{"id":3736,"date":"2026-08-28T16:59:53","date_gmt":"2026-08-28T15:59:53","guid":{"rendered":"https:\/\/www.revue-exposition.com\/?p=3736"},"modified":"2026-10-02T13:36:19","modified_gmt":"2026-10-02T12:36:19","slug":"thevenet-exposition-ecologique-vivante","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/articles12\/thevenet-exposition-ecologique-vivante\/%20","title":{"rendered":"L\u2019Exposition \u00e9cologique vivante : art et transition \u00e9cologique \u00e0 l\u2019\u00e8re du Capitaloc\u00e8ne"},"content":{"rendered":"<h3 style=\"text-align: justify;\"><strong>par Hanna Thevenet<\/strong><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>&#8212; <strong>Hanna Thevenet<\/strong>, historienne de l\u2019art et chercheuse en \u00e9tudes curatoriales, travaille sur les liens entre pratiques curatoriales et urgence \u00e9cologique. Dipl\u00f4m\u00e9e d\u2019un master en histoire de l\u2019art et arch\u00e9ologie et d\u2019un master en curation, elle a notamment \u00e9t\u00e9 charg\u00e9e de projets art et \u00e9cologie au sein de l\u2019association COAL. Elle a r\u00e9cemment consacr\u00e9 un travail de recherche \u00e0 \u00ab\u00a0L\u2019exposition vivante \u00e9cologique : art et transition \u00e9cologique \u00e0 l\u2019\u00e8re du Capitaloc\u00e8ne\u00a0\u00bb, dont est issu cet article. Ses publications, parues dans <\/em>P\u00e9riph\u00e9rie<em>, <\/em>L\u2019Artboratoire<em> et aux \u00c9ditions Lendroit, explorent les intersections entre politique, r\u00e9alit\u00e9s sociales et formes artistiques contemporaines. &#8212;<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Depuis les ann\u00e9es 2010, les enjeux \u00e9cologiques s\u2019imposent progressivement dans le paysage culturel fran\u00e7ais. Des institutions comme Universcience<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\"><sup>[1]<\/sup><\/a> ou la Biblioth\u00e8que nationale de France<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\"><sup>[2]<\/sup><\/a> amorcent une r\u00e9flexion sur des pratiques d\u2019exposition plus responsables, r\u00e9alisant des guides d\u2019\u00e9co-conception disponibles gratuitement. Fond\u00e9e en 2008, l\u2019association COAL<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\"><sup>[3]<\/sup><\/a> participe \u00e0 cette dynamique en donnant une visibilit\u00e9 \u00e0 la sc\u00e8ne artistique \u00e9cologique encore marginalis\u00e9e par le march\u00e9 de l\u2019art et les institutions culturelles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si les discours, formations et recherches se multiplient depuis lors, faisant de la transition \u00e9cologique une pr\u00e9occupation br\u00fblante des politiques culturelles &#8211; comme en t\u00e9moignent le sujet de composition du concours d\u2019attach\u00e9 territorial de conservation du patrimoine en 2025 : \u00ab Les mus\u00e9es, acteurs de la transition \u00e9cologique<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\"><sup>[4]<\/sup><\/a> ? \u00bb ou bien la journ\u00e9e professionnelle organis\u00e9e \u00e0 M\u00e2con le 7 octobre 2025 sur \u00ab L\u2019\u00e9co-responsabilit\u00e9 dans les institutions mus\u00e9ales et patrimoniales<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\"><sup>[5]<\/sup><\/a> \u00bb, les transformations structurelles restent limit\u00e9es. En pratique, ce sont surtout les artistes et certains commissaires qui, en marge des institutions, exp\u00e9rimentent d\u00e9j\u00e0 des formes de transition plus radicales. L\u2019art \u00e9cologique, essentiel \u00e0 notre compr\u00e9hension de cette crise plan\u00e9taire, qu\u2019il rend plus sensible et donc plus appr\u00e9hendable individuellement, constitue ainsi l\u2019un des leviers transformateurs permettant de faire \u00e9voluer, d\u2019abord, les consciences, puis nos pratiques, nos institutions et, esp\u00e9rons-le, l\u2019ensemble de la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour proposer ces alternatives, il faut d\u00e9buter par identifier les limites actuelles de ces espaces.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Les limites actuelles des expositions \u00ab\u00a0\u00e9cologiques\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Malheureusement, en plus d\u2019\u00eatre un secteur particuli\u00e8rement polluant comme le souligne le rapport du <em>Shift Project<\/em><a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\"><sup>[6]<\/sup><\/a>, le secteur de l\u2019exposition est aussi travers\u00e9 par les logiques du capitalisme vert, qui freinent l\u2019\u00e9mergence de pratiques r\u00e9ellement transformatrices. Cela se traduit notamment par la mise en avant d\u2019expositions dites \u00ab \u00e9cologiques \u00bb dans leur discours, mais rarement \u00e9co-con\u00e7ues, et parfois financ\u00e9es par des entreprises fortement polluantes. C\u2019est le cas de l\u2019exposition <em>Novac\u00e8ne<\/em>, r\u00e9alis\u00e9e en 2023 dans le cadre de la grande saison culturelle lilloise <em>Utopia<\/em>. Si cette exposition, \u00e0 l\u2019instar de la saison qui l\u2019accueille, affiche une volont\u00e9 de produire des \u00e9v\u00e9nements plus \u00e9cologiques, tant par son propos curatorial qu\u2019artistique, visibles dans certains efforts d\u2019\u00e9co-conception, cette ambition se fragilise \u00e0 l\u2019examen de ses financements. La pr\u00e9sence de m\u00e9c\u00e8nes tels que LVMH<a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\"><sup>[7]<\/sup><\/a>, Auchan ou Air France<a href=\"#_ftn8\" name=\"_ftnref8\"><sup>[8]<\/sup><\/a> questionne la coh\u00e9rence globale du projet. Malgr\u00e9 la difficult\u00e9 \u00e0 trouver des financements responsables, l\u2019\u00e9cart entre propos et pratique provoque une incoh\u00e9rence structurelle, ce que H\u00e9l\u00e8ne Tordjman d\u00e9finit dans <em>La croissance verte contre la nature <\/em>: \u00ab la finance verte permet essentiellement de blanchir la re\u0301putation des grandes firmes, ce que les Anglo-Saxons appellent greenwashing<a href=\"#_ftn9\" name=\"_ftnref9\"><sup>[9]<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb. Par cons\u00e9quent, l\u2019essor de la conscience \u00e9cologique du public favorise un accroissement du <em>greenwashing<\/em> : devenus des th\u00e8mes \u00e0 la mode et rentables, ces enjeux attirent les acteurs et se r\u00e9v\u00e8lent comme tels \u00e0 travers l\u2019\u00e9cart entre discours \u00e9cologique et pratiques concr\u00e8tes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une question se pose : comment rendre concr\u00e8te cette transition \u00e9cologique\u00a0? Comment construire, \u00e0 contre-courant du capitalisme \u00ab\u00a0vert\u00a0\u00bb, tout en prenant en consid\u00e9ration le fait que le monde des expositions, et plus largement celui de l\u2019art et de la culture, ne d\u00e9roge pas aux r\u00e8gles de surproduction d\u2019\u00e9v\u00e9nements, de type <em>blockbuster<\/em><a href=\"#_ftn10\" name=\"_ftnref10\"><sup>[10]<\/sup><\/a>, subissant les m\u00eames logiques de rendement au d\u00e9triment de la durabilit\u00e9 \u00e9cologique. En addition \u00e0 cet enjeu, ce secteur est \u00e9galement travers\u00e9 par un sentiment de d\u00e9sillusion croissante, marqu\u00e9 par la pr\u00e9carit\u00e9 des conditions de travail, le manque de solidarit\u00e9, des financements \u00e0 court terme et le maintien de structures hi\u00e9rarchiques rigides, accentuant un sentiment d\u2019espaces ferm\u00e9s \u00e0 l\u2019exp\u00e9rimentation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Face \u00e0 ces contradictions, un nouveau mod\u00e8le d\u2019institution et de curation impr\u00e9gn\u00e9 de d\u00e9croissance est n\u00e9cessaire afin d\u2019accompagner ces transformations.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>La d\u00e9croissance comme cadre de transformation curatoriale et institutionnelle<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La d\u00e9croissance dans le milieu culturel ne doit pas \u00eatre entendue comme une simple aust\u00e9rit\u00e9 budg\u00e9taire ou un appauvrissement de propositions artistiques. Certes, cela implique de faire des choix curatoriaux exigeants par leur engagement, avec l\u2019intention de passer d\u2019une logique de quantit\u00e9 \u00e0 une logique de qualit\u00e9, de sobri\u00e9t\u00e9 et de temps long. Les auteurs de <em>Cr\u00e9ateurs face \u00e0 l\u2019urgence climatique<\/em> rappellent que \u00ab la r\u00e9ponse au climat ne peut \u00eatre que collective<a href=\"#_ftn11\" name=\"_ftnref11\"><sup>[11]<\/sup><\/a> \u00bb, tandis que Jason Hickel appelle \u00e0 ses v\u0153ux \u00ab un avenir lib\u00e9r\u00e9 des vieux dogmes du capitalisme pour nous ins\u00e9rer dans la r\u00e9ciprocit\u00e9 avec le Vivant<a href=\"#_ftn12\" name=\"_ftnref12\"><sup>[12]<\/sup><\/a> \u00bb. Dans cette perspective, les institutions culturelles deviennent des espaces de transition, plut\u00f4t que de simples lieux de production ou de repr\u00e9sentation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette transformation repose sur l\u2019articulation de trois cadres th\u00e9oriques compl\u00e9mentaires : la d\u00e9croissance, le lien inspir\u00e9 des communaut\u00e9s alternatives, et le biomim\u00e9tisme responsable. La d\u00e9croissance permet de repenser la production culturelle en privil\u00e9giant la qualit\u00e9, le temps long et la r\u00e9duction des flux mat\u00e9riels et \u00e9nerg\u00e9tiques. L\u2019\u00e9cof\u00e9minisme queer r\u00e9habilite le <em>care<\/em><a href=\"#_ftn13\" name=\"_ftnref13\"><sup>[13]<\/sup><\/a>, les relations et les formes d\u2019organisation non hi\u00e9rarchiques<a href=\"#_ftn14\" name=\"_ftnref14\"><sup>[14]<\/sup><\/a>. Le biomim\u00e9tisme responsable, science qui s\u2019inspire des mod\u00e8les et <em>patterns<\/em> cr\u00e9\u00e9s par la nature pour r\u00e9pondre de mani\u00e8re efficace aux d\u00e9fis des environnements, depuis plusieurs milliards d\u2019ann\u00e9es. Janine Benyus, scientifique, appelle \u00e0 observer la nature et \u00e0 la consid\u00e9rer comme mentor. Elle assure qu\u2019\u00ab apr\u00e8s 3,8 milliards d\u2019ann\u00e9es de recherche et de d\u00e9veloppement, les \u00e9checs sont devenus des fossiles, et ce qui nous entoure est le secret de la survie<a href=\"#_ftn15\" name=\"_ftnref15\"><sup>[15]<\/sup><\/a>. \u00bb Cette s\u00e9lection naturelle produit des solutions durables. Riche de cet outil, il serait formateur de l\u2019appliquer au sein des institutions, avec des espaces et des mod\u00e8les de fonctionnement modulables et r\u00e9g\u00e9n\u00e9rants, nous entra\u00eenant vers une red\u00e9finition de l\u2019exposition : non plus un dispositif de monstration, mais un organisme relationnel inscrit dans un environnement vivant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le champ curatorial, la d\u00e9croissance se traduit d\u2019abord par un ralentissement volontaire des rythmes de production et par une \u00e9coconception syst\u00e9matique des dispositifs. C\u00e9line Schall identifie trois leviers majeurs : la relocalisation, le ralentissement et l\u2019\u00e9coconception<a href=\"#_ftn16\" name=\"_ftnref16\"><sup>[16]<\/sup><\/a>. Il s\u2019agit de rompre avec la logique de renouvellement permanent des expositions, qui engendre une forte empreinte \u00e9cologique, pour privil\u00e9gier des formats durables, sobres et r\u00e9utilisables. L\u2019exposition <em>Couper les fluides<\/em>, pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 la Maison des arts de Malakoff en 2023 avec l\u2019accompagnement de l\u2019association <em>Les Augures<\/em>, en constitue une expression. Le projet repose sur une contrainte radicale : fonctionner sans eau, ni gaz ni \u00e9lectricit\u00e9<a href=\"#_ftn17\" name=\"_ftnref17\"><sup>[17]<\/sup><\/a>, tout en maintenant une activit\u00e9 culturelle vivante. Cette contrainte devient donc un moteur de transformation curatoriale. L\u2019exposition privil\u00e9gie des dispositifs sur le temps long, centr\u00e9s sur la participation et l\u2019exp\u00e9rience collective : tables de broderie, conf\u00e9rences, rencontres hebdomadaires sous forme d\u2019ateliers, \u0153uvres activables ou biblioth\u00e8ques de savoirs locaux<a href=\"#_ftn18\" name=\"_ftnref18\"><sup>[18]<\/sup><\/a>. Elle transforme ainsi le lieu en espace de vie et de relation, o\u00f9 la m\u00e9diation est centrale, s\u2019accordant avec le propos d\u2019Agn\u00e8s Violeau, selon lequel une exposition \u00e9cologique n\u00e9cessite avant tout de \u00ab pousser \u00e0 la rencontre, partager et transmettre<a href=\"#_ftn19\" name=\"_ftnref19\"><sup>[19]<\/sup><\/a> \u00bb. Le temps devient ici une ressource curatoriale fondamentale : temps du soin, de la co-cr\u00e9ation et de la transmission.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Prendre le temps r\u00e9sonne avec prendre soin, et cela passe par les rapports humains, mais \u00e9galement par celui de la production mat\u00e9rielle de l\u2019exposition. L\u2019ensemble du cycle de vie de l\u2019exposition est donc repens\u00e9 : mat\u00e9riaux biosourc\u00e9s, r\u00e9emploi, sc\u00e9nographies modulaires et dispositifs \u00e9volutifs. Dans <em>Couper les fluides<\/em>, les cimaises sont r\u00e9utilisables, les structures escamotables et les dispositifs \u00e9nerg\u00e9tiques r\u00e9duits au minimum. L\u2019\u00e9quipe exp\u00e9rimente des solutions alternatives comme les lampes solaires ou les fours autonomes. Cette approche rejoint les analyses de Marl\u00e8ne Huissoud et Tarik Chekchak selon lesquelles \u00ab les solutions du XX<sup>e<\/sup> si\u00e8cle sont devenues les probl\u00e8mes du XXI<sup>e<a href=\"#_ftn20\" name=\"_ftnref20\">[20]<\/a><\/sup> \u00bb\u00a0: ce qui \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme efficace hier est aujourd\u2019hui obsol\u00e8te voire destructeur. L\u2019\u00e9coconception exige donc de privil\u00e9gier des dispositifs r\u00e9g\u00e9n\u00e9ratifs, visant un taux de r\u00e9emploi des mat\u00e9riaux \u00e0 hauteur de 70 %, comme cela a \u00e9t\u00e9 exp\u00e9riment\u00e9 au mus\u00e9e des Beaux-Arts de Lille<a href=\"#_ftn21\" name=\"_ftnref21\"><sup>[21]<\/sup><\/a>. Elle implique \u00e9galement de concevoir des \u0153uvres et des sc\u00e9nographies \u00e9volutives, capables de s\u2019adapter plut\u00f4t que d\u2019\u00eatre jet\u00e9es. Cette restriction pousse \u00e0 un d\u00e9passement et une innovation autour de l\u2019esth\u00e9tique ; la contrainte \u00e9cologique devient un moteur de cr\u00e9ation. La s\u00e9lection des \u0153uvres s\u2019inscrit \u00e9galement dans cette logique de d\u00e9croissance curatoriale. Elle repose sur des choix de renoncement (\u0153uvres trop polluantes, transports \u00e9vit\u00e9s) mais aussi sur la valorisation de pratiques situ\u00e9es et peu \u00e9nergivores. Dans <em>Couper les fluides<\/em>, la \u00ab r\u00e8gle des 5 R \u00bb structure ces d\u00e9cisions : refus de certains transports internationaux, r\u00e9duction des impressions, limitation des dispositifs num\u00e9riques et sobri\u00e9t\u00e9 de la communication<a href=\"#_ftn22\" name=\"_ftnref22\"><sup>[22]<\/sup><\/a>. Ainsi, les \u0153uvres pr\u00e9sent\u00e9es ont \u00e9galement un faible besoin de conservation et sont activables sur place. Julia Gault pr\u00e9sente <em>O\u00f9 le d\u00e9sert rencontrera la pluie 2<\/em> (2018), une installation en argile qui interroge notre rapport \u00e0 l\u2019eau sans n\u00e9cessiter aucune \u00e9nergie pour sa conservation. Anouck Durand-Gasselin propose <em>Myciculture<\/em> (2023), une culture vivante de pleurotes hors-sol offrant une alternative concr\u00e8te aux mod\u00e8les alimentaires industriels, que le public entretient tout au long de l\u2019exposition, avant une d\u00e9gustation finale. Laurent Tixador, quant \u00e0 lui, active un four \u00e0 pain et \u00e0 c\u00e9ramique fonctionnant sans \u00e9lectricit\u00e9, produit et utilis\u00e9 <em>in situ,<\/em> rendant visible la mat\u00e9rialit\u00e9 de l\u2019\u00e9nergie et transformant la contrainte en moteur de cr\u00e9ation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au-del\u00e0 de la production artistique, cette approche reconfigure l\u2019organisation m\u00eame des institutions culturelles. La relocalisation, plaid\u00e9e par Guillaume D\u00e9sanges \u00e0 travers son trait\u00e9 sur la \u00ab\u00a0permaculture institutionnelle \u00bb, invite \u00e0 privil\u00e9gier les circuits courts culturels et les ancrages territoriaux, non pas dans une logique de repli, mais dans celle d\u2019un \u00e0 la fois local et mondial. La mutualisation interinstitutionnelle, au niveau mat\u00e9riel mais \u00e9galement conceptuel, que le directeur du Palais de Tokyo nomme \u00ab compost intellectuel<a href=\"#_ftn23\" name=\"_ftnref23\"><sup>[23]<\/sup><\/a> \u00bb, permettrait de partager des ressources, \u0153uvres et savoirs r\u00e9duisant ainsi la perte d\u2019informations, les co\u00fbts \u00e9cologiques et renfor\u00e7ant les coop\u00e9rations. C\u00e9line Schall propose une co-programmation qui prolongerait la dur\u00e9e de vie des expositions et r\u00e9duirait les transports<a href=\"#_ftn24\" name=\"_ftnref24\"><sup>[24]<\/sup><\/a>. Par ailleurs, certains centres d\u2019art, tels que Le Triangle &#8211; Ast\u00e9rides \u00e0 Marseille ou Les DOC \u00e0 Paris, mutualisent d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 certains de leurs projets, exp\u00e9rimentant ces formes de coop\u00e9ration bior\u00e9gionale<a href=\"#_ftn25\" name=\"_ftnref25\"><sup>[25]<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019\u00e9coconception \u00e9volue ensuite vers une logique r\u00e9g\u00e9n\u00e9rative s\u2019inspirant de nouveau du biomim\u00e9tisme responsable. Les institutions sont pens\u00e9es comme des \u00e9cosyst\u00e8mes o\u00f9 les d\u00e9chets deviennent des ressources<a href=\"#_ftn26\" name=\"_ftnref26\"><sup>[26]<\/sup><\/a>, \u00e0 la mani\u00e8re des cycles naturels d\u00e9crits par Janine Benyus. Cela implique des sc\u00e9nographies \u00e9volutives, des dispositifs de r\u00e9emploi syst\u00e9matique et des syst\u00e8mes inspir\u00e9s du vivant. Concr\u00e8tement, cela peut se traduire par l\u2019int\u00e9gration de syst\u00e8mes de compostage, pour les r\u00e9sidus organiques des vernissages, ou la cr\u00e9ation de r\u00e9seaux interinstitutionnels pour le r\u00e9emploi des mat\u00e9riaux de sc\u00e9nographie. La sc\u00e9nographie elle-m\u00eame n\u00e9cessite de devenir \u00e9volutive et sensible, pouvant par exemple int\u00e9grer des capteurs inspir\u00e9s des stomates v\u00e9g\u00e9taux<a href=\"#_ftn27\" name=\"_ftnref27\"><sup>[27]<\/sup><\/a> afin d\u2019ajuster l\u2019\u00e9clairage ou la ventilation selon la pr\u00e9sence des visiteurs. En s\u2019inspirant des \u00e9cosyst\u00e8mes naturels, o\u00f9 chaque \u00e9l\u00e9ment est interconnect\u00e9, l\u2019exposition \u00e9cologique biomim\u00e9tique, telle que la d\u00e9finit Janine Benyus, imite les processus naturels pour devenir autosuffisante et r\u00e9g\u00e9n\u00e9rative. Plut\u00f4t que d\u2019extraire des ressources, elle recycle ses mat\u00e9riaux et s\u2019int\u00e8gre au vivant, incarnant les principes de \u00ab\u00a0recycler tout \u00bb et \u00ab fonctionner \u00e0 l\u2019\u00e9nergie solaire \u00bb. Certains lieux comme les mat\u00e9riauth\u00e8ques<a href=\"#_ftn28\" name=\"_ftnref28\"><sup>[28]<\/sup><\/a> permettent d\u00e9j\u00e0 ces mutualisations et le r\u00e9emploi de mat\u00e9riaux locaux, tout en \u00e9vitant le gaspillage, \u00e0 l\u2019instar de Nouvelle-Aquitaine ou bien de la R\u00e9serve des Arts<a href=\"#_ftn29\" name=\"_ftnref29\"><sup>[29]<\/sup><\/a> \u00e0 Paris.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u2019autres exp\u00e9riences sont encore plus radicales et nous permettent de nous projeter dans un monde alternatif et d\u2019incarner cette cohabitation humain-non-humain, c\u2019est notamment le cas de l\u2019exp\u00e9rience <em>Biosph\u00e8re<\/em>. Cet appartement du futur situ\u00e9 dans un milieu urbain dens\u00e9ment peupl\u00e9 \u00e0 Boulogne-Billancourt, propose des logements con\u00e7us et organis\u00e9s selon des solutions <em>low-tech<\/em>. Ce type d\u2019exp\u00e9rimentation permet de cr\u00e9er de v\u00e9ritables habitats-\u00e9cosyst\u00e8mes, o\u00f9 les d\u00e9chets issus de l\u2019habitation sont r\u00e9utilis\u00e9s pour nourrir champignons, plantes et insectes. Ce mode\u0300le pourrait e\u0302tre adapte\u0301 aux lieux d\u2019art accueillant des expositions et faire re\u0301fle\u0301chir a\u0300 l\u2019inte\u0301gration de la nature dans ces espaces. Les chercheurs expliquent que cet appartement \u00ab a servi de laboratoire pour imaginer un mode de vie ze\u0301ro de\u0301chet, divisant par 10 la consommation d\u2019eau, et atteignant les objectifs 2050 de l\u2019ONU en matie\u0300re de re\u0301duction des e\u0301missions de gaz a\u0300 effet de serre, et qui soit a\u0300 la fois accessible e\u0301conomiquement<a href=\"#_ftn30\" name=\"_ftnref30\"><sup>[30]<\/sup><\/a> \u00bb. Cette exp\u00e9rience tente d\u2019incarner cette cohabitation humain-non-humain, malgr\u00e9 ses d\u00e9fis, offrant des pistes de r\u00e9flexion pour des espaces o\u00f9 la nature devient co-cr\u00e9atrice.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En compl\u00e9mentarit\u00e9, une coh\u00e9rence financi\u00e8re est attendue, m\u00eame si ce type de mod\u00e8le responsable reste un champ encore peu explor\u00e9. Au-del\u00e0 des structures mutualistes (comme la MAIF<a href=\"#_ftn31\" name=\"_ftnref31\"><sup>[31]<\/sup><\/a>) et des subventions publiques, de plus en plus rares, il est possible de mobiliser le <em>crowdfunding <\/em>\u00e9thique (HelloAsso pour le don pur, Ulule et KissKissBankBank pour la contrepartie) afin de financer directement le projet aupr\u00e8s du public, mais encore faut-il f\u00e9d\u00e9rer un public autour de sa cause. Parall\u00e8lement, les banques \u00e9thiques telles que La Nef ou Mirova offrent des financements adapt\u00e9s aux projets \u00e0 impact social et environnemental. Enfin, le MEDEF \u00e9co-responsable permet de contacter des entreprises engag\u00e9es dans une transition r\u00e9elle afin d\u2019en faire des m\u00e9c\u00e8nes locaux, en les mettant en relation avec des porteurs de projets.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Certains financements ambivalents sont \u00e9galement \u00e0 prendre en compte, notamment les nouveaux dispositifs financiers \u00e9mergents, tels que la \u00ab\u00a0tokenisation<a href=\"#_ftn32\" name=\"_ftnref32\"><sup>[32]<\/sup><\/a> \u00bb appliqu\u00e9e aux cr\u00e9dits carbone ou aux ressources naturelles. Si la <em>blockchain<\/em> promet une tra\u00e7abilit\u00e9 fiable des flux de capitaux vers la restauration \u00e9cologique, son int\u00e9gration dans une logique de d\u00e9croissance reste probl\u00e9matique. Par ailleurs, des financements hybrides \u00e9mergent, utilisant les capitaux priv\u00e9s et publics pour la restauration de la biodiversit\u00e9, afin d\u2019orienter les investisseurs vers la restauration des \u00e9cosyst\u00e8mes. Ces m\u00e9canismes hybrides, malgr\u00e9 leur possible impact, restent limit\u00e9s par leur logique de march\u00e9. Cependant, leur pertinence comme leviers pragmatiques n\u2019est pas n\u00e9gligeable, s\u2019ils sont compl\u00e9mentaires d\u2019alternatives plus radicales.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La derni\u00e8re \u00e9tape de cette refonte institutionnelle s\u2019articule autour du <em>care<\/em> et du lien social. Pour ce faire, nous nous sommes pench\u00e9s sur le fonctionnement de lieux alternatifs queer f\u00e9ministes valorisant une \u00ab\u00a0culture sororale respectueuse du vivant<a href=\"#_ftn33\" name=\"_ftnref33\"><sup>[33]<\/sup><\/a> \u00bb. Ces lieux inclusifs tentent de formuler de nouvelles normes, notamment via le lien entre l\u2019humain et le non-humain. L\u2019exposition devient alors un lieu de rencontre et d\u2019art pour tous, reliant la <em>praxis<\/em> artistique et l\u2019engagement social. Dans ce contexte exp\u00e9rimental, il prend la forme d\u2019un organisme sympo\u00ef\u00e9tique, prenant son sens uniquement dans la collaboration et l\u2019interd\u00e9pendance \u2013 le fameux \u00ab\u00a0faire-avec<a href=\"#_ftn34\" name=\"_ftnref34\"><sup>[34]<\/sup><\/a> \u00bb de Donna Haraway.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tel un jardin en permaculture, chaque personne a sa place et un r\u00f4le dans l\u2019ensemble. Ancr\u00e9e dans les espaces de co-cr\u00e9ation, l\u2019exp\u00e9rimentation est v\u00e9cue comme une source d\u2019innovation et les ressentis comme des \u00ab signaux utiles \u00e0 l\u2019\u00e9volution du groupe<a href=\"#_ftn35\" name=\"_ftnref35\"><sup>[35]<\/sup><\/a> \u00bb. Cette approche accepte le \u00ab chaos \u00bb comme source d\u2019innovation, faisant \u00e9cho \u00e0 la logique biomim\u00e9tique de Janine Benyus. Des mod\u00e8les de lieux \u00e9cof\u00e9ministes, avec des gouvernances participatives, nous montrent la voie. Constance Rimlinger dans <em>F\u00e9ministes des champs<\/em> offre des pistes pr\u00e9cieuses pour repenser le vivre-ensemble au sein des institutions (et au-del\u00e0). Les initiatives telles que <em>We\u2019moon<\/em> ou <em>Korrigwen<\/em>, terres d\u2019accueil \u00e9cologiques pour les femmes queers, t\u00e9moignent de mod\u00e8les d\u2019autogestion autosuffisants, int\u00e9grant l\u2019agriculture durable, tout en proposant de nouvelles normes de fonctionnement. Comme le souligne Lauren Bastide, il s\u2019agit de tisser une \u00ab toile de personnes dans un destin li\u00e9<a href=\"#_ftn36\" name=\"_ftnref36\"><sup>[36]<\/sup><\/a> \u00bb, o\u00f9 chaque individu est reconnu dans son interd\u00e9pendance avec les autres. Cette gouvernance \u00ab biocompatible<a href=\"#_ftn37\" name=\"_ftnref37\"><sup>[37]<\/sup><\/a> \u00bb transforme l\u2019institution en un espace politique, o\u00f9 la transformation de soi et de la soci\u00e9t\u00e9 s\u2019enchev\u00eatrent, se pr\u00e9figurant \u00ab dans l\u2019antichambre d\u2019un autre monde<a href=\"#_ftn38\" name=\"_ftnref38\"><sup>[38]<\/sup><\/a> \u00bb. Concr\u00e8tement, appliqu\u00e9e \u00e0 l\u2019exposition, nous proposons des cercles de gouvernance o\u00f9 le public co-d\u00e9cide avec les acteurs culturels.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Constance Rimlinger d\u00e9finit la permaculture comme une \u00ab m\u00e9thode destin\u00e9e \u00e0 cr\u00e9er des environnements humains durables, \u00e9conomes en \u00e9nergie et respectueux des \u00eatres vivants et de leurs relations r\u00e9ciproques<a href=\"#_ftn39\" name=\"_ftnref39\"><sup>[39]<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb. Cette approche imite les interconnexions naturelles : chaque \u00e9l\u00e9ment du syst\u00e8me remplit plusieurs fonctions et chaque fonction d\u00e9pend de plusieurs \u00e9l\u00e9ments. Marine Simon propose un protocole en cinq \u00e9tapes pour instaurer cette gouvernance alternative : observer, interagir, int\u00e9grer, produire aucun d\u00e9chet et obtenir des r\u00e9sultats qui prennent soin du vivant<a href=\"#_ftn40\" name=\"_ftnref40\"><sup>[40]<\/sup><\/a>. Ce syst\u00e8me repose sur deux postulats forts : faire confiance aux personnes pr\u00e9sentes pour trouver des solutions viables et abandonner les pr\u00e9requis li\u00e9s aux parcours \u00e9ducatifs ou professionnels, passant d\u2019un sch\u00e9ma de \u00ab pouvoir sur \u00bb \u00e0 un \u00ab pouvoir avec<a href=\"#_ftn41\" name=\"_ftnref41\"><sup>[41]<\/sup><\/a> \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour mat\u00e9rialiser ces principes, plusieurs outils concrets peuvent \u00eatre mis en place :<\/p>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li>\u00ab Storytelling pour une vision commune : Les r\u00e9cits des publics, notamment les savoirs agricoles des migrants ou les m\u00e9moires locales, fa\u00e7onnent le programme artistique. Cela permet d\u2019int\u00e9grer des perspectives souvent exclues des r\u00e9cits dominants.<\/li>\n<li>Prise de d\u00e9cision par consentement : Les visiteurs et les \u00e9quipes co-d\u00e9cident des plantes \u00e0 cultiver ou des mat\u00e9riaux \u00e0 r\u00e9utiliser, garantissant l\u2019\u00e9quit\u00e9 et l\u2019appropriation du projet par tous.<\/li>\n<li>Cod\u00e9veloppement professionnel : Soutenir des porteurs de projets divers (jardiniers locaux, artistes, habitants) pour co-cr\u00e9er des installations.<\/li>\n<li>\u00c9valuation collective : Documenter les r\u00e9sultats et les \u00e9checs de mani\u00e8re transparente. Cette \u00e9valuation nourrit des discussions sur la r\u00e9silience et l\u2019adaptation<a href=\"#_ftn42\" name=\"_ftnref42\"><sup>[42]<\/sup><\/a> \u00bb.<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces pratiques \u00ab ultra-relationnelles<a href=\"#_ftn43\" name=\"_ftnref43\"><sup>[43]<\/sup><\/a> \u00bb reposent sur des processus de consentement, de participation et de responsabilit\u00e9 partag\u00e9e. Les publics ne sont plus de simples visiteurs, mais des acteurs impliqu\u00e9s dans la d\u00e9finition m\u00eame des contenus, des usages et des formes. Cette logique transforme l\u2019institution en organisme vivant, o\u00f9 chaque \u00e9l\u00e9ment \u2013 artistes, \u00e9quipes, publics \u2013 participe \u00e0 un syst\u00e8me relationnel interd\u00e9pendant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi, la d\u00e9croissance ne se limite pas \u00e0 une r\u00e9duction des impacts environnementaux : elle constitue une reconfiguration globale des pratiques curatoriales, des institutions et des modes de relation au monde. Elle ouvre la voie \u00e0 des formes culturelles fond\u00e9es sur la sobri\u00e9t\u00e9, le soin et l\u2019interd\u00e9pendance, o\u00f9 l\u2019exposition devient un espace de cohabitation entre humains, mais \u00e9galement avec les non-humains, entre cr\u00e9ation et vivant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Vers une exposition \u00e9cosyst\u00e9mique et co-cr\u00e9ative<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le contexte de la d\u00e9croissance et de l\u2019urgence \u00e9cologique, les pratiques artistiques et curatoriales connaissent une transformation profonde qui d\u00e9passe la simple refonte des dispositifs d\u2019exposition. L\u2019exposition ne peut plus \u00eatre pens\u00e9e comme un \u00ab\u00a0<em>white cube<\/em>\u00a0\u00bb neutre destin\u00e9 \u00e0 accueillir des objets finis, mais comme un \u00e9cosyst\u00e8me vivant dans lequel humains et non-humains co-produisent des r\u00e9cits situ\u00e9s dans une perspective de r\u00e9silience \u00e9cologique<a href=\"#_ftn44\" name=\"_ftnref44\"><sup>[44]<\/sup><\/a>. Cette mutation repose sur trois d\u00e9placements majeurs : la red\u00e9finition des r\u00f4les de l\u2019artiste et du curateur, l\u2019ancrage des pratiques dans des dynamiques territoriales et sociales, et l\u2019ouverture \u00e0 des formes de co-cr\u00e9ation inter-esp\u00e8ces.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019artiste n\u2019est plus pens\u00e9 comme un cr\u00e9ateur isol\u00e9, mais comme un acteur transformateur engag\u00e9 dans des syst\u00e8mes relationnels complexes. Cette \u00e9volution prolonge l\u2019<em>esth\u00e9tique relationnelle<\/em> de Nicolas Bourriaud, qui d\u00e9finit \u00ab l\u2019art au-del\u00e0 de l\u2019objet mat\u00e9riel pour inclure l\u2019ensemble des relations humaines occasionn\u00e9es par la production et la r\u00e9ception de l\u2019art<a href=\"#_ftn45\" name=\"_ftnref45\"><sup>[45]<\/sup><\/a> \u00bb. Par cons\u00e9quent, l\u2019art ne produit plus uniquement des formes, mais \u00e9galement des situations d\u2019interd\u00e9pendance. Guy Coolis et Pascal Gielen renforcent ce lien entre artiste, public, performance et rencontre. Ces auteurs soulignent la compl\u00e9mentarit\u00e9 entre la performance traitant de sujets \u00e9cologiques et la proximit\u00e9 avec les publics, et cela, d\u00e8s les ann\u00e9es 1960. Ils expliquent que par le sujet marginal de l\u2019\u00e9cologie \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, les actions performances prennent lieu dans des espaces peu conventionnels souhaitant s\u2019\u00e9carter des cadres traditionnels rigides : \u00ab Des environnements ou des \u0153uvres th\u00e9\u00e2trales, mais envisag\u00e9s non seulement comme des espaces, mais comme des acteurs actifs de syst\u00e8mes complexes de transformation<a href=\"#_ftn46\" name=\"_ftnref46\"><sup>[46]<\/sup><\/a> \u00bb. Au sein de ces espaces, les distances entre les artistes-performeurs et les visiteurs \u00e9taient annul\u00e9es, comme une volont\u00e9 de relier l\u2019art au quotidien universel. Par cons\u00e9quent, \u00ab l\u2019\u00e9co-th\u00e9\u00e2tre \u00bb s\u2019articule autour des interconnexions humaines et de ce qu\u2019elles peuvent produire, l\u2019\u0153uvre devient interactive et cocr\u00e9\u00e9e. Agn\u00e8s Violeau d\u00e9fend l\u2019id\u00e9e d\u2019une \u00ab\u00a0curation vivante \u00bb, o\u00f9 l\u2019exposition devient un \u00ab organisme vivant, mouvant, dont les formes et les contenus se renouvellent au gr\u00e9 des interactions<a href=\"#_ftn47\" name=\"_ftnref47\"><sup>[47]<\/sup><\/a> \u00bb. Cette approche implique un d\u00e9placement majeur : il ne s\u2019agit plus de produire des formes <em>ex nihilo<\/em>, mais de r\u00e9activer des mat\u00e9riaux existants, de favoriser la participation et d\u2019inscrire l\u2019exposition dans une logique de soin port\u00e9 \u00e0 un milieu. La curation devient ainsi un geste \u00e9cologique autant que culturel, align\u00e9 sur les principes de sobri\u00e9t\u00e9 mat\u00e9rielle et de d\u00e9croissance.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette transformation implique \u00e9galement un d\u00e9centrement anthropologique profond de la pratique artistique. L\u2019artiste adopte une logique de collaboration plut\u00f4t que de ma\u00eetrise, en int\u00e9grant des formes de savoir relationnel proches du \u00ab\u00a0<em>connected knowing<\/em><a href=\"#_ftn48\" name=\"_ftnref48\"><sup>[48]<\/sup><\/a><em>\u00a0<\/em>\u00bb de Grant Kester, fond\u00e9 sur le dialogue et la co-construction active. Cette posture permet de questionner les hi\u00e9rarchies institutionnelles, tout en \u00e9vitant une neutralisation politique de la \u00ab sociabilit\u00e9 consensuelle<a href=\"#_ftn49\" name=\"_ftnref49\"><sup>[49]<\/sup><\/a> \u00bb, critiqu\u00e9e par Claire Bishop.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Des pratiques concr\u00e8tes illustrent ce basculement. Dans l\u2019exposition <em>Couper les fluides<\/em>, la performance <em>Notre cabane o\u00f9 faire avenir<\/em> d\u2019A\u00ebla Ma\u00ef Cabel et Rose-Mah\u00e9 Cabel transforme l\u2019espace en lieu de transmission de savoirs botaniques et de pratiques de <em>care<\/em>, inscrivant l\u2019\u0153uvre dans une logique de permaculture sociale. De m\u00eame, le travail de Jade Tang avec <em>La solastalgie des sols<\/em> explore les sols comme milieux vivants, en d\u00e9tournant des dispositifs scientifiques et en les rendant sensibles, notamment \u00e0 travers des dispositifs participatifs et sensoriels tels que des sculptures olfactives<a href=\"#_ftn50\" name=\"_ftnref50\"><sup>[50]<\/sup><\/a>. Dans ces projets, l\u2019artiste agit moins comme auteur que comme catalyseur de relations entre savoirs, territoires et perceptions. Le collectif <em>Inland<\/em>, \u00e0 Majorque, pousse encore cette logique en inscrivant directement la cr\u00e9ation artistique dans des processus de reforestation et de restauration \u00e9cologique<a href=\"#_ftn51\" name=\"_ftnref51\"><sup>[51]<\/sup><\/a>, faisant de l\u2019\u0153uvre une intervention active dans le r\u00e9el. Lauranne Germond le formule avec clart\u00e9 : \u00ab Ainsi, l\u2019art \u00e9cologique donne-t-il \u00e9galement naissance \u00e0 toutes les tentatives pour reconstruire un lien intime avec le vivant [&#8230;] Ceci se passe g\u00e9n\u00e9ralement dans la nature elle-m\u00eame<a href=\"#_ftn52\" name=\"_ftnref52\"><sup>[52]<\/sup><\/a> \u00bb. Cette reconfiguration des pratiques artistiques s\u2019inscrit dans une red\u00e9finition plus large de la fonction de l\u2019art, d\u00e9sormais moins index\u00e9e sur la production d\u2019objets que sur la capacit\u00e9 \u00e0 activer des transformations sociales et \u00e9cologiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un second changement de paradigme impuls\u00e9 par cette mouvance r\u00e9side dans la reconnaissance du non-humain, non plus comme simple d\u00e9cor ou ressource, mais comme co-cr\u00e9ateur \u00e0 part enti\u00e8re. Ces pratiques ne sont pas totalement r\u00e9centes, mais sont au c\u0153ur d\u2019une approche de l\u2019art non-anthropocentrique. Cette int\u00e9gration co-cr\u00e9atrice se distingue au sein de la pratique artistique, notamment dans le cas de l\u2019installation <em>Beneath<\/em> <em>It<\/em> <em>All<\/em> <em>Flows<\/em> <em>Liquid<\/em> <em>Fire<\/em> de Julian Charri\u00e8re qui met en sc\u00e8ne une fontaine de feu liquide \u00e9voquant des dynamiques volcaniques et souterraines,\u200b\u200b afin d\u2019explorer les rapports de tension entre l\u2019humain et les forces telluriques, co-cr\u00e9ant un espace de libert\u00e9, o\u00f9 l\u2019artiste ne contr\u00f4le pas totalement le r\u00e9sultat de l\u2019\u0153uvre. Plus largement, le bioart explore la collaboration avec des micro-organismes. Comme le note William Myers, les bio-artistes collaborent routini\u00e8rement avec des microbes, des champignons et d\u2019autres organismes pour cr\u00e9er des \u0153uvres vivantes qui \u00ab \u00e9voluent, s\u2019adaptent et parfois r\u00e9sistent au contr\u00f4le humain<a href=\"#_ftn53\" name=\"_ftnref53\"><sup>[53]<\/sup><\/a> \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u2019autres artistes pr\u00e9f\u00e8rent co-cr\u00e9er avec le vivant, c\u2019est notamment le cas d\u2019Anai\u0308s Tondeur ou bien de Rasa Smite &amp; Raitis Smits, qui ont co-cre\u0301\u00e9 des \u0153uvres avec la croissance ve\u0301ge\u0301tale ou la co-cre\u0301ation de bacte\u0301ries productrices d\u2019e\u0301lectricite\u0301 transformant l\u2019\u0153uvre en temps re\u0301el, permettant d\u2019illustrer l\u2019interconnexion non-humaine. De m\u00eame pour les pratiques qui explorent l\u2019entrelacement v\u00e9g\u00e9tal et humain, avec comme cas <em>Seeds of Change <\/em>de Maria Thereza Alves, qui utilise la germination de graines pour co-cr\u00e9er une \u0153uvre dont la forme \u00e9volue selon les conditions environnementales et les apports humains. Dans ces cas, la nature \u00ab\u00a0fa\u00e7onne \u00e0 la fois le processus et le r\u00e9sultat<a href=\"#_ftn54\" name=\"_ftnref54\"><sup>[54]<\/sup><\/a> \u00bb, offrant un espace de cr\u00e9ation hybride qui relie nature et culture.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Donna Haraway, dans <em>When Species Meet<\/em>, th\u00e9orise ces relations \u00e0 travers la notion de \u00ab parent\u00e9s trans-esp\u00e8ces<a href=\"#_ftn55\" name=\"_ftnref55\"><sup>[55]<\/sup><\/a> \u00bb (<em>companion species<\/em>), o\u00f9 les fronti\u00e8res entre esp\u00e8ces deviennent des zones de co-\u00e9mergence. La performance <em>Hybrid Family<\/em> de Maja Smrekar incarne cette perspective en explorant les liens affectifs et biologiques entre humains et chiens, transformant l\u2019exposition en espace de cohabitation inter-esp\u00e8ces<a href=\"#_ftn56\" name=\"_ftnref56\"><sup>[56]<\/sup><\/a>. En s\u2019isolant avec ses chiens et en stimulant une production lact\u00e9e pour nourrir son chiot, l\u2019artiste brouille les fronti\u00e8res entre humain et animal, intime et politique. Elle transforme l\u2019espace d\u2019exposition en une niche commune, construisant une esth\u00e9tique relationnelle \u00e9largie \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du vivant, o\u00f9 l\u2019\u0153uvre est une co-cr\u00e9ation multiesp\u00e8ce continue. On peut \u00e9galement citer le travail acharn\u00e9 de Suzanne Husky pour faire valoir la grande utilit\u00e9 r\u00e9paratrice du peuple castor<a href=\"#_ftn57\" name=\"_ftnref57\"><sup>[57]<\/sup><\/a> sur son environnement terrestre et aquatique, qui cr\u00e9e un r\u00e9cit id\u00e9al o\u00f9 les pratiques humaines et les castors convergent pour une r\u00e9paration de la nature, devenant tous deux agents actifs de r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration \u00e9cologique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi, les pratiques artistiques contemporaines engag\u00e9es dans la d\u00e9croissance et l\u2019\u00e9cologie ne se limitent pas \u00e0 int\u00e9grer des th\u00e9matiques environnementales. Elles red\u00e9finissent en profondeur les conditions m\u00eames de production de l\u2019art, en faisant de l\u2019exposition un espace relationnel, situ\u00e9 et intersp\u00e9cifique. Loin d\u2019un mod\u00e8le centr\u00e9 sur l\u2019objet ou l\u2019auteur, elles dessinent une esth\u00e9tique du vivant fond\u00e9e sur l\u2019interd\u00e9pendance, le soin et la co-cr\u00e9ation.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La transition \u00e9cologique dans le secteur des expositions se trouve \u00e0 un carrefour critique\u00a0: elle n\u00e9cessite imp\u00e9rativement de d\u00e9passer le stade de l\u2019\u00ab\u00a0\u00e9co-conception \u00bb et du<em> greenwashing<\/em> pour embrasser une \u00ab\u00a0d\u00e9sinnovation<a href=\"#_ftn58\" name=\"_ftnref58\"><sup>[58]<\/sup><\/a> \u00bb radicale et une r\u00e9organisation structurelle des institutions. Si des initiatives, comme <em>le Trait\u00e9 de permaculture institutionnelle <\/em>du Palais de Tokyo ou l\u2019exposition <em>Couper les fluides <\/em>de la Maison des arts de Malakoff, d\u00e9montrent la viabilit\u00e9 du r\u00e9emploi et de la collaboration, elles permettent \u00e9galement d\u2019identifier de nombreux obstacles \u00e0 la transition \u00e9cologique : manque de financements d\u00e9di\u00e9s, normes de conservation carbone, difficult\u00e9 d\u2019\u00e9quilibrer confort au travail et coupure des fluides, taille de l\u2019institution, hi\u00e9rarchies rigides\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour que l\u2019exposition devienne un v\u00e9ritable \u00e9cosyst\u00e8me de r\u00e9silience, il est n\u00e9cessaire de rompre avec les dogmes du Capitaloc\u00e8ne en int\u00e9grant l\u2019\u00e9thique du soin et une gouvernance partag\u00e9e inspir\u00e9e \u00e0 la fois des lieux alternatifs \u00e9cof\u00e9ministes et queer, et de l\u2019observation du vivant. La transition \u00e9cologique ne pourra \u00eatre effective que si elle s\u2019appuie sur des r\u00e9seaux transnationaux, si elle remet en cause la course \u00e0 la croissance et si elle accepte l\u2019incertitude et l\u2019\u00e9chec comme moteurs d\u2019adaptation.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Notes<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">* Toutes les URL \u00e9t\u00e9 consult\u00e9es en septembre 2026.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\"><sup>[1]<\/sup><\/a> Association fran\u00e7aise de R\u00e9gisseurs d\u2019\u0152uvres d\u2019Art\u00a0: <em>Guide d\u2019\u00e9co-conception des expositions<\/em>, Universcience, f\u00e9vrier 2010, en ligne : <a href=\"https:\/\/www.universcience.fr\/fileadmin\/fileadmin_Universcience\/fichiers\/developpement-durable\/_documents\/guide_eco_conceptFR.pdf\">https:\/\/www.universcience.fr\/fileadmin\/fileadmin_Universcience\/fichiers\/developpement-durable\/_documents\/guide_eco_conceptFR.pdf<\/a><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">.<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\"><sup>[2]<\/sup><\/a> Derouault S., Vigogne A.-H., \u00ab Une gestion responsable des expositions temporaires \u00e0 la Biblioth\u00e8que nationale de France : l\u2019\u00e9co-conception des expositions. \u00bb, <em>La Lettre de l\u2019OCIM<\/em>, n\u00b0 140, 2012, en ligne : <a href=\"https:\/\/journals.openedition.org\/ocim\/1028\">https:\/\/journals.openedition.org\/ocim\/1028<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\"><sup>[3]<\/sup><\/a> Depuis 2008, COAL accompagne l\u2019\u00e9mergence d\u2019une nouvelle culture de l\u2019\u00e9cologie et du vivant \u00e0 travers des actions embl\u00e9matiques telles que le prix COAL, plus d\u2019une centaine d\u2019expositions, de programmes de territoire, la coop\u00e9ration internationale et le partage de connaissances. Voir le site de COAL (Coalition pour une \u00e9cologie culturelle) : <a href=\"https:\/\/projetcoal.org\/\">https:\/\/projetcoal.org\/<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\"><sup>[4]<\/sup><\/a> CDG Auvergne-Rh\u00f4ne-Alpes, <em>Concours d\u2019attach\u00e9 territorial de conservation du patrimoine. Session 2025. \u00c9preuve de composition (sp\u00e9cialit\u00e9 Mus\u00e9es)<\/em>, sujet : \u00ab Les mus\u00e9es, acteurs de la transition \u00e9cologique ? \u00bb, en ligne :\u00a0<a href=\"https:\/\/www.cdg-aura.fr\/concours\/attache-conservation-patrimoine\">https:\/\/www.cdg-aura.fr\/concours\/attache-conservation-patrimoine<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\"><sup>[5]<\/sup><\/a> Association des Conservateurs et Professionnels des Mus\u00e9es et Collections de Bourgogne-Franche-Comt\u00e9 (AARAC MPBFC), <em>2<sup>e<\/sup> Journ\u00e9e d\u2019\u00e9tude professionnelle : l\u2019\u00e9co-responsabilit\u00e9 dans les institutions mus\u00e9ales et patrimoniales<\/em>, M\u00e2con, 7 octobre 2025, en ligne : <a href=\"https:\/\/www.aarac.fr\/2e-journee-detude-professionnelle-sur-leco-responsabilite-a-macon\">https:\/\/www.aarac.fr\/2e-journee-detude-professionnelle-sur-leco-responsabilite-a-macon<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\"><sup>[6]<\/sup><\/a> Valensi S., <em>D\u00e9carbonons la culture !<\/em>, The Shift Project, 2021, p. 71, en ligne : <a href=\"https:\/\/theshiftproject.org\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/211130-TSP-PTEF-Rapport-final-Culture-v3.pdf\">https:\/\/theshiftproject.org\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/211130-TSP-PTEF-Rapport-final-Culture-v3.pdf<\/a>\u00a0: \u00ab Les grands festivals de ville peuvent g\u00e9n\u00e9rer jusqu\u2019\u00e0 28 000 tonnes de CO\u2082, tandis que les salles de spectacles atteignent environ 1500 tonnes, les expositions se situant entre ces deux ordres de grandeur selon leur ampleur \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\"><sup>[7]<\/sup><\/a> <em>Novace\u0300ne : Art &amp; Climat crisis,<\/em> cat. exp., Lille, Gare Saint-Sauveur, 2023 (catalogue financ\u00e9 par la Maison Ruinart appartenant \u00e0 LVMH).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref8\" name=\"_ftn8\"><sup>[8]<\/sup><\/a> Berg\u00e8s S., \u00ab \u200b\u200bLa chambre r\u00e9gionale des comptes met Lille3000 sur le gril, ce qu\u2019il faut en retenir \u00bb, <em>La Voix du Nord<\/em>, mars 2024, en ligne : <a href=\"https:\/\/www.lavoixdunord.fr\/557085\/article\/2019-03-24\/la-chambre-regionale-des-comptes-met-lille3000-sur-le-gril-ce-qu-il-faut-en\">https:\/\/www.lavoixdunord.fr\/557085\/article\/2019-03-24\/la-chambre-regionale-des-comptes-met-lille3000-sur-le-gril-ce-qu-il-faut-en<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref9\" name=\"_ftn9\"><sup>[9]<\/sup><\/a> Tordjman H., <em>La croissance verte contre la nature<\/em>, Paris, La De\u0301couverte, 2021, p. 270\u200b\u200b.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref10\" name=\"_ftn10\"><sup>[10]<\/sup><\/a> Elsen A., \u00ab Museum blockbusters: assessing the pros and cons \u00bb <em>Art in America<\/em>, n\u00b0 74, 1986, p. 24-27.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref11\" name=\"_ftn11\"><sup>[11]<\/sup><\/a> <em>Cre\u0301ateurs face a\u0300 l\u2019urgence climatique<\/em>, Bruxelles, Fondation Thalie, 2024, vol. 1, p. 11.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref12\" name=\"_ftn12\"><sup>[12]<\/sup><\/a> Hickel J., <em>Moins pour plus : comment la de\u0301croissance sauvera le monde<\/em>, Vanves, Hachette Livre (Marabout), 2021, p. 225.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref13\" name=\"_ftn13\"><sup>[13]<\/sup><\/a> Molinier P., Laugier S., <em>Qu\u2019est-ce que le care ? Souci des autres, sensibilite\u0301, responsabilite\u0301<\/em>, Paris, Payot &amp; Rivages, 2009, p.74-79.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref14\" name=\"_ftn14\"><sup>[14]<\/sup><\/a> L\u2019e\u0301thique du <em>care<\/em> int\u00e9gr\u00e9 \u00e0 l\u2019exposition : vulne\u0301rabilite\u0301 (prendre le risque d\u2019e\u0302tre vulne\u0301rable en abandonnant des mode\u0300les polluants), interde\u0301pendance (cre\u0301er des re\u0301seaux trans-institutions pour le recyclage mais aussi transdisciplinarite\u0301 pour trouver des solutions par la science, les arts, le design&#8230;) et le soin (ralentissement de la production pour re\u0301aliser un projet respectueux de l\u2019humain et du non-humain).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref15\" name=\"_ftn15\"><sup>[15]<\/sup><\/a> Beynus J., <em>Biomimicry: Innovation Inspired by Nature<\/em>, New York, Harper Perennial, 1997, p. 11. La scientifique pr\u00e9cise : \u00ab After 3.8 billion years of research and development, failures are fossils, and what surrounds us is the secret to survival \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref16\" name=\"_ftn16\"><sup>[16]<\/sup><\/a> Schall C., \u00ab L\u2019\u00e9coresponsabilit\u00e9 des expositions : au-del\u00e0 des mesures techniques, une r\u00e9volution axiologique\u00a0\u00bb, <em>exPosition<\/em>, n\u00b0 9, 2024, en ligne : <a href=\"https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/articles9\/schall-ecoresponsabilite-expositions\">https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/articles9\/schall-ecoresponsabilite-expositions<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref17\" name=\"_ftn17\"><sup>[17]<\/sup><\/a> Maison des Arts de Malakoff, dossier de presse de<em> Couper les fluides &#8211; Alternatives pragmatopiques<\/em>, Malakoff, 2023, p. 3, en ligne : <a href=\"https:\/\/maisondesarts.malakoff.fr\/fileadmin\/maisondesarts.malakoff.fr\/MEDIA\/Exposition\/2023\/couper_les_fluides\/DP_Couper_les_fluides_01.pdf\">DP_Couper_les_fluides_01.pdf<\/a> (consult\u00e9 02\/09\/26)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref18\" name=\"_ftn18\"><sup>[18]<\/sup><\/a> Maison des Arts de Malakoff, <em>Couper les fluides \u2013 alternatives pragmatopiques<\/em>, Bilan de l\u2019exp\u00e9rience 2023, en ligne : <a href=\"https:\/\/maisondesarts.malakoff.fr\/fileadmin\/maisondesarts.malakoff.fr\/MEDIA\/Exposition\/2023\/couper_les_fluides\/presentation_couper_les_fluides.pdf\">https:\/\/maisondesarts.malakoff.fr\/fileadmin\/maisondesarts.malakoff.fr\/MEDIA\/Exposition\/2023\/couper_les_fluides\/presentation_couper_les_fluides.pdf<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref19\" name=\"_ftn19\"><sup>[19]<\/sup><\/a> Violeau A., <em>Pratiquer l\u2019exposition : une \u00e9cologie<\/em>, Paris, MIX, 2024, p. 24.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref20\" name=\"_ftn20\"><sup>[20]<\/sup><\/a> <em>Cre\u0301ateurs face a\u0300 l\u2019urgence climatique<\/em>, Bruxelles, Fondation Thalie, 2024, vol. 1, p. 39.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref21\" name=\"_ftn21\"><sup>[21]<\/sup><\/a> Schall C., \u00ab L\u2019\u00e9coresponsabilit\u00e9 des expositions : au-del\u00e0 des mesures techniques, une r\u00e9volution axiologique\u00a0\u00bb, <em>exPosition<\/em>, n\u00b0 9, 2024, en ligne : <a href=\"https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/articles9\/schall-ecoresponsabilite-expositions\">https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/articles9\/schall-ecoresponsabilite-expositions<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref22\" name=\"_ftn22\"><sup>[22]<\/sup><\/a> Maison des Arts de Malakoff, <em>Couper les fluides \u2013 alternatives pragmatopiques<\/em>, Bilan de l\u2019exp\u00e9rience 2023, en ligne : <a href=\"https:\/\/maisondesarts.malakoff.fr\/fileadmin\/maisondesarts.malakoff.fr\/MEDIA\/Exposition\/2023\/couper_les_fluides\/presentation_couper_les_fluides.pdf\">https:\/\/maisondesarts.malakoff.fr\/fileadmin\/maisondesarts.malakoff.fr\/MEDIA\/Exposition\/2023\/couper_les_fluides\/presentation_couper_les_fluides.pdf<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref23\" name=\"_ftn23\"><sup>[23]<\/sup><\/a> Voir D\u00e9sanges G., <em>Petit traite\u0301 de permaculture institutionnelle pour un site de cre\u0301ation contemporaine vivant et production<\/em>, Paris, Palais de Tokyo, 2022, p. 8\u00a0: \u00ab L\u2019ide\u0301e du compost intellectuel est de mettre en commun toutes ces ressources mobilise\u0301es ou cre\u0301e\u0301es, a\u0300 travers un outil, nume\u0301rique ou physique, a\u0300 disposition de l\u2019ensemble des services de l\u2019institution \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref24\" name=\"_ftn24\"><sup>[24]<\/sup><\/a> Schall C., \u00ab L\u2019\u00e9coresponsabilit\u00e9 des expositions : au-del\u00e0 des mesures techniques, une r\u00e9volution axiologique\u00a0\u00bb, <em>exPosition<\/em>, n\u00b0 9, 2024, en ligne : <a href=\"https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/articles9\/schall-ecoresponsabilite-expositions\">https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/articles9\/schall-ecoresponsabilite-expositions<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref25\" name=\"_ftn25\"><sup>[25]<\/sup><\/a> Simon M., <em>Tout tourne rond sur cette terre, mais nous sommes les seuls a\u0300 l\u2019ignorer<\/em>, Gap, Yves Michel, 2021, p. 18.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref26\" name=\"_ftn26\"><sup>[26]<\/sup><\/a> Beynus J., <em>Biomimicry: Innovation Inspired by Nature<\/em>, New York, Harper Perennial, 1997, p. 11.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref27\" name=\"_ftn27\"><sup>[27]<\/sup><\/a> Les stomates ve\u0301ge\u0301taux sont de petits pores situe\u0301s principalement sur la face infe\u0301rieure des feuilles et des tiges des plantes. Ils permettent les e\u0301changes gazeux entre la plante et son environnement : l\u2019entre\u0301e du dioxyde de carbone (CO\u2082) ne\u0301cessaire a\u0300 la photosynthe\u0300se, et la sortie de l\u2019oxyge\u0300ne (O\u2082) et de la vapeur d\u2019eau (transpiration). Voir le site du CNRS, \u00ab Des stomates fluorescents pour comprendre les \u00e9changes gazeux chez les plantes \u00bb, <em>CNRS Info<\/em>, 2023, en ligne : <a href=\"https:\/\/www.insb.cnrs.fr\/fr\/cnrsinfo\/des-stomates-fluorescents-pour-comprendre-les-echanges-gazeux-chez-les-plantes\">https:\/\/www.insb.cnrs.fr\/fr\/cnrsinfo\/des-stomates-fluorescents-pour-comprendre-les-echanges-gazeux-chez-les-plantes<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref28\" name=\"_ftn28\"><sup>[28]<\/sup><\/a> La mat\u00e9riauth\u00e8que ressources, <em>Plateforme r\u00e9gionale de mat\u00e9riaux biosourc\u00e9s et g\u00e9osourc\u00e9s<\/em>, en ligne : <a href=\"https:\/\/www.materiautheque-ressources.fr\/\">https:\/\/www.materiautheque-ressources.fr\/<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref29\" name=\"_ftn29\"><sup>[29]<\/sup><\/a> La r\u00e9serve des arts, <em>Plateforme de r\u00e9emploi de mat\u00e9riaux pour la culture<\/em>, en ligne : <a href=\"https:\/\/www.lareservedesarts.org\/\">https:\/\/www.lareservedesarts.org\/<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref30\" name=\"_ftn30\"><sup>[30]<\/sup><\/a> <em>Biosphere Experience<\/em>, Boulogne-Billancourt, R\u00e9gion parisienne, 2024, en ligne : <a href=\"https:\/\/www.biosphere-experience.org\/biosphere-urbaine\/\">https:\/\/www.biosphere-experience.org\/biosphere-urbaine\/<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref31\" name=\"_ftn31\"><sup>[31]<\/sup><\/a> Minar L., \u00ab MAIF : 10 % du r\u00e9sultat net pour la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration \u00e9cologique [\u2026] \u00bb, <em>L\u2019assurance en mouvement<\/em>, 24 mai 2024, en ligne : <a href=\"https:\/\/www.lassuranceenmouvement.com\/2024\/05\/24\/maif-10-du-resultat-net-pour-la-regeneration-ecologique\/\">https:\/\/www.lassuranceenmouvement.com\/2024\/05\/24\/maif-10-du-resultat-net-pour-la-regeneration-ecologique\/<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref32\" name=\"_ftn32\"><sup>[32]<\/sup><\/a>Franco F., Burbano A. (dir.), <em>RE:SOURCE: The 10th International Conference on the Histories of Media Art, Science and Technology. Proceedings<\/em>, actes du colloque (Venise, 13-16 septembre 2023), Venise, Resource Press, en ligne : <a href=\"https:\/\/www.mediaarthistory.org\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/ReSource2023_Proceeding_Final-.pdf\">https:\/\/www.mediaarthistory.org\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/ReSource2023_Proceeding_Final-.pdf<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref33\" name=\"_ftn33\"><sup>[33]<\/sup><\/a> Rimlinger C., <em>F\u00e9ministes des champs = du retour a\u0300 la terre, a\u0300 l\u2019\u00e9cologie queer,<\/em> Paris, PUF, 2024, p. 57.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref34\" name=\"_ftn34\"><sup>[34]<\/sup><\/a> Haraway D. J., <em>Staying with the Trouble: Making Kin in the Chthulucene<\/em>, Durham, Duke University Press, 2016, p. 58 (trad. fran\u00e7aise : <em>Vivre avec le trouble<\/em>, Paris, \u00c9d. des \u00c9quateurs, 2020).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref35\" name=\"_ftn35\"><sup>[35]<\/sup><\/a> Beynus J., <em>Biomimicry : Innovation Inspired by Nature<\/em>, New York, Harper Perennial, 1997, p. 333.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref36\" name=\"_ftn36\"><sup>[36]<\/sup><\/a> Bastide L., <em>Futur : comment le fe\u0301minisme peut sauver le monde<\/em>, Paris, Allary, 2022, p. 175.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref37\" name=\"_ftn37\"><sup>[37]<\/sup><\/a> Simon M., <em>Tout tourne rond sur cette terre, mais nous sommes les seuls a\u0300 l\u2019ignorer<\/em>, Gap, Yves Michel, 2021, p. 346.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref38\" name=\"_ftn38\"><sup>[38]<\/sup><\/a> Pleyers G., <em>Engagement et relation a\u0300 soi chez les jeunes alteractivistes<\/em>, Paris, Presse de Sciences-Po, 2016, p. 114.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref39\" name=\"_ftn39\"><sup>[39]<\/sup><\/a> Rimlinger C., <em>F\u00e9ministes des champs = du retour a\u0300 la terre, a\u0300 l\u2019\u00e9cologie queer<\/em>, Paris, PUF, 2024, p. 226.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref40\" name=\"_ftn40\"><sup>[40]<\/sup><\/a>Simon M., <em>Tout tourne rond sur cette terre, mais nous sommes les seuls a\u0300 l\u2019ignorer<\/em>, Gap, Yves Michel, 2021, p. 384.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref41\" name=\"_ftn41\"><sup>[41]<\/sup><\/a><em> Ibid.<\/em>, p. 330.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref42\" name=\"_ftn42\"><sup>[42]<\/sup><\/a><em> Ibid.<\/em>, p. 339.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref43\" name=\"_ftn43\"><sup>[43]<\/sup><\/a><em> Ibid.<\/em>, p. 346.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref44\" name=\"_ftn44\"><sup>[44]<\/sup><\/a> Marinier L., Porcedda A., Vassal H. (dir.), <em>Mus\u00e9e et \u00e9cologie : missions, engagements et pratiques<\/em>, Paris, La Documentation fran\u00e7aise, 2026 (2025), p. 180.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref45\" name=\"_ftn45\"><sup>[45]<\/sup><\/a> Bourriaud N.,<em> Esth\u00e9tique Relationnelle<\/em>, Dijon, Les Presses du r\u00e9el, 1998, p.\u00a022.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref46\" name=\"_ftn46\"><sup>[46]<\/sup><\/a> Voir Coolis G., Gielen P. (\u00e9d.),<em> The Ethics of Art: Ecological Turns in the Performing Arts, <\/em>Amsterdam, Valiz, 2014, p. 70\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Environments ou or theatrical but as imagined not only as spaces but as active players in complex systems of transformation\u00a0<\/em>\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref47\" name=\"_ftn47\"><sup>[47]<\/sup><\/a> Violeau A., <em>Pratiquer l\u2019exposition : une \u00e9cologie<\/em>, Paris, MIX, 2024, p. 28.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref48\" name=\"_ftn48\"><sup>[48]<\/sup><\/a> Voir Kester G., <em>Conversation Pieces: The Role of Dialogue in Socially-Engaged Art<\/em>. <em>Theory in Contemporary Art Since 1985<\/em>, Malden, Blackwell Publishing, 2005, p. 92 : \u00ab Un savoir connecte\u0301 [&#8230;] ne vise pas a\u0300 repre\u0301senter le \u201csoi\u201d [&#8230;] mais a\u0300 rede\u0301finir le soi : connai\u0302tre et ressentir notre connexion avec les autres \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref49\" name=\"_ftn49\"><sup>[49]<\/sup><\/a> <em>Ibid.<\/em>, p. 72.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref50\" name=\"_ftn50\"><sup>[50]<\/sup><\/a> MAIF, <em>Dossier de presse \u2013 Prix MAIF M\u00e9tamorphoses 2026<\/em>, p. 5, en ligne : <a href=\"https:\/\/entreprise.maif.fr\/files\/live\/sites\/entreprise-Maif\/files\/pdf\/nos-prix\/metamorphoses\/dossier-presse-prix-metamorphoses-2026.pdf?utm_source=chatgpt.com\">dossier-presse-prix-metamorphoses-2026.pdf<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref51\" name=\"_ftn51\"><sup>[51]<\/sup><\/a> COAL, <em>Transformative Territories: 100 Artists\u2019 Projects &#8211; COAL Prize 2024<\/em>, en ligne : <a href=\"https:\/\/projetcoal.org\/News24\/CATALOGUE_100_ARTISTS_TT.pdf\">https:\/\/projetcoal.org\/News24\/CATALOGUE_100_ARTISTS_TT.pdf<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref52\" name=\"_ftn52\"><sup>[52]<\/sup><\/a> Marinier L., Porcedda A., Vassal H. (dir.), <em>Mus\u00e9e et \u00e9cologie : missions, engagements et pratiques<\/em>, Paris, La Documentation fran\u00e7aise, 2026 (2025), p. 181.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref53\" name=\"_ftn53\"><sup>[53]<\/sup><\/a> Myers W., <em>Bio Art &#8211; Altered Realities<\/em>, Londres, Thames &amp; Hudson, 2016, p. 27.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref54\" name=\"_ftn54\"><sup>[54]<\/sup><\/a> <em>Ibid.<\/em>, p. 32.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref55\" name=\"_ftn55\"><sup>[55]<\/sup><\/a> Haraway D., <em>When Species Meet<\/em>, Minneapolis, University of Minnesota Press, 2008, p. 9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref56\" name=\"_ftn56\"><sup>[56]<\/sup><\/a> Smrekar M., <em>K-9 Topology: Hybrid Family<\/em>, performance (2015-2017), en ligne : <a href=\"https:\/\/www.majasmrekar.org\/k-9topology-hybrid-family\">https:\/\/www.majasmrekar.org\/k-9topology-hybrid-family<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref57\" name=\"_ftn57\"><sup>[57]<\/sup><\/a> Collombat J., \u00ab Les castors, \u201cgu\u00e9risseurs\u201d de nos rivi\u00e8res, au c\u0153ur de l\u2019\u0153uvre de Suzanne Husky au Drawing Lab \u00e0 Paris \u00bb, <em>Beaux-Arts Magazine<\/em>, n\u00b0 505-506, 2024, en ligne : <a href=\"https:\/\/www.beauxarts.com\/expos\/les-castors-guerisseurs-de-nos-rivieres-au-coeur-de-loeuvre-de-suzanne-husky-au-drawing-lab-a-paris\/\">https:\/\/www.beauxarts.com\/expos\/les-castors-guerisseurs-de-nos-rivieres-au-coeur-de-loeuvre-de-suzanne-husky-au-drawing-lab-a-paris\/<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref58\" name=\"_ftn58\"><sup>[58]<\/sup><\/a> Josse B., \u00ab Les institutions culturelles participent-elles a\u0300 retarder la fin du monde ? \u00bb, Workshop <em>\u00c9coresponsabilit\u00e9 dans la culture<\/em>, Esch-sur-Alzette, Minist\u00e8re de la Culture du Luxembourg, 24 novembre 2022, en ligne : <a href=\"https:\/\/gouvernement.lu\/dam-assets\/documents\/actualites\/2022\/11-novembre\/28-workshop-culture\/texte-beatrice-josse-esch-241122.pdf\">https:\/\/gouvernement.lu\/dam-assets\/documents\/actualites\/2022\/11-novembre\/28-workshop-culture\/texte-beatrice-josse-esch-241122.pdf<\/a>.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><div class=\"wpcp\">Pour citer cet article : Hanna Thevenet, \"L\u2019Exposition \u00e9cologique vivante : art et transition \u00e9cologique \u00e0 l\u2019\u00e8re du Capitaloc\u00e8ne\", <em>exPosition<\/em>, 28 ao\u00fbt 2026, <a href=\"https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/articles12\/thevenet-exposition-ecologique-vivante\/%20\">https:\/\/www.revue-exposition.com\/index.php\/articles12\/thevenet-exposition-ecologique-vivante\/%20<\/a>. Consult\u00e9 le 25 octobre 2026.<\/div><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>par Hanna Thevenet \u00a0 &#8212; Hanna Thevenet, historienne de l\u2019art et chercheuse en \u00e9tudes curatoriales, travaille sur les liens entre pratiques curatoriales et urgence \u00e9cologique. Dipl\u00f4m\u00e9e d\u2019un master en histoire de l\u2019art et arch\u00e9ologie et d\u2019un master en curation, elle a notamment \u00e9t\u00e9 charg\u00e9e de projets art et \u00e9cologie au sein de l\u2019association COAL. 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