00eate pas attention mais que l\u2019on retrouve).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>R. M.<\/strong> : Quelle a \u00e9t\u00e9 la formation de votre p\u00e8re ; \u00e9tait-il proche de ce groupe d\u2019architectes radicaux ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>T. T.<\/strong> : Non, il a eu une formation tr\u00e8s classique aux Beaux-Arts dans la fin des ann\u00e9es 1950 et d\u00e9but 1960. Puis, il a fait partie d\u2019un groupe d\u2019artistes italiens plus exp\u00e9rimental dans les ann\u00e9es 1970, il y avait beaucoup de performeurs et d\u2019autres artistes mais pas Ugo La Pietra. Il ne l\u2019a pas connu, mais il a fait partie de ses recherches lorsqu\u2019il a pens\u00e9 ce qu\u2019il pouvait enseigner en Afrique, car il ne voulait pas faire un enseignement d\u2019architecture classique, cela n\u2019avait aucun sens. Ces architectes radicaux sont des maitres penseurs qui lui ont permis de se remettre en cause, qui lui ont permis de penser \u00e0 sa fa\u00e7on de transmettre. Je crois que pour lui, dans toute transmission, il y a aussi un apprentissage. Cela lui a permis d\u2019apprendre \u00e9norm\u00e9ment. Je crois qu\u2019il a con\u00e7u l\u2019enseignement plut\u00f4t \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019un maitre ignorant, comme le d\u00e9crit Ranci\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>R. M.<\/strong> : Revenons aux avant-gardes historiques et pour cela, revenons \u00e0 cette ann\u00e9e 2014. En regardant les diff\u00e9rentes expositions que vous avez organis\u00e9es, il me semble voir appara\u00eetre deux figures \u2013 la suspension et la grille \u2013 qui sont en lien avec la pens\u00e9e de l\u2019exposition des avant-gardes. Je pense notamment \u00e0 cette vue de l\u2019installation au Schinkel Pavillon o\u00f9 l\u2019on voit appara\u00eetre la suspension par la pr\u00e9sence importante des rideaux, dans un espace qui ressemble beaucoup \u00e0 un espace miesien. Puis il y a, la m\u00eame ann\u00e9e, l\u2019exposition <em>L\u2019\u00e9cho le plus long<\/em> au MAMCO o\u00f9 l\u2019on voit appara\u00eetre une sorte de grille en tubes m\u00e9talliques utilis\u00e9s pour l\u2019accrochage. Que pensez-vous de cette lecture \u00e0 propos de ces deux figures \u2013 la grille et la suspension\u00a0? Que se passe-t-il en 2014 entre ces deux moments ?<\/p>\n<figure id=\"attachment_3066\" aria-describedby=\"caption-attachment-3066\" style=\"width: 840px\" class=\"wp-caption alignright\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-3066 size-large\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/5-6-TT.png?resize=840%2C609&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"840\" height=\"609\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/5-6-TT.png?resize=1024%2C743&amp;ssl=1 1024w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/5-6-TT.png?resize=300%2C218&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/5-6-TT.png?resize=768%2C557&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/5-6-TT.png?w=1092&amp;ssl=1 1092w\" sizes=\"auto, (max-width: 709px) 85vw, (max-width: 909px) 67vw, (max-width: 1362px) 62vw, 840px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-3066\" class=\"wp-caption-text\">Fig. 6 et 7 : Tatiana Trouv\u00e9, Maquette de l&rsquo;exposition \u00ab\u00a0L&rsquo;\u00e9cho le plus long\u00a0\u00bb, MAMCO, Gen\u00e8ve, 2014. Photographie : Laurent Edeline.<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>T. T.<\/strong> : Le Schinkel Pavillon \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 une architecture tr\u00e8s forte, tr\u00e8s pr\u00e9gnante, et les rideaux en font partie, c\u2019est-\u00e0-dire que pour toutes les expositions, les artistes choisissent de les conserver ou non. Il me semblait que ces rideaux \u00e9taient presque des sculptures parce qu\u2019ils avaient une sorte de teinte de ciment, et m\u00eame s\u2019ils \u00e9taient tr\u00e8s mous, ils fa\u00e7onnaient compl\u00e8tement l\u2019architecture. On ne pouvait pas imaginer que cet espace puisse vivre sans rideaux ; sans, il \u00e9tait comme une sorte de tour de contr\u00f4le\u00a0;\u00a0d\u00e8s qu\u2019on tirait les rideaux, il se transformait. La sculpture que j\u2019ai r\u00e9alis\u00e9e \u00e9tait davantage en \u00e9cho avec ces rideaux, avec la force qu\u2019ils amenaient dans cet espace, plus qu\u2019avec l\u2019architecture elle-m\u00eame. Mais, est-ce que les deux sont dissociables ? Non. Au MAMCO, la situation \u00e9tait compl\u00e8tement diff\u00e9rente. L\u2019espace mis \u00e0 disposition pour pr\u00e9senter les dessins \u00e9tait une sorte de long et large couloir. Sur la gauche, il y avait des fen\u00eatres puissamment encadr\u00e9es, soulign\u00e9es par des structures m\u00e9talliques. Je voulais que mes dessins se lisent en superposition, un peu comme des calques. Ces images ne sont pas faites pour \u00eatre contempl\u00e9es mais pour \u00eatre vues en mouvement, en les traversant. Elles se liaient \u00e0 l\u2019architecture, \u00e0 ce vitrage post-industriel et ses cadres m\u00e9talliques. Les cadres m\u00e9talliques de mes structures prolongeaient les lignes de mes dessins et celles de l\u2019architecture.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>R. M.<\/strong> : C\u2019est bien la premi\u00e8re fois que ce syst\u00e8me d\u2019accrochage appara\u00eet en 2014. Puis vous l\u2019utilisez en 2018 au mus\u00e9e des Beaux-arts de Rennes puis en 2020 \u00e0 Beverly Hills, \u00e0 la Galerie Gagosian. Est-il donc n\u00e9 de l\u2019architecture, est-il venu d\u2019une attention que vous avez port\u00e9 \u00e0 l\u2019espace du MAMCO ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>T. T.<\/strong> : Oui. Cela est le cas pour toutes mes installations. Je pense que l\u2019on ne peut pas, cela est en tout cas valable pour moi, rentrer dans un espace en disant je vais mettre ici mes pi\u00e8ces le mieux en valeur. On engage alors un conflit terrible avec l\u2019espace et on ne gagne pas toujours. Je pr\u00e9f\u00e8re me consid\u00e9rer un peu comme un h\u00f4te et penser \u00e0 comment arriver \u00e0 me faire accepter par un espace et \u00e0 jouer avec lui. J\u2019essaye toujours de tirer ce qu\u2019il peut me donner, de le retourner \u00e0 mon avantage plut\u00f4t que d\u2019essayer de construire de grandes cloisons, de le pl\u00e2trer etc. Aussi parce que je crois qu\u2019on voit toujours lorsque c\u2019est faux. Lorsqu\u2019on commence \u00e0 tirer des grandes cloisons devant de grandes fen\u00eatres etc., on est un peu dans un d\u00e9cor de placopl\u00e2tre, de carton\u2026 Si je fais un socle en carton plume et un socle en pl\u00e2tre et si je fais en sorte que les deux soient totalement blancs, avec les yeux, on pourra distinguer entre quelque chose de lourd ou de l\u00e9ger. Pour l\u2019architecture, c\u2019est la m\u00eame chose ; on sent toujours quand on a rapport\u00e9 quelque chose qui ne devait pas \u00eatre l\u00e0, parce qu\u2019une architecture est toujours avant tout un dessin. Il y a toujours quelque chose de tr\u00e8s pr\u00e9cis et de tr\u00e8s logique dans le geste de la personne qui l\u2019a r\u00e9alis\u00e9e. L\u2019artiste vient avec son travail s\u2019inscrire dans le travail de quelqu\u2019un d\u2019autre et il faut essayer de trouver une fa\u00e7on de dialoguer, de pouvoir \u00eatre, d\u2019y rentrer avec une forme de\u2026 je n\u2019aime pas ce terme aujourd\u2019hui, qui ne veut plus dire grand-chose\u2026 de bienveillance, avec une forme de\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>R. M.<\/strong> : Une attention ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>T. T.<\/strong> : Oui, une attention, une s\u00e9r\u00e9nit\u00e9, le d\u00e9sir de coexister.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>R. M.<\/strong> : Justement, lorsque vous arrivez dans l\u2019espace d\u2019exposition, au Centre Georges Pompidou, vous allez voir l\u2019espace n\u2019est-ce pas, avant de construire la maquette ? Vous y allez pour le traverser, le sentir ? Que faites-vous exactement lorsque vous arrivez dans cet espace ? Prenez-vous des notes, des mesures ? \u00c9crivez-vous ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>T. T.<\/strong> : J\u2019y reste longtemps, parce que g\u00e9n\u00e9ralement, j\u2019aime bien voir comment la lumi\u00e8re \u00e9volue. Je regarde beaucoup les d\u00e9tails aussi, le sol, le plafond, l\u00e0 o\u00f9 il y a des attaches \u00e9lectriques, la lumi\u00e8re, le jour artificiel. J\u2019essaye toujours de comprendre comment il fonctionne parce qu\u2019un espace est un lieu vivant\u00a0; la lumi\u00e8re, l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 etc. sont un peu les organes int\u00e9rieurs d\u2019une architecture. J\u2019essaye d\u2019abord de comprendre comment il va s\u2019activer, c\u2019est la premi\u00e8re chose que je fais. Puis j\u2019essaye d\u2019imaginer des choses qui seraient un peu contre la nature de ce lieu\u00a0: montrer des dessins dans cet espace du Centre Pompidou \u00e9tait compl\u00e8tement inappropri\u00e9 d\u2019un point de vue mus\u00e9al \u2013 et m\u00eame d\u2019un point de vue architectural car pour des dessins, il fallait construire des cloisons \u2013 alors que je trouve que la force de cet espace est d\u2019\u00eatre un grand cube ouvert \u00e0 la pr\u00e9sence de la ville. Si on le voit vide, sans rideaux, il peut \u00eatre tr\u00e8s bruyant. On pourrait y rentrer en restant \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, en voyant tout ce qui se passe depuis l\u2019ext\u00e9rieur. En m\u00eame temps, il ressemblait tellement \u00e0 mes dessins que je voulais jouer de cette sorte de communion.<\/p>\n<figure id=\"attachment_3065\" aria-describedby=\"caption-attachment-3065\" style=\"width: 840px\" class=\"wp-caption alignright\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-3065 size-large\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/TT-image-7-Pompidou-2022.jpg?resize=840%2C630&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"840\" height=\"630\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/TT-image-7-Pompidou-2022-scaled.jpg?resize=1024%2C768&amp;ssl=1 1024w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/TT-image-7-Pompidou-2022-scaled.jpg?resize=300%2C225&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/TT-image-7-Pompidou-2022-scaled.jpg?resize=768%2C576&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/TT-image-7-Pompidou-2022-scaled.jpg?resize=1536%2C1152&amp;ssl=1 1536w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/TT-image-7-Pompidou-2022-scaled.jpg?resize=2048%2C1536&amp;ssl=1 2048w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/TT-image-7-Pompidou-2022-scaled.jpg?resize=1200%2C900&amp;ssl=1 1200w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/TT-image-7-Pompidou-2022-scaled.jpg?w=1680&amp;ssl=1 1680w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/TT-image-7-Pompidou-2022-scaled.jpg?w=2520&amp;ssl=1 2520w\" sizes=\"auto, (max-width: 709px) 85vw, (max-width: 909px) 67vw, (max-width: 1362px) 62vw, 840px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-3065\" class=\"wp-caption-text\">Fig. 8 : Tatiana Trouv\u00e9, Maquette de l\u2019exposition \u00ab\u00a0Le grand atlas de la d\u00e9sorientation\u00a0\u00bb, Centre Pompidou, Paris, 2022.<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>R. M. <\/strong>: Avez-vous vu cet espace tout nu\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>T. T.<\/strong> : Oui, je l\u2019ai vu tout nu. Je l\u2019ai vu de plusieurs fa\u00e7ons, je l\u2019ai vu aussi dans l\u2019obscurit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>R. M.<\/strong> : Vous l\u2019avez aussi vu dans d\u2019autres expositions ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>T. T.<\/strong> : Oui et \u00e0 chaque fois, on ne pouvait pas le reconna\u00eetre. Il changeait en fonction de ce qui \u00e9tait montr\u00e9, quand par exemple il y avait de la vid\u00e9o, on entrait dans un gouffre noir qui aspirait. En fait, c\u2019est un espace qui n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 montr\u00e9 vraiment nu, tel qu\u2019il est.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>R. M.<\/strong> : Vous l\u2019avez vu ainsi lorsque vous \u00eates arriv\u00e9e, il n\u2019y avait pas de rideaux, \u00e9tait-il tout ouvert ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>T. T.<\/strong> : Je l\u2019ai vu semi-ouvert parce qu\u2019avant moi, un artiste avait fait des planchers et ferm\u00e9 certaines parties. Avant cette intervention, un autre artiste avait montr\u00e9 des vid\u00e9os, l\u2019espace \u00e9tait tout au noir. Avant, encore, je l\u2019ai vu lors d\u2019une exposition de peinture et c\u2019\u00e9tait un labyrinthe de cloisons ; il a toujours \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s diff\u00e9rent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>R. M.<\/strong> : Avez-vous \u00e9t\u00e9 confront\u00e9e parfois \u00e0 des espaces de mus\u00e9e tr\u00e8s difficiles \u00e0 investir ou qui ont \u00e9t\u00e9 des d\u00e9fis pour vous, pour vos installations\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>T. T.<\/strong> : Non. Peut-\u00eatre qu\u2019un espace aurait pu \u00eatre difficile, c\u2019est le MAXXI \u00e0 Rome parce qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 con\u00e7u comme une sorte de sculpture. Mais comme c\u2019\u00e9tait une exposition de groupe, ma pi\u00e8ce a \u00e9t\u00e9 montr\u00e9e dans leur collection et je ne me suis pas d\u00e9plac\u00e9e puisque le commissaire avait fait toute la sc\u00e9nographie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>R. M. <\/strong>: Une autre question sur le d\u00e9fi de l\u2019espace de l\u2019exposition, je sais que vous avez eu plusieurs fois l\u2019occasion d\u2019installer un m\u00eame travail dans deux espaces diff\u00e9rents, au niveau de l\u2019espace de l\u2019exposition, avez-vous relev\u00e9 des caract\u00e9ristiques qui ont d\u00fb infl\u00e9chir certaines installations ou pas ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>T. T.<\/strong> : Oui, toujours, mais certaines pi\u00e8ces sont moins perm\u00e9ables que d\u2019autres qui me permettent de changer \u00e0 chaque fois que je les pr\u00e9sente comme <em>Les Ind\u00e9finis.<\/em> Les <em>Points \u00e0 l\u2019infini<\/em>, \u00e0 l\u2019inverse, ne me laissent que peu de libert\u00e9 puisqu\u2019ils jouent n\u00e9cessairement avec la gravit\u00e9. J\u2019ai peu de marge de man\u0153uvre, aussi parce que je dois reconstruire un sol pour embo\u00eeter des aimants en dessous. Les syst\u00e8mes d\u2019accroches peuvent changer en fonction des plafonds, mais ce sont des d\u00e9tails tr\u00e8s minimes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>R. M.<\/strong> : Ce sont des d\u00e9tails qui jusque-l\u00e0 n\u2019ont pas modifi\u00e9 les installations ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>T. T.<\/strong> : Pour certaines pi\u00e8ces non, pour d\u2019autres oui. <em>Les Ind\u00e9finis<\/em>, par exemple, que j\u2019ai montr\u00e9s de fa\u00e7on diff\u00e9rente de ce que j\u2019avais initialement pr\u00e9vu. Ils m\u2019ont amen\u00e9e \u00e0 retravailler la sculpture parce que d\u2019un seul coup, je les ai vus diff\u00e9remment. Parfois, des architectures me permettent d\u2019installer mon travail et m\u2019am\u00e8nent \u00e0 le repenser, \u00e0 le reconsid\u00e9rer et cela est vraiment int\u00e9ressant pour moi.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>R. M. <\/strong>: Oui justement c\u2019est ce qu\u2019il m\u2019int\u00e9resse de savoir, est-ce que vous pouvez m\u2019en parler un peu plus ? Revenir peut-\u00eatre plus concr\u00e8tement sur une exp\u00e9rience pr\u00e9cise ? Je pensais par exemple \u00e0 cette exposition que vous avez eu itin\u00e9rante, <em>I tempi doppi<\/em>, je me suis demand\u00e9e s\u2019il y avait eu cette exp\u00e9rience \u00e0 ce moment\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>T. T.<\/strong> : Cette exp\u00e9rience a eu lieu avec <em>Les Ind\u00e9finis. <\/em>Les ind\u00e9finis sont ces caisses de transport en plexiglas dans lesquelles il y a ces sortes de sculpture-objets qui n\u2019ont jamais vraiment trouv\u00e9 de statut sp\u00e9cifique. Elles n\u2019appartiennent pas \u00e0 mon stock d\u2019archives en 3D mais elles n\u2019arrivent pas \u00e0 devenir des sculptures plus autonomes\u00a0: elles vivent donc entre ces mondes, entre l\u2019id\u00e9e d\u2019une \u0153uvre qui serait finie et mise en caisse, pr\u00eate \u00e0 partir, et quelque chose dont je n\u2019arrive pas \u00e0 me s\u00e9parer, qui est tr\u00e8s important et qui me suit toujours. La composition qui les r\u00e9unit est \u00e0 la fois souple et pr\u00e9cise. Lorsque je les avais montr\u00e9es \u00e0 Nuremberg, le sol \u00e9tait devenu tr\u00e8s important. Il \u00e9tait fait de grandes plaques de pierre marqu\u00e9es par des accidents. Je le voyais comme quelque chose qui \u00e9tait travaill\u00e9 par le temps. Il y avait des passages que je trouvais tr\u00e8s beaux. J\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 prendre des pi\u00e8ces qui n\u2019avaient rien \u00e0 voir avec <em>Les Ind\u00e9finis<\/em>, \u00e0 les intriquer pour jouer avec le sol. Cela m\u2019a amen\u00e9e \u00e0 repenser compl\u00e8tement l\u2019exposition de cette pi\u00e8ce-l\u00e0.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cela peut \u00eatre perturbant pour une galerie ou pour les collectionneurs parce qu\u2019ils ne savent plus comment est cette pi\u00e8ce une fois finie. Comme je la retravaille, cela peut \u00eatre per\u00e7u comme quelque chose d\u2019ind\u00e9cis mais en fait ce n\u2019est pas le cas. On peut r\u00e9inventer des \u0153uvres chaque fois qu\u2019on les installe. Les r\u00e9installer deux fois, trois fois, c\u2019est quelque chose qui ne m\u2019apporte rien si je ne peux pas \u00e0 chaque fois les revisiter. Je n\u2019ai jamais le m\u00eame \u00e2ge, il s\u2019est pass\u00e9 d\u2019autres choses donc je les vois diff\u00e9remment. Elles sont dans de nouveaux lieux, qui invitent \u00e0 les repenser. Cette s\u00e9rie se pr\u00eatait \u00e0 ce jeu, celui de la vie d\u2019une \u0153uvre, et donc j\u2019ai d\u00fb prendre d\u2019autres \u0153uvres, des \u00e9l\u00e9ments pr\u00e9lev\u00e9s dans d\u2019autres installations que j\u2019ai int\u00e9gr\u00e9s pour les faire fonctionner dans cet espace-l\u00e0, avec <em>Les Ind\u00e9finis.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">R\u00e9cemment, une de ces pi\u00e8ces, qui appartient au Hirshhorn Museum, s\u2019est cass\u00e9e. Le mus\u00e9e m\u2019a consult\u00e9e pour la restaurer et j\u2019ai demand\u00e9 de ne pas y toucher, de me la renvoyer parce que cette fracture fait partie de sa vie et il faut comprendre qu\u2019elle fait partie de l\u2019\u0153uvre. Je ne veux pas d\u2019une restauration qui cache sa cicatrice, au contraire. C\u2019est un peu compliqu\u00e9 avec un mus\u00e9e parce qu\u2019il va falloir que je documente cela et que, d\u2019un point de vue l\u00e9gal, ce soit accept\u00e9 (cela commence \u00e0 faire une s\u00e9rie de courriers infinis avec le mus\u00e9e et, en m\u00eame temps, ils comprennent compl\u00e8tement que cela fasse partie de l\u2019\u0153uvre, de sa vie). Que ce soit dans le jeu avec l\u2019architecture, dans les relations \u00e0 l\u2019espace ou m\u00eame \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de mes pi\u00e8ces, j\u2019aime toujours garder un rapport vivant \u00e0 l\u2019\u0153uvre. Je crois que l\u2019architecture nous donne offre toujours ce rapport vivant d\u00e8s lors qu\u2019on l\u2019habite.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>R. M.<\/strong> : Pour finir, je voudrai vous interroger sur Lina Bo Bardi, je sais qu\u2019elle a compt\u00e9 pour vous. Elle fait partie des femmes que vous avez choisies d\u2019\u00e9voquer dans ce film <em>Femmes artistes, les coups de c\u0153urs de Tatiana Trouv\u00e9<\/em>, r\u00e9alis\u00e9 en 2018 par Arte. Lina Bo Bardi a innov\u00e9 dans ses espaces et notamment dans les mani\u00e8res d\u2019exposer, en int\u00e9grant le d\u00e9placement du visiteur, en mettant en place de nouvelles sc\u00e9nographies.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>T. T.<\/strong> : Oui, je pense que c\u2019\u00e9taient ses plus belles id\u00e9es. Ce qui comprend aussi comment elle a habit\u00e9 l\u2019architecture. Cette femme militante se retrouve au Br\u00e9sil et, d\u2019un seul coup, il y a une autre dimension chez elle, qui devient plus myst\u00e9rieuse, plus \u00e9trange, dans une communion avec la nature qui se fait jour. J\u2019ai l\u2019impression que tous ses dogmes, toutes ses id\u00e9ologies tombent m\u00eame si elle reste tr\u00e8s engag\u00e9e. Mais c\u2019est une autre forme d\u2019engagement beaucoup plus int\u00e9rioris\u00e9. On sent dans ses architectures qu\u2019elle se laisse compl\u00e8tement transporter par cette nature qui interf\u00e8re, qui vient habiter ses espaces. La place qu\u2019elle donne \u00e0 ses po\u00e8mes devient aussi tr\u00e8s importante, presque un guide pour ses architectures. Ses sc\u00e9nographies d\u2019\u0153uvres deviennent des \u0153uvres elles-m\u00eames, notamment ce qu\u2019elle a r\u00e9alis\u00e9 avec des vitres et ce principe qui fait qu\u2019on ne peut plus s\u2019arr\u00eater pour voir une \u0153uvre mais que le regard embrasse toutes les \u0153uvres et tout dans l\u2019espace. On est pris dans un flottement incroyable : avec un geste tr\u00e8s simple, d\u2019un seul coup, tout se bouscule, se retourne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>R. M.<\/strong> : Merci infiniment Tatiana Trouv\u00e9 pour cet \u00e9change.<\/p>\n<div class=\"wpcp\">Pour citer cet article : Tatiana Trouv\u00e9, \"\u00c0 propos de l\u2019exposition <em>Tatiana Trouv\u00e9 &#8211; Le grand atlas de la d\u00e9sorientation<\/em> (Centre Pompidou, Paris, 2022)\", <em>exPosition<\/em>, 2 juin 2025, <a href=\"https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/articles10\/trouve-atlas-desorientation-pompidou-paris-2022\/%20\">https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/articles10\/trouve-atlas-desorientation-pompidou-paris-2022\/%20<\/a>. Consult\u00e9 le 30 avril 2026.<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>un entretien avec Tatiana Trouv\u00e9, men\u00e9 par Roula Matar &nbsp; &#8212; Tatiana Trouv\u00e9 est artiste. N\u00e9e en 1968 \u00e0 Cosenza, en Italie, elle a grandi \u00e0 Dakar, au S\u00e9n\u00e9gal ; aujourd\u2019hui, elle vit et travaille \u00e0 Montreuil. 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