{"id":3363,"date":"2025-10-30T21:17:40","date_gmt":"2025-10-30T20:17:40","guid":{"rendered":"https:\/\/www.revue-exposition.com\/?p=3363"},"modified":"2025-12-17T12:23:47","modified_gmt":"2025-12-17T11:23:47","slug":"fouche-musee-appropriateur","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/articles11\/fouche-musee-appropriateur\/%20","title":{"rendered":"Le mus\u00e9e appropriateur. La R\u00e9volution fran\u00e7aise face au Moyen \u00c2ge, bris, d\u00e9bris et domestication du pass\u00e9\u00a0"},"content":{"rendered":"<h3 style=\"text-align: justify;\"><b>par Fanny Fouch\u00e9<\/b><\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8212; <em>Charg\u00e9e d\u2019enseignement \u00e0 l\u2019\u00c9cole du Louvre, l\u2019universit\u00e9 catholique de l\u2019Ouest et \u00e0 l\u2019Institut catholique de Paris, Fanny Fouch\u00e9 est historienne de l\u2019art et mus\u00e9ologue dipl\u00f4m\u00e9e de l\u2019universit\u00e9 de Neuch\u00e2tel. Chercheuse associ\u00e9e du Canthel et correspondante d\u2019Ahloma (EHESS), elle s\u2019int\u00e9resse au patrimoine religieux m\u00e9di\u00e9val et \u00e0 ses r\u00e9inventions mus\u00e9ographiques. Ses recherches portent sur la mise en visibilit\u00e9 du sacr\u00e9 et ses manifestations, sur la g\u00e9n\u00e9tique des formes d\u2019exposition et sur les enjeux critiques du monde mus\u00e9al. Elle est l\u2019auteur notamment de \u00ab L\u2019\u00e9criture d\u2019exposition comme variation \u00bb (<\/em>GENESIS<em>, 2023, vol. 55, p. 191-197) et \u00ab\u00a0Un Moyen \u00c2ge recompos\u00e9\u00a0\u00bb (<\/em>Culture &amp; Mus\u00e9es<em>, 2022, vol. 40, p. 91-123).<\/em> &#8212;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour la R\u00e9volution fran\u00e7aise, l\u2019h\u00e9ritage national est entach\u00e9 par l\u2019empreinte monarchique, chr\u00e9tienne et f\u00e9odale d\u2019un temps qu\u2019il s\u2019agit d\u2019\u00e9radiquer en le stigmatisant d\u2019un bloc sous l\u2019appellation p\u00e9jorative d\u2019Ancien R\u00e9gime. L\u2019attitude de cette \u00e9poque \u00e0 l\u2019endroit du patrimoine porteur des embl\u00e8mes d\u2019un \u00e2ge d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 comme r\u00e9volu constitue un \u00e9pisode cl\u00e9 de remise en question volontaire des liens nou\u00e9s entre pass\u00e9, pr\u00e9sent et avenir. \u00c0 ce titre, le moment \u00e0 l\u2019origine du franchissement du seuil mus\u00e9al pour une part notoire des collections encore pr\u00e9sentes aujourd\u2019hui au sein des mus\u00e9es de France soul\u00e8ve d\u2019int\u00e9ressantes questions d\u2019histoire culturelle. Dans quelles directions port\u00e8rent les destructions les plus s\u00e9v\u00e8res de la fi\u00e8vre r\u00e9volutionnaire\u00a0? \u00c0 travers quelles vicissitudes des objets tomb\u00e9s sous le joug d\u2019un nouveau r\u00e9gime de propri\u00e9t\u00e9 furent-ils \u00e9pargn\u00e9s et \u00e0 quel titre\u00a0? Quelles furent les \u00e9tapes de la transformation assignant aux tr\u00e9sors des rois, de la noblesse et de l\u2019\u00c9glise un nouveau statut leur permettant de figurer \u00e0 l\u2019inventaire du patrimoine national\u00a0? Et enfin, quel regard le XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle porta-t-il sur ces objets \u00e0 l\u2019heure o\u00f9 les <em>displays <\/em>invent\u00e9s pour les expositions universelles avaient transform\u00e9 en profondeur l\u2019approche, les discours et les contours de l\u2019univers mus\u00e9al\u00a0? Les pages qui suivent tentent de relire ces temporalit\u00e9s successives en croisant histoire des collections et histoire du regard afin d\u2019appr\u00e9cier la fa\u00e7on dont, simultan\u00e9ment \u00e0 la floraison romantique d\u2019expographies n\u00e9es du <em>gothic revival, <\/em>le Moyen \u00c2ge fit l\u00e0 l\u2019objet d\u2019une appropriation toute diff\u00e9rente qui trouve des prolongements jusque dans la formation d\u2019une histoire de l\u2019art alors en gestation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>La d\u00e9chirure<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 40px;\">\u00ab Un des premiers actes juridiques de la Constituante, le 2 octobre 1789, fut de mettre les biens du clerg\u00e9 \u201c\u00e0 la disposition de la nation\u201d. Suivirent ceux des \u00e9migr\u00e9s, puis ceux de la couronne<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\"><sup>[1]<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019universitaire Fran\u00e7oise Choay souligne que cette perte de destination sans pr\u00e9c\u00e9dent allait \u00ab\u00a0poser des probl\u00e8mes \u00e9galement sans pr\u00e9c\u00e9dent<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\"><sup>[2]<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb. Le d\u00e9cret du 19 juin 1790 supprime les titres de noblesse, inaugure le pillage des propri\u00e9t\u00e9s seigneuriales, Chantilly aussi bien qu\u2019\u00c9couen et la chasse aux armoiries. Le renversement de la royaut\u00e9, le 10 ao\u00fbt 1790, donne aussit\u00f4t lieu \u00e0 la mise \u00e0 bas des statues royales des places parisiennes, au saccage de Marly et de Meudon et aux autodaf\u00e9s du mobilier des maisons royales. C\u2019est bien du pass\u00e9 f\u00e9odal, chr\u00e9tien et monarchique qu\u2019il s\u2019agissait alors de se s\u00e9parer dans les flammes, le sang et sous le coup de d\u00e9molitions marquant une toute nouvelle d\u00e9chirure in\u00e9dite dans la continuit\u00e9 des temps. Le concept d\u2019appropriation, en vogue dans les sciences humaines, trouve dans l\u2019\u00e9pisode r\u00e9volutionnaire une de ses expressions les plus imm\u00e9diates. Il renvoie au transfert l\u00e9gal de propri\u00e9t\u00e9 d\u00e9coulant de la pr\u00e9hension par les \u00c9tats g\u00e9n\u00e9raux, le 4 novembre 1789, des b\u00e2timents et tr\u00e9sors eccl\u00e9siastiques pour alimenter la caisse de l\u2019extraordinaire, aussi bien qu\u2019au glas sonnant pour les palais de la royaut\u00e9 l\u2019ann\u00e9e suivante. Le d\u00e9ni de l\u2019autorit\u00e9 d\u2019un pass\u00e9 vou\u00e9 \u00e0 la d\u00e9testation induit la dispersion rapide des biens spoli\u00e9s. Menac\u00e9s avec le consentement des comit\u00e9s r\u00e9volutionnaires ou non, les monuments et les artefacts embl\u00e9matiques du r\u00e9gime renvers\u00e9 sont livr\u00e9s \u00e0 une vindicte populaire se voulant civique et patriotique. \u00c0 cette fureur iconoclaste plus ou moins spontan\u00e9e relevant du cort\u00e8ge des pillages propres aux violences guerri\u00e8res fait suite une phase de vandalisme id\u00e9ologique \u00ab\u00a0d\u2019autant plus pervers qu\u2019accompli en toute l\u00e9galit\u00e9<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\"><sup>[3]<\/sup><\/a><em>\u00a0<\/em>\u00bb. Dans la dynamique d\u2019encouragement \u00e0 la d\u00e9figuration cibl\u00e9e du patrimoine historique dont le peintre David fut un des champions, l\u2019ann\u00e9e 1792 et sa col\u00e8re patriotique marquent un tournant d\u00e9cisif. \u00ab Compromises par leur pass\u00e9 \u2013 royal, aristocratique ou religieux \u2013 les \u0153uvres d\u2019art devaient \u00eatre d\u00e9truites et le furent. La \u201ctoilette r\u00e9volutionnaire\u201d de la France commen\u00e7a d\u00e8s 1790, le mouvement s\u2019acc\u00e9l\u00e9ra avec la fuite du roi<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\"><sup>[4]<\/sup><\/a> \u00bb. Les principes de la libert\u00e9 et de l\u2019\u00e9galit\u00e9 \u00ab ne permettaient point de laisser plus longtemps sous les yeux du peuple les monuments \u00e9lev\u00e9s \u00e0 \u201cl\u2019orgueil\u201d, au \u201cpr\u00e9jug\u00e9\u201d, \u00e0 \u201cla tyrannie\u201d et \u00e0 \u201cla f\u00e9odalit\u00e9\u201d<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\"><sup>[5]<\/sup><\/a> \u00bb<em>.<\/em> Les d\u00e9crets conventionnels d\u2019ao\u00fbt et de septembre incitent \u00e0 l\u2019effacement des signes de la royaut\u00e9 et de la f\u00e9odalit\u00e9 de la surface des \u00e9difices, celui du premier novembre condamne tous les monuments du r\u00e9gime abhorr\u00e9 \u00e0 \u00eatre d\u00e9truits ou convertis en bouches \u00e0 feu. La r\u00e9cup\u00e9ration du plomb ou du bronze des toitures des cath\u00e9drales de Strasbourg, d\u2019Amiens et de Beauvais, la r\u00e9duction en bois de chauffage des stalles des basiliques, le martelage des statues gothiques des portails de Chartres, l\u2019immolation en place de Gr\u00e8ve de la ch\u00e2sse et du tr\u00e9sor de reliques de sainte Genevi\u00e8ve ou encore la d\u00e9capitation des t\u00eates des rois de la galerie de Notre-Dame de Paris illustrent combien la R\u00e9volution fut une bataille men\u00e9e contre les symboles de la civilisation et de la spiritualit\u00e9 d\u2019un long Moyen \u00c2ge qui avaient surv\u00e9cu jusqu\u2019alors<a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\"><sup>[6]<\/sup><\/a>. Dans l\u2019an\u00e9antissement des \u00e9difices et des grandes figures de l\u2019Ancien R\u00e9gime, la profanation de la n\u00e9cropole de Saint-Denis en 1794 cristallise, autour de l\u2019abbatiale royale, la guerre totale dont ces monuments furent la cible.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un spectaculaire contre-jour tombant en oblique sur la destruction des tombes des \u00ab\u00a0ci-devant rois<a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\"><sup>[7]<\/sup><\/a> \u00bb \u00e0 Saint-Denis ordonn\u00e9e par la Convention scelle le lien entre av\u00e8nement d\u2019une \u00e8re nouvelle et destruction des banni\u00e8res de l\u2019Ancien R\u00e9gime (Fig. 1). Roland Recht souligne que la naissance symbolique de ce monde s\u2019accomplit sur les ruines de l\u2019ancien, \u00e0 travers la \u00ab seconde mort rituelle des souverains<a href=\"#_ftn8\" name=\"_ftnref8\"><sup>[8]<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb et l\u2019annihilation de leurs <em>regalia <\/em>et objets cultuels. Ainsi, le 30 septembre 1791, les commissaires r\u00e9volutionnaires nomm\u00e9s par le Directoire du d\u00e9partement de Paris sortirent-ils de Saint-Denis clamant apporter aux\u00a0\u00ab\u00a0citoyens l\u00e9gislateurs, toutes les pourritures dor\u00e9es qui existaient \u00e0 Franciade, ci-devant Saint-Denis. [Et d\u00e9plorant qu\u2019]il ne reste qu\u2019un autel d\u2019or qu[\u2019ils] n\u2019av[aient] pu transporter [\u2026pri\u00e8rent] de donner l\u2019ordre de [les] en d\u00e9barrasser sans d\u00e9lai pour que le faste catholique n\u2019offusque plus les yeux r\u00e9publicains<a href=\"#_ftn9\" name=\"_ftnref9\"><sup>[9]<\/sup><\/a>. \u00bb<\/p>\n<figure id=\"attachment_3393\" aria-describedby=\"caption-attachment-3393\" style=\"width: 840px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-large wp-image-3393\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/1.-Carnavalet-Robert-Hubert-la-violation-inv.-p1477.jpg?resize=840%2C709&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"840\" height=\"709\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/1.-Carnavalet-Robert-Hubert-la-violation-inv.-p1477-scaled.jpg?resize=1024%2C864&amp;ssl=1 1024w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/1.-Carnavalet-Robert-Hubert-la-violation-inv.-p1477-scaled.jpg?resize=300%2C253&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/1.-Carnavalet-Robert-Hubert-la-violation-inv.-p1477-scaled.jpg?resize=768%2C648&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/1.-Carnavalet-Robert-Hubert-la-violation-inv.-p1477-scaled.jpg?resize=1536%2C1297&amp;ssl=1 1536w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/1.-Carnavalet-Robert-Hubert-la-violation-inv.-p1477-scaled.jpg?resize=2048%2C1729&amp;ssl=1 2048w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/1.-Carnavalet-Robert-Hubert-la-violation-inv.-p1477-scaled.jpg?resize=1200%2C1013&amp;ssl=1 1200w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/1.-Carnavalet-Robert-Hubert-la-violation-inv.-p1477-scaled.jpg?w=1680&amp;ssl=1 1680w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/1.-Carnavalet-Robert-Hubert-la-violation-inv.-p1477-scaled.jpg?w=2520&amp;ssl=1 2520w\" sizes=\"auto, (max-width: 709px) 85vw, (max-width: 909px) 67vw, (max-width: 1362px) 62vw, 840px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-3393\" class=\"wp-caption-text\">Fig. 1 : Hubert Robert, La violation des caveaux des Rois dans la basilique de Saint-Denis en octobre 1793, vers 1793, mus\u00e9e Carnavalet &#8211; Histoire de Paris, n\u00b0 inv. p 1477 \u00a9 Mus\u00e9es de la Ville de Paris<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">Corollaire de la dispersion des collections des ch\u00e2teaux des \u00e9migr\u00e9s comme des b\u00fbchers de livres et d\u2019archives de la rue Richelieu en 1793, la violation des caveaux dionysiens r\u00e9sulte du d\u00e9ni de la valeur spirituelle, historique et mat\u00e9rielle des symboles entrelac\u00e9s de l\u2019\u00c9glise et de la royaut\u00e9. L\u2019irruption des bonnets phrygiens, des libert\u00e9s et des embl\u00e8mes tricolores souligne l\u2019importance pour la R\u00e9volution de ma\u00eetriser la r\u00e9alit\u00e9 du pouvoir et ses symboles. La suppression ou la promotion des images constitue un enjeu majeur de l\u2019entreprise de r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration du temps. Elle explique l\u2019embrasement d\u2019un arbre par\u00e9 des symboles de la f\u00e9odalit\u00e9 le 14 juillet 1792, au champ de Mars, sous les yeux de Louis XVI aussi bien que l\u2019invention de f\u00eates carnavalesques au cours desquelles \u00ab\u00a0les soutanes de cur\u00e9s tombent et d\u00e9couvrent l\u2019habit de sans-culotte<a href=\"#_ftn10\" name=\"_ftnref10\"><sup>[10]<\/sup><\/a> \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La mascarade des processions sacril\u00e8ges croqu\u00e9e par B\u00e9ricourt<a href=\"#_ftn11\" name=\"_ftnref11\"><sup>[11]<\/sup><\/a> (Fig. 2) montre les commissaires de la R\u00e9publique affubl\u00e9s de v\u00eatements liturgiques conduisant les fragments du tr\u00e9sor \u00e0 la Convention nationale. Les \u0153uvres de la foi, les instruments du culte et de son faste sont arrach\u00e9s de l\u2019\u00e9difice eccl\u00e9sial et tourn\u00e9s en d\u00e9rision pr\u00e9cis\u00e9ment par le simulacre de ce qui constituait le langage de la procession chr\u00e9tienne<a href=\"#_ftn12\" name=\"_ftnref12\"><sup>[12]<\/sup><\/a>. Notons par exemple combien, dans la liesse r\u00e9volutionnaire on retrouve paradoxalement jusqu\u2019au brancard processionnel, couvert d\u2019un textile, pour soutenir tabernacle et statue-reliquaire. N\u2019est-ce pas assister, par le ressort du charivari<a href=\"#_ftn13\" name=\"_ftnref13\"><sup>[13]<\/sup><\/a>, \u00e0 une ostension en n\u00e9gatif de la premi\u00e8re\u00a0? Le concept de \u00ab\u00a0parodie\u00a0\u00bb port\u00e9 par le philosophe Giorgio Agamben permet de souligner ce qui advient dans la rupture du lien entre l\u2019objet de culte et les formes de sa v\u00e9n\u00e9ration<a href=\"#_ftn14\" name=\"_ftnref14\"><sup>[14]<\/sup><\/a>\u00a0: les dispositifs de monstration sont tourn\u00e9s en d\u00e9rision alors que les objets tendent \u00e0 demeurer dans la position de la procession orthodoxe. Une rupture a bien lieu, mais tout se passe comme si elle ne pouvait advenir qu\u2019entre deux fragments n\u2019ayant de cesse de renvoyer l\u2019un \u00e0 l\u2019autre<a href=\"#_ftn15\" name=\"_ftnref15\"><sup>[15]<\/sup><\/a>. Au c\u0153ur du processus de s\u00e9paration d\u2019avec le patrimoine de l\u2019Ancien R\u00e9gime, les r\u00e9volutionnaires se trouv\u00e8rent confront\u00e9s \u00e0 ce qu\u2019on pourrait d\u00e9signer, avec l\u2019anthropologue Octave Debary, comme \u00ab\u00a0une part d\u2019irr\u00e9ductible, un reste<a href=\"#_ftn16\" name=\"_ftnref16\"><sup>[16]<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb<em>. <\/em>Peut-\u00eatre est-ce pr\u00e9cis\u00e9ment une des manifestations de cette r\u00e9sistance \u00e0 la disparition dont t\u00e9moigne le trajet de la procession chr\u00e9tienne vers son grin\u00e7ant rejeu burlesque. Une part essentielle du dilemme de la R\u00e9volution tient en ces termes\u00a0: \u00ab\u00a0comment d\u00e9truire l\u2019Ancien R\u00e9gime et en assumer l\u2019h\u00e9ritage<a href=\"#_ftn17\" name=\"_ftnref17\"><sup>[17]<\/sup><\/a> ? \u00bb<\/p>\n<figure id=\"attachment_3394\" aria-describedby=\"caption-attachment-3394\" style=\"width: 840px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-large wp-image-3394\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/2.-Procession-burlesque-de-revolutionnaires-charges-Bericourt-BNF.jpg?resize=840%2C575&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"840\" height=\"575\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/2.-Procession-burlesque-de-revolutionnaires-charges-Bericourt-BNF-scaled.jpg?resize=1024%2C701&amp;ssl=1 1024w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/2.-Procession-burlesque-de-revolutionnaires-charges-Bericourt-BNF-scaled.jpg?resize=300%2C205&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/2.-Procession-burlesque-de-revolutionnaires-charges-Bericourt-BNF-scaled.jpg?resize=768%2C526&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/2.-Procession-burlesque-de-revolutionnaires-charges-Bericourt-BNF-scaled.jpg?resize=1536%2C1052&amp;ssl=1 1536w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/2.-Procession-burlesque-de-revolutionnaires-charges-Bericourt-BNF-scaled.jpg?resize=2048%2C1403&amp;ssl=1 2048w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/2.-Procession-burlesque-de-revolutionnaires-charges-Bericourt-BNF-scaled.jpg?resize=1200%2C822&amp;ssl=1 1200w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/2.-Procession-burlesque-de-revolutionnaires-charges-Bericourt-BNF-scaled.jpg?w=1680&amp;ssl=1 1680w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/2.-Procession-burlesque-de-revolutionnaires-charges-Bericourt-BNF-scaled.jpg?w=2520&amp;ssl=1 2520w\" sizes=\"auto, (max-width: 709px) 85vw, (max-width: 909px) 67vw, (max-width: 1362px) 62vw, 840px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-3394\" class=\"wp-caption-text\">Fig. 2 : Est. B\u00e9ricourt, Mascarade anticl\u00e9ricale, Coll. Hennin 11701 \u00a9 Biblioth\u00e8que Nationale<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s le passage de l\u2019ouragan r\u00e9volutionnaire,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 40px;\">\u00ab\u00a0Saint-Denis est d\u00e9sert, l\u2019oiseau l\u2019a pris pour passage, l\u2019herbe cro\u00eet sur ses autels bris\u00e9s et [\u2026] on n\u2019entend plus que les gouttes de pluie qui tombent par son toit d\u00e9couvert, la chute de quelque pierre qui se d\u00e9tache de ses murs en ruine, ou le son de son horloge qui va roulant dans les tombeaux vides et les souterrains d\u00e9vast\u00e9s<a href=\"#_ftn18\" name=\"_ftnref18\"><sup>[18]<\/sup><\/a><em>.<\/em>\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si l\u2019an\u00e9antissement d\u00e9peint par Chateaubriand avait \u00e9t\u00e9 la seule r\u00e9alit\u00e9 de l\u2019\u00e9poque, aucune histoire d\u2019appropriation n\u2019aurait \u00e9t\u00e9 \u00e0 \u00e9crire. La vell\u00e9it\u00e9 de briser les images jug\u00e9es corrompues de l\u2019Ancien R\u00e9gime participe d\u2019un mouvement plus complexe qui pour \u00ab\u00a0retrancher le pass\u00e9 de l\u2019histoire<a href=\"#_ftn19\" name=\"_ftnref19\"><sup>[19]<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb s\u2019emploie presque simultan\u00e9ment \u00e0 une forme de tri \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019h\u00e9ritage. Ainsi, d\u00e8s 1790 la commission des Monuments est-elle cr\u00e9\u00e9e pour statuer quant \u00e0 la gestion de ce legs et au classement en diff\u00e9rentes cat\u00e9gories de biens recouvr\u00e9s par la nation pouvant \u00eatre mis sous scell\u00e9s ou plac\u00e9s dans des d\u00e9p\u00f4ts. Ce principe de \u00ab\u00a0distinction du n\u00e9gligeable \u00e0 effacer et du m\u00e9morable \u00e0 instaurer<a href=\"#_ftn20\" name=\"_ftnref20\"><sup>[20]<\/sup><\/a><em>\u00a0<\/em>\u00bb explique, qu\u2019en mars 1791, les objets du tr\u00e9sor de la Sainte-Chapelle aient \u00e9t\u00e9 emport\u00e9s, entra\u00eenant le d\u00e9p\u00f4t des cam\u00e9es et des manuscrits au cabinet des Antiques et \u00e0 la biblioth\u00e8que du Roi tandis que les autres \u0153uvres provenant des tr\u00e9sors confondus de la Sainte-Chapelle et de Saint-Denis avaient \u00e9t\u00e9 port\u00e9es \u00e0 l\u2019abbatiale. Le 22 brumaire an II (12 novembre 1793), ils furent mis en caisses, entass\u00e9s sur six chariots puis emport\u00e9s \u00e0 l\u2019h\u00f4tel de la Monnaie. Si la fonte de l\u2019orf\u00e8vrerie de ces fantastiques tr\u00e9sors avait commenc\u00e9 au d\u00e9but du printemps, apr\u00e8s examen parmi la centaine de pi\u00e8ces que comptait encore alors le tr\u00e9sor de l\u2019abbaye de Saint-Denis, quatorze chefs-d\u2019\u0153uvre de l\u2019art m\u00e9di\u00e9val trouv\u00e8rent gr\u00e2ce aux yeux des commissaires Leblond et Mongez<a href=\"#_ftn21\" name=\"_ftnref21\"><sup>[21]<\/sup><\/a>. Ce sauvetage <em>in extremis <\/em>\u00e0 l\u2019origine des futurs fleurons des collections du Louvre et de la Biblioth\u00e8que nationale rappelle ce qu\u2019Octave Debary analyse comme \u00ab\u00a0le travail paradoxal qu\u2019implique la conservation de ce dont on veut se d\u00e9faire<a href=\"#_ftn22\" name=\"_ftnref22\"><sup>[22]<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb. Quels sont les processus au c\u0153ur de cette dialectique paradoxale\u00a0? Le destin des fragments du tr\u00e9sor de Saint-Denis \u00e9voqu\u00e9s \u00e0 l\u2019instant pourrait-il \u00e9clairer la compr\u00e9hension de cette histoire d\u2019assimilation patrimoniale\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>La requalification patrimoniale, ses lieux et ses discours<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour r\u00e9pondre, il importe d\u2019abord de se resituer dans la perspective des r\u00e9volutionnaires dont t\u00e9moigne le Conservatoire de pluvi\u00f4se an II (janvier 1794) \u00e0 savoir : simultan\u00e9ment \u00ab d\u00e9truire les monuments propres \u00e0 rappeler les souvenirs du despotisme [et] conserver honorablement les chefs-d\u2019\u0153uvre des arts dignes d\u2019occuper les loisirs et d\u2019embellir le territoire d\u2019un peuple libre<a href=\"#_ftn23\" name=\"_ftnref23\"><sup>[23]<\/sup><\/a> \u00bb. <em>L\u2019instruction sur la mani\u00e8re d\u2019inventorier <\/em>de F\u00e9lix Vicq d\u2019Azyr, membre de la commission temporaire des Arts, affirme de m\u00eame\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 40px;\">\u00ab\u00a0Tous ces biens pr\u00e9cieux qu\u2019on tenoit loin du peuple ou qu\u2019on ne lui montroit que pour le frapper d\u2019\u00e9tonnement et de respect, toutes ces richesses lui appartiennent. D\u00e9sormais, elles serviront \u00e0 l\u2019instruction publique, \u00e0 former des l\u00e9gislateurs philosophes, des magistrats \u00e9clair\u00e9s, des agriculteurs instruits, des artistes de g\u00e9nie<a href=\"#_ftn24\" name=\"_ftnref24\"><sup>[24]<\/sup><\/a>.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le pr\u00e9sident du conseil d\u2019Instruction publique Charles Mathieu proclamait le 28 frimaire an II (18 d\u00e9c. 1793) la l\u00e9gitimit\u00e9 de recueillir \u00ab\u00a0ce qui peut servir \u00e0 la fois d\u2019ornement, de troph\u00e9e et d\u2019appui \u00e0 la libert\u00e9 et \u00e0 l\u2019\u00e9galit\u00e9<a href=\"#_ftn25\" name=\"_ftnref25\"><sup>[25]<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb. Ainsi, la <em>tabula rasa <\/em>r\u00e9volutionnaire stigmatis\u00e9e par le penseur politique irlandais Edmund Burke<a href=\"#_ftn26\" name=\"_ftnref26\"><sup>[26]<\/sup><\/a> n\u2019alla-t-elle pas sans une conceptualisation de la conservation r\u00e9fl\u00e9chie, \u00e0 d\u00e9faut d\u2019avoir toujours \u00e9t\u00e9 mise en application<a href=\"#_ftn27\" name=\"_ftnref27\"><sup>[27]<\/sup><\/a>. Pourquoi \u00e9pargner des artefacts portant les stigmates de l\u2019Ancien R\u00e9gime\u00a0? Comment les faire co\u00efncider avec l\u2019id\u00e9al patriotique et r\u00e9publicain d\u2019instruction publique\u00a0? On consentit \u00e0 leur protection, \u00e0 leur inscription \u00e0 l\u2019inventaire, \u00e0 leur entr\u00e9e dans les collections lorsqu\u2019ils pouvaient relever d\u2019une des valeurs hi\u00e9rarchis\u00e9es ici : la valeur nationale, la valeur didactique, la valeur d\u2019inspiration \u00e0 l\u2019industrie et enfin seulement la valeur artistique<a href=\"#_ftn28\" name=\"_ftnref28\"><sup>[28]<\/sup><\/a>. Et encore, dans cette derni\u00e8re perspective de formation des artistes, l\u2019intention d\u2019effacer la parenth\u00e8se m\u00e9di\u00e9vale \u2013 creuset de l\u2019\u00c9glise, de la royaut\u00e9 comme de la f\u00e9odalit\u00e9<a href=\"#_ftn29\" name=\"_ftnref29\"><sup>[29]<\/sup><\/a> \u2013 fit primer une temporalit\u00e9 d\u00e9j\u00e0 ch\u00e8re aux Lumi\u00e8res\u00a0: l\u2019Antiquit\u00e9. La d\u00e9signation des \u0153uvres \u00e0 la lecture du premier inventaire \u00e9tabli pour Saint-Denis<a href=\"#_ftn30\" name=\"_ftnref30\"><sup>[30]<\/sup><\/a> illustre cet horizon de r\u00e9ception \u00e0 travers la typologie de l\u2019objet antique, le go\u00fbt des mat\u00e9riaux, notamment les pierres dures et l\u2019iconographie. En effet, outre deux manuscrits et quatre cam\u00e9es, les commissaires r\u00e9volutionnaires conserv\u00e8rent, entre autres, ce qu\u2019ils consignaient comme\u00a0une cuve de porphyre<a href=\"#_ftn31\" name=\"_ftnref31\"><sup>[31]<\/sup><\/a>, un vase repr\u00e9sentant des Bacchanales<a href=\"#_ftn32\" name=\"_ftnref32\"><sup>[32]<\/sup><\/a>, une aigue-marine repr\u00e9sentant la t\u00eate de Julia, fille de Titus<a href=\"#_ftn33\" name=\"_ftnref33\"><sup>[33]<\/sup><\/a>, une cuvette de jade vert<a href=\"#_ftn34\" name=\"_ftnref34\"><sup>[34]<\/sup><\/a> et une navette \u00e0 godrons en sardonyx. Il y a indubitablement l\u00e0 pour les chefs-d\u2019\u0153uvre du Moyen \u00c2ge chr\u00e9tien et <em>regalia <\/em>de Saint-Denis amputation de leur r\u00e9f\u00e9rence au divin comme de leur efficacit\u00e9 sacrale au profit d\u2019une nouvelle reconnaissance aux yeux des membres de la commission des Monuments. Mais on n\u2019entrera dans la compr\u00e9hension de cette \u00e9conomie de la perte<a href=\"#_ftn35\" name=\"_ftnref35\"><sup>[35]<\/sup><\/a> qu\u2019en l\u2019inscrivant dans la matrice du mus\u00e9e non pas invent\u00e9 par la R\u00e9volution, mais bien charg\u00e9 par elle d\u2019accomplir cette transmutation. Il incombait ainsi \u00e0 ce \u00ab\u00a0nouveau lieu patriotique du patrimoine<a href=\"#_ftn36\" name=\"_ftnref36\"><sup>[36]<\/sup><\/a> \u00bb de d\u00e9sacraliser d\u2019une part et de resacraliser de l\u2019autre, d\u2019inaugurer une nouvelle m\u00e9moire tout en orchestrant une subtile politique de l\u2019oubli. Le geste r\u00e9volutionnaire et le mus\u00e9e \u00e0 son service apparaissent comme acte et instrument d\u2019un archivage paradoxal\u00a0: \u00ab\u00a0accueillir un temps dont on ne peut se d\u00e9barrasser autrement qu\u2019en le conservant<a href=\"#_ftn37\" name=\"_ftnref37\"><sup>[37]<\/sup><\/a> \u00bb. Dans son histoire du vandalisme, le philosophe Daniel Hermant estime de m\u00eame que \u00ab\u00a0l\u2019iconoclasme bafoue, conteste, d\u00e9truit ou m\u00eame conserve pour mieux abhorrer<a href=\"#_ftn38\" name=\"_ftnref38\"><sup>[38]<\/sup><\/a> \u00bb. La nation devient en effet d\u00e9positaire d\u2019un h\u00e9ritage suspect par l\u2019ordre social monarchique qu\u2019il refl\u00e8te, par les terres et propri\u00e9t\u00e9s dont il provient ainsi que par l\u2019id\u00e9al esth\u00e9tique et moral chr\u00e9tien qu\u2019il sert. Aussi le d\u00e9p\u00f4t fait-il figure de quarantaine \u00e0 m\u00eame de pr\u00e9venir toute forme de contagion entourant ce legs suspendu \u00ab\u00a0dans un \u00e9tat \u201climinal\u201d, un entre-deux avant la consolidation d\u00e9finitive de la R\u00e9volution et de la raison qui pourra seule [\u2026] garantir son innocuit\u00e9<a href=\"#_ftn39\" name=\"_ftnref39\"><sup>[39]<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb. L\u2019inventaire de Saint-Denis permet encore de voir \u00e0 l\u2019\u0153uvre cet \u00e9cart\u00e8lement entre deux syst\u00e8mes de valeurs antinomiques, cette r\u00e9ification dont t\u00e9moignent les mots. Renfor\u00e7ant la distance et l\u2019alt\u00e9rit\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9gard des valeurs initialement port\u00e9es par le patrimoine accapar\u00e9, la d\u00e9signation participe de sa m\u00e9tamorphose. Face \u00e0 des \u00ab\u00a0restes\u00a0[\u2026]\u00a0en instance de requalification, somm\u00e9[s] \u00e0 la fois de dispara\u00eetre et de (re)devenir autre chose<a href=\"#_ftn40\" name=\"_ftnref40\"><sup>[40]<\/sup><\/a> \u00bb<em>, <\/em>elle invente \u00ab\u00a0une nouvelle ex\u00e9g\u00e8se<a href=\"#_ftn41\" name=\"_ftnref41\"><sup>[41]<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb. De m\u00eame qu\u2019elle changea le nom des hommes et des lieux, imposa une nouvelle m\u00e9trique et un nouveau calendrier, la plume des commissaires r\u00e9volutionnaires transmuta les calices, les pat\u00e8nes, custodes et reliquaires m\u00e9di\u00e9vaux en diverses coupes, plats, aigui\u00e8res, coffrets et autres flacons de cristal de roche, d\u2019agate ou d\u2019am\u00e9thyste. Pour les pi\u00e8ces du tr\u00e9sor dionysien, l\u2019entr\u00e9e dans les collections du Louvre consomma la rupture d\u2019avec leur logique intrins\u00e8que et la res\u00e9mantisation signa l\u2019ablation de leur dimension anagogique. Dans ce processus d\u2019\u00e9vaporation de la transcendance pr\u00e9alable \u00e0 la cristallisation de la mat\u00e9rialit\u00e9 et de la virtuosit\u00e9 qui la remplacent, Fran\u00e7oise Choay souligne l\u2019importance de la rh\u00e9torique r\u00e9volutionnaire selon laquelle\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 40px;\"><em>\u00ab\u00a0<\/em>Rompre avec le pass\u00e9 ne signifie ni abolir sa m\u00e9moire ni d\u00e9truire ses monuments, mais conserver l\u2019un et l\u2019autre dans un mouvement dialectique qui \u00e0 la fois assume et d\u00e9passe leur signification historique originelle en l\u2019int\u00e9grant dans une nouvelle strate s\u00e9mantique<a href=\"#_ftn42\" name=\"_ftnref42\"><sup>[42]<\/sup><\/a>.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le destin des objets cultuels, liturgiques ou encore royaux du tr\u00e9sor choisi ici pour fil rouge nous les montre mus en exp\u00f4ts \u00e0 leur entr\u00e9e au Louvre apr\u00e8s une purification historique<a href=\"#_ftn43\" name=\"_ftnref43\"><sup>[43]<\/sup><\/a>. Dans une certaine mesure, la castration de l\u2019op\u00e9rativit\u00e9 symbolique de ces objets rescap\u00e9s du Moyen \u00c2ge participe d\u2019une pacification au cours de cette histoire d\u2019appropriation travers\u00e9e de tensions extr\u00eames. Elle r\u00e9pond \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 point\u00e9e par Octave Debary que \u00ab\u00a0les ruptures historiques [soient] apais\u00e9es et que soient domestiqu\u00e9es les violences de l\u2019histoire<a href=\"#_ftn44\" name=\"_ftnref44\"><sup>[44]<\/sup><\/a> \u00bb. On se propose \u00e0 pr\u00e9sent de tourner notre attention vers l\u2019espace mus\u00e9al auquel fut alors confi\u00e9e cette mission de domestication de la violence r\u00e9volutionnaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Triomphe d\u2019un nouveau regard sur les objets \u00e9pars d\u2019un Moyen \u00c2ge appropri\u00e9<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au-del\u00e0 de la confrontation furieuse qui avait oppos\u00e9 la R\u00e9volution fran\u00e7aise aux embl\u00e8mes foul\u00e9s au pied d\u2019un patrimoine jug\u00e9 complice du temps dont il \u00e9manait, s\u2019esquiss\u00e8rent peu \u00e0 peu les contours d\u2019une autre relation tendant vers une forme de r\u00e9conciliation. Quel fut le th\u00e9\u00e2tre de cet apprivoisement ? Un espace mus\u00e9al p\u00e9tri \u2013 bien avant que n\u2019\u00e9clate l\u2019orage r\u00e9volutionnaire \u2013 par la foi des Lumi\u00e8res dans les valeurs de la science et de la pens\u00e9e rationaliste, un espace fa\u00e7onn\u00e9 par leur esprit de syst\u00e8me. Le principe d\u2019ordre et de classification dans la description de l\u2019univers, de ses lois comme de ses cr\u00e9atures constituait une des pierres angulaires de cette \u00e9pist\u00e9m\u00e8. Or les arts et les sciences exactes conservaient \u00e0 la toute fin du XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle une proximit\u00e9 dont t\u00e9moigne l\u2019ouverture de l\u2019<em>Encyclop\u00e9die\u00a0<\/em>:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 40px;\">\u00ab\u00a0Celui qui se chargera de la mati\u00e8re des arts ne s\u2019acquittera point d\u2019une mani\u00e8re satisfaisante pour les autres et pour lui-m\u00eame, s\u2019il n\u2019a profond\u00e9ment \u00e9tudi\u00e9 l\u2019histoire naturelle, et surtout la min\u00e9ralogie, s\u2019il n\u2019est excellent m\u00e9canicien, s\u2019il n\u2019est tr\u00e8s vers\u00e9 dans la physique rationnelle et exp\u00e9rimentale, et s\u2019il n\u2019a fait plusieurs cours de chimie<a href=\"#_ftn45\" name=\"_ftnref45\"><sup>[45]<\/sup><\/a>.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un meilleur paradigme de repr\u00e9sentation et de classification que celui des sciences naturelles aurait-il pu \u00eatre r\u00eav\u00e9 par des commissaires r\u00e9volutionnaires en peine de faire entrer les reliques de \u201cla vieille superstition\u201d dans le temple du patrimoine de l\u2019humanit\u00e9 ? Quoi de plus distinct de l\u2019ancien r\u00e9gime d\u2019interpr\u00e9tation des \u0153uvres, quoi de plus s\u00fbr enfin que l\u2019harmonieux agencement des productions naturelles, hi\u00e9rarchis\u00e9es en ordres, genres, niveaux, esp\u00e8ces et vari\u00e9t\u00e9s par les classes du <em>Systema Naturae <\/em>du botaniste su\u00e9dois Carl von Linn\u00e9<a href=\"#_ftn46\" name=\"_ftnref46\"><sup>[46]<\/sup><\/a>\u00a0ou encore dans les 36 volumes de <em>L\u2019histoire naturelle <\/em>de Buffon\u00a0? Au diapason avec le monde europ\u00e9en des mus\u00e9es de la fin du XVIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, les descendants des r\u00e9volutionnaires trouv\u00e8rent dans la porosit\u00e9 entre le champ de l\u2019\u00e9rudition antiquaire et celui de l\u2019art le <em>vade-mecum<\/em> de leur mise en ordre. Ce ne fut rien moins qu\u2019au successeur de Buffon \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie fran\u00e7aise, sp\u00e9cialiste lui-m\u00eame d\u2019anatomie compar\u00e9e, qu\u2019on confia la r\u00e9daction de <em>L\u2019instruction sur la mani\u00e8re d\u2019inventorier et de conserver dans toute l\u2019\u00e9tendue de la R\u00e9publique tous les objets qui peuvent servir aux arts, aux sciences et aux enseignements,<\/em> le 25 brumaire an II (15 novembre 1793). Ainsi, par l\u2019entremise de Vicq d\u2019Azyr, la perspective taxonomique de Linn\u00e9 et Buffon devint l\u2019outil pratique, non seulement de la description formelle, naturaliste en somme des \u0153uvres, mais d\u2019une entreprise d\u2019assimilation mus\u00e9ale du patrimoine appropri\u00e9 et domestiqu\u00e9 par sa mise en classes<a href=\"#_ftn47\" name=\"_ftnref47\"><sup>[47]<\/sup><\/a>. Ainsi le syst\u00e8me doctrinal des Lumi\u00e8res en mati\u00e8re de sciences naturelles marqua-t-il \u00e0 la fois les \u00e9volutions du monde mus\u00e9al et les pr\u00e9mices d\u2019une l\u2019histoire de l\u2019art qui allait fleurir en France en tant que discipline apr\u00e8s la R\u00e9volution.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Puisque c\u2019est vers le Louvre que converg\u00e8rent une part essentielle des richesses artistiques spoli\u00e9es par la R\u00e9volution, observons o\u00f9 y r\u00e9apparurent les cr\u00e9ations dont nous avons suivi les p\u00e9r\u00e9grinations.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s avoir renvers\u00e9 les autels des \u00e9glises et le tr\u00f4ne des rois de France, les inventeurs de la patrie et du patrimoine national n\u2019opt\u00e8rent pas pour une pi\u00e8ce nue pour \u00e9crire <em>ex nihilo <\/em>l\u2019histoire mus\u00e9ale ni pour les tr\u00e9teaux des barricades des sans-culottes. Pour donner \u00e0 voir les vestiges des tr\u00e9sors m\u00e9di\u00e9vaux tr\u00f4nant en qualit\u00e9 de <em>musealia<\/em>, ils choisirent les cieux magistraux de la galerie d\u2019Apollon restaur\u00e9e par la II<sup>e<\/sup> R\u00e9publique<a href=\"#_ftn48\" name=\"_ftnref48\"><sup>[48]<\/sup><\/a> (Fig.\u00a03).<\/p>\n<figure id=\"attachment_3399\" aria-describedby=\"caption-attachment-3399\" style=\"width: 840px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-large wp-image-3399\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Fig.-3.jpg?resize=840%2C1004&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"840\" height=\"1004\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Fig.-3.jpg?resize=857%2C1024&amp;ssl=1 857w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Fig.-3.jpg?resize=251%2C300&amp;ssl=1 251w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Fig.-3.jpg?resize=768%2C917&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Fig.-3.jpg?w=942&amp;ssl=1 942w\" sizes=\"auto, (max-width: 709px) 85vw, (max-width: 909px) 67vw, (max-width: 1362px) 62vw, 840px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-3399\" class=\"wp-caption-text\">Fig. 3 : Fr\u00e9d\u00e9ric Grasset, Vitrine de la Galerie d&rsquo;Apollon, au Louvre, 1835, huile sur toile, 55 x 46 cm, mus\u00e9e du Louvre, Paris, RF 169\/8 <b>\u00a9 Grand Palais Rmn (mus\u00e9e du Louvre) \/ Franck Raux<\/b><\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans l\u2019\u00e9crin con\u00e7u par Charles-Fran\u00e7ois Le Brun \u00e0 la gloire du roi Soleil, de pr\u00e9cieux plateaux en marbre sur consoles de bois sculpt\u00e9 et dor\u00e9 de style Louis XIV, dont celui que la confiscation r\u00e9volutionnaire avait arrach\u00e9 au ch\u00e2teau de Richelieu vers 1800, servirent de pr\u00e9sentoirs. La r\u00e9apparition des tr\u00e9sors joue ici explicitement du troph\u00e9e militaire et c\u00e9l\u00e8bre le triomphe de l\u2019\u0153uvre r\u00e9volutionnaire sur l\u2019h\u00e9g\u00e9monie de l\u2019Ancien R\u00e9gime. Dans le glissement du palais des rois vers le palais des arts o\u00f9 F\u00e9lix Duban et Eug\u00e8ne Delacroix deviennent, sous l\u2019autorit\u00e9 d\u2019une II<sup>e<\/sup> R\u00e9publique \u00e9clair\u00e9e, les ex\u00e9cuteurs testamentaires naturels de Le Brun, s\u2019op\u00e8re un lissage des asp\u00e9rit\u00e9s susceptibles de nuire au r\u00e9cit de l\u2019\u00e9pop\u00e9e r\u00e9publicaine en mati\u00e8re de patrimoine. Une invisibilisation de la violence historique de l\u2019\u00e9pisode r\u00e9volutionnaire se lit dans la qualification du dispositif de monstration de la galerie d\u2019Apollon comme un \u00ab\u00a0in\u00e9galable \u00e9crin<a href=\"#_ftn49\" name=\"_ftnref49\"><sup>[49]<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb pour les chefs-d\u2019\u0153uvre alors pr\u00e9sent\u00e9s sous ses vitrines. Une telle fusion discursive des temporalit\u00e9s passe sous silence les affres de la R\u00e9volution fran\u00e7aise, les paradoxes de sa relation \u00e0 la notion de patrimoine comme le peu de cas des dangers encourus par les collections confisqu\u00e9es, pendant la R\u00e9volution<a href=\"#_ftn50\" name=\"_ftnref50\"><sup>[50]<\/sup><\/a>, apr\u00e8s leur entr\u00e9e au Museum et encore sous la III<sup>e<\/sup> R\u00e9publique<a href=\"#_ftn51\" name=\"_ftnref51\"><sup>[51]<\/sup><\/a>. Les \u00e9volutions expographiques ult\u00e9rieures de la Galerie d\u2019Apollon (Fig. 4) permettent de suivre l\u2019\u00e9volution du regard sur les \u0153uvres issues du pass\u00e9 m\u00e9di\u00e9val.<\/p>\n<figure id=\"attachment_3396\" aria-describedby=\"caption-attachment-3396\" style=\"width: 840px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-3396\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/4.-Grands-reliquaires-de-la-Galerie-d_Apolon-XIXe.png?resize=840%2C761&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"840\" height=\"761\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/4.-Grands-reliquaires-de-la-Galerie-d_Apolon-XIXe.png?w=946&amp;ssl=1 946w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/4.-Grands-reliquaires-de-la-Galerie-d_Apolon-XIXe.png?resize=300%2C272&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/4.-Grands-reliquaires-de-la-Galerie-d_Apolon-XIXe.png?resize=768%2C696&amp;ssl=1 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 709px) 85vw, (max-width: 909px) 67vw, (max-width: 1362px) 62vw, 840px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-3396\" class=\"wp-caption-text\">Fig. 4 : Carte postale d\u2019une vitrine de la Galerie d&rsquo;Apollon, autour de 1900 \u00a9 Documentation du d\u00e9partement des Objets d\u2019art, mus\u00e9e du Louvre<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">Jusque dans le courant du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle<a href=\"#_ftn52\" name=\"_ftnref52\"><sup>[52]<\/sup><\/a>, on y rencontre les gemmes de la Couronne<a href=\"#_ftn53\" name=\"_ftnref53\"><sup>[53]<\/sup><\/a> et les collections issues des saisies r\u00e9volutionnaires, notamment des tr\u00e9sors parisiens. Les vases dionysiens y c\u00f4toient les collections des arts du Moyen \u00c2ge et de la Renaissance d\u2019Edme-Antoine Durand et Pierre R\u00e9voil, acquises en 1825 et 1828, des objets du tr\u00e9sor de l\u2019ordre du Saint-Esprit supprim\u00e9 en 1830 et d\u2019autres issus de la donation Charles Sauvageot de 1852. On retrouve l\u00e0 des \u0153uvres qui constituent le noyau des collections m\u00e9di\u00e9vales et de la Renaissance du d\u00e9partement des Objets d\u2019Arts du mus\u00e9e. Orf\u00e9vr\u00e9es pour la plupart, elles sont r\u00e9parties selon une disposition pyramidale et encadr\u00e9es de vitrines aux montants modernes surplombant le pi\u00e8tement Louis XIV des consoles en bois dor\u00e9, formant un mobilier en harmonie avec les embl\u00e8mes du d\u00e9cor de Le Brun. Extirp\u00e9s des tr\u00e9sors d\u2019\u00e9glises o\u00f9 ils relevaient d\u2019une logique patrimoniale fond\u00e9e sur la v\u00e9n\u00e9ration, les vases sacr\u00e9s de la Sainte-Chapelle et de Saint-Denis, les crucifix, les crosses et les ch\u00e2sses romanes ou limousines se voient dispos\u00e9s dans cet \u00e9crin de fa\u00e7on \u00e0 magnifier leurs qualit\u00e9s mat\u00e9rielles, \u00e0 rehausser le faste et le brillant de leur enveloppe. Cette pr\u00e9sentation traduit le progr\u00e8s d\u2019un regard attach\u00e9 \u00e0 la vie des formes dans ses d\u00e9veloppements organiques ainsi que l\u2019av\u00e8nement d\u2019un ordonnancement esth\u00e9tique et typologique n\u00e9 de la taxonomie. L\u2019apparition de ce langage expographique consubstantiel du formalisme a pour toile de fond le formidable impact des expositions universelles et r\u00e9trospectives depuis la premi\u00e8re inaugurant la s\u00e9rie \u00e0 Londres en 1851. Les objets d\u2019art qui avaient pris place sous l\u2019immense nef de verre du Crystal Palace lors de la <em>Great Exhibition<\/em>, parmi lesquels figurait une magnifique collection d\u2019\u0153uvres d\u2019art originales du Moyen \u00c2ge et de la Renaissance, furent pr\u00e9sent\u00e9s d\u00e8s 1857 dans un des premiers mus\u00e9es d\u2019art d\u00e9coratif au monde, le South Kensington Museum<em>.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si, dans le strict alignement de leurs vitrines (Fig. 5), des objets jadis liturgiques y apparaissent livr\u00e9s \u00e0 la contemplation comme des \u00ab signes retourn\u00e9s<a href=\"#_ftn54\" name=\"_ftnref54\"><sup>[54]<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb, c\u2019est au sens o\u00f9 ils y figurent comme sp\u00e9cimens, jalons formels t\u00e9moins ou annonciateurs de styles, d\u2019\u2018\u00e9coles\u2019, d\u2019\u00e9poques donn\u00e9es dans une vis\u00e9e comparatiste fond\u00e9e sur le concept de filiation artistique et les rapprochements formels. N\u00e9 dans le sillage de la R\u00e9volution, l\u2019int\u00e9r\u00eat productiviste et mercantile de la fin du XIX<sup>e<\/sup> et des premi\u00e8res ann\u00e9es du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle vit dans les objets du pass\u00e9 une juxtaposition de formes et de mati\u00e8res susceptible d\u2019inspirer la facture de nouveaux artefacts. Ainsi, des \u0153uvres de la Renaissance, mais aussi du Moyen \u00c2ge trouv\u00e8rent-elles place, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des productions industrielles, dans la logique d\u00e9monstrative et triomphale des expositions universelles. On retrouve la valorisation des qualit\u00e9s plastiques et du caract\u00e8re de pr\u00e9ciosit\u00e9 pour l\u2019histoire de l\u2019art des cr\u00e9ations m\u00e9di\u00e9vales dans le traitement r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 l\u2019orf\u00e8vrerie religieuse dans l\u2019Exposition Universelle de Paris en 1900.<\/p>\n<figure id=\"attachment_3397\" aria-describedby=\"caption-attachment-3397\" style=\"width: 738px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-3397 size-large\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/5.-South-Kensington-Museum-Gallery-Prince-Consort-VA-coll-e1763559438583-738x1024.jpg?resize=738%2C1024&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"738\" height=\"1024\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/5.-South-Kensington-Museum-Gallery-Prince-Consort-VA-coll-e1763559438583.jpg?resize=738%2C1024&amp;ssl=1 738w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/5.-South-Kensington-Museum-Gallery-Prince-Consort-VA-coll-e1763559438583.jpg?resize=216%2C300&amp;ssl=1 216w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/5.-South-Kensington-Museum-Gallery-Prince-Consort-VA-coll-e1763559438583.jpg?resize=768%2C1065&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/5.-South-Kensington-Museum-Gallery-Prince-Consort-VA-coll-e1763559438583.jpg?resize=1108%2C1536&amp;ssl=1 1108w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/5.-South-Kensington-Museum-Gallery-Prince-Consort-VA-coll-e1763559438583.jpg?resize=1477%2C2048&amp;ssl=1 1477w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/5.-South-Kensington-Museum-Gallery-Prince-Consort-VA-coll-e1763559438583.jpg?resize=1200%2C1664&amp;ssl=1 1200w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/5.-South-Kensington-Museum-Gallery-Prince-Consort-VA-coll-e1763559438583.jpg?w=1704&amp;ssl=1 1704w\" sizes=\"auto, (max-width: 709px) 85vw, (max-width: 909px) 67vw, (max-width: 984px) 61vw, (max-width: 1362px) 45vw, 600px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-3397\" class=\"wp-caption-text\">Fig. 5 : John Watkins, The Prince Consort&rsquo;s Gallery, vue de l&rsquo;int\u00e9rieur du South Kensington Museum Gallery<em>, 1876-1881, eau-forte, 21,6 x 14,6 cm. <\/em>\u00a9 V&amp;A coll.<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify;\">La pr\u00e9sentation de l\u2019orf\u00e8vrerie m\u00e9di\u00e9vale r\u00e9pond l\u00e0 \u00e0 une double vis\u00e9e\u00a0: \u00ab\u00a0procurer au visiteur une pure jouissance artistique<a href=\"#_ftn55\" name=\"_ftnref55\"><sup>[55]<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb et l\u2019ouvrir \u00e0 la d\u00e9couverte d\u2019un art national dont la conception s\u2019esquissait alors. Pour t\u00e9moigner \u2013 comme au South Kensington Museum \u2013 de la f\u00e9condit\u00e9 de cette cr\u00e9ation d\u00e8s avant la Renaissance, cette r\u00e9trospective de l\u2019art fran\u00e7ais depuis ses origines r\u00e9partissait entre trois salles des pi\u00e8ces issues de tr\u00e9sors d\u2019\u00e9glises dans une grande profusion d\u2019objets<a href=\"#_ftn56\" name=\"_ftnref56\"><sup>[56]<\/sup><\/a> (Fig. 6). Une des vis\u00e9es de l\u2019agencement expographique consistait \u00e0 donner \u00e0 voir l\u2019affranchissement des artistes du Moyen \u00c2ge vis-\u00e0-vis des \u201cinfluences\u201d \u00e9trang\u00e8res et leur inspiration prise dans l\u2019esth\u00e9tique \u2013 plus valoris\u00e9e alors \u2013 des \u201carts majeurs\u201d nationaux : sculpture et architecture<a href=\"#_ftn57\" name=\"_ftnref57\"><sup>[57]<\/sup><\/a>. Le visiteur \u00e9tait invit\u00e9 \u00e0 se repr\u00e9senter ainsi l\u2019art de l\u2019orf\u00e8vre comme reflet des progr\u00e8s de l\u2019architecture et de la sculpture monumentale<em>.<\/em> En France en 1900, c\u2019est donc en tant que miroir, reflet miniature, mineur, des \u201carts majeurs\u201d que les objets du culte chr\u00e9tien m\u00e9di\u00e9val sont consid\u00e9r\u00e9s, c\u2019est-\u00e0-dire comme des indicateurs dans la r\u00e9ception d\u2019arts plus dignes de consid\u00e9ration. Pareille conception n\u2019excluait pas l\u2019int\u00e9r\u00eat aux techniques des artisans du Moyen \u00c2ge<a href=\"#_ftn58\" name=\"_ftnref58\"><sup>[58]<\/sup><\/a>. On voit en effet l\u2019\u0153il du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle naissant appr\u00e9cier dans cette production la conformit\u00e9 des objets \u00e0 leur destination sans sacrifice aux caprices de l\u2019ornementation comme en t\u00e9moigne l\u2019admiration devant la crosse du tr\u00e9sor de Maubeuge : \u00ab Est-il possible de r\u00eaver une entente plus s\u00e9duisante par l\u2019orf\u00e8vre de ce qui donnait \u00e0 l\u2019art du Moyen \u00c2ge toute sa beaut\u00e9 et son harmonie<a href=\"#_ftn59\" name=\"_ftnref59\"><sup>[59]<\/sup><\/a> ? \u00bb. La vitrine isolant comme un <em>unicum<\/em>, au premier plan \u00e0 gauche de la photographie, la \u00ab\u00a0Sainte-Coupe\u00a0\u00bb provenant de la cath\u00e9drale de Sens d\u00e9crite comme \u00ab\u00a0une pi\u00e8ce hors ligne, d\u2019une conception harmonieuse et d\u2019une \u00e9l\u00e9gante simplicit\u00e9<a href=\"#_ftn60\" name=\"_ftnref60\"><sup>[60]<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb va dans le m\u00eame sens. Les regrets exprim\u00e9s dans la conclusion du livret \u00e9clairent la perspective dans laquelle les cr\u00e9ations m\u00e9di\u00e9vales prenaient place\u00a0au sein de ces expositions et la lecture qui en \u00e9tait faite.<\/p>\n<figure id=\"attachment_3398\" aria-describedby=\"caption-attachment-3398\" style=\"width: 840px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-large wp-image-3398\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Orfevrerie-religieuse-Exposition-Universelle-de-1900.jpg?resize=840%2C628&#038;ssl=1\" alt=\"\" width=\"840\" height=\"628\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Orfevrerie-religieuse-Exposition-Universelle-de-1900-scaled.jpg?resize=1024%2C765&amp;ssl=1 1024w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Orfevrerie-religieuse-Exposition-Universelle-de-1900-scaled.jpg?resize=300%2C224&amp;ssl=1 300w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Orfevrerie-religieuse-Exposition-Universelle-de-1900-scaled.jpg?resize=768%2C574&amp;ssl=1 768w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Orfevrerie-religieuse-Exposition-Universelle-de-1900-scaled.jpg?resize=1536%2C1148&amp;ssl=1 1536w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Orfevrerie-religieuse-Exposition-Universelle-de-1900-scaled.jpg?resize=2048%2C1531&amp;ssl=1 2048w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Orfevrerie-religieuse-Exposition-Universelle-de-1900-scaled.jpg?resize=1200%2C897&amp;ssl=1 1200w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Orfevrerie-religieuse-Exposition-Universelle-de-1900-scaled.jpg?w=1680&amp;ssl=1 1680w, https:\/\/i0.wp.com\/www.revue-exposition.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Orfevrerie-religieuse-Exposition-Universelle-de-1900-scaled.jpg?w=2520&amp;ssl=1 2520w\" sizes=\"auto, (max-width: 709px) 85vw, (max-width: 909px) 67vw, (max-width: 1362px) 62vw, 840px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-3398\" class=\"wp-caption-text\">Fig. 6 : Vue d&rsquo;ensemble de l&rsquo;orf\u00e8vrerie religieuse expos\u00e9e au Petit Palais, catalogue de l\u2019exposition de l\u2019art fran\u00e7ais, 1900, imprimerie Lemercier. Archives du Petit Palais \u00a9 Mus\u00e9es de la Ville de Paris<\/figcaption><\/figure>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 40px;\">\u00ab\u00a0Je d\u00e9sirerais qu\u2019on e\u00fbt pens\u00e9 \u00e0 ranger par s\u00e9rie et dans leur ordre chronologique les nombreux sp\u00e9cimens de l\u2019\u0153uvre de Limoges que renferme le Petit Palais des Champs-\u00c9lys\u00e9es. [\u2026] Nous aurions eu, avec le meilleur commentaire de l\u2019histoire de l\u2019\u00e9maillerie de Limoges pendant les XII<sup>e<\/sup> et XIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cles, la le\u00e7on de choses la plus intelligible relativement aux probl\u00e8mes de sa technique<a href=\"#_ftn61\" name=\"_ftnref61\"><sup>[61]<\/sup><\/a><em>.<\/em>\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le mus\u00e9e id\u00e9al est alors con\u00e7u comme lieu d\u2019une \u201cle\u00e7on de choses\u201d fond\u00e9e sur la logique du classement, la s\u00e9rialit\u00e9 et l\u2019\u00e9tablissement de comparaisons formelles. Il offre, entre les ann\u00e9es 1870 et le d\u00e9but du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, le cadre propre \u00e0 la traduction pacifi\u00e9e du legs acquis par la R\u00e9volution fran\u00e7aise en une histoire de l\u2019art national qui prend simultan\u00e9ment son essor dans le giron de l\u2019enseignement. \u00c0 la tradition esth\u00e9tique privil\u00e9gi\u00e9e jusqu\u2019alors par le Coll\u00e8ge de France, la cr\u00e9ation de l\u2019\u00c9cole du Louvre en 1882 r\u00e9pond ainsi en pr\u00f4nant une analyse formelle des \u0153uvres se voulant anatomique. La chercheuse Michela Passini souligne l\u2019inscription de cette nouvelle vocation nationale du patrimoine et de l\u2019histoire de l\u2019art dans une perspective politique :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify; padding-left: 40px;\">\u00ab\u00a0autour de 1900, la d\u00e9finition des caract\u00e9ristiques formelles et stylistiques [\u2026] appara\u00eet centrale dans le contexte de l\u2019\u00e9laboration de traditions esth\u00e9tiques nationales en comp\u00e9tition<a href=\"#_ftn62\" name=\"_ftnref62\"><sup>[62]<\/sup><\/a>.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La promotion que font alors l\u2019historien Louis Courajod d\u2019une Renaissance nationale autour du gothique fran\u00e7ais et la th\u00e8se d\u2019\u00c9mile M\u00e2le en 1898 sur <em>L\u2019art religieux du XIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle en France <\/em>s\u2019inscrivent en effet dans la perspective d\u2019une reconnaissance de l\u2019art m\u00e9di\u00e9val impuls\u00e9e par l\u2019approche formelle n\u00e9e des analyses d\u2019Alo\u00efs Riegl au contact des collections d\u2019art d\u00e9coratif du Kunsthistorisches Museum de Vienne. C\u2019est ainsi que, dans le cas fran\u00e7ais, apr\u00e8s les vicissitudes de l\u2019\u00e9pisode r\u00e9volutionnaire, l\u2019art m\u00e9di\u00e9val connut, autour des ann\u00e9es 1880, une r\u00e9appropriation nationaliste \u00e0 laquelle participa \u00e9galement l\u2019apparition des galeries de moulages telles que le mus\u00e9e de la Sculpture compar\u00e9e cr\u00e9\u00e9 \u00e0 l\u2019initiative de Viollet-le-Duc. Soulignons la synchronicit\u00e9 entre cette mise en exposition des copies des grands portails de l\u2019art roman au palais du Trocad\u00e9ro en 1882 et l\u2019inauguration, \u00e0 peine cinq ans plus tard, de la premi\u00e8re chaire d\u2019histoire de l\u2019architecture fran\u00e7aise du XI<sup>e<\/sup> au XVI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle en France. L\u2019\u00e9tude de l\u2019art m\u00e9di\u00e9val, en tant que discipline, na\u00eet ainsi d\u2019une \u00e9troite conjonction entre la logique des expositions universelles et les progr\u00e8s de la lecture \u00e9volutionniste du processus de la cr\u00e9ation artistique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi dans un temps long, courant depuis 1789, l\u2019appropriation du Moyen \u00c2ge en France \u00e9crit-elle une longue histoire dans laquelle l\u2019institution mus\u00e9ale joue un r\u00f4le majeur. Une histoire entre rejet, mise \u00e0 distance, aseptisation et adoption en tant que r\u00e9pertoire de formes et de techniques, suivant un long trajet rien moins que lin\u00e9aire.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Notes<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\"><sup>[1]<\/sup><\/a> Choay F., <em>L&rsquo;all\u00e9gorie du patrimoine<\/em>, Paris, Le Seuil, 2019, chap. III, \u00ab\u00a0La R\u00e9volution fran\u00e7aise\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\"><sup>[2]<\/sup><\/a> <em>Ibid<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\"><sup>[3]<\/sup><\/a> <em>Ibid<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\"><sup>[4]<\/sup><\/a> Hermant D., \u00ab\u00a0Destructions et vandalisme pendant la R\u00e9volution fran\u00e7aise\u00a0\u00bb, <em>Annales. \u00c9conomie, soci\u00e9t\u00e9, civilisation<\/em>, n\u00b0 4, 1978, p. 703-719.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\"><sup>[5]<\/sup><\/a> <em>Ibid<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\"><sup>[6]<\/sup><\/a> Souchal F., <em>Le vandalisme de la R\u00e9volution, <\/em>Paris, Nouvelles \u00e9ditions latines, 1994.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\"><sup>[7]<\/sup><\/a> Se disait de personnes d\u00e9poss\u00e9d\u00e9es de leur \u00e9tat, de leur qualit\u00e9, de leur titre, en particulier pendant la <em>R\u00e9volution fran\u00e7aise<\/em> : la plus couramment employ\u00e9e \u00e9tant \u00ab\u00a0Le <em>ci-devant<\/em> roi\u00a0\u00bb, <em>Dictionnaire Larousse.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref8\" name=\"_ftn8\"><sup>[8]<\/sup><\/a> Recht R., \u00ab\u00a0La naissance du mus\u00e9e et le statut de l&rsquo;\u0153uvre d&rsquo;art\u00a0\u00bb, Recht R. (\u00e9d.), <em>Penser le patrimoine<\/em>, Paris, Hazan, 2016 (1998), p. 37.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref9\" name=\"_ftn9\"><sup>[9]<\/sup><\/a> Extrait du <em>Moniteur <\/em>cit\u00e9 par Montesquiou-Fezensac B. (de),<em> Le tr\u00e9sor de Saint<\/em>&#8211;<em>Denis<\/em>. <em>Inventaire de 1634<\/em>, Paris, Picard, 1973, p. 39-40.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref10\" name=\"_ftn10\"><sup>[10]<\/sup><\/a> Langlois C., \u00ab\u00a0Le vandalisme r\u00e9volutionnaire\u00a0\u00bb, <em>L&rsquo;Histoire,<\/em> n\u00b0 99, 1987, p. 12. Sur le sujet, voir aussi Bivier M-L., <em>F\u00eates r\u00e9volutionnaires \u00e0 Paris<\/em>, Paris, PUF, 1985.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref11\" name=\"_ftn11\"><sup>[11]<\/sup><\/a> Dessinateur pendant la R\u00e9volution dont les <em>Estampes relatives \u00e0 l&rsquo;Histoire de France<\/em> furent publi\u00e9es dans le recueil de la coll. Michel Hennin l\u00e9gu\u00e9e en 1863 \u00e0 la Biblioth\u00e8que nationale (catalogue publi\u00e9 \u00e0 Paris en 1881).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref12\" name=\"_ftn12\"><sup>[12]<\/sup><\/a> \u00c9cho \u00e0 la r\u00e9volte protestante et son climat de d\u00e9rision notamment aux \u00ab\u00a0contre-processions \u00e0 caract\u00e8re carnavalesque\u00a0\u00bb des ann\u00e9es 1560, voir Joblin A., \u00ab\u00a0L&rsquo;attitude des protestants face aux reliques\u00a0\u00bb, Boz\u00f3ky E., Helv\u00e9tius A.-M. (\u00e9d.), <em>Les reliques. Objets, cultes, symboles<\/em>, actes du colloque international (Boulogne-sur-Mer, 1997), Turnhout, Brepols, 1997, p. 123-141.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref13\" name=\"_ftn13\"><sup>[13]<\/sup><\/a> Agamben G., \u00ab\u00a0Parodie\u00a0\u00bb, in <em>Profanations<\/em>, Paris, Payot &amp; Rivages, 2019 (2005), p. 41.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref14\" name=\"_ftn14\"><sup>[14]<\/sup><\/a> <em>Ibid.\u00a0<\/em>: si on s\u2019appuie ici sur l\u2019emprunt que ce dernier fait \u00e0 la <em>Po\u00e9tique <\/em>de Scaliger pour d\u00e9finir la parodie en la rapprochant du th\u00e9\u00e2tre grec\u00a0: \u00ab\u00a0Comme la satire d\u00e9rive de la trag\u00e9die et le mime de la com\u00e9die, ainsi, la parodie d\u00e9rive de la rhapsodie. En effet, quand les rhapsodes interrompaient leur r\u00e9citation, on voyait arriver sur sc\u00e8ne ceux qui, par amour du jeu et pour fouetter l\u2019esprit du public, venaient renverser tout ce qui avait pr\u00e9c\u00e9d\u00e9. C\u2019est pourquoi ces chants ont \u00e9t\u00e9 appel\u00e9s <em>paroidous<\/em>, parce qu\u2019ils m\u00ealaient au s\u00e9rieux de l\u2019argument des \u00e9l\u00e9ments ridicules. La parodie est ainsi une rhapsodie invers\u00e9e qui transpose le sens de mani\u00e8re ridicule en changeant les mots\u00a0\u00bb. Le trait d\u00e9cisif r\u00e9sidant l\u00e0 dans la d\u00e9pendance au mod\u00e8le ant\u00e9rieur \u00ab\u00a0qui de s\u00e9rieux devient comique\u00a0\u00bb autant que dans \u00ab\u00a0la conservation des \u00e9l\u00e9ments formels parmi lesquels sont ins\u00e9r\u00e9s de nouveaux contenus incongrus\u00a0\u00bb comme Agamben l\u2019explicite page 42.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref15\" name=\"_ftn15\"><sup>[15]<\/sup><\/a> Analyse qui rejoint Stanley J. Idzerda : \u00ab\u00a0l\u2019iconoclasme ou la cons\u00e9cration mus\u00e9ale, celle-ci n\u2019[est] en fin de compte que l\u2019exact sym\u00e9trique de celui-l\u00e0\u00a0\u00bb, dans \u00ab\u00a0Iconoclasm during the French Revolution\u00a0\u00bb, <em>American Historical Review, <\/em>vol. LX, n\u00b0 1, 1954, p. 13.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref16\" name=\"_ftn16\"><sup>[16]<\/sup><\/a> Debary O., <em>De la poubelle au mus\u00e9e. Une anthropologie des restes, <\/em>Paris, Creaphis \u00e9ditions, 2019, p. 22.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref17\" name=\"_ftn17\"><sup>[17]<\/sup><\/a> Langlois C., \u00ab\u00a0Le vandalisme r\u00e9volutionnaire\u00a0\u00bb, <em>L&rsquo;Histoire,<\/em> n\u00b0 99, 1987, p. 14.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref18\" name=\"_ftn18\"><sup>[18]<\/sup><\/a> Chateaubriand, <em>G\u00e9nie du Christianisme<\/em>, Paris, Migneret, 1802, chap. IX.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref19\" name=\"_ftn19\"><sup>[19]<\/sup><\/a> Poulot D., \u00ab Compte rendu de th\u00e8se \u201cLe pass\u00e9 en R\u00e9volution. Essai sur les origines intellectuelles du patrimoine et la formation des mus\u00e9es en France. 1774-1830\u201d (Th\u00e8se de doctorat soutenue \u00e0 Paris I Sorbonne, 21 octobre 1989) \u00bb, <em>Culture &amp; Mus\u00e9es<\/em>, n\u00b0 1, 1992, p. 151.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref20\" name=\"_ftn20\"><sup>[20]<\/sup><\/a> Poulot D., \u00ab Le patrimoine des mus\u00e9es : pour l&rsquo;histoire d&rsquo;une rh\u00e9torique r\u00e9volutionnaire \u00bb, <em>Gen\u00e8ses<\/em>. N\u00b0 11\u00a0:\u00a0<em>Patrie, patrimoine<\/em>, 1993, p. 37.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref21\" name=\"_ftn21\"><sup>[21]<\/sup><\/a> Antoine Mongez et Gaspard Michel Leblond prirent part aux commissions se succ\u00e9dant apr\u00e8s les nationalisations : commission des Monuments (octobre 1792\u00a0&#8211;\u00a0d\u00e9cembre 1793), commission temporaire des Arts (d\u00e9cembre 1793\u00a0&#8211;\u00a0d\u00e9cembre 1795) et conseil de Conservation des Objets de Sciences et d&rsquo;Arts (d\u00e9cembre 1795\u00a0&#8211;\u00a0septembre 1800).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref22\" name=\"_ftn22\"><sup>[22]<\/sup><\/a> Debary O., <em>De la poubelle au mus\u00e9e. Une anthropologie des restes, <\/em>Paris, Creaphis \u00e9ditions, 2019, p. 23.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref23\" name=\"_ftn23\"><sup>[23]<\/sup><\/a> D\u00e9cret du 16 septembre 1792.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref24\" name=\"_ftn24\"><sup>[24]<\/sup><\/a> Vicq-d&rsquo;Azyr F., <em>Instruction sur la mani\u00e8re d\u2019inventorier<\/em> <em>et de conserver dans toute l&rsquo;\u00e9tendue de la R\u00e9publique, tous<\/em> <em>les objets qui peuvent servir aux arts, aux sciences et \u00e0 l&rsquo;enseignement. Propos\u00e9e par la Commission temporaire des arts et adopt\u00e9e par le Comit\u00e9 d\u2019instruction publique, <\/em>Paris, Imprimerie nationale, 1793, p. 3.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref25\" name=\"_ftn25\"><sup>[25]<\/sup><\/a> Guillaume J. (\u00e9d.), <em>Proc\u00e8s-verbaux du Comit\u00e9 d\u2019Instruction Publique de la Convention nationale, <\/em>Paris, Imprimerie nationale,1891-1958, t. III, p. 180, cit\u00e9 par Poulot D., \u00ab\u00a0Le patrimoine universel : un mod\u00e8le culturel fran\u00e7ais\u00a0\u00bb, <em>Revue d\u2019Histoire moderne et contemporaine<\/em>. T. 39, n\u00b0 1 :\u00a0<em>Pour une histoire culturelle du contemporain<\/em>, 1992, p. 33.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref26\" name=\"_ftn26\"><sup>[26]<\/sup><\/a> Dont les <em>R\u00e9flexions sur la R\u00e9volution fran\u00e7aise<\/em> paraissent en 1790, \u00e0 Londres, chez J. Dodsley (\u00e9d.), sous le titre original <em>Reflections on the Revolution in France, and on the Proceedings in Certain Societies in London, Relative to that Event.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref27\" name=\"_ftn27\"><sup>[27]<\/sup><\/a> Poulot D., \u00ab Compte rendu de th\u00e8se \u201cLe pass\u00e9 en R\u00e9volution. Essai sur les origines intellectuelles du patrimoine et la formation des mus\u00e9es en France. 1774-1830\u201d (Th\u00e8se de doctorat soutenue \u00e0 Paris I Sorbonne, 21 octobre 1989) \u00bb, <em>Culture &amp; Mus\u00e9es,<\/em> n\u00b0 1, 1992, p. 148.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref28\" name=\"_ftn28\"><sup>[28]<\/sup><\/a> Voir Choay F., <em>L&rsquo;all\u00e9gorie du patrimoine<\/em>, Paris, Le Seuil, 2019, sous-chapitre \u00ab\u00a0Valeurs\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref29\" name=\"_ftn29\"><sup>[29]<\/sup><\/a> En concevant un long Moyen \u00c2ge \u00e0 la coh\u00e9rence anthropologique aussi large que l\u2019entend Le Goff, comme en t\u00e9moigne la synth\u00e8se \u00e9ponyme de ses recherches sur le sujet parue en 2004 chez Tallandier.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref30\" name=\"_ftn30\"><sup>[30]<\/sup><\/a> \u00ab\u00a0Monuments des Arts et des Sciences\u00a0\u00bb pr\u00e9lev\u00e9s au tr\u00e9sor de Saint-Denis pour le cabinet des M\u00e9dailles et Antiques de la Biblioth\u00e8que nationale par Leblond et Mongez, 1789, publi\u00e9 par Babelon en 1897 (<em>Le Cabinet des antiques \u00e0 la Biblioth\u00e8que nationale. Choix des principaux monuments de l&rsquo;antiquit\u00e9, du moyen \u00e2ge et de la Renaissance conserv\u00e9s au d\u00e9partement des m\u00e9dailles, <\/em>Paris), repris <em>in-extenso<\/em> dans <em>Le tr\u00e9sor de Saint-Denis<\/em>, cat. exp., Paris, Mus\u00e9e du Louvre, 1991, p. 352.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref31\" name=\"_ftn31\"><sup>[31]<\/sup><\/a> Mus\u00e9e du Louvre\u00a0: Baignoire de porphyre de Saint-Denis, n\u00b0 inv.\u00a0MND 1585.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref32\" name=\"_ftn32\"><sup>[32]<\/sup><\/a> Biblioth\u00e8que nationale\u00a0: La coupe des Ptol\u00e9m\u00e9e, n\u00b0 inv.\u00a0cam\u00e9e. 368.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref33\" name=\"_ftn33\"><sup>[33]<\/sup><\/a> Biblioth\u00e8que nationale\u00a0: Sommet de l\u2019escrain dit de Charlemagne, n\u00b0 inv. 58. 2089.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref34\" name=\"_ftn34\"><sup>[34]<\/sup><\/a> Biblioth\u00e8que nationale\u00a0: Navette de saint \u00c9loi, n\u00b0 inv.\u00a0Cam\u00e9e. 374.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref35\" name=\"_ftn35\"><sup>[35]<\/sup><\/a> On emprunte cette notion \u00e0 Aur\u00e9lie Mouton-Rezzouk qui y recourt dans son analyse de la transposition mus\u00e9ale de la sc\u00e8ne th\u00e9\u00e2trale. Voir Mouton-Rezzouk A., <em>Exposer le th\u00e9\u00e2tre. De la sc\u00e8ne \u00e0 la vitrine<\/em>, th\u00e8se de doctorat de litt\u00e9rature fran\u00e7aise sous la dir. de Denis Gu\u00e9noun, Universit\u00e9 Paris IV Sorbonne, 2013, 2 vol.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref36\" name=\"_ftn36\"><sup>[36]<\/sup><\/a> Poulot D., \u00ab\u00a0Le patrimoine des mus\u00e9es : pour l&rsquo;histoire d&rsquo;une rh\u00e9torique r\u00e9volutionnaire\u00a0\u00bb, <em>Gen\u00e8ses<\/em>, n\u00b0 11 : <em>Patrie, patrimoine<\/em>,\u00a0 1993, p. 25-49.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref37\" name=\"_ftn37\"><sup>[37]<\/sup><\/a> Debary O., <em>De la poubelle au mus\u00e9e. Une anthropologie des restes, <\/em>Paris, Creaphis \u00e9ditions, 2019, p. 111.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref38\" name=\"_ftn38\"><sup>[38]<\/sup><\/a> Hermant D., \u00ab\u00a0Destructions et vandalisme pendant la R\u00e9volution fran\u00e7aise\u00a0\u00bb, <em>Annales. \u00c9conomie, soci\u00e9t\u00e9, civilisation<\/em>, n\u00b0 4, 1978, p. 712.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref39\" name=\"_ftn39\"><sup>[39]<\/sup><\/a> Poulot D., \u00ab Le patrimoine des mus\u00e9es : pour l&rsquo;histoire d&rsquo;une rh\u00e9torique r\u00e9volutionnaire \u00bb, <em>Gen\u00e8ses<\/em>, n\u00b0 11 : <em>Patrie, patrimoine<\/em>, 1993, p. 37.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref40\" name=\"_ftn40\"><sup>[40]<\/sup><\/a> Debary, O., <em>De la poubelle au mus\u00e9e. Une anthropologie des restes, <\/em>Paris, Creaphis \u00e9ditions, 2019, p. 145.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref41\" name=\"_ftn41\"><sup>[41]<\/sup><\/a> Poulot D., \u00ab Compte rendu de th\u00e8se \u201cLe pass\u00e9 en R\u00e9volution. Essai sur les origines intellectuelles du patrimoine et la formation des mus\u00e9es en France. 1774-1830\u201d (Th\u00e8se de doctorat soutenue \u00e0 Paris I Sorbonne, 21 octobre 1989) \u00bb, <em>Culture &amp; Mus\u00e9es,<\/em> n\u00b0 1, 1992, 147-152.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref42\" name=\"_ftn42\"><sup>[42]<\/sup><\/a> Choay F., <em>L&rsquo;all\u00e9gorie du patrimoine<\/em>, Paris, Le Seuil, 2019, chapitre \u00ab\u00a0Vandalisme et conservation\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref43\" name=\"_ftn43\"><sup>[43]<\/sup><\/a> Grognet F., \u00ab\u00a0Objets de mus\u00e9e, n\u2019avez-vous donc qu\u2019une vie ?\u00a0\u00bb, <em>Gradhiva, <\/em>n\u00b0 2, 2005, p. 49 : comparable avec l\u2019invention ethnologique de l\u2019objet extraeurop\u00e9en \u00ab d\u00e9sinsectis\u00e9, en quelque sorte \u201cpurg\u00e9\u201d des \u00e9l\u00e9ments ind\u00e9sirables de son lointain pass\u00e9, il est [\u2026] d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 l\u2019inventaire comme un nouveau-n\u00e9 \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref44\" name=\"_ftn44\"><sup>[44]<\/sup><\/a> Debary O., <em>De la poubelle au mus\u00e9e. Une anthropologie des restes, <\/em>Paris, Creaphis \u00e9ditions, 2019, p. 27.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref45\" name=\"_ftn45\"><sup>[45]<\/sup><\/a> Diderot, \u00ab\u00a0Explication d\u00e9taill\u00e9e du syst\u00e8me des connaissances humaines\u00a0\u00bb, <em>Encyclop\u00e9die, <\/em>Paris, Hermann, 1751, vol. I, p. XI et XII.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref46\" name=\"_ftn46\"><sup>[46]<\/sup><\/a> Paru entre 1755 et 1766.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref47\" name=\"_ftn47\"><sup>[47]<\/sup><\/a> Choay F., <em>L&rsquo;all\u00e9gorie du patrimoine<\/em>, Paris, Le Seuil, 2019.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref48\" name=\"_ftn48\"><sup>[48]<\/sup><\/a> Galerie qui avait \u00e9t\u00e9 laiss\u00e9e, depuis 1692, aux acad\u00e9mies de Peinture et de Sculpture et qui ne devint salle de mus\u00e9e que dix ans\u00a0apr\u00e8s sa restauration commenc\u00e9e en 1851 sous la conduite de F\u00e9lix Duban.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref49\" name=\"_ftn49\"><sup>[49]<\/sup><\/a> Verlet P., <em>Le mobilier royal fran\u00e7ais. Meubles de la Couronne conserv\u00e9s en France, <\/em>Paris, Les \u00c9ditions d&rsquo;art et d&rsquo;histoire, 1945, p. 3 cit\u00e9 par Alcouffe D., \u00ab\u00a0Les collections d\u2019objets d\u2019art dans la galerie d\u2019Apollon, 1861-2004\u00a0\u00bb, Bresc-Bautier G. (\u00e9d.), <em>La galerie d&rsquo;Apollon au palais du Louvre<\/em>, Paris, Gallimard\u00a0; Mus\u00e9e du Louvre, 2004, p. 210.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref50\" name=\"_ftn50\"><sup>[50]<\/sup><\/a> <em>Le tr\u00e9sor de Saint-Denis<\/em>, cat. exp., Paris, Mus\u00e9e du Louvre, 1991, p. 350 : Danielle Gaborit-Chopin rappelle la vente aux ench\u00e8res de l\u2019ann\u00e9e 1798 au cours de laquelle, \u00ab sur ordre du minist\u00e8re des Finances, seize objets si difficilement sauv\u00e9s par les commissaires r\u00e9volutionnaires dont deux aigles d\u2019or et d\u2019argent de Saint-Denis, le porte-chappe d\u2019Anne de Bretagne, le fermail du sacre de Charles V, le calice de cristal de Saint-Denis furent mis aux ench\u00e8res au Louvre m\u00eame et vendus car jug\u00e9s \u201cinutiles \u00e0 l\u2019art et \u00e0 l\u2019instruction\u201d \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref51\" name=\"_ftn51\"><sup>[51]<\/sup><\/a> Voulant rompre avec le pass\u00e9 monarchique, la III<sup>e<\/sup> R\u00e9publique vendit les joyaux aux ench\u00e8res en 1887 dispersant en dix jours plus de 77000 pierres pr\u00e9cieuses et perles. Force est de constater ici la fragilit\u00e9 de \u00ab la chose patrimonialis\u00e9e \u201cen sursis de destruction\u201d \u00bb, comme la d\u00e9signe Guillaume M., \u00ab Invention et strat\u00e9gies du patrimoine \u00bb, Jeudy H.-P. (dir.), <em>Patrimoines en folie, <\/em>Paris, \u00c9ditions de la MSH, 1990, p. 39, \u00e9galement en ligne\u00a0: <a href=\"https:\/\/books.openedition.org\/editionsmsh\/3774\">https:\/\/books.openedition.org\/editionsmsh\/3774<\/a> (consult\u00e9 en juillet 2025).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref52\" name=\"_ftn52\"><sup>[52]<\/sup><\/a> En 1935, Henri Verne entreprit le red\u00e9ploiement des collections du Moyen \u00c2ge et de la Renaissance provoquant le d\u00e9placement des objets orf\u00e9vr\u00e9s et de l\u2019\u00e9maillerie vers les salles de l\u2019aile de la Colonnade inaugur\u00e9es en juin 1938. On les retrouve cependant dans la galerie d\u2019Apollon au cours des ann\u00e9es 1960 comme en t\u00e9moignent les clich\u00e9s des archives du d\u00e9partement des Objets d\u2019Art du mus\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref53\" name=\"_ftn53\"><sup>[53]<\/sup><\/a> Collection de pierreries vers\u00e9e au Louvre en 1796, qui avait \u00e9t\u00e9 expos\u00e9e dans la salle Duch\u00e2tel en 1852.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref54\" name=\"_ftn54\"><sup>[54]<\/sup><\/a> Griener P., <em>Pour une histoire du regard. L\u2019exp\u00e9rience du mus\u00e9e au XIX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle<\/em>, Paris, \u00c9ditions la Chaire du Louvre\u00a0; Hazan, 2017, p. 41.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref55\" name=\"_ftn55\"><sup>[55]<\/sup><\/a> Propos de Bouillet A., <em>L&rsquo;art religieux au Petit Palais, en 1900<\/em>, Mo\u00fbtiers, Ducloz, 1900, p. 8.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref56\" name=\"_ftn56\"><sup>[56]<\/sup><\/a> <em>Ibid<\/em>.\u00a0: profusion soulign\u00e9e d\u00e8s la page d\u2019introduction de ce catalogue reprochant la pr\u00e9sence d\u2019objets trop nombreux \u00ab\u00a0trop de petites ch\u00e2sses \u00e9maill\u00e9es de Limoges\u00a0\u00bb, par exemple, et mesurant les cons\u00e9quences n\u00e9gatives de cette abondance sur la mus\u00e9ographie\u00a0: \u00ab\u00a0de menus objets sont noy\u00e9s au milieu d\u2019autres de moindre importance dans des vitrines sur lesquelles on ne peut se pencher sans faire ombre \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019un \u00e9cran<em>\u00a0<\/em>\u00bb<em>.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref57\" name=\"_ftn57\"><sup>[57]<\/sup><\/a> <em>Ibid., <\/em>p. 21\u00a0: vision dont t\u00e9moigne cette citation du catalogue, \u00ab\u00a0nous trouvons au XIII<sup>e<\/sup> et au XIV<sup>e<\/sup> si\u00e8cles une floraison d\u2019\u0153uvres qui n\u2019ont rien \u00e0 envier pour la beaut\u00e9 de la forme et l\u2019expression du caract\u00e8re aux admirables statues qui ornent les portails de nos cath\u00e9drales\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref58\" name=\"_ftn58\"><sup>[58]<\/sup><\/a> Toujours dans ce catalogue voir <em>Ibid.<\/em>, p. 16\u00a0: \u00ab\u00a0Les artisans du Moyen \u00c2ge ont eu plus d\u2019une fois \u00e0 travailler le fer, le plomb et le bronze. Les objets qu\u2019ils ont fa\u00e7onn\u00e9s ou forg\u00e9s attestent encore avec quelle habilet\u00e9 ing\u00e9nieuse ils savaient [\u2026] leur imprimer un incontestable caract\u00e8re artistique\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref59\" name=\"_ftn59\"><sup>[59]<\/sup><\/a> <em>Ibid.<\/em>, p. 1-36.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref60\" name=\"_ftn60\"><sup>[60]<\/sup><\/a>\u00a0<em>Ibid.<\/em>, p. 20.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref61\" name=\"_ftn61\"><sup>[61]<\/sup><\/a> <em>Ibid.<\/em>, p. 26-27.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref62\" name=\"_ftn62\"><sup>[62]<\/sup><\/a> Passini M., \u00ab\u00a0Introduction. L\u2019\u00e9laboration transnationale d\u2019une histoire de l\u2019art. Lieux, outils et pratiques d\u2019une discipline en formation\u00a0\u00bb, in <em>L\u2019\u0153il et l&rsquo;archive : une histoire de l&rsquo;histoire de l&rsquo;art, <\/em>Paris, La D\u00e9couverte, 2017, p. 27.<\/p>\n<div class=\"wpcp\">Pour citer cet article : Fanny Fouch\u00e9, \"Le mus\u00e9e appropriateur. La R\u00e9volution fran\u00e7aise face au Moyen \u00c2ge, bris, d\u00e9bris et domestication du pass\u00e9\u00a0\", <em>exPosition<\/em>, 30 octobre 2025, <a href=\"https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/articles11\/fouche-musee-appropriateur\/%20\">https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/articles11\/fouche-musee-appropriateur\/%20<\/a>. Consult\u00e9 le 11 mai 2026.<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>par Fanny Fouch\u00e9 &nbsp; &#8212; Charg\u00e9e d\u2019enseignement \u00e0 l\u2019\u00c9cole du Louvre, l\u2019universit\u00e9 catholique de l\u2019Ouest et \u00e0 l\u2019Institut catholique de Paris, Fanny Fouch\u00e9 est historienne de l\u2019art et mus\u00e9ologue dipl\u00f4m\u00e9e de l\u2019universit\u00e9 de Neuch\u00e2tel. Chercheuse associ\u00e9e du Canthel et correspondante d\u2019Ahloma (EHESS), elle s\u2019int\u00e9resse au patrimoine religieux m\u00e9di\u00e9val et \u00e0 ses r\u00e9inventions mus\u00e9ographiques. Ses recherches &hellip; <a href=\"https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/articles11\/fouche-musee-appropriateur\/%20\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de &laquo;&nbsp;Le mus\u00e9e appropriateur. La R\u00e9volution fran\u00e7aise face au Moyen \u00c2ge, bris, d\u00e9bris et domestication du pass\u00e9\u00a0&nbsp;&raquo;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":79,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[453],"tags":[476,459,33,478,479,68,134,76,474,480,477,475],"class_list":["post-3363","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-articles11","tag-appropriation","tag-collections-medievales","tag-exposition","tag-histoire-des-collections","tag-histoire-du-regard","tag-louvre","tag-moyen-age","tag-museographie","tag-revolution-francaise","tag-saint-denis","tag-transfert-culturel","tag-tresors-deglise"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.0 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Le mus\u00e9e appropriateur. 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